Doublé de cavités sur champignons 272

L'aventure et l'évasion

Doublé de cavités sur champignons 272

10 février 2020 Spéléologie 0

Doublé de cavités sur champignons…      février 2020     272

Le 08/02/19 vers 20h00, nous avions rendez-vous chez Kiki pour charger le matériel afin d’aller explorer certaines cavités de Savonnières en Perthois. Les membres de l’expédition étaient Dodo, Tony, Gigi et le « guide » de cette troupe était Mimi.

A 20h30, la voiture enfin chargée avec tout le confort possible pour dormir (Lits de camp, duvets, sur-duvets et matelas mousses) et bien sûr tout le matériel de spéléo, nous prenons la route.
Après 3h00 sans encombres, marquées par une courte pose pour dîner à Vitry le François, nous arrivons à destination.
Et là, surprise : un comité d’accueil est là, composé d’une dizaine de membres.
Après êtres entré en communication, nous apprenons qu’il s’agit de personnes habituées des lieux, de nationalité Belge et venant des villes d’Arlon, Mouscron et Liège.
Ils sont là pour le week-end et nous informent qu’ils seront environ une vingtaine et qu’ils vont équiper les 2 gouffres que nous avons projeté de faire…Aïe, aïe, aïe ! Les embouteillages de grottes s’annoncent !
Mimi entame la discussion avec une femme qui semble être la responsable de ce groupe, et lui fait part de notre projet.

Il en ressort que si nous le souhaitons, elle nous autorise à utiliser leurs équipements sur le gouffre de la Sonnette mais préfère que nous installation le nôtre sur le gouffre de l’Avenir.
Rappelons que ceci reste exceptionnel car chaque groupe qui descend se doit d’équiper sa voie en-dessous de celle déjà installée : Les premiers entrés étant censés être les premiers sortis, notre installation ne doit pas venir par dessus, afin de ne pas les gêner lors de leur déséquipement.
Dans ce cas précis, nos amis Belges sont là pour le week-end et ont installé toutes les voies sur les 2 gouffres afin de « travailler » par petites équipes et ont prévu de désinstaller le dimanche vers 12h00 et donc, notre équipement pourra se faire par-dessus le leur car nous serons partis avant eux.

Après cette négociation, revenons à nos moutons…
Nous déchargeons la voiture entièrement et Mimi, part la garer plus loin car l’entrée du site étant à proximité d’une ferme, il a été décidé qu’aucun véhicule ne devait stationner afin de ne pas gêner l’exploitation.
Vu la quantité de matériel, plusieurs voyages sont nécessaires mais heureusement, la porte principale située Champ-le-vin est ouverte : l’équipe Belge avait certainement les clés et cela nous facilite l’accès.

Il a été décidé, en concertation entre Mimi et Kiki qui connaissent bien le site, de poser notre paquetage près du grand puits. C’est plus loin de l’entrée, mais c’est plus calme et il y fait relativement plus chaud ( Ou moins froid selon le ressenti de chacun… ). Et c’est décoré au plafond en de nombreux endroits…et eau courante à proximité.

Nous vérifions qu’il ne manque pas de sacs, installons nos lits et nous couchons : Il est environ minuit.
Le lendemain matin, vers 8h00, après une bonne nuit au sec, l’heure est venue d’assouvir ses besoins naturels : Malheureusement ou plutôt fort heureusement, il a été convenu, et je vais écrire cela crûment, le pipi peut se faire dans la carrière mais le reste, sauf urgence et autre gastro, doit se faire dehors.
La sortie étant à environ 400 mètres, je décide d’y aller avant de déjeuner et Tony m’accompagne car j’ai une petite frontale personnelle car nous n’avons pas encore sorti celles de spéléo.
Après une petite dizaine de minutes dans la semi-pénombre ( Ma lampe n’étant pas très éclairante ), nous arrivons devant la porte et là, grand moment de solitude car elle est fermée avec le cadenas !

Ça c’est certainement un coup des Belges ( Encore eux ! ) car nous ayant vu la veille, ils ont dû penser que nous avions également la clé… Et ben non !
Je décide d’enfreindre le règlement et de trouver un endroit moins fréquenté car le temps presse.
Par chance, il fait jour et je vois de la lumière qui filtre entre les piliers. Je m’approche avec Tony mais la première découverte est un échec car il y a une grille qui empêche de sortir.
En continuant plus loin, nous tombons sur une ancienne pièce qui servait peut-être de local électrique car il y a des restes des compteurs, de ventilateurs et un engin qui ressemble à un vieux groupe électrogène.
Et là, nous sommes sauvés : une tôle rouillée a été pliée et constitue une entrée secondaire, parallèle, à 2 mètres près, à l’entrée principale.

La carrière est sauvée, nous ne l’avons pas souillée !
Après cet épisode, nous retournons avec Tony au campement et prenons notre petit-déjeuner avec les autres.
Une fois restaurés et conformément au « briefing » de la veille, nous entamons le programme : visite d’une partie de la carrière le matin, puis l’après-midi, cela sera Sonnette et Avenir.
Nous commençons notre randonnée souterraine avec les explications de Mimi sur l’exploitation, les différents occupants et les champignonnistes.


Justement, au moment où nous arrivons près d’une exploitation encore en activité, nous tombons sur le propriétaire qui sort de sa voiture tel un pitbull prêt à mordre : Il a un ton agressif et vient au devant de nous en maugréant.
Nous présentant, il se calme et comprend que nous ne sommes que des spéléos en promenade et pas des « ennemis ».
En effet, cet homme est sous pression car  son exploitation a été en partie saccagée, on lui a déjà volé des champignons et certaines organisations voudraient qu’il déménage ailleurs car des chauves-souris sont dans son secteur et il les dérange…Ou pas, car certaines étaient accrochées non loin et ne semblaient pas perturbées !

Toujours est-il qu’il est maintenant sympathique et propose une visite pédagogique : c’est intéressant car il nous explique la provenance des souches, nous montre les 2 types de champignons qu’il exploite ainsi que sa culture d’endives.
Cela marche tellement bien, qu’il travaille avec des supermarchés locaux et a même demandé un prêt à sa banque, qui lui a été octroyé car il n’arrivait plus à fournir (Dixit lui-même ).
Vers 11h00, nous le quittons, promettant de revenir le lendemain faire nos emplettes avant notre retour chez nous.

Après cet intermède, nous poursuivons notre chemin et arrivons à notre campement : heureusement que Mimi connaît bien la carrière et peut s’aider du plan car autrement, nous serions encore dedans, un pilier ressemblant tellement à un autre pilier…
D’ailleurs, cela vaut la peine d’être cité : un fil d’Ariane a été constitué par des visiteurs avec…des feuilles de papier-toilette maintenues par des cailloux !

Vers 13h00, après avoir déjeuné et préparé le kit qui permettra l’équipement de l’Avenir (Je rappelle que la Sonnette est déjà équipée par les Belges ), nous entrons dans le vif du sujet.

Nous commençons par la Sonnette et laissons notre kit pour l’Avenir à l’entrée : Inutile de se charger pour rien.
Après quelques rappels, nous entamons la descente sur les cordes prêtées : cela nous change car elles semblent neuves, sont de couleurs vives : Une bleue ( Pour les garçons ? ) , une rose  ( Pour les filles ? ). A moins que cela ne soit le contraire,car, c’est à vérifier, les codes couleurs sont inversés en Belgique.
Il a été décidé de commencer par la grande verticale et de remonter par l’autre côté.
Cette petite mise en bouche se passe bien, même si quelques réflexes ne (re)viennent pas tout de suite !
Lors de la remontée, nous entendons les Belges qui sont juste derrière nous et cela met un peu de pression car, même si nous avons leur accord pour utiliser leur équipement, nous les bloquons un peu car ils ont l’air beaucoup plus aguerris que nous (Sauf peut-être Mimi ).

Une fois la Sonnette terminée, Mimi conclut qu’il aurait été difficile au niveau du « timing » d’équiper, de déséquiper et de faire l’Avenir, vu notre niveau global : Vive la Belgique !
Nous nous dirigeons maintenant vers l’Avenir, à 10 minutes de là, pour une nouvelle expérience : là, même si le puits est déjà installé, il a été décidé que je serai l’équipeur en chef, assisté (Heureusement !) par Mimi.
Je suis bien « drivé » par Mimi qui m’apprend une autre technique d’installation : celle où l’on se sert de la poignée de montée et non du descendeur.


Nous progressons à mon rythme, sous les conseils et remarques de Mimi et je remercie mes co-équipiers de leur patience, car il n’est pas toujours facile d’attendre dans le froid et l’humidité !
Nous descendons puits par puits, et à part un problème de calcul de longueur de corde pour certains nœuds et la confection du nœud en huit tressé (Ou stressé ? ), je pense m’en être pas trop mal tiré avec l’aide bienveillante de Mimi : il faudra encore persévérer pour gagner en autonomie et en rapidité (Tout en veillant à la sécurité, cela va de soi), pour avoir des voies confortables pour les suivants et pour la remontée.

Le fait d’être équipeur, fait prendre conscience de la difficulté à installer même si j’avais l’exemple de l’équipement des Belges : merci aux équipeurs habituels que sont Mimi et Kiki.
Nous arrivons enfin au dernier puits, bien arrosé mais avec nos combinaisons-cirés jaunes Playmobil, nous ne sommes pas trop mouillés.
Et là, à peine Tony a-t-il posé le pied par terre, que nous sommes interpellés par une équipière de l’équipe Belge qui nous demande si elle peut utiliser notre équipement : cela va de soi puisque nous nous sommes servis du leur dans l’autre gouffre !

Le « oui » prononcé, elle est déjà là, descendant tel un chamois, se détachant et nous disant un bonjour convivial, avant de partir vers la plaque commémorative : je suis impressionné, et je ne suis pas le seul, par autant de dextérité.
On voit que c’est une personne qui pratique plus que nous, vu son aisance et aussi son matériel car une fois en bas, elle met son casque plein phare et nous voyons, grâce à la qualité de son éclairage, toute la grandeur de l’espace : que c’est haut, que c’est beau !
Nous la laissons avec son petit groupe qui reprend la grande verticale et repartons d’où nous sommes venus.
Vu le temps que j’ai mis à installer, même si cela aurait été formateur (J’ai quand même déjà déséquipé à l’entraînement ou en réel), je laisse le soin  à Mimi de le faire car il est plus rapide.
Nous remontons puits par puits, le premier aidant le suivant et ainsi de suite, sauf pour Mimi qui se débrouille tout seul.

Tout se passe très bien jusqu’à l’avant-dernier puits : un fractionnement a été posé pour éviter la douche mais comme la corde est très tendue (Après plusieurs tentatives pour défaire le bloqueur, je me suis aperçu que Tony était toujours en tension sur ma corde, d’où un léger problème), je n’arrive pas à le passer.

Heureusement, grâce à l’équipement qui est doublé, Spyder cochon… Pardon ! Mimi le sauveur vient à mon secours : ça n’a pas l’air comme ça, mais il a de petits doigts musclés (J’ai dit musclés, pas boudinés, espèces de mauvaises langues ! ) et il me délivre de ce piège.
Par contre, à force de m’acharner ( j’ai cru casser la ficelle du bloqueur de poitrine mais, en fait, j’ai cassé la sécurité ) j’ai détruit le bloqueur de poitrine, d’où peut-être le problème pour passer la déviation ?
Mimi me montre une technique avec le descendeur qui sert de bloqueur, c’est sportif , mais cela permet de monter, doucement, mais ça monte.
Malheureusement, je n’arrive pas à reproduire pour le dernier puits, le passage de corde dans le descendeur afin que le mou soit avalé et je ne monte plus : la paroi étant « escaladable », je décide d’enlever la poignée de montée et de finir à mains nues.

Heureusement que cet incident s’est produit à la fin car sur les grands puits, j’aurai beaucoup peiné…Mais je serais méga- musclé ! Finalement, à cause de cet incident, Mimi qui était en arrière à cause du déséquipement, nous a rejoint et nous finissons tous ensemble.
Il est 18h30 et nous avons passé environ 4h00 dans l’Avenir : C’est pas trop mal vu l’apprentissage d’équipier et le niveau du groupe.


Nous rentrons tranquillement à notre bivouac souterrain, nous changeons, car nous sommes quand même un peu mouillés malgré les cirés mais nous n’avons pas cette sensation de froid qui apparaît parfois.
Ensuite nous installons les fameuses bougies d’ambiance, mangeons et répartissons le matériel pour le lendemain.
Nous nous couchons assez tôt ( Il ne doit pas être 21h00 ).
Le lendemain, comme promis, nous allons voir notre « ami » le cultivateur cavernicole pour acheter champignons et endives.

Nous repartons vers 9h05 et serons chez Kiki, 3h00 plus tard.

Cela aura été une bonne expérience avec 2 nuits en carrière, la continuation de l’apprentissage et une bonne journée d’activité. Cependant, et Dodo est du même avis que moi, un hammam, un jacuzzi ou un sauna, voire les 3, seraient parfaits après une journée d’effort : cela boosterait les pratiquants (es).


Nous envisageons même, avec Dodo, de monter une petite Société Souterraine pour les spéléos amateurs (Les purs et durs comme Kiki, peut-être mimi (?) ,ne seraient pas concernés ) qui rêvent d’un café, d’un thé, d’une bière (Après l’effort, pas avant, sécurité oblige ), d’une douche et, le comble du meilleur du nec plus ultra : un massage !
Mais plusieurs problèmes se posent tant techniques (Eau, électricité, évacuation, hygiène, espace fumeurs), qu’administratifs (Maire, préfet, amis des chauves qui sourient, jaloux, fonds d’investissements, cartels de Saint-Dizier ou de Bar-le-Duc ) et j’ai peur qu’à terme notre projet ne serait voué à l’échec.

De plus, il faudrait que nous ayons un pied à terre (ou sous terre) à proximité et un planning bien précis  pour ne pas être sur place pour rien. Peut-être qu’avec des carrières chauffées, des voies carrossables et surtout la 7G, on pourrait attirer une autre clientèle : adieu spéléologues et vive les autres !
L’argent gère ce monde, peut-être pas encore celui souterrain, alors préservons le précieusement.
A bientôt pour de nouvelles aventures…Sans douches (En tout cas, chaudes !)

Gigi, l’apprenti ver de terre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *