Prospective de recherches de sites 122

L'aventure et l'évasion

Prospective de recherches de sites 122

9 avril 2018 carrières diverses Randonnée Spéléologie Urbex 0

Démarches prospectives pour trouver des sites d’intérêt.

La prospective est une démarche qui vise à préparer les lendemains…


La prospective, en spéléologie, voire en canyon, comme en prospection détectoriste, est une science…
Pour une prospection,  on peut agir en improvisant complètement, par instinct, au petit bonheur, et quelque fois, c’est payant !
Certains et certaines trouvent ainsi des sites sur un coups de tête et/ou de chance, en quelques heures, ce que d’autres recherchent opiniâtrement et/ou frénétiquement depuis des mois voire années !

Cependant, cela reste plutôt anecdotique, surtout de nos jours où quiconque peut avoir accès à de nombreuses banques de données actualisées.
Sans tourner le dos à ces actions spontanées, SJV développe régulièrement des campagnes de recherches.
Et pour cela, a cherché à mettre au point un processus élaboré, faisant feu de tout bois…mais pas dans les forêts !

  1. La recherche prospective sur cartes.

    Contrairement à une idée reçue, étudier une carte IGN au 1/25 000 ème  ne suffit pas. Surtout si on la prend par un site moderne tel que Géoportail ou Google-Earth. 
    L’étude complétée et comparée avec la carte géologique, des cartes d’autres instituts que l’IGN, des cartes d’état-major de facture militaire, des cartes anciennes, voire très anciennes (Cassini), va souvent permettre de trouver bien des choses en plus !
    Concernant les cavités, par exemple, des carte IGN 1/25 000 ème des années 50 ou 60 mettaient encore bien en évidence toutes les cavités, naturelles ou non…Curieusement, bien qu’elles existent toujours sur le terrain, elles ne sont plus représentées dans les versions modernes…peut-être pour ne pas être responsable d’avoir potentiellement incité des gens à s’y rendre et y rentrer (?)…ce n’est qu’un exemple !
    Concernant les sites à prospecter, c’est aussi souvent le cas, mais parce que, cette fois, les bâtiments et autres structures ont réellement disparu…et c’est justement là qu’il peut être très efficace d’aller prospecter !
  2. La recherche prospective sur documents autres que les cartes.

    Carte postale témoignant d’une cavité rebouchée

    Bien sûr, les livres, les biographies, les thèses d’étudiants, soit chez des personnes locales âgées, soit chez des collectionneurs de pièces littéraires, soit chez des bibliophiles, des « historiens » amateurs ou non, les bibliothèques locales et départementales…les cartes de risques majeurs…
    Mais aussi et parfois bien plus rapide et efficace, les cartes postales anciennes, voire des peintures d’artistes amateurs locaux, les albums de photographies, les « journaux de bord » à une époque où tout le monde en tenait un ou presque, les articles journalistiques, les faits divers…
    Les photos aériennes ne sont pas à négliger…

    Dessin de promeneur attestant l’existence d’une cavité

  3. La recherche prospective par entretiens privés.
    Elle consiste à rechercher d’abord quelles personnes sont susceptibles d’être des informatrices, selon le sujet, et elles sont souvent trouvées grâce aux mairies, aux postiers, aux curés, aux associations d’anciens, ou culturelles, ou sportives…
    Ensuite, essayer d’obtenir une adresse ou un lieu public de rencontre qu’elles fréquentent pour solliciter un entretien.
    Il ressort souvent des renseignements utiles, parfois décevants, mais il faut toujours garder à l’esprit que les souvenirs des gens sont fréquemment différents de ce qu’était la réalité. Il y a toujours un « fond » exact, mais la narration peut varier fortement ! L’idéal est évidemment de trouver plusieurs témoignages et de les confronter…
    Si la conversation tourne bien, il n’est pas rare que l’interlocuteur finisse par proposer de se rendre sur les lieux voulus…et là, on peut toucher à l’idéal ! Mais pas encore garanti…!
  4. Le quadrillage prospectif serré du terrain
    Si on n’a pas obtenu de renseignement précis, si on n’est pas guidé sur place, il est fréquent d’organiser un quadrillage, en délimitant une zone à prospecter. Si cette zone ne comporte pas des repères évidents, la jalonner de balises sera judicieux pour éviter des « ratés » ou au contraire des « doublons ».

    En solo, le plus efficace reste le « serpentin », partant d’un « coin » de la zone, et arpentant toute le terrain, autant que techniquement possible, et faisant ensuite des aller et retours parallèlement en se décalant peu à peu du premier passage.
    Si le terrain n’est pas trop difficile et encombré, l’acteur peut espérer couvrir 1 km² en 2 à 3 heures, avec un passage tous les 10 mètres.
    Une autre technique est la « spirale », mais il est moins facile de rester fiable quant au parcours dès que la spirale devient étendue.
    A plusieurs, c’est le très connu « râteau » qui reste le mieux, mais il faut une bonne coordination faute de quoi le râteau se déforme, se disloque, et des divergence possibles des progressions respectives finissent par créer des zones non parcourues. Si le terrain n’est pas très accidenté ou encombré, le temps ci-dessus est à peu près obtenu en divisant par le nombre d’équipiers.
    Il peut être  utile de prévoir un râteau croisé…à effectuer selon deux directions perpendiculaires quand le terrain le permet, car avec un écart de 10 m, des départ de cavités ou des bouts de ruines peuvent échapper au regard si la végétation est haute et/ou dense.
    En période hivernale, les cavités se repèrent plus facilement, car moins de végétaux, mais aussi car cela crée des « trous » sombres dans la neige ( s’il y en a !!!) et/ou des émissions de « brume » s’il fait bien froid dehors
    En période printanière puis en été, les ruines cachées ( fondations) peuvent se repérer du fait d’une différence de teintes du sol, et de l’aspect de la végétation…souvent bien vue d’avions ou d’hélicoptères volant bas.
  5. Observations comportementales prospectives.
    Ce sont plus particulièrement les oiseaux et les chauves-souris qui peuvent permettre de deviner et/ou de repérer des accès à des cavités ou des lieux couverts cachés, par leurs allées et venues.

    Les mammifères peuvent parfois être de bons indicateurs des cheminements « oubliés » qui mènent à des lieux particuliers.
    Les renards par exemple…

Mais on ne vous dit pas tout, pas absolument tout…SJV a de petits secrets techniques !
Cependant, le processus complet ci-dessus permet déjà de trouver beaucoup de choses et d’endroits, si toutefois ils existent vraiment là où on croit pouvoir les trouver ! Une déception est toujours possible, même si on y croyait dur comme fer…soit que l’on s’est trompé, que l’on a été trompé même par des gens de bonne foi, ou bien que les choses et lieux ont beaucoup changé voire ont été anéanties, ensevelies, privatisées à les rendre inaccessibles…etc.
Exemple récent : après quelques heures d’étude, une entrée d’ex-carrière est finalement repérée avec certitude.
Une fois sur le terrain, on la trouve…mais il n’en reste qu’un porche de briques…tout a été foudroyé !

Bon…on s’en tire avec une sympathique randonnée et quelques connaissances historiques locales de plus !
Bon courage et bonne chance à nos lectrices et lecteurs bientôt prospecteurs ! ( on peut partager vos découvertes ! )

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