Formation initiale des adhérents

L'aventure et l'évasion

Formation initiale des adhérents

7 novembre 2018 Canyon Spéléologie Via ferrata 0

Formation initiale des adhérents de SJV

Tous les adhérents de SJV, s’ils sont en section spéléisme, via ferratisme, canyonisme, doivent connaître une formation initiale, essentiellement axée sur les techniques de progression sur corde, l’acclimatation au vide, la familiarisation avec les matériels divers.
Cette formation se déroule presque toujours dans un des deux sites dédiés à cet effet, l’un « Septentrional » à 60 km du siège de SJV, l’autre « Méridional » à 90 km, même si des rudiments peuvent être acquis sur place moyennant un ou deux arbres de bonne hauteur !
Que contient cette formation ?
Elle comporte trois phases, seule la première étant indispensable.
Cette première phase, divisée en ateliers, commence par l’investigation d’un redan rocheux, ascension de paliers de faible dénivelée, petite main courante sur palier large sans verticalité immédiate et descente de puits de 4 m avec deux parois en contact.
Elle continue par le cheminement inverse, montée aux bloqueurs, main courante et descente sur paliers avec appuis tendus des jambes.
Le second atelier est une petite descente de toboggan à 45° suivie d’une main courante sur vire encore confortable mais avec un plein vide de 10 mètres, et une descente 8 m contre paroi.
Le chemin inverse est ensuite effectué

Le troisième atelier est une approche directe d’un plein vide de 10 m, avec  tête de puits déportée, et descente plein vide, suivie d’une marche à pied au sol, d’une montée sur échelle rigide, franchissement d’étroiture de type « méandre » et descente 6 m sur rappel.

Le quatrième atelier, qui synthétise la série, est une descente de toboggan, suivie d’une tête de puits déportée, descente plein vide sur 7 m, déplacement sur vire de largeur variable, descente contre paroi 5 m avec fractionnement…et chemin inverse.

Enfin, le cinquième atelier est une courte main courante suivie d’une descente de 9  mètres, dont 4 contre paroi et 5 plein vide avec fractionnement plein vide entre les deux.
Le tout est complété par des déplacements sur terrain varié, petites escalades ou désescalades, et la connaissance pratique de deux ou trois nœuds aussi courants qu’utiles.

A l’issue de cette formation, les pratiquants connaissent effectivement la nomenclature des appareils et équipements, comme des structures géologiques ou des opérations à mener.
Ils savent progresser en sécurité permanente.
Ils savent descendre sur descendeur à réas fixes et monter aux bloqueurs, passer un fractionnement ou une déviation, progresser sur des mains courantes variées, poser et ôter un rappel, et se sont familiarisés avec le vide et l’exposition contrôlée au risque…
C’est déjà pas mal !!!

Les secondes et troisième phases font l’objet d’articles dédiés…elles attendent GIGI qui nous narre ses aventures de la première…. !
 » Par une belle matinée, j’avais rendez-vous avec Kiki pour une initiation à l’escalade façon spéléologie.
Vers 10h00, voiture chargée avec le matériel, le départ est donné.
Afin de tester un itinéraire différent de celui que connaît Kiki, je programme le GPS qui calcule un trajet d’environ 64 km pour 1 heure de route, se qui correspond, au niveau du temps, au sien.
Arrivés à proximité de notre destination, les paysages sont plus sympathiques, surtout avec les couleurs d’automne.
Sur site, je gare mon véhicule après avoir évité de nombreuses branches qui nous attaquaient mais certaines, bien entraînées, nous ont quand même touchés.
Cela n’a pas été préjudiciable à notre retour, mais si je continue à vivre des aventures avec Kiki et d’autres compères, j’opterai pour un 4 X 4 qui ne craint rien lors de mon changement de véhicule : Peut-être un machin qui a fait le Paris-Dakar ?
Bref, revenons à nos moutons…
Le temps est magnifique, l’endroit bucolique et les oiseaux gazouillent : Faut dire que pour un 6 novembre, une température de 18° en milieu d’après-midi, c’est exceptionnel.
Sur place, Kiki sort tous ses sacs de courses remplis de choses et d’autres : Cordes, mousquetons et autres objets que j’essayerai de décrire plus bas, qui lors du déballage m’étaient plus ou moins inconnus et dont je ne connaissais pas l’utilisation.
– Première étape : L’habillement

Kiki me prête un vieux jean’s découpé en bermuda avec une fermeture éclair qui ne ferme pas et qui à mon avis, a connu plusieurs générations d’apprentis spéléo et peut-être aussi, des spéléo aguerris.
Cet effet n’est pas qu’un article vintage ( Ce mot est tendance en ce moment ), mais sert de double couche avant le positionnement du cuissard : Je dis bien cuissard et non baudrier mais Kiki saura développer la différence.
Sans ce short, les cuisses et surtout les artères qui se promènent par là, seraient plus soumises à la pression et ce serait plus désagréable.
– Deuxième étape : le matériel

Je passe le cuissard, Kiki me l’ajuste ( Il desserre un peu car je suis tout bleu et je crois qu’il ne souhaite pas me faire du bouche à bouche pour me ranimer ! ) , l’attache avec un anneau Delta puis me passe une sangle de torse ( J’ai perdu le mot technique ?) à laquelle on accroche un bloqueur qui servira plus tard.
Ensuite il me pare d’une longe courte (Bout rouge ), d’une longe longue ( Bout bleu )‌, d’un mousqueton qui servira de frein, d’un descendeur et d’une poignée de montée ( C’est le terme ? ) munie d’une pédale.
C’est pas fini : Il me colle quelques mousquetons qui serviront ultérieurement et enfin, le casque orange, façon Playmobil.
Habillé comme ça, on dirait un mix de tous les personnages de Village People !

– Troisième étape : La formation  théorique et la mise en pratique immédiate

Après quelques explications sur le matériel et son utilisation, nous attaquons la face nord de l’Everest sans assistance et sans oxygène, ce qui n’a jamais été fait… Pardon, je m’emballe, c’est juste une paroi de calcaire de 10 mètres avec des pitons déjà posés mais pour un novice comme moi, c’est mon Aconcagua…
Kiki passe en premier pour sécuriser et équiper mon futur chemin.
Je m’élance enfin sous les conseils avisés de mon coach personnel : Il dit que je me débrouille bien pour une première fois mais je pense qu’il ment un peu car c’est moi qui ai la clé de la voiture et il a peur de rentrer à pied…
Après quelques hésitations, je parviens à maîtriser ces nouveaux appareils mais avec quelques difficultés avec le descendeur : Mais le plus important n’est pas de connaître son matériel, c’est surtout qu’il doit être en bon état et utilisé dans les bonnes circonstances afin d’assurer sa sécurité car une longe oubliée ou un mousqueton mal fermé peut vous coûter cher.
Vous voyez, j’ai l’air de rigoler dans le texte mais ce type d’activité n’admet pas la moindre erreur et je reste attentif en permanence aux conseils de Kiki et à ma gestuelle pour éviter l’accident…

Comme il n’est pas trop tard avant de déjeuner, Kiki m’amène sur le second atelier pour perfectionner l’utilisation du descendeur.
Comme d’habitude, il passe en premier.
L’exercice se passe bien ( Sinon, je ne serai pas là en train de vous écrire ).
Il est enfin l’heure de déjeuner mais comme le Kiki est un animal au caractère joueur, il décide d’aller à notre table de pique-nique par une descente sur paroi et non par un chemin : Cela reste entre nous mais je le soupçonne d’être un peu sadique, à moins qu’il aime vraiment cela, ce que je pense, et là, y’a plus rien à faire, aucun traitement !
Nous déjeunons tranquillement en profitant du lieu au couleur d’automne, entourés des falaises de calcaires.
Nous ré-attaquons doucement ma formation par la visite d’une cavité en hauteur qui sert éventuellement de lieu de bivouac.
Certaines personnes sont venues mettre leurs tags (Pas terribles ) et boire des bières sans ramasser leurs bouteilles : c’est très moyen voir nul !
Après cette exploration des appartements, nous retournons dans le vif du sujet.
Kiki équipe un nouvel atelier dans lequel les techniques apprises précédemment seront combinées pour effectuer une mise en condition ( presque ) réelle.
J’ai quelques difficultés avec les « ruptures » de cordes ( Passage d’une corde à une autre en désinstallant et en remettant le descendeur ou la poignée de montée selon le cas tout en restant attaché avec la longe ) mais avec la pratique cela devrait mieux se passer les prochaines fois.
La journée se termine aussi bien qu’elle avait commencé et je suis satisfait ce cette première approche.
Kiki pense que je suis un bon élève mais c’est lui qui est un bon pédagogue, patient, très préoccupé par la sécurité, ce qui est vital dans cette discipline ou peut-être croit-il encore que je ne vais pas le ramener ?

Merci à lui et à bientôt pour de nouvelles aventures !

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