TGRLIFRA 7 C 820

TGRLIFRA 7 C 820

8 juillet 2025 Randonnée 0

TGRLIFRA   7 C    820

La TGRLIFRA  est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…

 

 

 

 

– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.
Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures.

Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.

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– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes,  sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.

 

 

 

– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas
– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum.

 

 

 

– étapes calibrées à 25/30 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.

Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité, elle est menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence.
(Ici la septième : 7 ) étant composée d’étapes lettrées… (Ici la troisième : C )
Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur.

 

 

Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables. Les parcours pédestres sont comptabilisés en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.

 

 

Etape N°21     7 C  : De Réville  à  Cap Lévi    ( PKM  531  à   PKM     565   général) 

 

Réveil vers 7 heures.
Cette étape ne peut présenter aucune difficulté particulière, même si le fait de longer la vague amène à des passages rocheux délicats. Seuls certains endroits ne seront pas franchissables si on n’est pas à marée basse, car toujours en petit coefficient, mais aisément contournables si besoin.

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Il n’y a pas de falaise, juste quelques escarpements.
Du coup, j’opte pour les baskets de marche, délaissant les godillots imbibés d’eau de mer de la veille.
Ca commence par une belle plage de 1800 m avec en son milieu un blockhaus peint, mimant une motrice de TGV, plutôt réussi.

 

 

On arrive alors à la Pointe de Fouly, au-delà de laquelle se trouve une succession de 6 anses et promontoires rocheux sur 3,2 km, s’achevant au hameau de Landemer. PK 5,00.

 

 

 

 

Cette configuration apporte un certain agrément à la marche, car le paysage est fragmenté, et l’effort de marche est diversifié, entre sable ferme, sable meuble, graviers, galets, roche-mère, ce qui limite l’apparition de maux de pieds et est plus récréatif que des kilomètres de plage en continu.

 

 

Tout ceci est toujours désert…pas âme qui vive !
A Landemer, la petite tour du Moulard, en mer, amer très précieux pour éviter les écueils précède une nouvelle suite alternée de cinq anses et barres rocheuses.

 

 

 

Ces barres constituées de rochers en pleine masse, nus ou tapissés de balanes, sont très rugueux, et de formes planes ou arrondies pour leur majorité, ce qui en fait un terrain de progression fiable, assez facile, et même distrayant.

 

 

 

L’une des barres est agrémentée de sculptures éphémères à figure humaine, à base de roches assemblées uniquement selon leur point d’équilibre, un travail aussi technique d’artistique et donc photogénique !

 

 

 

Toujours personne ou presque tout au long de cette côte, ni dans l’eau, ni sur l’eau… bizarre !
J’enchaîne plagettes et rocailles, accompagné de mouettes rieuses, pour finir à la jetée d’entrée du port de Barfleur. PK 8, 20.
Le tour de ce port réclame 1200 m, et s’achève près de la grande église et de l’ex-hangar de la SNSM transformé en musée (gratuit) et étal de souvenirs divers. Une nouvelle boîte à livres m’offre un petit roman, pour plus tard ! PK 9,40

 

 

 

J’emprunte alors la « Cache des amoureux », puis arpente le long mur de défense contre la mer (700 m) pour redescendre au plus près de la vague…

 

 

 

 

Je me dis, tout au long de ces passages étroits sans aucun garde-corps malgré un vide permanent de quelques mètres, qu’il y a vraiment deux poids et deux mesures selon les endroits et les municipalités quant à la prévention des risques et la tolérance face à la prise de risque. 

 

 

En l’occurrence, tant mieux ! Il y a cependant une interdiction de circuler à bicyclette, et elle se comprend…
C’est alors, à l’issue de ce mur, un parcours majoritairement rocheux avec des escarpements durant près d’un kilomètre, et de jolis points de vue.

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Certains passages méritent l’usage des mains, mais il y a beaucoup de bonnes prises bien solides.
Ceci amène près du Moulin de Crabec et au Ruisseau de Cliquenpoix  (PK 11,10), qui est aujourd’hui et à cette heure facilement sautable sans s’embourber…

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Ce n’est pas toujours le cas, et il y a une petite passerelle un peu plus haut pour parer à cette éventualité défavorable.
Je poursuis sur 800 m et me trouve confronté à l’exutoire des grands bassins de la ferme marine, car on est à marée descendante, et le flot de vidange est assez violent…

 

 

 

De plus, le promontoire a encore les pieds dans l’eau. Je vais donc escamoter les 500 m de rivage qui contournent ce site pour revenir « sagement » sur la petite route, même longueur,  et reprendre le bord de mer vivant pour les 900 m qui me séparent encore de la jetée du Phare de Gatteville.

 

 

A cette jetée, on est au PK 13,30.
Là, se dresse ce phare géant de 75 mètres, (second phare d’Europe pour sa hauteur , dépassé en Bretagne par celui de l’ïle Vierge, à 83 m), dont il se dit qu’il compte autant de marches d’escalier que de jours annuels, autant de fenêtres que de semaines et autant de niveaux internes que de mois.

 

 

Dans la réalité, il lui manque 26 marches !
La version actuelle date de 1835 après 6 années de construction et avec près de 8000 tonnes de granite rose.

 

 

 

 

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Le faisceau lumineux porte à 60 km ! Mais je ne le visiterai pas ce jour.
Je reprends dans les rochers jusqu’au petit port (havre) de Roubary (environ 200 m x 100 m). PK 14,40
De ce port, un denier passage rocheux va livrer ensuite une dizaine de kilomètres de plage avec des langues rocheuses en contrebas.

 

 

 

 

 

Les premiers kilomètres longent les grands étangs de Gattemare, et il est agréable de marcher sur le sommet dunaire artificiellement stabilisé, quasi horizontal, surplombant à la fois la mer et les plans d’eau douce et colonisé par une végétation héliophile et halophile en cours d’évolution.

 

 

Cela offre un paysage apaisant, teinté de pastels, dans lequel une douce brise rafraîchissante s’apprécie en été !
On atteint d’abord la Pointe de Néville, qui, en plus de son site naturel intéressant, supporte une douzaine de blockhaus semi-ruinés.

 

 

 

Ils sont presque tous colorés de graffs dont plusieurs d’un bon niveau technique.
Comme à chaque fois, se pose la question de la position adopter face à cette expression graphique, qui, sans autorisation officielle est toujours illégale.

 

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D’aucuns la considèreront comme une grave atteinte visuelle et chimique à l’environnement, et la salissure de vestiges historiques patrimoniaux, l’irrespect des milliers de morts du D-Day et ceux d’avant.

 

 

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D’autres verront là un embellissement, l’affirmation du retour de la paix depuis 80 ans, la valorisation artistique des constructions du passé, une forme de reconnaissance et de salutations à l’égard des combattants de la seconde guerre mondiale…

 

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Il n’en reste qu’une centaine de français survivants actuellement, et moins de 1% de tous les combattants de tous les pays concernés par ce conflit très meurtrier.

 

 

 

 

Mais ce qui est certain, face à ces interventions, c’est que plusieurs des auteurs ou auteures ont indéniablement du talent et une maîtrise des outils comme des couleurs.

 

 

 

 

Par ailleurs, on note que très peu de figurations sont grossières, insultantes, déplacées, ce qui peut corroborer les avis « favorables » quant au motif d’agir, à la démarche créatrice, desquels ressort un respect de la mémoire des gens et des lieux.  PK  18,60.

 

 

 

Tout cela mérite quelques photos, en plus de celles des constructions, plus ou moins dégradées.
D’autres îlots de fortifications peuvent être rencontrés ensuite, jusqu’à la Pointe de la Loge, toujours en marchant sur les plages hautes ou sur les rochers bas, en alternance volontaire.

 

 

Là aussi, marcher sur le sommet dunaire permet d’apprécier une succession de plans d’eau intérieurs et les oiseaux qui vont avec, sur le territoire de Vicq-sur-Mer.
Cette Pointe de la Loge, au PK 25, 50, donne sur une suite un peu plus rocheuse, avant d’atteindre la plage de la Mondrée, grande courbe de 1 km riche en galets.

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Au milieu de cette plage je suis au PK 28,60. A nouveau très surpris par sa désertitude. Je n’y trouve qu’un petit groupe d’une douzaine de personnes…par un beau dimanche après-midi de juillet. (???) Bizarre…

Je rejoins l’extrémité occidentale où un petit coup de grimpette est encore possible, mais tombe sur un infranchissable escarpement, la mer étant trop remontée pour espérer le contourner, sauf à la nage.
Cela mène au Port Pignot, lui aussi incontournable, 40 m x 30 m environ, mais pas encore le plus petit port de France (Port Racine, à Omonville, 800 m²).
PK 29,50

 

 

Ce port est à côté de l’ ancienne grande carrière de roche Pignot qui s’étale sur 25000 m², et qui présente de belles falaises, de 12 à 15 mètres ainbsi qu’un étonnant bassin d’eau douce couvert de nénuphars, de 800 m².

 

 

 

Fermée en 1995, après plus d’un siècle d’activité.
Cet endroit, depuis 30 ans abandonné, semble être en reprise pour une destinée qui n’est pas affichée…les trois quarts des anciens bâtiments ayant été récemment éliminés.

 

 

 

Selon la presse locale, il s’agirait d’en faire un site « environnemental », qui serait traversé par le GR légèrement modifié pour cela. Personnellement, je pense qu’il pourrait être le lieu de l’ implantation d’une superbe via ferrata, avec vue panoramique sur la mer, et près de 500 mètres de voie potentielle… Ce serait l’unique via ferrata côtière normande, le succès serait garanti !

Je passe mon chemin en saluant les membres bénévoles de la SNSM dont un grand hangar est installé ici depuis 1993 , avec un navire d’intervention, un canot semi-rigide de 7,50 m Cap Lévy 2, moteurs HB 90 CV, radar, traceur, moto pompe et surtout d’un dispo­si­tif de remorquage parti­cu­liè­re­ment effi­cace.

Il ne me reste plus qu’un kilomètre faisable sur l’estran semi-rocheux pour être sous le Cap Lévi, mon objectif final.
PK 30,50. J’y suis à 15h45
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Le phare se dresse, avec sa forme curieuse , carrée à la base, et avec ses quatre faces incurvées (concaves), ce qui lui confère une section approchant la forme d’une croix de Cerdagne (Pyrénées, moitié française, moitié espagnole !). 31 mètres, portée de 35 km.

 

 

 

 

Après un petit tour dans la lande voisine, je pars sur la route de ce phare, visite une ancienne casemate, dissimulée dans les fourrés, et frôle le sémaphore, 350 mètres en arrière du phare.
Les très rares voitures ignoreront ma quête de transport jusqu’au hameau de la Bordette, où une brave dame finira par avoir pitié de ce pauvre cheminot… je n’aurai marché qu’à peine 2 kilomètres. Il est 16 h 15.
Mais le plus étonnant, c’est que sa destination étant Saint-Vaast, elle va pouvoir me déposer tout près de la voiture, vers 17 heures, ce qui est vraiment un grand coup de chance !

 

 

Premier retour « stop » du vendredi…5 heures
Deuxième, du samedi ..2 heures
Troisième du dimanche…45 minutes !  Quelle progression !
Il ne me reste plus qu’à me changer de chaussures, grignoter et boire…départ routier vers 17h15, arrivée à domicile à 22h45, sans aucun arrêt…  5 heures et demie…presqu’impossible de faire mieux en respectant les limitations de vitesse et sans utiliser l’autoroute payante.

Une belle étape sans aucun ennui d’aucune sorte, météorologie favorable voire très favorable !
PK total de 32,5 km,  PKM de 34 km

Une belle 7ème séquence  totalisant 96 PKM  pour   100 PK environ.

En bleu : parcours littoral         en rouge :  petite marche 2km        en noir : retour en voiture      en Jaune  : 1km

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