La cotation des vie ferrate 244

L'aventure et l'évasion

La cotation des vie ferrate 244

4 novembre 2019 Non classé 0

La cotation des vie ferrate

Avec le développement considérable des vie ferrate en France et en Europe, notamment depuis les années 2000, il est très rapidement apparu des « cotations » de leur difficulté.
Si l’on trouve des sites ou les difficultés sont très précisément détaillées, et on s’en félicite, il est fréquent de n’avoir pour information qu’une simple lettre ou paire de lettres, éventuellement accompagnées d’un signe « moins » ou « plus ».
Il est important de considérer que ce type d’information est extrêmement vague, et peut se révéler trompeur au point d’en être soit dangereux, soit inutilement dissuasif.
En effet, selon les individus et les circonstances, cette cotation peut finir par n’avoir aucune objectivité ou presque.
On ne parlera ici que de la pratique individuelle sans encadrement.

Quels sont les facteurs les plus influents…?

  1. La falaise
    La nature de la roche, plus ou moins friable et adhérente.
    La structure de la strate rocheuse, plus ou moins laminée, fissurée, alvéolée
    L’architecture générale, plus ou moins pentue donc déversante, plus ou moins étagée de paliers
    Les dénivellations cumulées et pas seulement la « brute » entre le point le plus haut et le plus bas
    La couleur dominante de la roche plus ou moins réverbérante (Albedo)

  2. L’équipement de la via ferrata.
    Le nombre de barreaux, échelons, de pédiglias, de plaquettes, marches, rampes , barres, filets, échelles, et de prises artificiellement façonnées dans la roche
    La dimension des éléments métalliques implantés pour leur préhension.
    Les distances entre les éléments de prises
    La prédominance ou non des dévers négatifs, des verticalités pures.
    Le nombre d’agrès et leur caractère impressionnant
    La difficulté athlétique des agrès 
    La longueur du parcours en mètres et en heures

  3. Les aptitudes physiques
    La force musculaire des membres notamment celle des bras et des doigts.
    Les performances cardio-vasculaire et ventilatoire
    La taille corporelle et l’envergure brachiale
    L’acuité oculaire
    La résistance à la chaleur et au froid
    Le sens de l’équilibre
    L’endurance
                                                                        L’entraînement
                                                                        L’état de forme instantané

  4. Les facteurs psychologiques et/ou nerveux
    La qualité du sommeil des jours précédents
    La volonté
    Le vertige
    La pugnacité
    La maîtrise des émotions
    L’âge et l’assurance qui va avec
  5. Les facteurs relationnels
    Seul(e) ou en équipe
    Voie déserte ou fréquentée
    La formation en équipe
  6. Les facteurs climatiques
    Temps chaud ou froid
    Gel
    Pluie , neige ou grêle, avant et/ou pendant la course.
    Vent
    Nébulosité
    Ensoleillement

  7. Autres
    Visibilité selon luminosité
    Agressions ou gênes animales, dont insectes notamment
    Abords et/ou passages boueux de la via
    Port éventuel d’un sac
    Le niveau technique
    L’équipement matériel individuel
    Eau potable disponible
    Aliments énergétiques disponibles

 

On le voit, bien malin qui pourrait donner une cotation fiable universelle tant il y a de facteurs qui jouent…!

Une via classée « ED » pour extrêmement difficile sur 100 ou 200 m peut très bien devenir seulement difficile, et encore, si on a la technicité pour réduire la difficulté ou si on  est très puissant.
De même une via classée « F » pour facile si on mesure 1,8 m ou plus, peut s’avérer très difficile si on ne fait que 1,4 m sous la toise !
Donc rester très prudent, très critique, dans un sens comme dans l’autre.
Les éléments qui peuvent compenser certaines « surprises » de parcours sont, principalement :

  • une longette de 30 cm environ, de préférence indépendante de la longe double
  • une sangle pédalière avec mousqueton à large ouverture, à sa taille, pour faire une prise de pied.
  • des lunettes de soleil efficaces
  • de l’eau dans un petit sac
  • des gants adaptés.
  • des chaussures tenant bien les chevilles et à semelle adhérente pas trop rigide
  • un coupe-vent
  • Une ou deux barres énergétiques
  • une pratique régulière.
  • s’informer avant sur 2 ou 3 sites différents avec fiches techniques ou auprès de gens compétents locaux
  • lire certains commentaires d’utilisateurs
  • Discuter avec les usagers immédiats et extrapoler à son propre cas.

Exemple de cotation suisse dite « Hüsler »…
http://www.visinand.ch/via/Cotation_des_via_ferrata.htm 

On comprend, en la lisant, à quel point l’appréciation est discutable, et que, hormis une gradation évidente, pour un même pratiquant, il est très difficile de se rendre compte de la réelle difficulté pour soi-même.
Les cas extrêmes sont repérables, un débutant dans une « ED » paraissant quand même kamikaze encore que tout dépende de sa condition physique et de sa gestion mentale, de ses expériences préalables dans d’autres sports, car certains grimpeurs  ou grimpeuses par exemple, passeraient facilement des « ED » dès leur premier essai,  sans aucun équipement d’ailleurs en dehors de leurs chaussures et des sous-vêtements pour la pudeur !
Et même sans pudeur ! Et sans câble ! Et sans rien d’artificiel ! :

La falaise ci-dessous, dans son entité, mesure plus de 100 m de hauteur, le grimpeur nu étant ici à mi-hauteur… https://www.youtube.com/watch?v=tXut4IS5QVQ
Mais il s’agit là d’une pratique d’un autre niveau  !!!
Clin d’oeil , chapeau et respect d’un tout petit via-ferratiste, Monsieur !

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