Les îles Saint-Marcouf

L'aventure et l'évasion

Les îles Saint-Marcouf

9 février 2018 Canoë 0

Les îles Saint-Marcouf en Kayak de mer ou en canoë.

Les îles Saint-Marcouf, comme l’indique une bonne carte, c’est dans le Cotentin Est.

Villes importantes proches : Montebourg et Quettehou, ville connue : Sainte-Mère-Eglise.
Bien évidemment, ces îles peuvent être ralliées de nombreux points de la côte, ce qui est décrit ici sera le plus court chemin.

1)Accès favorable :
Le départ est entre les Cruttes et le Petit hameau des Dunes, avec un emplacement de stationnement pratique pour deux voitures en bordure Est de la route côtière. Cette route n’est séparée de la plage haute que par un parapet de 60 cm de hauteur environ, très large, aisé à franchir.
Il est conseillé de démarrer à marée presque haute, car à marée basse, surtout d e vive-eau, il faut s’attendre à 500 mètres de portage au moins !
Comme d’habitude, éviter les mers agitées, car le démarrage est rendu difficile ( rouleaux…).


L’expédition envisagée ici couvre une distance moyenne de 8 miles nautiques environ. ( A/R soit 14 Km environ )
A un moment donné, l’embarcation se trouve à environ 2 miles de tout abri. En cas de vilain vent ajouté aux courants, et/ou en cas de temps couvert faisant perdre la visibilité de côte, une forte dérive est possible et peut amener le « navire » à se trouver à 3 miles. Il est donc prudent d’armer le navire pour cette limite, ce qui, légalement, signifiera de disposer d’un navire homologué DIV240 et immatriculé, avec à bord :
– une drisse de remorquage de 6 m minimum
-Un gilet flotteur homologué adapté au kayakiste et porté par lui, dûment fermé, en tous instants.
– Une pagaie de secours.
– Un feu à éclats étanche avec pile fonctionnelle.
– Un sifflet ou autre instrument sonore puissant insensible à l’eau de mer.
– Une carte de navigation du navire
– Une pièce d’identité du kayakiste
– Un compas d’orientation fixe
– Une carte géographique marine, ou, au moins, une carte au 25 000ème de la côte.
En plus, recommandé : un bidon étanche avec barres énergétiques, et veste « chaude ». Un leach de pagaie, de l’eau potable, casquette, lunettes de soleil.

2) Expédition

Ainsi paré, le voyage commence. Le vent sera le plus déterminant…mais en approchant des îles, de bons courants sont aussi là, variables selon la phase de marée, levant de jolies vagues…Cap au Nord-est !
Le premier sol ferme rencontré sera l’île de Terre, environ 500 m sur 150 à marée basse, avec des ruines d’un fortin vers le Nord-Est. Superbes côtes de roches très découpées et sombres, surmontées d’une colonie de Cormorans noirs…l’îlot est classé réserve ornithologique, strictement interdit d’accès ( sauf si naufrage, évidemment ! ).

Entre cet îlot et la grande île du Large, 300 mètres environ, bien agités de courants.
On parvient au petit port dont digues très dégradées. Il en reste une bien jolie, avec petite tourelle.
En principe, accostage interdit, débarquement interdit, visite interdite, sauf si autorisé par les membres d’une association locale qui y travaille depuis des années…qui n’y sont en général que de juillet à mi septembre. ( Chantier de restauration).

On peut faire le tour de l’île ( 3 Km à marée basse, 1,5 km à marée haute ) mais aussi s’aventurer dans une étonnante douve creusée à même la roche…navigable à marée haute. Elle finit en impasse sur la jetée à tourelle. Demi-tour et possibilité de ressortir à mi-chemin vers le Sud.
L’île du Large est très fortifiée . Il y a les digues extérieures renforcées par du rocher naturel en place, puis de grosses murailles. Au cœur, une étonnante fortification circulaire …un retour historique s’impose :
Situées dans la Manche à l’est du Cotentin, les îles Saint-Marcouf (l’île du Large et l’île de Terre) sont en effet rattachées à la commune de Saint-Marcouf-de-l’Isle depuis octobre 1987. Les deux îles Saint-Marcouf sont donc propriété de l’Etat.

Les îles Saint-Marcouf tirent leur nom d’un religieux du VIème siècle, Marcouf, qui venait y passer son carême et qui y réalisa de nombreux miracles. Ces îles ont joué un rôle prépondérant dans l’histoire de la région.
A la fin du XVIIIème siècle, l’incursion de corsaires anglais sur ces îles a paralysé pendant de longues années toute activité commerciale entre le Havre et Cherbourg.
Dès qu’un navire sortait, il était pris en chasse par les anglais basés sur les îlots. A la révolution, elles servirent de relais pour permettre aux royalistes de passer en Angleterre, en particulier le confesseur de Louis XVI.
En 1800, «le Nautilus» premier sous-marin de guerre construit par l’Américain Fulton, fut engagé pour tenter de chasser les Anglais. En 1802 la paix d’Amiens restitua les îles à la France.

Le fort de l’île du Large date du début du XIXème siècle. Celui-ci était destiné à verrouiller la baie de Seine contre les Anglais. La construction de ce fort, qui n’a en fait jamais servi, a débuté en 1803, pour être définitivement terminé en 1867.
C’est l’île du Large qui constitue l’objet du projet mis en place entre l’association Les amis de l’île du large Saint Marcouf et la Fondation du Patrimoine. L’objectif est de protéger les digues de l’île, et lui conserver un rôle d’abri maritime.
L’île du Large de 2,5 ha, abrite une caserne circulaire de 53 m de diamètre, possédant deux niveaux casematés, dont le niveau supérieur était destiné initialement à une batterie de 48 canons. Au-dessus, une plate-forme supportait une autre batterie de canons et des obusiers; au sous-sol, sept souterrains servant de magasins et une citerne d’eau douce. L’ensemble est entouré d’une enceinte à partir de 1860. Des fossés de 8 m de large ceinturent toute l’île. Ils sont protégés par de la maçonnerie sur les côtés exposés directement à la mer, et par des digues maçonnées. Un port a été créé au Nord.
En 1871, 200 communards y furent emprisonnés dans des conditions inhumaines.
Le 6 juin 1944, le D-Day, à 4h30, un commando composé des Sergeant Harvey S.Olson -Private Thomas C.Killeran (Troop A) -Sergeant John W.Zanders – Corporal Melvin F.Kenzie (Troop B) du 4th et 24th aborda les îles en nageant, armé de simples couteaux. Ils n’y trouvèrent ni canon, ni soldat, et purent baliser le terrain pour permettre le débarquement d’un détachement de 132 hommes des 4th et 24th Cavalry Groups, sous le commandement du lieutenant-colonel Edward C.Dunn. A 5h30, le détachement était débarqué, et les îles occupées, mais les hommes durent déplorer 19 pertes (blessés ou tués) à cause des mines S semées le long des grèves. Ces quatre éclaireurs firent des îles Saint-Marcouf la première terre libérée, lors du débarquement.

Le retour est aussi simple que l’aller…tout droit vers le Sud-Ouest !
Il est tout aussi conseillé de revenir à marée presque haute…
Donc, si on ne veut pas trop porter et si on ne peut accoster pour quelques heures, il est judicieux de démarrer environ 1h 30 avant la marée haute et de revenir environ 1h30 après, ce qui laisse 3 heures…dont environ deux à pagayer, temps indicatif car très tributaire des vents et courants…et de la forme du pagayeur !
Bien sûr, il est préférable de naviguer au moins à deux de concert, mais par temps calme, l’excursion est tout à fait réalisable en solo. De préférence en été, car il y a plusieurs autres bateaux ( voiliers, pêcheurs, plongeurs…et autres kayaks possibles ! ) qui passent ou stationnent, ce qui est un élément de sécurité, mais sans garantie quand même ! Un téléphone portatif peut aussi en être une…
L’idée de bivouaquer sur l’île Saint-Marcouf est évidemment présente…soit avec autorisation , plus probable si, en contrepartie, on offre une contribution au chantier, soit sans, en dehors de l’été, et au risque d’un procès-verbal.
Le mouillage est autorisé, en principe entre les îles, et on y trouve une grosse bouée d’amarrage…en kayak, peut commode et lieu très mouvementé, on imagine mal la nuitée reposante ! Dans ce qui reste du port, et si le ponton reste là, c’est plus facile, mais seulement par mer calme. Quant à l’île de Terre, ce ne peut être autorisé. Conclusion : sauf accord préalablement obtenu par contact avec cette association pour l’île , le bivouac reste fort périlleux.
Voilà donc une jolie promenade en kayak de mer possible, ou en canoë, sans grand risque, et avec un objectif agréable.

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