J’ai tenté un V.F.R. de S.J.V. ! 408

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J’ai tenté un V.F.R. de S.J.V. ! 408

12 juin 2021 Randonnée Via ferrata 2

J’ai tenté un V.F.R. de S.J.V. !       408

Que cache donc ce sigle… « VFR » ?
C’est tout simplement une abréviation de « Vélo-Ferrata-Randonnée », une des 20 combinaisons de trios d’activités sous l’étiquette généraliste de « triathlon SJV ».

Au départ, cette histoire de triathlon ne me disait rien qui vaille, car j’ai trop d’images de types qui souffrent le martyre, qui se tamponnent comme des dingues dans la partie « natation » qui sont étiquetés comme des animaux à la foire ou des objets à vendre aux enchères, et qui se concurrencent, se battent pour gagner 1 minute voire une seconde pour pouvoir se dire que oui, vraiment, ils sont plus forts que d’autres…pour moi, tout ça n’a aucun intérêt, même si je reconnais pleinement le droit et la raison à d’autres d’en faire leur choix de vie.

Si j’ai été tenté, avec SJV, c’est justement parce qu’il n’y a rien de tout cela !
Déjà, au lieu de l’indéboulonnable association «natation/course à pied/vélo », j’ai constaté que l’on pouvait mixer parmi 6 à 10 activités selon la région où on se trouve…Grosse différence quand même !
Ensuite, ça m’a plu de savoir que loin des foules trépidantes, le projet pouvait être vécu à partir de deux personnes seulement !
Que, du fait de la simplicité et de la légèreté d’organisation, on pouvait choisir sa date…
Qu’il ne s’agirait en aucun cas d’être concurrent ou concurrente mais bien équipier ou équipière, que rien ne serait compté, ni temps, ni argent.
Qu’il s’agirait d’un projet monté en équipe et que le seul objectif serait de le mener à bien, mais pas quoi qu’il en coûte, et que la solidarité jouerait de façon totale…l’équipe formée au départ restant indissoluble.

Alors, j’ai dit « oui » pour un VFR affiché d’une durée probable de 4 à 5 heures, ce qui, même en effort modéré est déjà pas mal à mes yeux de petit sportif paisible.
J’ai opté pour une équipe « duo », et le choix du jour libre m’a amené vers une équipière très sympathique répondant au prénom original  de Telvéna, une grande brune sportive dynamique.
Vu son équipement soigné, vélo neuf ou presque, je me suis senti devenir un boulet avec mon VTT qui a près de 20 ans que je n’ai même pas révisé, et ma tenue de bolosse comme disent mes filles, mot qui, c’est bien regrettable, résume clairement mon cas et ne rime pas avec bogosse…
Bon…l’équipière ne semblant pas m’en tenir rigueur, alors on démarre, tranquillement, avec une belle piste cyclable qui, hélas, ne dure qu’un kilomètre pour se jeter sur une départementale.
Et là…après 3 minutes d’échauffement à peine, c’est la côte. Du 6% en moyenne, avec passage vers 8%…je m’arrête (déjà !) car mes vitesses arrière ne passent plus.
Je cale comme je peux, et mets la chaîne à la main sur le plateau moyen…un pis-aller.
L’équipière est patiente, je sais qu’elle se dit qu’elle est mal partie avec un pékin pareil, mais le mot d’ordre est « solidarité »…
Je repars, avec un braquet inadapté, mais faute d’une grive, je me contente d’un merle…Ca me coûte cher en énergie, j’y vais de la danseuse, mais ça grimpe…je finis même par devancer Telvéna qui mouline comme une bête, et on se retrouve en haut de côte…heureusement, on sait que ce sera la seule vraie montée du matin (on croit savoir).

Là, on a deux options…soit c’est une traversée de pré en herbes hautes soit on contourne pour s’embarquer sur une voie verte. Telvéna n’étant pas encline à transformer son cycle en faucheuse ni a devoir extirper des végétaux enroulés dans le dérailleur et les rayons nous dirigera vers la solution la plus sage !

On part alors sur une belle voie verte, un peu plus loin, et comme on est sur un jour de semaine, on jouit d’une tranquillité bienvenue. Le terrain est ferme et sec, pas de difficultés, on jongle de temps  en temps avec quelques branches basses et des caniveaux anti-ravinement. L’environnement est forestier, avec des ouvertures sur une grande plaine, jusqu’à s’achever à la lisière urbaine.
Tout au long de ces ouvertures, nous sommes accompagnés de coquelicots, d’églantiers, de compagnons blancs et de vesces communes, formant un ensemble coloré très agréable !
La voie se poursuit bientôt dans la ville, tantôt bordée de cités tantôt dans un quartier résidentiel pavillonnaire plutôt surprenant, avec un petit étang dans un nid de verdure, mais il va falloir la quitter.

En théorie, on est censés éviter les fortes déclivités connues dans les parages et c’est très confiants dans le plan manuscrit dont nous disposons que nous nous engageons dans les petites rues qui zigzaguent…et descendent, peu à peu. Sournoisement…
C’est alors qu’apparaît la réalité de la suite du parcours…200 mètres de côte à 13 % s’accentuant à 15% et même 17% sur le final….
Là encore, le VTT vieillissant ne permettra le franchissement que debout sur les pédales et en lacetant, Telvéna ayant d’ailleurs parcouru  les 50 derniers mètres à pied !
Il s’en est fallu de peu que chaîne et denture de 2022 ne rendent l’âme car 90 kg pesant au bout d’une manivelle de 19 cm nous délivrent un moment de force de 171 Nm…
La chaîne sur un petit plateau de 12 cm subit alors une force de 285 daN…près de 300 kg qui tirent sur des petits maillons très vieux…mais qui ont tenu !

On pouvait se croire arrivés au sommet, mais il y avait encore plus de cent mètres à 10%…bien sûr ce n’est pas l’affaire du siècle quand on pense à ce que peuvent avaler les  coureurs du «Tour », mais on ne s’y attendait pas !
On fait un petit détour dans un parc où des sculptures géantes de fer soudé émergent d’une abondante végétation pour continuer une rue en descente cette fois, et nous arrivons près du site de via ferrata envisagé.

On y est accueillis avec le sourire, de l’eau fraîche…et une courte marche d’approche nous mène au premier barreau.
Le site est bien protégé, grillage, porte verrouillable, panneaux de mise en garde…on sait que c’est une zone dangereuse !
Le temps de nous équiper, et on démarre…C’est une via qui commence par le haut, donc en descente, et si ce n’est pas d’une extrême rareté, c’est tout de même particulier !
Je passe en premier, mais en me promettant intérieurement qu’on changera à mi-parcours.
La via ferrata en descente, ce n’est pas si facile qu’on pourrait le croire, tout comme pour l’escalade d’ailleurs, car on prémédite moins facilement le parcours et la gestuelle adaptée.

C’est une via qui peut être arrosée par temps, pluvieux et ses éléments peuvent rester humides voire mouillés, ce qui la rend un peu plus difficile, notamment aux agrès en bois qui sont glissants…c’était le cas aujourd’hui.
Cette via est assez déroutante car il y a beaucoup de dièdres, et l’ouvreur semble s’être beaucoup amusé à lui faire décrire des montagnes russes qui font qu’on remonte une partie ce qu’on a descendu !
Telvéna avance lentement mais sûrement, je la vois appliquer scrupuleusement toutes les règles propres à cette pratique…crochetage par en dessous, croisement des mousquetons, passage de longe le plus tard possible quand ça descend et le plus tôt possible quand ça monte…super !
De petits paliers autorisent un peu de repos, pas superflu car c’est très vertical, dans l’ensemble.

On arrive alors à un grand palier où l’on peut même se détacher, et où de l’eau de ruissellement des parois est récupérée dans un petit bassin…mais certainement pas potable !
Après un peu de récupération, nous poursuivons cette via, beaucoup plus remontante désormais, mais avec un rythme régulier, aisément parcourue. Telvéna est passée en tête, et s’en tire très bien, bien que ses longes lui réclament du temps et de l’énergie à récupérer en contrebas de chaque amarrage.
Une petite heure plus tard, c‘est terminé…on se déséquipe et on s’offre un pique-nique dans un coin de forêt où un cercle de pierres de taille a été aménagé, localement dénommé « Cercle des Poètes réapparus »…petit clin d’œil à Nancy Huston-Kleinbaum !
Le soleil était là, les oiseaux chantaient, on n’a même pas eu à se plaindre des moustiques…
Une bonne pause prolongée par quelques échanges avec les autochtones dont deux chattes ont mis bas 3 petits chacune, tous adorables dans leur grand couffin commun !

 

La reprise à VTT est sans difficulté, et cette fois, un peu d’astuce évitera en bonne partie les déclivités trop marquées car je redoute la panne au vu du petit bruit bizarre que fait la chaîne depuis un moment…
Après un bout de route urbaine suivie d’une voie verte retrouvée, nous attachons nos cycles pour entamer la randonnée, voulue circulaire, qui suit le périmètre d’une petite forêt miraculeusement préservée de la construction immobilière, malgré sa situation entre des villes fortement peuplées.
L’itinéraire étant ainsi amené à longer des clôtures n’est pas toujours bien joli, mais bon an mal an, on s’en contente, et,  ne durant qu’une heure à peine, ne déçoit pas trop.
Il s’y rencontre de très beaux arbres au moins séculaires, quelques mares verdies de lentilles d’eau, et les oiseaux à y trouver paix, nourriture et logement y sont nombreux.
Telvéna en viendra même à entamer un essai de dialogue avec eux, qui  lui sembla réussir…(?)

De retour aux VTT on entame les dix derniers kilomètres, qui s’annoncent encore plus agréables car un léger vent sera de dos !
De fait, je sens que le rythme moyen est plus soutenu, et nous profitons pleinement d’une piste quasiment déserte, en jouant avec les zones d’ombre car il fait bien chaud ce jour-là.
Le final de ce VFR est drôlement sympathique car c’est une belle descente que l’on peut goûter sans avoir à freiner autrement que tout en bas, et le petit vent frais qui en découlera nous fera beaucoup de bien ! J’ai failli en perdre ma casquette !
Nous bouclons l’affaire, avec le sourire, et satisfaits de cette expérience, 5h30 de balade sans aucun ennui, car finalement, pas de panne mécanique ou crevaison connue, pas de « gnons » hormis un petit coup au coude de Telvéna dans la via ferrata…
Ce fut une bien agréable sortie d’équipe « duo »que ce VFR !!!

2 réponses

  1. admin7312 dit :

    Magnifique
    Très content de faire partie d’une étape de ce triathlon SJV .
    Bravo à vous

    • Christian dit :

      Bonjour Admin7312,

      Tous les membres du club, qu’ils soient d’honneur, simples adhérents, sympathisants, ou licenciés, te remercient ainsi que Catherine, pour l’accueil que vous leur réservez systématiquement, et la bienveillance sécuritaire que vous leur apportez ainsi qu’au site que vous nous avez fait découvrir.
      Il apporte beaucoup de diversité, de technicité, dans la sérénité et l’amitié.

      Christian, au nom des sus-énumérés, et plus particulièrement du CA.

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