Première sortie…pour Eminico ! 247

L'aventure et l'évasion

Première sortie…pour Eminico ! 247

13 novembre 2019 Spéléologie 0

Première sortie pour Eminico…novembre 2019 !

D’ordinaire, les première sorties pour débutants sont presque toujours organisées sur une seule journée, voire une journée avec départ la veille au soir. Les circonstances, la motivation et les capacités des adhérents concernés cette fois-ci permettant d’envisager un montage plus diversifié et plus exigeant, nous partîmes pour près de trois jours complets, dans l’Est français, en novembre, ce qui durcit un peu les contextes naturels, froidure et hygrométrie s’invitant au programme…
Parmi les équipiers, il s’en trouvait un qui voulut bien raconter un peu cette aventure qui, sans relever de l’extraordinaire, sort tout de même de l’ordinaire !!! Nous lui laissons ici la parole écrite :

Apres notre départ vendredi soir, nous sommes partis tous les 5 : Mymy/Kiki/Daudau/Emi et moi en début de soirée pour un week-end bien chargé : spéléo, via ferrata et rando et tout cela pour notre première vraie sortie avec la SJV !!! (n’ayant connu auparavant qu’une journée de formation, mais nous n’étions pas vraiment des « novices » ) 

Apres un départ bien ordonné, nous sommes arrivés dans la grotte où nous avions prévu de bivouaquer.

Première surprise du week-end !!! Il nous manquait un duvet !!! Heureusement les organisateurs avaient prévu des duvets légers pour les frileux, qui nous ont bien servi ! (je profite de ce mail pour dire que – bonne nouvelle – nous avons retrouvé le duvet dans notre garage, oublié lors du chargement… Il pourra nous servir pour nos prochaines sorties)

C’était pour moi (Nico) une première expérience  que de dormir dans une grotte parmi les chauves-souris dans des lits de camp garnis de mousse isolante (fournis par l’association).

Après une nuit pas bien chaude, (7°C environ) et un petit déjeuner rapide, nous nous sommes levés pour aller explorer, bien équipés cette fameuse grotte de la Malatière.

A ma grande surprise il y avait d’autres gens venus de pays mitoyens sur le parking pour venir explorer la grotte en même temps que nous. Nous n’étions pas les seuls courageux à aller visiter des grottes au milieu de l’automne !!

Une petite descente en puits pour nous échauffer et c’est parti pour ramper, grimper, et passer à travers des passages que nous voyions à peine, et cela,  en évitant de se tremper dès le début du voyage et éclairés uniquement avec nos frontales.

La grotte était très jolie (Bien que nettement dégradée et salie par des milliers de visiteurs sur des décennies) et, arrivés  à la fin de la deuxième extension, après 1 km dans la vaste galerie et un bon pique-nique dans la salle décorée du lac … surprise… quand il n’y en a plus, il y en a encore !
Au fond de la grotte ( du moins ce qui y ressemble dans le début de la troisième extension)  on trouve une grande flaque d’eau  dans un trou qui se révèlera être un nouveau « passage secret » !!! En effet, après l’avoir vidangé au maximum, à coups de seaux soutirés et trimbalés à la chaîne humaine jusqu’à un réservoir artisanal pas très étanche, ce qui n’était pour moi qu’une petite flaque sans intérêt se révéla être une chatière en « U » !!! C’est à dire qui forme un siphon…

Comment des gens ont-ils pu imaginer qu’il était possible de passer par là ??!! Et combien d’heures, de jours, de travail acharné pour chercher, creuser, dégager, évacuer…avec beaucoup d’essais infructueux avant de trouver « la suite »…qu’on ne trouve parfois jamais !

 

 

Apres avoir fait cette chaîne et tout un travail d’équipe pour transvaser (nos épaules/dos s’en souviennent encore), nous avons traversé cette voie dans la boue, le cailloutis et l’eau résiduelle…pour découvrir une nouvelle salle et une seconde chatière !!!  Elle aussi en « U », plus grande mais sans possibilité de la vider, ce qui nous obligea à passer à quatre pattes, le ventre au ras de l’eau…

Nous sommes arrivés au nouveau « fond de la grotte » et avons découvert encore un nouveau paysage quasi-vierge de tout franchissement, formant un laminoir, boyau très aplati et en angle droit (étrangement peu de gens ont osé le traverser 😊)

Ce fut alors un nouveau « fond de la grotte », particulièrement décoré, en une suite de salles très concrétionnées où draperies, stalactites, stalagmites, colonnettes et piliers rivalisent avec coulées calcitiques scintillantes, excentriques de paroi, gours aux multiples reflets, le tout dans une palette colorée très harmonieuse…avec en prime le bruit des gouttes d’eau qui choient…Et il y avait encore un « fond de la grotte » qui fut décrit comme de moindre intérêt et surtout très « physique ».

Le retour dut alors s’amorcer, car la perméabilité des retenues d’eau entraîne un remplissage sournois mais bien réel des chatières, et trop attendre expose à devoir des vider à nouveau (si on a pris la précaution d’avoir des seaux des deux côtés…car dans la négative, il ne reste que les casques pour faire le boulot !!!) 

Bien fatigués après cette expérience, nous sommes ressortis pleins de bons souvenirs et enrichis par cette aventure. Il ne restait plus que l’épreuve du déshabillage en plein air (heureusement il faisait encore jour et pas trop froid) et du grand rangement, que la remorque SJV allait rendre bien plus rapide et facile que des coffres de voitures.

 

Même si la météo était défavorable, Christian nous a montré encore une fois qu’avec lui il ne pleut pas !!! Nous avons donc pu nous changer au sec  avant de partir vers la suite de notre voyage : les Echelles de la mort…il était environ 18 heures.
Nous avions passé 7 heures sous terre, donc six actives, pour une promenade de 4 kilomètres seulement !

Après une bonne nuit au chaud dans notre gîte-chapelle, nous nous sommes levés et avons pris notre petit déjeuner, puis nous nous sommes équipés pour la via ferrata. Hélas, arrivés au bas de celle ci, elle était fermée pour cause de travaux de réparation sans indication sur le site internet !!! ( on trouvera plus tard sur un site « généraliste »).

 



Changement de programme et c’est parti pour une plus grande randonnée que celle prévue au départ vu que nous avons deux bonnes heures de plus.  Nous avons donc suivi à pied le long de la rivière Doubs, nous laissant guider par Kiki. Un pas après l’autre, un champignon après l’autre, on a marché de 10h à 17h avec notre pause pique-nique. Sans courir, mais quand même ce ne fut pas si reposant…

Sacrée promenade de 23 km, dans un environnement encore bien préservé, semé de quelques sites remarquables, avec au retour un passage dans les fameuses Echelles de la mort. 

Une bonne marche pour les randonneurs occasionnels que  nous sommes ! 

Et vu que les gars n’étaient pas assez fatigués ils sont partis dans la rivière pas très chaude, nettoyer le matériel de nuit, pendant 1h30. Il s’agissait de brosser 195 mètres de corde en trois passages soit près de 600 mètres en tout… Les filles, elles, ont préparé le logis pour la nuit…et ce fut bien agréable de les retrouver pour un dîner aux chandelles arrosé au cidre !

Après une bonne nuit bien méritée, chargement de la voiture et départ à l’aube avec les premiers brins d’herbe gelés de la saison. Un magnifique paysage glacé. Merci à Mymy de nous avoir mené à bon port.

 

 

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