Les concrétions ferriques bivalviformes…IRSS ! 406

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Les concrétions ferriques bivalviformes…IRSS ! 406

7 juin 2021 carrières diverses Spéléologie 0

Les concrétions ferriques bivalviformes (2)             406

Cet article est une suite au numéro   317  de juillet 2020.
Sa rédaction est le résultat d’un cheminement qui mérite d’être exposé.

 

Sujet solitaire et aérien !

Sujets en colonie !

A partir d’une observation fortuite d’un spéléothème « étonnant » de cavité d’origine anthropique, menée par Antony Munoz, Nicolas Ivic et Ange Marçais, visiteurs occasionnels, diverses hypothèses sont confrontées, et il en naît une synthèse paraissant plausible faute de connaissances précises.
Cette synthèse d’amateurs curieux (et curieux eux-mêmes d’ailleurs !) imagine que des mollusques bivalves dulcaquicoles contemporains ont pu vivre ou survivre dans une carrière de gypse active, puis abandonnée.

Specimen « Pecten »

Des photos de Corinne Allemoz et Ange Marçais (Certaines dans l’article 317) sont alors soumises à des avis plus compétents du Groupe Biospel.
Marina Ferrand sera la première à signaler l’existence de ces formations connues dans d’autres endroits souterrains, et à dénoncer l’idée qu’il s’agisse de mollusques.
Michel Wienin interviendra rapidement, et dans le même sens, pour donner une version plus scientifique, qui sera donc considérée à sa valeur et donnera lieu à la publication de l’article  317, par lequel on rétablit certaines réalités…
Mais, quelques zones d’ombre persistaient, et bien que les spéléologues soient coutumiers de l’ombre et des ombres, des questionnements ont circulé.

 

L’article 317 tomba sous les yeux d’internautes divers dont Louis de Pazzis, de la région pyrénéenne, et Jean Wehrlé, membres d’un groupe d’amateurs de mines, notamment de mines de plomb, zinc, fer… (on notera ici ce groupe par « GTM » pour Groupe de Travail  Mines)

Elégance !

Florilège chromatique

Ayant de leur côté rencontré, observé, photographié et déjà un peu étudié ces surprenantes formations, un rapprochement d’idées et une petite correspondance s’établit alors. Des articles et des bouts de publications ressortent çà et là, en rapport plus ou moins directs, jusqu’à ce que Lenkà Machova, membre du GTM, déniche les références d’une étude scientifique internationale sur ce sujet précis, grâce à des universitaires tchèques.
Il s’agit d’une étude lancée par une université américaine, menée par des chercheurs espagnols, entre autres…et justement sur ces structures particulières dans des mines pyrénéennes !

Il apparaît alors bien des réponses et des éclaircissements, ramenant la part de l’ombre à peau de chagrin !
Nous copions ci-dessous la traduction française d’un résumé :

Une équipe de recherche internationale découvre des structures inhabituelles riches en fer poussant à partir de champignons

Stries de « croissance »

Alors que Dark Vador est sans doute l’exemple le plus célèbre de la science-fiction de l’homme fusionnant avec la machine, la découverte de la vie poussant sur le fer reste une rareté dans le monde réel.

Une équipe de recherche internationale, dont le biogéochimiste primé Neil Banerjee de l’Université Western, a découvert et maintenant caractérisé des « structures » inhabituelles à coque riches en fer produites par des champignons habitant des mines abandonnées dans les Pyrénées, une chaîne de montagnes du sud-ouest de l’Europe qui forme un environnement naturel frontière entre la France et l’Espagne.

Les résultats ont été publiés récemment dans Journal of Geophysical Research: Biogeosciences.

Multipositionnement

Selon l’étude, les structures sont formées par la minéralisation (le processus par lequel une substance organique s’imprègne de substances inorganiques) d’oxydes de fer et de zinc et d’une forme rare de goethite, communément appelée minerai de fer brun.

Les cristaux en forme d’aiguilles et de taille uniforme qui en résultent se développent latéralement ou verticalement à partir de champignons naturels communs au nord de l’Espagne, créant une construction bio-métallique complexe.

« Les structures à coque inhabituelles riches en fer que nous avons découvertes peuvent fournir des indices sur les avantages adaptatifs uniques de ces structures pour les communautés microbiennes qui les produisent », déclare Banerjee, professeur agrégé au Département des sciences de la Terre de la Faculté des sciences de Western. . « Nous pensons que ces systèmes microbiens-minéraux uniques peuvent non seulement leur fournir un environnement stable pour leur croissance, mais aussi les protéger de la prédation. »

Banerjee note que les mines des Pyrénées ont été abandonnées il y a environ 40 ans, donc l’émergence rapide de ces structures démontre une incroyable capacité d’adaptation et d’innovation de cet écosystème particulier, en particulier dans les zones d’un environnement altéré par l’activité humaine.

Spécimen de belle taille…

L’équipe de recherche internationale était dirigée par le Dr David Fernández Remolar, qui était chercheur universitaire invité à Western en 2012 et actuellement à la British Geological Survey, et l’ancien étudiant au doctorat et chercheur postdoctoral de l’Ouest Matt Izawa qui est maintenant au Musée royal de l’Ontario. . L’équipe comprenait également des scientifiques de l’Institut national de technologie aérospatiale (Espagne), de l’Université autonome de Madrid (Espagne), de l’Université du roi Juan Carlos (Espagne), de l’Institut de bio-ingénierie de Catalogne (Espagne) et de l’Université Complutense de Madrid ( Espagne).

 

 

La source anglophone  est :
  https://mediarelations.uwo.ca/2015/05/28/international-research-team-discover-unusual-iron-rich-structures-growing-from-fungi/

Pour les lectrices et lecteurs désireux d’en savoir (beaucoup) plus voici un lien :

https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1002/2014JG002745

De ce parcours humain et intellectuel, dont cet article n’est qu’un fruit, nous retiendrons aussi :

  • L’intérêt du Groupe BIOSPEL pour favoriser les échanges et diffuser la connaissance.
  • La curiosité, la ténacité, quant à élucider un problème.
  • La bonne volonté de chacune et chacun, la mise en commun des efforts de recherche documentaire.
  • L’efficacité d’un « groupe » de personnes aux compétences complémentaires qui décident de s’unir et de coopérer.
  • La valeur du partage…et d’une communauté scientifique pour la découverte du monde souterrain qui a sans doute bien des choses à révéler.

Presque une sculpture !

Nos remerciements iront donc à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à mieux connaître et comprendre ce que sont finalement les fameuses « concrétions ferriques bivalviformes » que l’équipe de chercheurs à dénommées « IRSS »      (Iron-Rich Shelled Sructures), et que l’on pourrait alors nommer « SCRF » pour …Structures en Coquilles Riches en Fer !!!
Mais nous préférons leur garder notre appellation spontanée, en communication interne, car on les aime bien nos Concrétions Ferriques Bivalviformes, les « CFB » !

Crédit photographique : Louis de PAZZIS (du GTM)

 

 

 

 

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