Auto-assurance à l’équipement

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Auto-assurance à l’équipement

5 juin 2019 Spéléologie 0

Auto-assurance à l’équipement  (S.J.V.)

L’auto-assurance d’un équipeur est le plus souvent la règle en progression dans les cavités, mais il ne faut pas pour autant exclure les techniques d’assurage par un co-équipier, largement inspirées des pratiques de l’escalade.
Plusieurs cas sont à observer, avec des hybridations entre eux…

1) L »équipement vertical ou presque, à la descente.
Sauf exception ou volonté de « s’amuser », l’usage du descendeur s’impose. Nous ne traiterons pas ici de l’utilisation du descendeur en « S » traditionnel (généralement « rouge ») car SJV n’en fait plus usage depuis deux décennies au moins, même si ces appareils sont encore dans ses soutes.

Les très nombreux avantages des descendeurs « stop » (généralement bleus) nous les ont très vite fait adopter, sans que rien ne nous ait jamais fait le regretter, ceci s’appuyant sur des milliers d’utilisations par une grande diversité d’utilisateurs, tant par leur âge, leur poids, leur (in)expérience, leurs capacités.
Mais il importe ici de souligner qu’utiliser un « stop » ne dispense pas de s’auto-assurer, et qu’il faut éviter l’usage des clés usuelles pour ce faire. Un descendeur n’est pas fait pour amortir une éventuelle chute, même s’il le peut, et encore moins s’il est ficelé par une clé. L’auto-assurance recommandée avec cet appareil est donc de réaliser un noeud sur la corde de descente, un peu en-dessous du mousqueton de freinage, un noeud qui sera facile à défaire d’une main, de préférence.

Deux options ont été retenues par SJV, mais ce n’est évidemment pas limitatif.
La première est un nœud de mule à ganse courte avec une longe mousquetonnée dans la ganse. Pour supprimer l’assurage, on ôte la longe et on fait sauter la ganse du noeud en tirant , la corde se retrouvant aussitôt en tension dans la main, il n’y a plus qu’à descendre.
La seconde est un nœud de batelier ( improprement appelé nœud de cabestan) effectué sur le mousqueton de longe…il suffit de retirer la longe pour repartir, le noeud disparaissant aussitôt bien sûr !

Dans tout cela, on n’oublie surtout pas de mettre une longe d’assurance lorsque cela est possible, et dès que cela est possible…car on répète que le descendeur n’est pas fait pour amortir une chute.

 

2)L’équipement vertical ascendant
Là encore, le descendeur va être recommandé, et le bloqueur de poignée qui serait utilisé seul PROSCRIT. Pour autant, l’usage d’une corde dynamique doit être privilégié si possible…car les chutes de facteur supérieur à 1 sont à prévoir. Poser le plus possible et le plus fréquemment possible des points d’amarrage (éventuellement provisoires, juste pour l’équipeur) pour réduire au maximum la hauteur de chute potentielle.

Là encore, l’assurage ne doit pas passer par une clé de blocage du descendeur, mais au contraire en laissant quelques décimètres de corde entre le freineur et un noeud comme précédemment décrit. L’un des avantages d’un « stop » est en effet qu’en cas de chute un glissement forcé de la corde se produit absorbant une partie de l’énergie et atténuant d’autant la force-choc…avantage qu’une clé supprimerait.
Bien mieux encore, si l’espace susceptible d’être le lieu d’une chute est suffisamment dégagé pour permettre ladite chute (assez de hauteur et sans obstacle dangereux) faire une suite de nœuds de mule bien serrés (en amont du descendeur, bien sûr) va permettre non seulement de créer une série de frictions absorbeuses d’énergie, mais aussi de réduire le facteur de chute…
Si, en effet, on s’élève de deux mètres au-dessus du dernier points d’amarrage, sans précaution aucune, une chute sera de 4 m  pour 2 m de corde…on est en facteur deux, très dangereux pour le matériel statique et très violent pour l’organisme.
Mais si on a réalisé 5 nœuds de mules serrés, stockant chacun 60 cm de corde, par exemple, on se retrouve avec 5 m de corde ( 2 m + 3 m en noeuds) qui amortiront 7 m de chute (dont 3 freinés)  soit un facteur de chute réduit à 1,4…avec absorption énergétique, ce qui peut changer beaucoup de choses !
Bien évidemment, ceci suppose, comme précisé ci-dessus, que cette longueur de chute connaisse le vide ou quasiment…sinon, gros bobos possibles !

3) L’équipement sub-horizontal type « main courante »
Le danger de ces situations est que le sub-horizontal escompté peut évoluer en cheminement ascendant…ce n’est pas rare !


Par ailleurs, si deux techniques existent bel et bien, l’une avec un bloqueur de poignée, l’autre avec descendeur, la seconde option reste de loin préférable, même si la voie n’est jamais ascendante.
En effet, le descendeur « stop » permet une progression bien plus fluide, permet un réglage aussi précis qu’un bloqueur, et permet d’évoluer en constante tension…ce qui n’est pas le cas d’un bloqueur qui exige de relâcher la tension pour être manipulé et déplacé. Qui plus est, si un bloqueur en tension constante est de fait très fiable, notamment en cas de chute, il l’est beaucoup moins dès lors qu’il est en manipulation. D’autant qu’il est alors utilisé seul et non pas avec un second bloqueur comme préconisé un peu partout. 
Par ailleurs les progressions au bloqueur à gâchette à picots abîment les gaines, même si l’équipeur prend garde de bien éviter le « grattage », car dans diverses situations délicates, ou avec la fatigue, ces précautions s’effacent souvent.
En cas de chute, même sans gravité, un descendeur se retrouvant en appui contre la roche, reste fonctionnel…on peut descendre un peu et se dégager. Un bloqueur, lui, nécessitera de parvenir à dégager la tension de la corde et la pression sur le roc pour espérer remonter ou descendre.


Enfin, rions un peu de la pseudo-précaution qui voit des gens mousquetonner leur longe sur la corde qu’ils sont en train de poser au motif que ça empêcherait le bloqueur de cisailler la corde en cas de chute…or cette disposition n’a d’intérêt que lorsque la corde est fixée sur deux points et que l’on se trouve entre les deux…quand l’équipeur progresse, il n’y a qu’un point ! S’il tombe, la corde deviendra sub-verticale, et la fameuse longe totalement infonctionnelle !!!
Quand il en est au stade de poser l’amarrage suivant, il y est longé…donc ne tombera pas sur son bloqueur , la pseudo-précaution ne lui aura que coûté du temps et des manipulations inutiles.
Enfin, l’auto-assurance sur descendeur est un montage CONSTANT…tout se joue uniquement sur le coulissement de la corde, cependant qu’avec un bloqueur, il faut multiplier les manœuvres d’installation et désinstallation à chaque passage d’amarrage ce qui multiplie d’autant les risques d’oubli ou de fausse manoeuvre…

En résumé, l’usage du descendeur « stop » reste la plupart du temps la méthode la plus fiable, la plus efficace, la plus sécuritaire.
En revanche, pour le déséquipement, il est clair que l’usage du ou des bloqueurs (selon le contexte) s’impose !!! Mais là, soit on a deux bloqueurs en fonction simultanée, soit il n’y en a qu’un mais toujours en tension sauf s’il y a une main courante descendante auquel cas, se longer dans l’amarrage que l’on va démonter permet d’éviter l’accident de bloqueur en cas de chute brutale avant l’amarrage suivant.

Il n’est pas superflu d’ajouter que du fait de leurs complémentarités, certains équipements peuvent être facilités et mieux sécurisés en utilisant à la fois descendeur et bloqueur, comme ci-contre !

Enfin, comme stipulé  en début d’article, on traite ici du descendeur « stop ». 
Il apparaît clairement que l’usage d’un descendeur simple à cliquet  qui va  souvent exiger de confectionner une clé de blocage ou un noeud  d’assurage le rend moins « compétitif » face au bloqueur à poignée quant au choix de la technique.
C’est pourquoi les adeptes du descendeur simple à cliquet développent la technique d’auto-assurage sur bloqueur longé, laquelle est supplantée par la technique d’auto-assurage sur « stop ».

Le descendeur « stop » a toujours eu les faveurs du club SJV…le site suivant explique très bien pourquoi !

http://jc.lamilza.free.fr/Docs/stop.pdf 

Un « Stop » avec, le cas échéant un noeud de batelier sur longe en aval…Pratique, efficace, et très sûr en équipement de cavités !

 

 

 

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