Spéléologie durant le confinement… 297

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Spéléologie durant le confinement… 297

15 avril 2020 Communication externe Spéléologie 0

Spéléologie durant le confinement… 297 

Comme de bien entendu, la Fédération dont dépend notre section de spéléologie et nous-mêmes, dirigeants de club,  recommandons de respecter les dispositions légales encadrant la situation de confinement général national.
Elles sont édictées comme suit :
Eu égard à la situation sanitaire résultant de l’épidémie de covid-19, un décret 2020-293 du 23 mars 2020 (JO du 24.03.2020) est venu fixer les mesures générales propres à garantir la santé publique, au titre de l’article L 3131-15 du code de la santé publique.
Si ce décret limite considérablement les libertés individuelles, il a le mérite de cerner ce qu’il en reste…
Dans notre Etat de droit, on peut distinguer ce qui est légal, licite ou légitime.
Ce qui est légal est ce qui est autorisé ou interdit explicitement par la Loi et les textes réglementaires émis dans le cadre des lois. Ce qui est licite est ce qui est possible bien que non défini par la loi. Quant à ce qui est légitime, on se tourne vers l’immatériel, qui n’est pas encadrable par la loi, notamment des domaines sentimental, confessionnel, moral…

Dans cette situation de confinement, décrété sans discernement, mettant sur un même plan le pêcheur solitaire en Sologne   au coup du matin , au cœur d’une roselière, (totalement non contaminant et non contaminable) et le rugbyman au corps à corps suant, hurlant et bavant dans une mêlée, (hautement contaminant et contaminable !) il est légitime qu’un individu citoyen cherche à dégager le licite du légal…
Dans cette perspective, le spéléologue peut-il pratiquer sans contrevenir aux dispositions légales ?
Eh bien, oui ! Mais bien sûr, avec quelques réflexions, et ce ne sera pas vrai pour tout spéléologue mais pour quelques unes et quelques-uns…que nous voyons ici.

Le principe du confinement est de « rester chez soi » c’est à dire dans son domicile. La notion de domicile n’est pas clairement définie dans la matérialité, mais plutôt par la situation d’occupation régulière principale, ce qui distingue le domicile de la résidence. Comme la loi n’a jamais été modifiée quant à cette définition matérielle, une abondante jurisprudence y a suppléé. 
De nos jours, le domicile n’est pas seulement une habitation au sens large, mais aussi toutes les annexes de l’habitation et la parcelle foncière qui lui est attenante. Le jardin d’un pavillon est donc partie intégrante du domicile. Mais un jardin sans habitation dessus et qui n’est pas attenant à une habitation n’est pas un domicile.

Déduction dans le cadre licite :
Toutes les personnes qui sont propriétaires ou locataires occupant un domicile dont le terrain attenant comprend une cavité naturelle ou artificielle peuvent librement pratiquer la spéléologie et la subterranologie, sans limite temporelle, avec autant de personnes voulues dès lors qu’elles habitent sous ce même toit. 
Si le développement de cette cavité peut amener hors des limites de la propriété sus-jacente, on n’est plus dans le domicile, mais là, intervient la notion de flagrance, la verbalisation n’étant possible que sur constatation des forces de l’ordre habilitées, lesquelles ne peuvent pénétrer le domicile que dans des cas limités Cf.  :   https://www.quelsdroitsfacealapolice.be/spip.php?article51).
Si on veut rester à 100% « dans les clous », il suffit de ne pas dépasser les limites du domicile foncier.
Dans notre pays, il y a pas mal de gens qui ont des cavités sises à domicile…s’ils sont spéléologues ou veulent le devenir, c’est possible pour eux !

Revenant au décret sus-visé, on lit : 
Déplacements brefs, dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile, liés soit à l’activité physique individuelle des personnes, à l’exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d’autres personnes, soit à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie .
Très bien.
Donc, tout spéléologue qui peut disposer d’un accès à une cavité ouverte à moins d’un kilomètre de son domicile, le kilomètre étant défini comme un rayon et non pas en métrant le cheminement pour s’y rendre, peut envisager une pratique limitée à une heure, selon deux modalités :
– Pratique solitaire si elle peut être considérée comme sportive
– Pratique collective si les équipiers sont des personnes vivant sous le même toit et que la pratique relève de la promenade non sportive.
Bien sûr, une heure ça passe vite, mais ça peut être bien mieux que rien !

Si c’est promenade, seul ou accompagné(e), il suffit de profiter au mieux du temps imparti, sachant que l’usage d’un VTT n’est aucunement prohibé, ce qui permet de diviser par 3 ou 4 le temps d’approche et de retour de la cavité.
Ca peut laisser au moins 50 minutes de pratique souterraine, vu qu’il n’y a aucune préparation ou équipement spécifique à installer. En termes de promenade, ça représente 5 ou 6 km de ballade souterraine, à pied, ou de séance photographique de spéléothèmes (par exemple) c’est déjà sympathique…même si c’est court.

Si c’est sportif, rien n’empêche de procéder par étapes journalières, en laissant les équipements en place…ni de se déplacer en étant déjà complètement équipé sur soi, ce qui va laisser au moins 50 minutes de progression aller/retour.
De quoi s’offrir une petite « grottounette » agréable ou une carrière à puits pour se détendre les muscles…
Ou encore de s’offrir un jogging souterrain en carrière…50 minutes, ça fait déjà un beau parcours !
Le tout en essayant de rester dans le rayon de 1 km du domicile, bien sûr…
Certes, tous les spéléologues n’auront pas la chance de disposer d’une cavité intéressante à si peu de distance de chez eux, mais il y en a un certain nombre quand même…surtout dans des départements très karstiques ou riches en ex-carrières…pourquoi n’en profiteraient-ils pas ?

Nous resterons dans cet article dans les strictes limites légales, même si nous savons bien qu’il est très facile de « tricher » avec les fameuses attestations sur l’honneur, mais c’est justement parce qu’elles sont « sur l’honneur » que nous n’encouragerons personne à tricher.
Le champ analytique du licite permettra à quelques-unes et quelques-uns de s’affranchir des limites strictes apparentes du légal,  en toute honnêteté, science et conscience, car en veillant tout aussi strictement à ne côtoyer personne de près (parmi les tiers non co-domiciliés) lors des pratiques ainsi développées.
Il ne s’agit certainement pas d’être irresponsable en risquant de porter préjudice à qui que ce soit.

Ceux et celles qui habitent à Savonnières-en-Perthois par exemple, comprendront très bien…
Restent cependant les autorités locales et territoriales qui peuvent y aller de leurs petits arrêtés liberticides par-dessus le décret, bien que le Président de la République leur ait demandé d’éviter d’en rajouter…
Il appartient à chacun de s’assurer de l’inexistence de ces textes (qui, pour être applicables, doivent être dûment motivés, affichés, portés à la connaissance des citoyens par tous moyens de communication accessibles…) avant de jouir des espaces de liberté que le décret laisse encore libres, donc ouverts aux pratiques licites.
Voilà…même si cet article ne devait donner une ouverture de pratique qu’à très peu de lectrices et lecteurs, nous en serons très heureux !  Ne pas hésiter à nous le faire savoir…!

 

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