La carrière Saint-Pierre, seconde masse Ouest 011

L'aventure et l'évasion

La carrière Saint-Pierre, seconde masse Ouest 011

7 février 2018 Carrières Gagny Spéléologie 0

Visite de la carrière Saint-Pierre Ouest

Cette carrière Saint-Pierre du XIIIème siècle, tout comme sa voisine immédiate à l’Est à laquelle elle fut reliée par un tunnel désormais effondré sur une grosse partie de ses 60 à 70 mètres d’origine, fut active jusqu’après guerre 40/44 puis reprise par les champignonnistes.
Elle s’étend sur une longueur maximale de 300 m et une largeur moyenne de 100 à 150 m, et compte encore 4 puits auxquels s’ajoute un puits « naturel » accidentellement formé par effondrement.

1) Accès de la Carrière saint-Pierre Ouest
Elle comptait jadis deux entrées sub-horizontales, toutes deux désormais inutilisables, mais dont une est encore repérable et pénétrable sur une dizaine de mètres.
Bien qu’accidentellement formée elle aussi, une entrée tortueuse est praticable sans avoir recours à des techniques de progression particulières. Le passage n’est pas très engageant, et surplombé par un promontoire marneux d’entre deux masses au niveau du gypse « fer-de-lance », pas vraiment sécurisant !
Cet endroit rapidement franchi, tout va mieux…encore que l’effondrement venu à jour précédemment cité ne se trouve qu’à une trentaine de mètres et laisse à penser que ce pourrait être n’importe où à nouveau…

La Carrière Saint-Pierre Ouest est exploitée sur la quasi-totalité de la strate gypseuse, presque « au carré », ce qui là encore et en l’absence de soutènements presque tous disparus crée une fragilité des ciels.

2) Balisage et repères
On remarque rapidement deux marquages à la bombe, particulièrement disgracieux et inutilement énormes, l’un de couleur jaune et alphabétique, l’autre plus récent, de couleur rose et numérique. Tous deux se révèlent fiables à l’usage et dispensent d’un balisage supplémentaire.
On trouve rapidement, sans suivre ces marques, un tunnel de descenderie, témoin de trois techniques de construction successives. Le segment le plus ancien a été creusé à même la roche et soutenu par des boisages classiques.

3) Particularités
Ensuite on observe des murets et une voûte de moellons de gypse montés au mortier de plâtre, renforcée par des soutènement de métal à base de rails Decauville cintrés en supportant d’autres rectilignes au plafond.
Puis, le segment le plus récent, construit selon deux voûtes plein-cintre alternant des parpaings pleins cintrés.
Comme dans le secteur Est, ce tunnel connaît une série de crochets de fer scellés destiné à la suspension des équipements personnels des ouvriers.
Ce grand tunnel est flanqué d’un second plus petit partant en oblique, malheureusement très abîmé et s’achevant après une vingtaine de mètres.


Les zones du Sud et de l’Ouest présentent plusieurs comblements à base de matériaux inertes, réalisés du haut par des forages grossiers, cette lisière suivant les grands immeubles construits à peu de distance de sorte à consolider les terrains de surface.
C’est aussi la partie de la carrière la plus polluée de carcasses de poussettes, vélos, landaus, de nombreux pneus et divers objets complètement dégradés.
On y rencontre une véhicule de transport, sorte de petit camion, identifié comme un Bedford OXD qui aurait terminé là son service en 1992, selon un témoin de l’époque.
Des quatre puits construits, l’un est une haute tourelle directe sans autre protection d’entrée qu’un grille circulaire elle-même grillagée.


Deux autres connaissent curieusement un déport marqué à 4m du sol de surface, d’une part, et sont tous deux coiffés d’un « toit ». L’intérêt de ce déport créant un large palier reste à comprendre…
Le quatrième est direct, et servait à une adduction d’eau. Il est étonnamment percé dans une zone d’écoulement d’eau naturel, qui voit un système de récupération par gouttière métallique se déversant dans un réservoir maçonné de grande capacité. 12 à 15 m3 au jugé…
Il existe dans un secteur plus éloigné un autre réservoir bien plus modeste et posé sur des piliers.
A eux deux, il permettaient l’arrosage de milliers de sacs de culture apparus dans les années 70, et toujours en place, bien rangés les uns à côté des autres !
Ils desservaient aussi plusieurs points d’eau sur de grands éviers.


Cette carrière présente un secteur où les deux niveaux de travail des carriers sont encore bien visibles, reliés par des escaliers taillés dans la masse, ainsi que des hagues peu nombreuses. De rares inscriptions de caves faites au « bleu » sont encore observables.
Dans cette exploitation, comme chez la voisine, très peu de dégradation, très peu de déchets, quasiment aucune inscription ou tag…ce dont on peut se féliciter autant que s’étonner.
De rares boisages sont encore en place, et beaucoup au sol, en décomposition. certains amas ont donné lieu au développement de moisissures très étendus, soit blanches et cotonneuses, soit jaunes et plaquées, ainsi qu’un ensemble original formant des pendeloques.

 


Il y a très peu de suintements ou écoulements, d’où la rareté de concrétionnements, sauf au puits du Réservoir, où la calcite a recouvert l’ensemble de éléments à sa portée !
On peut découvrir un espace ludique recélant une collection de panneaux routiers…et des aménagements à base de sacs de terre empilés mimant des remparts et des abris pour une sorte de jeu guerrier…mais pas de paint-ball.
Quelques objets hétéroclites peuvent être repérés ici où là, auge de maçon, pelle, fourche, brouette à deux roues et levier, carriole à trois roues, quelques bouteilles et canettes
mais au final bien peu de choses vu l’étendue des lieux te 30 ans d’abandon.

 

Deux des puits ont connu un vidage de déchets, mais là aussi restant faible pour l’un et très faible pour l’autre.
Le puits par effondrement est dangereux sur ses bords, mais l’est aussi par sa position limitrophe d’une chemin fréquenté, étant susceptible d’y voir balancé des pierres, branches ou objets divers à tout moment par des passants joueurs…
Une chauve-souris ( Murin à moustaches ) sera découverte dans une anfractuosité à hauteur d’homme.
Aucun autre animal observé.
Plusieurs vestiges d’installations électriques encore en place.

 


Plusieurs coupoles d’effondrement, avec d’importants chaos rocheux dans la partie Nord-Est, zone dangereuse, le marquage « rose » étant d’ailleurs perturbé par un effondrement qui lui fut postérieur.
Au final, carrière offrant environ 5000 m de galeries à fouler, et divers éléments d’intérêt limité, mais représentatifs des deux époques d’activité successives. Une gentille promenade de 3 heures environ, et des sujets photographiques assurés.
Globalement moins inquiétante la Carrière Saint-Pierre Ouest est plus intéressante que la partie Est, mais restant dangereuse…

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *