TGRLIFRA 7A 818
TGRLIFRA 7 A 818
La TGRLIFRA est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…
– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.
Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, que la maréerende impossible un franchissement durant des heures, ou qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.
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– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes, sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.
– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas
– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum.
– étapes calibrées à 25/30 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.
Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité, elle est menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence.
(Ici la septième: 7 ) étant composée d’étapes lettrées… (Ici la première : A )
Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur.
Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables. Les parcours pédestres sont comptabilisés en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.
Etape 7 A : Port en Bessin à Isigny/mer ( PKM 469 à PKM 497 général)
Après 350 km de route, je retrouve la jetée orientale de Port-en-Bessin, marquée par une tour Vauban.
On est à la nuit tombante. Pour cette séquence N° 7, je suis seul, car parmi les autres prévus, l’un a le dos en compote, un autre est parti à Périgueux pour raisons professionnelles, un autre est en plein déménagement local, une autre n’est plus disponible, et une dernière a des affaires familiales à régler …sans parler du dernier qui s’est trompé de dates et donc n’a pas pris son jour de congé sur le vendredi ! Cinq éliminés !
Dommage, car cette séquence comporte des sites remarquables…et la météorologie est très favorable.
Et ce sera la dernière à bénéficier du système automobile…après, ce sera ferroviaire !
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Le choix des dates a été mené en fonction de l’horaire et des coefficients de marées, à cause de cette étape 7 A, et pour elle, car elle comporte plusieurs passages « critiques » ne laissant que peu de bande d’estran au pied de falaises.
Les marées basses sont en effet autour de midi, coefficient avoisinant 42… Morte-eau, donc, et mer calme assurée…aucun risque ne serait couru en cas de « blocage » au pied d’une falaise.
Je me livre à un repérage en bout de jetée occidentale…pour constater qu’elle est a priori interdite !
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Décidément, à Port-en-Bessin, d’un côté la plage (au sens large), où les falaises s’éboulent ce qui nous vaut un arrếté d’interdiction d’accès total, de l’autre côté jetée interdite depuis des années donc pas d’accès non plus !!! De quoi tuer le tourisme !
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Bon…je m’y engage quand même, constatant que plusieurs riverains s’y promènent, pour aller m’assurer qu’il y a bien une échelle ou un escalier tout au bout…et c’est bien le cas. Ouf !
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De fait, cette jetée a été un peu grignotée par la mer, et par en-dessous, ce qui crée quelques petits effondrements formant des pièges, mais il faut quand même être dans la Lune pour s’y faire prendre !
Je reviens au véhicule, photos du coucher de soleil, préparatifs pour demain.
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Après une nuit un peu courte, je démarre à marée presque haute et file à l’échelle repérée.
L’eau y est encore trop présente, je fais donc une promenade de distraction jusqu’à la pointe de la jetée déserte, et constate qu’effectivement, il y a plusieurs signes de vieillissement et de déformations…
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Mais on est encore très loin de désordres dangereux !
Comme ça ne descend pas vite (morte-eau !) je fais une petite visite au marché aux poissons, sur le quai et y découvre une diversité inattendue, notamment sole, turbot, barbue, lotte, merlan, roussette, tacaud, seiche, dorade grise, bar, cabillaud, raie, mulet…
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Cette petite collection est de plus complétée par des espèces venues d’autres mers ou océans !
Les prix sont un peu « affolants », 20 à 40 Euros/kg selon la bête, on comprend pourquoi de moins en moins de gens achètent et mangent du poisson frais de France !
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D’autant que ce sont des poissons entiers, seulement vidés…donc encore une belle perte de masse (40% en moyenne, selon les estimations officielles !)
Vers 8h15, je décide de passer, bien que le bas de l’échelle ne soit pas encore exondé…mais j’ai quelques gros bouts de rocher à balancer dans l’eau !
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Ils vont me permettre de contourner l’obstacle, car je ne veux pas me tremper les pieds dès les premières minutes !
Cette échelle est fortement oxydée, mais c’est du « gros », et ça tient encore bien.
Le périple va enfin pouvoir démarrer, et ça commence bien, avec beaucoup de rochers et beaucoup d’algues, notamment des entéromorphes, et tout cela dérape à chaque pas ! Mais cela donne de la couleur et des reflets irisés.
Plusieurs franchissements sont encore à la limite du bain de pieds, il faut sautiller de roche en roche, mais sans algues, sinon, c’est le raté garanti ! Très bon échauffement général, le tee-shirt est déjà de rigueur…
Il y en a pour 4 kilomètres, avec une courte plage de répit.
Vers 8h30, première jolie vue sur une cascade étalée qui s’écoule sur un tapis de mousses diverses, des plus beaux verts, avec un rebond rocheux inférieur qui crée des « pissettes »… j’en profite pour tremper la casquette, il fait déjà un peu chaud.
De temps à autre, j’ai la chance de découvrir des moulages d’ammonites de quelques décimètres, et des pans de falaise aux couleurs diversifiées, de la roche ferrugineuse à l’abondante végétation surplombante.
Cette côte est très découpée, et on trouve des blocs erratiques formés de morceaux entiers de falaise détachés, dont un que je surnomme « les siamoises ».
Les strates datent du Jurassique, et ont en moyenne 170 millions d’années…
On est dans la zone de l’Aiguille des Hachettes, dont étude très complète sur le site :
https://planet-terre.ens-lyon.fr/ressource/Img673-2020-04-13.xml (lien non actif)
Soudainement, on passe à une zone de platiers, mais peu commodes à arpenter car très tourmentés, terrain idéal pour s’offrir une cheville foulée ! Mais aussi se tremper les pieds si on est un peu étourdi…
A une heure du départ, plusieurs cascades témoignent de l’existence du ruisseau des sources de Cabourg, et annoncent la série d’arches marines de Colleville.
Bien que modestes comparées à celles d’Etretat, elles n’en sont pas moins intéressantes, voire esthétiques.
Leur conformation « diagonale » et leur petite hauteur de cavernement créent une ambiance confidentielle et donnent des fenêtres paysagères particulières, avec un petit côté « pirate » ou « contrebandier »…
Je serai intrigué par une sorte de piste fortement gravée sur le platier, avec un entraxe de 1,5 m environ…ça ne me paraît vraiment pas naturel (???)
Bien que non repérable avec Géoportail, il existe alors une descente très confidentielle, littéralement incrustée dans la falaise dans une petite vallée étroite, mais l’installation est très primitive, rustique et vétuste…
Au-delà et pour 8 km, je vais arpenter le sable de Omaha Beach
Au PK 6, je serai à la base nautique de Colleville.
Impossible de ne pas penser à ce qui s’est passé par ici le 6 juin…environ 35 000 jeunes américains y débarquèrent, complètement à découvert, sous des feux nourris en tirs croisés, et sur un terrain creusé de fossés et miné, avec des petites valleuses d’accès toutes fortifiées et hyper-défendues…. 4720 victimes en une petite journée seulement…et cette longue plage est devenue… « Bloody Beach » !
Ci- après, le relevé officiel des Services américains :
RÉSUMÉ DES PERTES | Tués | Blessés | Disparus | Indéfinies | Total Pertes |
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TOTAL GÉNÉRAL | 852 | 2 176 | 721 | 971 | 4 720 |
Au PK 11,00, je retrouve une partie rocheuse, à compter de la grande stèle et du ponton américain de Vierville-sur-Mer.
Au début, c’est un platier très alvéolé, où il y a beaucoup d’eau emprisonnée en petites flaques confluentes, sorte de jardin aquatique. On peut y progresser assez facilement, mais toujours vigilant.
Rapidement, il apparaît une petite difficulté supplémentaire, très particulière, émanant des nombreux goélands qui nichent un peu partout dans les falaises.
Ces derniers n’appréciant pas le dérangement, ne cessent de railler (crier) et de me survoler de plus en plus près pour me dissuader d’avancer. Je connais bien leur tactique, et surtout l’étape suivante qui serait de me fienter dessus, comme les bombardiers militaires ! Et pire encore, en cherchant à me donner des coups de becs sur la tête, que ma seule petite casquette de toile ne saurait amortir…ça fait très mal et ça saigne beaucoup ! J’ai connu ça…
Désormais, il va falloir contrôler où je mets les pieds tout en veillant à rester au plus loin de la falaise, et surtout, ne pas m’arrêter ! Tant qu’on bouge sans s’approcher davantage, on bénéficie d’un cessez-le-feu aviaire temporaire !!!
Il est environ 11h30, et je constate qu’il y a au moins deux descentes praticables, très raides, nichées dans des valleuses étroites et verdoyantes où des échelles métalliques sont arrimées…mais leur fiabilité reste aléatoire, et aucune ne figure sur les cartes accessibles au public ! (Mais c’est sans doute préférable !)
L’estran devient un véritable chaos rocheux, très éprouvant en plein soleil, et la casquette saharienne est la bienvenue, surtout trempée d’eau…elle m’évitera coups de soleil sur la nuque et les oreilles, voire une « coup de chaud »…car il n’y a d’ombre que tout contre les roches.
Je passe la Pointe de la Piercée au PK 14,00.
Il me reste 4 km avant la Pointe du Hoc, avec au moins deux franchissements serrés, car on est en morte-eau, ça ne découvre que peu de terrain quand il est pentu…il est déjà midi passé, l’étale de marée basse s’achève, il me faut aborder ces resserrements avant le flux. Compte tenu du terrain accidenté et de l’enjeu, le déjeuner attendra !
De sérieux effondrements pas très anciens viennent corser l’affaire, puis ce sera de grandes étendues de rochers arrondis couverts d’algues, des entéromorphes qui leur donnent des allures de têtes chevelues de hippies, et des Fucus vésiculosus ou serratus, particulièrement « traîtres »…
Tout ça glisse de partout et gêne la visualisation du sol fiable, il me faut régulièrement y mettre les mains…à trois ou quatre pattes, ça n’avance pas vite !
Le temps passe, et pour aller plus vite, je finis par me résoudre à rejoindre le pied de falaise et marcher cahin-caha en me maintenant contre la roche, ajoutant ainsi le risque de recevoir des cailloux qui se décrochent…en compensation, je suis dans la mince frange ombrée que les surplombs ménagent sous le soleil au zénith, et le risque d’une chûte est devenu bien plus faible…car comme tous les grimpeurs et alpinistes le savent, le principe de trois points d’appui est fondamental !
J’aperçois alors cette fameuse Pointe du Hoc, j’en suis encore à 1700 m.
Les passages critiques sont respectivement à 750 et 1000 mètres environ, la mer monte sensiblement, mais on n’est que dans la première heure, donc ne monte pas bien vite…30 cm/heure à coefficent 44 et marnage de 3,6 m.
Toujours ces rochers plein d’algues…mais ces bonnes vieilles falaises (pour moi, en ce jour, mais qui virent souffrir et mourir pas mal de monde le 06 juin 1944) me facilitent bien les choses, et je parviens aux reliefs avancés un peu avant 13 heures…pour constater que, finalement, il y avait encore un peu de marge…disons une heure au mieux, quitte à marcher un peu dans l’eau.
Dès cet endroit, on peut discerner des barrières et des gens qui sont au monument mémoriel, à peu près 25 mètres plus haut, et je suis certain qu’ils se demandent comment j’ai pu me trouver en bas !
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Imaginant si, par hasard, il n’y aurait pas un escalier d’accès dans le coin. Car, de fait, se trouver là est beaucoup plus impressionnant et évocateur de ce qui a pu s’y passer que d’être perché sans aucune vision du relief et de la structure de la falaise, et il y a fort à parier que beaucoup se verraient bien pouvoir accéder au pied de l’aiguille du Hoc et au bout du promontoire marin, donnant un recul d’une centaine de mètres à marée basse, soit une vue panoramique des reliefs révélatrice de ce qu’ont pu connaître les soldats alliés à l’aube du D-Day
Difficile de ne pas essayer de se représenter ce qu’a pu être cet assaut à 7h30, par 261 Rangers, après avoir déjà subi plusieurs ennuis précédant leur débarquement, dont dérive de courant, retard d’une demi-heure très néfaste pour eux, explosion d’une barge à explosifs… Et s’apercevant à l’usage que les mortiers censés lancer les grapins des cordes d’escalade n’étaient pas assez puissants pour cela, les cordes étant mouillées, donc bien plus lourdes que prévu et calculé… seules 8 sur 20 ont pu être fonctionnelles.
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Ce qui a fini par en obliger quelques uns à grimper à la main, en formant des prises à coups de dagues, et quand on voit comment sont structurées ces falaises, on réalise : de vrais « casse-gueules » !
Les suivants eurent cordes et échelles souples de perroquet…Le tout sous le feu adverse.
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Je m’offre le plaisir d’aller jusqu’au bout du bout de la pointe au ras de l’eau, surplombé de l’ aiguille rocheuse de 15 mètres, isolée de la falaise, presque un monument historique à elle seule ! On est au PK 18,00.
Je vois très bien plusieurs touristes en arrière des garde-fous du site qui me prennent en photo avec le paysage, je donne l’échelle et un sujet « vivant » au cliché avec mon tee-shirt rouge et saharienne blanche !
Pour autant, la mer monte toujours, et il y a encore 500 mètres à parcourir dans ces rochers et ces algues, toujours les mêmes, avec là encore un passage un peu étroit, la mer montant à présent à raison de 50 ou 60 cm/heure…le déjeuner attendra donc encore un peu !
Il sera pris dans un petit espace ombragé, vers 14 heures. Sept heures d’activité soutenue sans manger, je commençais à avoir un peu faim…
L’estran a désormais complètement changé d’aspect, devenu un vaste platier semé de nombreux blocs de toutes tailles sur 1500 m, puis de plus en plus sableux sur 2500 m, en s’approchant de Grandcamp-Maisy, que j’atteins vers 15 heures.
Au PK 22,60, on se heurte à une digue en poutres de bois, et le contournement d’un petit bassin portuaire est inévitable.
Mais ce ne sera qu’un petit kilomètre avant de retrouver le sable de plage !
Je ne pourrai malheureusement pas le suivre en permanence du fait d’enrochements et de marée à mi-hauteur désormais.
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De nombreux épis de pieux de bois, anciens et dégradés, sont ici visibles, et ceux qui servaient naguère de digue sont maintenant réduits à une ligne de pointes de bois bordée d’énormes blocs de roche.
Parvenu à un blockhaus dont la paroi constellée de gros creux donne à penser à un mur d’escalade, il me faut passer alternativement sur le chemin de digue ou la grève, d’autant qu’une grande exploitation conchilicole gère l’accès du littoral avec protections des installations en mer.
Cette partie du cheminement me donnera un peu à voir de la campagne du coin et de ses talus fleuris.
J’avais décidé de stopper le « littoral marin » au lieu-dit « La Dune », au droit de la Passe d’Isigny, car on est alors en domaine fluvial de la Vire. Son contournement est en effet « interminable » de l’ordre de 30 km…du fait de plusieurs voies d’eau à traverser sur des ponts et passerelles, fort éloignés les uns des unes.
Ce serait une étape entière « perdue » dans le cadre du projet TGRLIFRA, car les rives fluviales n’appartiennent pas au domaine littoral marin…mais ce sera de ma part une limite arbitrairement établie, notant au passage que les limites mer-fleuve officielles le sont aussi, avec des « définitions » variables et plus ou moins objectives, la limite de salure des eaux douces ne pouvant même pas être vraiment établie avec une rigueur scientifique.
De ce fait, ce sont des limites administratives qui s’imposent, notamment dans les grands estuaires.
C’est donc au blockaus de La Dune au PK 27,80 que j’arrête la marche littorale…mais la journée des semelles ne s’arrête pas là, car il va falloir rentrer en auto-stop, et ici, c’est un peu un bout-du-monde ! Il est 16h15.
Je commence par deux petits kilomètres de route où j’admire des hectomètres de murs anciens, très hauts bâtis avec des milliers de petites pierres plates minces, pour atteindre l’église et le cimetière étonnamment isolés de Géfosse, ce qui me permet de faire le plein d’eau potable (Les cimetières, il n’y a que ça de vrai pour le ravitaillement en eau potable à toute heure, sauf l’hiver ! ). Très rares voitures…mais la seconde apparue me chargera pour faire… 1km !
Mais ce sera utile, car posé sur la D 514, à un carrefour avec arrêt de bus, très pratique pour le « stop ».
Un bon quart d’heure…et second chargement pour atteindre Grandcamp…en 4 km. PK 32,80.
Bien que placé à un bon endroit en ville, il va me falloir patienter près de deux heures pour être enfin pris et pour seulement 11 km. Je suis à Vierville… 19h30.
De plus en plus rares voitures, donc je pars du principe qu’il faut avancer à pied, « au cas où », ce qui va me coûter 3 km.
Au sortir du village de Saint Laurent, la chance va enfin me sourire, car, malgré l’heure et son chargement de trois personnes déjà, ce sera un conducteur chinois en transit qui s’arrêtera, ne parlant pas français, et très peu anglais…
Utilisant un traducteur français-anglais installé dans un téléphone d’un passager puis relié par un câble à un autre téléphone pour anglais-chinois, on finit par se comprendre (très compréhensifs, serviables et patients ces gens-là !).
Je serai alors déposé à l’entrée de Port-en-Bessin sur la D 514…il y aura encore 2 km à pied pour retrouver ma voiture à 21h20 ! Il m’ aura donc fallu 5 heures pour parcourir 34 km dont 7 à pied… Pas très frentable le « stop » ce jour-là !
Heureusement que je n’avais pas d’équipiers… car avec le temps de navette, ils auraient attendu au moins 5 heures et demie !
Vers 21h30, pendant mon dîner, je m’amuse de voir des dizaines de personnes franchir allègrement la barrière censée interdire l’accès « à la plage », et l’inefficacité totale du panonceau « danger éboulement », les passants cherchant des fossiles ou galets justement là où ça pourrait encore s’écrouler ! Tout contre l’éboulis de février surmonté d’un énorme massif de terrain de roche incohérente, prêt à choir au premier déséquilibre venu !
Vers 22 heures, il s’agit de repartir vers Isigny, et d’atteindre un point de côte vers Sainte-Marie-du-Mont, ce qui ne sera pas si simple, de nuit.
Finalement j’échouerai pas très loin du Musée du Débarquement, pour une bonne nuit bien méritée… j’en suis à 36 km marchés, au minimum, dont un tiers sur terrain difficile, et environ 13 heures debout !
Mais quelle belle étape ! 37,80 PK pour 28 PKM