Stratégie via-ferratiste des voies « TD » ou « ED »243

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Stratégie via-ferratiste des voies « TD » ou « ED »243

4 novembre 2019 Via ferrata 0

Stratégie via-ferratiste des voies « TD » ou « ED »

Si la grande majorité des vie ferrate françaises et de pays limitrophes se développent dans des niveaux de difficulté allant de facile (F) à difficile (D), bon nombre comportent une extension facultative cotée très difficile (TD) voire extrêmement difficile (ED). Il peut arriver que la via soit délibérément TD ou ED dans son entité, avec ou sans échappatoire.
De ce fait, beaucoup de pratiquants et pratiquantes hésitent voire renoncent à s’y engager, même en étant expérimentés et bien équipés. C’est peut-être dommage …(?)


Hormis certaines voies, réputées très athlétiques, longues, exposant à des difficultés extrêmes, réservées aux athlètes complets et aux surhommes ou sur-femmes il se trouve que la plupart de ces voies TD ou ED sont en fait accessibles moyennant l’adoption d’une ou plusieurs stratégies techniques, que nous exposons ci-après, laissées à l’appréciation des lectrices et lecteurs et à mettre en oeuvre (ou non) sous leur seule responsabilité évidemment.

On oubliera absolument la pratique « grimpeur aux mains nues », qui, bien qu’admirable à plusieurs titres, ne peut être admise par un via ferratiste responsable et respectueux des règles et règlements en usage pour la pratique officielle : notamment être  toujours longé.

  1. Stratégie d’économie énergétique : progression dynamique à longe unique.Elle est réservée aux personnes franchement sportives, qui passent rapidement, en bonne forme, sûres d’elles.
    Cette stratégie vise à éviter une progression saccadée, avec beaucoup d’arrêts, beaucoup de passages de longes et longette, donc beaucoup de dépense d’énergie. Le rythme est régulier, quasi-continu, les bras et jambes ne travaillant en force que sur des temps très courts.
    La méthode consiste à progresser de façon continuelle, en ne posant qu’une longe par tronçon de câble, sauf dans les verticales pures. Elle réclame évidemment une discipline sans faille, imposant de ne défaire sa longe en place qu’après avoir posé l »autre sur le tronçon suivant. ceci réduit presque par deux le nombre de manipulations, et limite fortement les temps de travail musculaire isométriques pour donner une prédominance très forte au travail pliométrique protectrice des muscles et d’un meilleur rendement.
    La concentration nécessaire et la dynamique  gestuelle réduisent fortement les considérations génératrices de stress…on est dans l’action permanente.
    Si la partie TD ou ED est longue, rien n’empêche entre deux phases de haute activité de marquer une pause durable, en buvant voire mangeant quelque chose, ou même faire 2 ou 3 photos.
  2. Stratégie de régulation énergétique et du stress : progression à longette dominante.Elle est à recommander aux personnes qui, sans être « peureuses », ont besoin de se sentir davantage sécurisées, et/ou à celles dont les capacités physiques ne permettent pas la stratégie précédente.
    La méthode consiste à installer la longette aussi souvent que nécessaire et possible, sur les câbles, donc mobile, sauf en parties verticales. Il est parfois nocif de mettre la longette en tronçon sub-horizontal si cela ne permet plus d’utiliser les prises de pied, le câble en étant trop distant.
    La progression est alors réalisée en faisant coulisser la longette sur le câble et en la soulageant plus ou moins du poids corporel. A chaque amarrage, le repos est quasi-instantané, les passage des longes se fait sans avoir à se maintenir, ce qui est évidemment très reposant. Néanmoins, il faudra démettre et remettre ladite longette à chaque passage d’amarrage…cet effort n’étant pas négligeable. Son espacement et sa brièveté le rendent cependant largement bénéficiaire à celui nécessitant de se tenir cramponné le tempos d’attraper et défaire/refaire les deux longes, sans repos.
    Pour contrecarrer la difficulté que peuvent connaître certaines et certains à se hisser suffisamment et tenir sur un seul bras, il peut être pertinent d’avoir emporté sur soi un anneau cousu en  sangle doté d’un mousqueton à large ouverture, d’une longueur choisie de telle sorte qu’elle procure une pédale d’appui de pied…cet accessoire est d’une efficacité redoutable, beaucoup s’en félicitent !
    La méthode permet aussi d’avoir les deux longes groupées et proches des mains à la condition de replacer la longette derrière elles à chaque passage ce qui est presque spontané vu qu’on les a passées avant elle…mais ce positionnement pas systématique si on ne prévoit pas d’avoir la place sur le câble pour crocheter la longette le plus rapidement possible.Cette stratégie permet des mini-temps de repos aussi souvent que voulu, peut être « rassurante », pousse à avoir les mains en position basse, et incite à la « zénitude ». Bien sûr, elle a l’inconvénient d’induire une progression lente, ce qui peut gêner les gens rapides qui suivent derrière…essayer de leur laisser le passage en des points où c’est le plus facile à réaliser.
  3. Stratégie de séquençage énergétique : progression à longette alternative.Elle est une forme intermédiaire aux précédentes. 
    La méthode consiste à progresser usuellement et à poser la longette dans les amarrages, le temps de passer les deux longes. Ceci suppose que les amarrages comportent une queue de cochon ou une broche annulaire, ou une boucle de câble très serrée bien que l’on puisse aussi utiliser une pédiglia qui serait très proche ou même le câble tout près des fixations, si nécessaire.
    Cette méthode allie donc la progression  dynamique à deux longes, rythmée par des pauses sur longette à chaque passage de longes, autant que jugé opportun.
    Elle peut aussi combiner une progression à mono-longe, mais il faut là encore être extrêmement méthodique…
    Là aussi, disposer d’une sangle pédalière pour se hisser le temps d’ôter la longette  est une sage mesure.
    Poser et retirer puis ranger cette sangle prend du temps, peut être la cause d’une perte si la manipulation est défaillante, mais elle reste un accessoire qui peut rendre de grands services justement quand « ça va mal ». Les plus prudents peuvent prévoir une cordelette d’assurance pour cette sangle, reliée à un porte matériel, suffisamment longue pour ne pas entraver son usage. On peut aussi la solidariser avec la plus grande des deux longes (quand elles sont inégales) mais cela a l’inconvénient d’avoir toujours cette sangle qui pendouille sous le mousqueton de longe, parfois gênant et susceptible de s’accrocher quelque part en cours de progression.

Voilà quelques pistes de pratiques avancées, qui peuvent encourager à accéder à des voies parmi les plus difficiles (mais pas les plus extrêmes, redisons-le) et autoriser leur franchissement en toute tranquillité (ce qui ne signifie pas non plus sans efforts !!!). Méthodes expérimentées par SJV, avec satisfaction.

On citera aussi une « méthode » solidaire qui consiste à pratiquer à plusieurs, à s’entraider et s’encourager mutuellement…c’est aussi une solution…qui peut se substituer ou s’ajouter aux autres !

 

 

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