Analyse d’incidents sur tyrolienne 555

L'aventure et l'évasion

Analyse d’incidents sur tyrolienne 555

25 juin 2022 Via ferrata 0

Analyse d’incidents sur tyrolienne        555

Les erreurs ou fautes à l’occasion de franchissements de tyroliennes de vie ferrate sont assez fréquentes, et, fort heureusement, rarement lourdes de conséquences. Cependant, les blocages sur ces câbles tendus (le plus souvent inférieurs à 100m), parfois très longs [2200 m à Porto Rico, 2600 mètres de « vol » à La Colmiane, 2800 m de « vol » à Ras Al Khaimah (Emirats arabes)] sont aussi ceux qui font déclencher les secours en hélicoptère, ou encore, ceux qui engendrent des syndromes du harnais car la victime est effectivement et intégralement suspendue dans son cuissard.
C’est certainement ce dernier point le plus crucial : éviter l’apparition de ce syndrome.
Cela suppose des comportements préventifs de la part de la « victime » si elle ne peut se dégager seule de cette situation.
Cela suppose de réagir et agir rapidement et efficacement de la part des équipières et équipiers ou autre intervenant(e) potentiel pour réduire au maximum le temps de suspension « passive ».
Cependant, sauf dans de rares cas vraiment critiques, se sortir de là par les seuls moyens matériels et humains à disposition est généralement possible…sachant bien sûr que le mieux reste de ne pas s’y fourrer !

Les principales erreurs (voire faute si on sait qu’on commet l’erreur, qui, dès lors, n’en est plus une !) sont :
– Utiliser une poulie « rouge » ou « tandem », ou, pire encore, une petite poulie simple, très « lentes » et qui vont amener la personne au point de flèche d’équilibre, remonter à la force des bras et d’une jambe passée au-dessus du câble restant l’issue possible, mais parfois impossible pour certaines personnes ou avec certains équipements. On ajoute le grand risque d’abîmer rapidement les galets car ces poulies sont faite pour des cordes.
– utiliser une poulie « Jaune » ou « trac », mêmes conclusions que précédemment…en « moins pire ».
– se longer « long », sauf si le concepteur de la tyrolienne le préconise
– se longer sur le câble avec une longe qui reste sous tension, même faible, au-delà du seul poids de la longe considérée.
– mettre ses mains sur le câble devant la poulie
– Tenter de freiner avec ses mains sans gants
– Tourner, voire se  retourner, et arriver dos le premier ou sur le flanc.
– tenter de descendre sans poulie, sur un mousqueton de longe (surtout s’il est en alliage d’aluminium…)
– Descendre à deux sur une même poulie
– Laisser ses cheveux longs et libres à proximité de la poulie
– porter un foulard ) une écharpe, et autre textile flottant susceptible d’être pris entre poulie et câble
– … et autres bizarreries !

Novice aussi bien qu’expérimenté(e), un(e) via-ferratiste peut commettre une erreur, par négligence, par fatigue, par empressement, par fanfaronnade, par oubli, par distraction, etc.
A travers deux exemples vécus, on peut tirer des leçons utiles, et chaque incident connu devrait être l’objet d’une analyse fine, pour bien comprendre le processus fautif, et comment l’éviter à l’avenir…bien que le Risque Zéro n’existe pas dans ce domaine !

EXEMPLE N° 1 : la personne est longée « long » sur sa poulie, et « long » sur le câble en arrière de la poulie.
Résultat : quand elle se lance, son poids s’applique sur la longe de câble et va donc fortement freiner, puis stopper.
Comment éviter cela ?
Il suffit de respecter le protocole fondamental : une longe d’assurage de la personne sur support fixe (câble de paroi, queue de cochon, barre, barreau, cosse de câble…(mais pas le câble de tyrolienne !)  et l’autre longe en assurage de la poulie (œil supérieur).
Car, de la sorte, une fois la poulie positionnée sur le câble, la seule longe qui reste libre à mettre en place au point d’attache de cette poulie est la longette !
Protocole complémentaire : quand on dispose de longes à mousquetons larges, pouvant coiffer le poulie, ces derniers seront TOUS DEUX placés au-dessus de cette poulie, dans les rétreints prévus pour cela, et donc, là aussi, seule la longette peut être au point d’attache.

Revenons au cas constaté faute d’avoir appliqué les protocoles recommandés (mais pas obligatoires)…
Comment sortir de là ?
1) Personne seule, ou sans aide extérieure possible ou désireuse de rester autonome
1-1) Avec longes classiques (dissymétriques et non extensibles)
1-1-1) Avec pédale accessoire (recommandée en tant qu’accessoire de sécurité…justement)

1-1-1-1) Avec longette (recommandée en tant qu’accessoire de sécurité…justement)
Dans ce cas, qui est le moins délicat, selon nous, il suffira de positionner la pédale devant la poulie (pour éviter un démarrage intempestif, de se hisser dessus et crocheter la longette non installée au début dans le point d’attache de la poulie, de décrocher la longe freineuse puis se reposer sur la longette. Le système va alors repartir en poussant la pédale lâche sur le câble ce qui est négligeable.
Tenter de dégager cette pédale du câble avant l’arrêt reste un risque inutile de se faire prendre les doigts dans la poulie…grave danger !
A la fin, il faudra sans doute tracter un peu…mais c’est un moindre mal.

1-1-1-2) Pas de longette…ce qui explique l’usage des seules longes de progression …sans replier  celle crochetée au point d’attache de la poulie.
Cette fois, on crochète un mousqueton dans le point d’attache, on installe la pédale comme précédemment , on se hisse, on décroche la longe freineuse que l’on passe dans le mousqueton précité et crochète au pontet…ce qui la transforme en longe courte.
La suite, comme précédemment.

1-1-2) Sans pédale accessoire...(c’est plus difficile !)
En effet, ne pas pouvoir se hisser sur une jambe, et surtout de ne pas immobiliser le système avec cette pédale en force devant la poulie complique les choses car dès que l’on allège la longe freineuse, on est sur la poulie qui va donc repartir…

1-1-2-1) Avec longette.
Celles et ceux qui en ont la force se soulèvent à deux bras sur la longe freineuse, puis se maintiennent d’un seul bras sur cette longe le temps de crocheter la longette dans la poulie avec l’autre bras. Dès que l’on relâche, le système démarre (sauf si on a déjà atteint le point de flèche maximale du câble, ce qui est rare dans cette configuration).
Si on n’a pas la force nécessaire ou en cas d’échec on passe à 1-1-2-2)

1-1-2-2) Pas de longette ou longette non-installable.
Les longes inextensibles permettent de pouvoir encore atteindre la poulie, au moins sa base, et la solution deviendra alors de soulager de son poids  la longe freineuse en se soulevant à deux mains par intermittence (pour reposer les bras ballants) ou, si on le peut, en se suspendant  à deux bras tendus les mains crochetées au-dessus de la poulie (sur la chape), ce qui relâchera la longe freineuse.
Au final il faudra de toute façon se tracter, et avec les longes classiques non extensibles ça reste faisable bien que plus difficile que sur longette évidemment…et encore plus difficile dans le cas présent avec le frottement de la longe sur le câble

1-2) Avec longes extensibles
1-2-1) Avec pédale accessoire (Très recommandée en tant qu’accessoire de sécurité…justement)

1-2-1-1) Avec longette  (Très recommandée en tant qu’accessoire de sécurité…justement)
Étant pendu très bas, il faut procéder en deux temps car la pédale ne peut être accrochée sur le câble. On peut confectionner une tête d’alouette serrée sur la longe qui est sur le câble, se hisser et crocheter la longette dans la poulie ou dans le mousqueton de la longe longue qui y est déjà. S’il ne s’agit pas d’une longette, mais de la longe de repos, coincée dans le « V » des longes, ce sera plus difficile car sa géométrie est beaucoup moins variable… Une fois suspendu « court », relâcher la pédale ce qui va débrayer la longe qui freinait sur le câble, et le système repartira.

1-2-1-2) Sans longette ni longe de repos ou bien ces accessoires non-installables.
la solution deviendra alors de soulager de son poids  la longe freineuse en se soulevant à deux mains par intermittence (pour reposer les bras ballants) ou, si on le peut, en se suspendant  à deux bras tendus les mains crochetées au-dessus de la poulie (sur la chape) et debout dans la pédale, ce qui relâchera la longe freineuse.
Au final il faudra de toute façon se tracter, et avec les longes classiques non extensibles ça reste faisable bien que plus difficile que sur longette évidemment…et encore plus difficile dans le cas présent avec le frottement de la longe sur le câble

1-2-2) Sans pédale accessoire
Les choses vont se corser ! Si on est à-même de confectionner une pédale de fortune, par exemple avec de très bons lacets de chaussures, on peut tenter le coup et se reporter aux paragraphes précédents…mais veiller à ne pas perdre ses chaussures ensuite !!!

1-2-2-1) Avec longette.
Celles et ceux qui en ont la force peuvent essayer de se hisser à deux mains sur les deux longes ensemble (meilleure préhension) en veillant à garder tendue la longe freineuse, crocheter une main au-dessus de la poulie (pas sur le câble) et crocheter leur longette dans la poulie ou le mousqueton de longe qui y est déjà, avec l’autre main…mais attention, ceci se fera alors que le système redémarrera dès que la longe freineuse sera soulagée du poids. Si on ne se  sent pas maîtriser cette manipulation avec le système en mouvement, la seule issue sera de se maintenir pendu(e) bras tendus et deux mains crochetées sur la chape de la poulie…quitte à faire des pauses.
Ensuite, une fois parvenu(e) au point d’équilibre le plus bas de la tyrolienne, le problème deviendra de pouvoir se tracter et le résoudre nécessitera de venir se longer court comme décrit ci-dessus mais cette fois sans que la poulie soit mobile, donc moins stressant !

1-2-2-1) Sans longette
La seule issue sera de se maintenir pendu(e) bras tendus et deux mains crochetées sur la chape de la poulie…quitte à faire des pauses.
Une fois parvenu(e) au point bas d’équilibre de la tyrolienne, il faudra se tracter, et pour cela parvenir à passer en longe repliée…
Premier temps : positionner un mousqueton dans le point d’attache et se hisser à deux mains puis crocheter une des deux sur la poulie et défaire la longe freineuse de l’autre.
Second temps : replier la longe en la crochetant sur le pontet , se hisser à deux mains puis passer la longe pliée dans le mousqueton  préparé pour ça, et se reposer sur cette longe.
Les plus fortes et plus forts peuvent réussir à faire le tout en un seul temps.
Avec cela, il n’est pas encore certain de pouvoir se tracter car une longe extensible repliée mesure souvent encore 55 à 60 cm.
Si nécessaire, donc, et c’est probable, une fois posé sur cette première longe raccourcie, on peut détacher l’autre et la passer par-dessus la chape, puis se hisser avec les bras quitte à crocheter le câble avec une jambe voire les deux, et crocheter cette seconde longe dans le pontet. Ceci amène la personne  à être longée comme avec une longette de 30 cm.
Dès lors, il sera plus « commode » de se tracter classiquement.

2) Personne qui n’est pas seule, ou dispose d’une aide extérieure, et désireuse d’être aidée.
2-1) Aide au contact
2-1-1) Aide par personne qui suit
IL faudra donc que le ou la suivant(e) rejoigne la personne stoppée, ce qui ne pose aucun problème théorique, mais implique de devoir se freiner dès le départ, tout en douceur, afin de ne pas créer une collision traumatisante.
Par ailleurs les manipulations doivent être menées dans le calme et avec grande attention…il s’agit de ne pas aggraver la situation par de mauvaises manœuvres supplémentaires !
Il faut aussi s’attendre à un peu de mobilité en duo lors de l’addition du poids ajouté qui est, lui, sur poulie fonctionnelle…puis à un nouveau stoppage.

2-1-1-1) Aide physique (et morale)
On reprend les cas exposés dans le cas de personne non aidée, l’aide physique consistant à soulever ou alléger sensiblement le poids de la personne suspendue de sorte à ce que les opérations recommandées puissent être menées avec beaucoup plus de facilité, moins d’énergie à gaspiller et surtout moins de stress. Le syndrome du harnais a aussi peu de chance de se manifester, car tout va aller bien plus vite dès lors que le duo est réuni.
En attendant que cette réunion soit effective, la personne suspendue doit bouger les jambes en les relevant tout à tour…le lui conseiller, voire ordonner, si elle ne le sait pas.
Il est probable que le système et le duo bougent dès que la longe freineuse se trouve allégée, il faut l’anticiper et s’en féliciter !
Dans cette configuration, l’aide se limite donc à alléger la personne en difficulté, elle reste maître du reste, avec conseils et encouragements.
Lorsque les corrections techniques voulues sont opérées, et le point bas atteint à deux, il restera à se tracter, le ou la second(e) pouvant « pousser » le ou la premier(ére) et/ou lui servir d’anti-retour.

2-1-1-2) Aide technique (et morale)
Dans cette configuration, la personne en difficulté gère sa masse corporelle avec ses deux bras, et l’autre personne effectue les manœuvres techniques voulues, comme décrites dans le cas de la personne seule
Le reste se déroule comme en 1-1-1).
Généralement, cette approche permet d’aller bien plus vite, mais elle déresponsabilise voire culpabilise, et n’éduque pas aussi bien qu’en laissant la personne gérer les problèmes, seule la problématique de son poids étant minimisée.

2-1-2) Aide par personne qui précédait
Elle suppose évidemment le retour de la personne aidante, ce qui est souvent plus long et plus fatigant pour elle, mais à l’avantage de faire face à l’autre en difficulté qui voit venir à lui ou elle sa délivrance…
Tout va se passer comme dans le cas précédent, sauf bien sûr que le tractage verra un ordre inversé. Dans le meilleur des cas, le premier disposera d’une cordelette de halage qu’il pourra mettre en œuvre dès que possible, mais cela implique qu’il se dissocie pour atteindre l’arrivée le plus vite possible et pouvoir assister le tractage du ou de la second(e)…ceci dans la limite de la longueur de cordelette.
Comme ce sont souvent les 5 à 10 derniers mètres qui s’avèrent énergivores et réclament une forte poigne, il est conseillé de disposer d’une douzaine de mètres utiles, si on anticipe ce genre de situation…et bien sûr que ce soit la « pointe » qui en dispose !

2-2) Aide sans contact
2-2-1) Aide par personne qui suit
L’aide psychologique et les conseils techniques sont les apanages de l’aidant(e), qui va soutenir et piloter les actions à distance…si cette dernière n’est pas trop grande.
Une aide technique est aussi possible avec une cordelette de traction si elle n’est pas partie avec une personne précédente ou si on a été très prévoyant(e) et qu’il y a une cordelette sur la « pointe » ET une autre sur le ou la dernier(ère). Rare…
Mais dans ce cas, la remontée est souvent bien plus dure que sur les arrivées, dure mais pas impossible, de la dépendant beaucoup des forces de chacun(e). Elle est d’autant plus dure que les opérations de correction n’ont pas été réalisées.
Il y a des cas ou remonter les 15 premiers mètres parcourus vaut mieux que réaliser toutes les opérations et parcourir les 50 ou 100 mètres qui restaient, c’est laissé à l’appréciation de l’équipe.

2-2-2) Aide par personne qui précède
L’aide psychologique et les conseils techniques sont les apanages de l’aidant(e), qui va soutenir et piloter les actions à distance…si cette dernière n’est pas trop grande.
Une aide technique est aussi possible avec une cordelette de traction, dès que la jonction est réalisable avec la personne en difficulté.
Là encore, le résultat  dépend  beaucoup des forces de chacun(e). La remontée sera d’autant plus dure que les opérations de correction n’ont pas été réalisées, car le frottement de la longe est de plus en plus important avec l’inclinaison croissante du câble par rapport à la direction de la traction cordelette, d’une part, et la force de la pesanteur de plus en plus opposée à la progression.
Si les opérations de correction n’ont pas amené à la possibilité d’auto-tractage le tractage « cordelette » sera éprouvant surtout si cette dernière a un diamètre inférieur à 8 mm
A savoir : 12 m de cordelette de 8 mm en polyamide pèsent…450 grammes environ. Ca peut valoir la peine d’en charger le sac à dos…

3) Aide multiple
Si l’équipe compte au moins trois personnes, il est évidemment possible d’additionner les aides, l’une au contact, l’autre à distance.
On peut même imaginer deux aides au contact, l’une physique l’autre technique.
A titre informatif, les câbles utilisés pour contruire ces tyroliennes sont au minimum des 12 mm qui ont une limite de rupture statique à environ   10 000 DaN (10 tonnes), une charge d’usage prévue pour 3 000 DaN. 
Même avec trois corps de 80 kg et les composantes diagonales de la pesanteur, les forces exercées sur le câble et ses amarrages sont très, très loin d’atteindre ces limites, car le câble est volontairement détendu, à la fois pour réduire très sensiblement ces forces et pour ralentir voire stopper les personnes sur poulie en créant une pente remontante…ce qui, dans le cas présent, est un inconvénient !!!

EXEMPLE N° 2 : La personne, (bizarrement), a accroché sa poulie au câble avec le mousqueton de portage positionné dans l’œil de cette poulie, puis a crocheté sa longette dans le point d’attache et a posé une longe de progression sur le câble et la seconde au point d’attache.
Et est partie comme ça…le mousqueton de portage servant de poulie !
Les conséquences se sont limitées à une course vite stoppée, ce mousqueton étant de section ronde et en acier.
Comment éviter cela ?
La première disposition à respecter est que le mousqueton de portage ne se positionne pas dans l’oeil de poulie mais dans son point d’attache, et ce durant le portage justement, ce qui donne une souplesse de positionnement à la poulie portée à la ceinture, et empêchera ensuite de commettre l’erreur ci-dessus car…
Le protocole d’installation de la poulie implique de la mousquetonner avec une des longes de progression dans cet œil  !
Donc l’œil doit être libre pour cette longe et une fois qu’elle y est, il est impossible de passer un second mousqueton.
De la sorte, il est impossible de positionner sa poulie autrement qu’à cheval sur le câble, après l’avoir délivrée du mousqueton de portage qu’il est conseillé de remettre aussitôt sur le point d’attache.
Revenant à la situation critique, comment s’en sortir ?

OPTION BASIQUE : on ne change rien au montage
La personne, seule ou aidée par une suivante, ou aidée par une précédente, ou par les deux, va se contenter de faire riper son mousqueton sur le câble, ce qui est assez fatigant et peut être dangereux pour les mains qu’il vaut mieux avoir gantées !
Cela demande de progresser par à-coups, par balancement, avec une petite consolation : si ça avance plus difficilement, ça recule aussi plus difficilement, ce qui est un petit avantage dans la remontée finale.
Il est certain que le poids de la personne est déterminant, car le frottement, du mousqueton en sera d’autant plus important.

OPTION EVOLUEE : on tente de revenir au montage tel qu’il aurait dû l’être au départ.
Cela revient à repositionner la poulie sur le câble alors qu’on est pendu(e) sur elle avec la longette

1) Personne seule, ou sans aide extérieure possible ou désireuse de rester autonome
1-1) Avec longes classiques (dissymétriques et non extensibles)
1-1-1) Avec pédale accessoire (recommandée en tant qu’accessoire de sécurité…justement)

On positionne cette pédale en avant de la future poulie en place pour éviter son démarrage intempestif et on se hisse pour accrocher la longe de progression la plus courte sur le câble. Dès lors, la longette est détendue, il ne reste qu’à utiliser l’autre longe de progression pour assurer cette poulie que l’on dissocie du fameux mousqueton de portage et on remet les choses dans l’ordre…poulie sur le câble, mousqueton de portage dans le point d’attache et longette dans ce mousqueton ou dans le point d’attache si on le peut.

On remet la longe de progression sur le câble en arrière de la poulie
On se hisse à nouveau sur la pédale et on retire la longe de suspension provisoire du début, et on redescend sur la pédale jusqu’à être en tension sur la longette…sachant que soulager la pédale va libérer la poulie qui va se mettre en mouvement, il faut donc s’y préparer…aucune main sur le câble.
Tout est redevenu normal, sauf à la fin, où il faudra s’attendre à devoir tracter un peu.

1-1-2) Sans pédale accessoire…(c’est plus difficile !)
En effet, ne pas pouvoir se hisser sur une jambe, et surtout de ne pas immobiliser le système avec cette pédale en force devant la future poulie fontionnelle complique les choses car dès que l’on allègera la longe freineuse, on sera sur la poulie fonctionnelle qui va donc repartir…

Celles et ceux qui en ont la force se soulèvent à deux bras sur le câble, quitte à y passer une jambe crochetée pour réduire la masse corporelle à élever puis se maintiennent d’un seul bras sur ce câble et viennent crocheter la longe de progression la plus courte sur lui, pour s’y suspendre.

Dès lors, la longette est détendue, il ne reste qu’à utiliser l’autre longe de progression pour assurer cette poulie que l’on dissocie du fameux mousqueton de portage et on remet les choses dans l’ordre…poulie sur le câble, mousqueton de portage dans le point d’attache et longette dans ce mousqueton ou dans le point d’attache si on le peut.

On remet la longe de progression sur le câble en arrière de la poulie
On se hisse à nouveau , comme précédemment, les mains sur la chape de la poulie et on retire la longe de suspension provisoire du début pour redescendre  jusqu’à être en tension sur la longette…sachant que soulager la longe va libérer la poulie qui va se mettre en mouvement, il faut donc s’y préparer…aucune main sur le câble !!! Cette manipulation est évidemment plus risquée.
Mais tout est redevenu normal, sauf à la fin, où il faudra s’attendre à devoir tracter un peu.

1-2) Avec longes extensibles
1-2-1) Avec pédale accessoire (Très recommandée en tant qu’accessoire de sécurité…justement)
On procède comme précédemment, mais avec la longe extensible, il faudra la replier en deux voire en trois avec un mousqueton à poser sur le câble devant la future poulie en place

1-2-2) Sans pédale accessoire
Les choses vont se corser ! Si on est à-même de confectionner une pédale de fortune, par exemple avec de très bons lacets de chaussures, on peut tenter le coup et se reporter aux paragraphes précédents…mais veiller à ne pas perdre ses chaussures ensuite !!!
Sinon, procéder comme avec les longes classiques sans pédale (1-1-2)et comme en 1-2-1)

2) Personne qui n’est pas seule, ou dispose d’une aide extérieure, et désireuse d’être aidée.
2-1) Aide au contact
2-1-1) Aide par personne qui suit
IL faudra donc que le ou la suivant(e) rejoigne la personne stoppée, ce qui ne pose aucun problème théorique, mais implique de devoir se freiner dès le départ, tout en douceur, afin de ne pas créer une collision traumatisante.
Par ailleurs les manipulations doivent être menées dans le calme et avec grande attention…il s’agit de ne pas aggraver la situation par de mauvaises manœuvres supplémentaires !
Il faut aussi s’attendre à un peu de mobilité en duo lors de l’addition du poids ajouté qui est, lui, sur poulie fonctionnelle…puis à un nouveau stoppage.

2-1-1-1) Aide physique (et morale)
On reprend les cas exposés dans le cas de personne non aidée, l’aide physique consistant à soulever ou alléger sensiblement le poids de la personne suspendue de sorte à ce que les opérations recommandées puissent être menées avec beaucoup plus de facilité, moins d’énergie à gaspiller et surtout moins de stress. Le syndrome du harnais a aussi peu de chance de se manifester, car tout va aller bien plus vite dès lors que le duo est réuni.
En attendant que cette réunion soit effective, la personne suspendue doit bouger les jambes en les relevant tout à tour…le lui conseiller, voire ordonner, si elle ne le sait pas.
Il est probable que le système et le duo bougent dès que la longe freineuse posée se trouve allégée, il faut l’anticiper et s’en féliciter !
Dans cette configuration, l’aide se limite donc à alléger la personne en difficulté, elle reste maître du reste, avec conseils et encouragements.
Lorsque les corrections techniques voulues sont opérées, et le point bas atteint à deux, il restera à se tracter, le ou la second(e) pouvant « pousser » le ou la premier(ére) et/ou lui servir d’anti-retour.

2-1-1-2) Aide technique (et morale)
Dans cette configuration, la personne en difficulté gère sa masse corporelle avec ses deux bras, et l’autre personne effectue les manœuvres techniques voulues, comme décrites dans le cas de la personne seule
Le reste se déroule comme en 1-1-1).
Généralement, cette approche permet d’aller bien plus vite, mais elle déresponsabilise voire culpabilise, et n’éduque pas aussi bien qu’en laissant la personne gérer les problèmes, seule la problématique de son poids étant minimisée.

2-1-2) Aide par personne qui précéde
Elle suppose évidemment le retour de la personne aidante, ce qui est souvent plus long et plus fatigant pour elle, mais à l’avantage de faire face à l’autre en difficulté qui voit venir à lui ou elle sa délivrance…
Tout va se passer comme dans le cas précédent, sauf bien sûr que le tractage verra un ordre inversé. Dans le meilleur des cas, le premier disposera d’une cordelette de halage qu’il pourra mettre en œuvre dès que possible, mais cela implique qu’il se dissocie pour atteindre l’arrivée le plus vite possible et pouvoir assister le tractage du ou de la second(e)…ceci dans la limite de la longueur de cordelette.
Comme ce sont souvent les 5 à 10 derniers mètres qui s’avèrent énergivores et réclament une forte poigne, il est conseillé de disposer d’une douzaine de mètres utiles, si on anticipe ce genre de situation…et bien sûr que ce soit la « pointe » qui en dispose !

2-2) Aide sans contact
2-2-1) Aide par personne qui suit
L’aide psychologique et les conseils techniques sont les apanages de l’aidant(e), qui va soutenir et piloter les actions à distance…si cette dernière n’est pas trop grande.
Une aide technique est aussi possible avec une cordelette de traction si elle n’est pas partie avec une personne précédente ou si on a été très prévoyant(e) et qu’il y a une cordelette sur la « pointe » ET une autre sur le ou la dernier(ère). Rare…
Mais dans ce cas, la remontée est souvent bien plus dure que sur les arrivées, dure mais pas impossible, de la dépendant beaucoup des forces de chacun(e). Elle est d’autant plus dure que les opérations de correction n’ont pas été réalisées.
Il y a des cas ou remonter les 15 premiers mètres parcourus vaut mieux que réaliser toutes les opérations et parcourir les 50 ou 100 mètres qui restaient, c’est laissé à l’appréciation de l’équipe.

2-2-2) Aide par personne qui précède
L’aide psychologique et les conseils techniques sont les apanages de l’aidant(e), qui va soutenir et piloter les actions à distance…si cette dernière n’est pas trop grande.
Une aide technique est aussi possible avec une cordelette de traction, dès que la jonction est réalisable avec la personne en difficulté.
Là encore, le résultat  dépend  beaucoup des forces de chacun(e). La remontée sera d’autant plus dure que les opérations de correction n’ont pas été réalisées, car le frottement du mousqueton est de plus en plus important avec l’inclinaison croissante du câble par rapport à la direction de la traction cordelette, d’une part, et la force de la pesanteur de plus en plus opposée à la progression.
Si les opérations de correction n’ont pas amené à la possibilité d’auto-tractage le tractage « cordelette » sera éprouvant surtout si cette dernière a un diamètre inférieur à 8 mm
A savoir : 12 m de cordelette de 8 mm en polyamide pèsent…450 grammes environ. Ca peut valoir la peine d’en charger le sac à dos…

3) Aide multiple
Si l’équipe compte au moins trois personnes, il est évidemment possible d’additionner les aides, l’une au contact, l’autre à distance.
On peut même imaginer deux aides au contact, l’une physique l’autre technique.
A titre informatif, les câbles utilisés pour construire ces tyroliennes sont d’un diamètre minimal de 12 mm avec une structure et des aciers spéciaux câbles qui ont une limite de rupture statique à environ 10 000 DaN (10 tonnes), une charge d’usage dynamique prévue pour 3 000 DaN. 
Même avec trois corps de 80 kg et les composantes diagonales de la pesanteur, les forces exercées sur le câble et ses amarrages sont très, très loin d’atteindre ces limites, car le câble est volontairement détendu, à la fois pour réduire très sensiblement ces forces et pour ralentir voire stopper les personnes sur poulie en créant une pente remontante…ce qui, dans le cas présent, est un inconvénient !!!

 

CONCLUSION(S)

Bien que le sujet ne soit pas tout à fait épuisé ici, on pourrait retenir les conseils suivants :

  1. être doté(e) d’une sangle pédalière avec mousqueton à virole, surtout si on utilise des longes extensibles
  2. être doté(e) d’au moins un mousqueton « volant » à grande ouverture
  3. avoir systématiquement une longette et/ou une longe de repos
  4. préférer une longette indépendante des longes de progression
  5. sur cette longette ou sur longe de repos, préférer un mousqueton en acier
  6. si équipe et si problème envisagé, disposer de 12 m de cordelette, de préférence en 8 mm
  7. la « pointe » porte cette cordelette et le dernier ou la dernière en porte une aussi si on en a deux.
  8. être doté(e) de gants efficaces (bonne préhension, bonne adhérence)
  9. ne porter une poulie qu’avec un mousqueton placé dans le point d’attache. L’œil doit rester libre
  10. ne détacher la poulie de ce mousqueton qu’après l’avoir assurée d’une des deux longes de progression crochetée dans l’œil.
  11. Quand les mousquetons de longe de progression le permettent, venir en coiffer la poulie dans les encoches de la chape avant de partir.
  12. Eviter les mains posées sur la poulie, le risque de les poser sur le câble par inadvertance ou suite à un soubresaut est assez grand..

En bref…un peu d’anticipation, un peu de préparation, un peu d’attention, un peu de précaution, la recette est aussi simple que pour un quatre-quarts !

Les erreurs sont à la base de toute progression vers une réussite…mais il n’est pas nécessaire d’en commettre exprès en espérant ainsi progresser plus vite !!!

 

 

 

 

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