Trio d’étroitures à la Malatière 248

L'aventure et l'évasion

Trio d’étroitures à la Malatière 248

13 novembre 2019 Spéléologie 0

Trio d’étroitures à la malatière 

La grotte de la Malatière est connue depuis le XIX ème siècle, et sa première partie fut archi-visitée et exploitée y compris de façon commerciale…quelques vestiges métalliques d’anciennes installations de visite « touristique » étant encore visibles sur la grande margelle d’entrée, et des aménagements de circulation pédestre très marqués à l’intérieur.
Dans les années 50 du XXème siècle, une très importante suite fut ouverte, très belle au départ et fatalement dégradée au fil des décennies par des dizaines puis centaines voire milliers de passages annuels Cette partie comprenait quelques étroitures relativement sélectives, du moins dans les débuts, et qui ne le sont plus du tout présentement, du fait d’un secours avec civière à y faire passer…c’est maintenant très facile.


A l’extrémité de la grande galerie du Métro, au terminus historique jusque dans les années 90, là où existe encore un « livre d’or » protégé dans une boîte métallique scellée, s’ouvre un boyau créé par un long travail de désobstruction.
Ce dernier débouche dans la suite de la grande galerie et on se heurte à un verrouillage massif, que de l’instinct et du travail des « inventeurs » de la suite ont fini par contourner…
C’est là que se situe le trio d’étroitures sujet de cet article.

  1. Chatière N°1
    La première est une chatière en « U » qui s’agrandit peu à peu avec les années, et, de fait, n’est pas difficile à franchir si ce n’est qu’elle est souvent le lieu d’une accumulation d’eau. Cette accumulation a tôt fait de l’inonder vraiment, et même en la connaissant, même avec de la volonté et du courage, la passer en courte apnée, sans être impossible, est indiscutablement une prise de risque ne serait-ce que de se retrouver entièrement trempé pour la suite.
    Afin d’éviter tout cela, des spéléologues locaux (merci à eux) ont mis à demeure une série de 5 ou 6 seaux de 12 l qui permet le vidage.
    Une chaîne de plusieurs spéléologues est quasiment indispensable, sauf à aimer le spéléo-bagne !
    L’eau soutirée est rejetable à quelques mètres de là dans un bassin de rétention réalisé avec un muret de roches agglutinées par de l’argile. Hélas il est trop petit pour tout contenir, le plus souvent, et se trouve en hauteur.
    Lorsque sa capacité est dépassée, l’eau peut encore être rejetée à son  côté, mais les fuites sont importantes.
    Le résultat est que si le passage est dégagé en une demi-heure par exemple, l’eau va revenir peu à peu durant la visite qui continuerait
    Il faut donc veiller à PASSER DES SEAUX au-delà de la chatière pour pouvoir la re-vider si le retour de l’équipe est tardif, ou bien laisser un volontaire qui va entretenir le vidage pensant que les autres visitent la suite.
    En cas d’oubli de cette précaution, la seule solution resterait de vider avec les casques, malgré leurs orifices d’aération qui rendraient l’opération fastidieuse, mais possible.
  2. Chatière N°2
    Elle est nettement plus grande que la précédente, presque toujours en eau, mais nous ne l’avons jamais vue suffisamment remplie pour qu’il ne reste pas un espace suffisant pour respirer contre le plafond. Néanmoins, elle peut être elle-aussi réfrigérante, le passage à quatre pattes ne laissant guère que le tronc et la tête émergés.
    Cette chatière peut être partiellement vidée comme la première, mais le bassin de rétention est vraiment petit, et on ne peut abaisser le niveau que de quelques centimètres (C’est déjà pas mal pour certaines et certains…!)
    Cette chatière peut être vidée ou presque, si jugé nécessaire, en transvasant l’eau boueuse dans la première qui n’en est qu’à trois mètres…mais évidemment, il faudra s’amuser à re-transvaser au retour la N°1 dans la N°2.
    L’autre conseil, si elle n’est pas vidée, est de la franchir à 4 pattes et non pas sur le dos.
    Là encore, vérifier qu’il y a des seaux de sécurité de l’autre côté, et, dans la négative, en faire franchir quelques uns.
    3) Chatière-laminoir N°3 
    Cette dernière est donc un laminoir de 6 m environ, en forme d’équerre à plat. Hormis pour de fort gabarits, elle se franchit sans grande difficulté, sur le dos comme sur le ventre, sachant qu’il peut s’y trouver aussi de l’eau, et comme le « ramping » est inévitable, il est sage et protecteur de la vider soigneusement avant de tenter le passage.Ce trio de chatières vaut la peine d’être franchi, ce qui précède y encourageant, car les salles qui sont après ou entre N°2 et N°3 présente une multitude de concrétions très variées, entières et très propres…de bien belles choses !

Au delà de ces salles, il existe d’autres chatières qui donnent une suite, mais nous n’encourageons pas les lectrices et lecteurs à s’y engager. Aux fins d’éviter des tentatives qui seraient motivées par l’idée qu’il existe une jonction avec le gouffre de Pourpevelle, nous disons que cette jonction n’existe pas, du moins pénétrable, au sens spéléologique.

Donc si l’occasion se présente, ne la manquez pas, ne vous laissez pas bloquer par ces passages, vous avez les solutions !!!

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