La tyrolienne auto-régulée 230

L'aventure et l'évasion

La tyrolienne auto-régulée 230

13 octobre 2019 Spéléologie 0
La tyrolienne auto-régulée
 
Il n’est plus guère nécessaire de décrire cette installation particulière qu’est une tyrolienne, depuis que de nombreux parcs d’aventure et autres Accrobranches ou vie ferrate les ont multipliées à l’envi.
En canyonisme on a affaire à des rappels guidés, des vrais, c’est à dire que au moins la corde de progression active est rappelée et emportée pour la suite.
Cette configuration peut se rencontrer, plus rarement, en spéléologie si l’itinéraire décrit une boucle ou une traversée, donc sans aller et retour sur le passage concerné.
Lorsque la tyrolienne est fixe et qu’une seconde corde est utilisée pour réguler la progression, on a affaire à une tyrolienne auto-régulée qui va pouvoir être utilisée en descente comme en montée.
Ce dispositif est généralement mis en place pour éviter un désagrément localisé, tel qu’une cascade encaissée sans marges latérales par exemple, où un lac profond sans berges praticables à pied, ou encore un éboulis très instable, une zone fragile à préserver des passages…Le plus souvent, la corde support est montée en fixe…faute de quoi la personne en tête doit l’installer et ne bénéficie pas de l’avantage recherché (à l’aller, car au retour ce sera …la dernière !).
La corde de régulation, elle, peut être installée à demeure ou bien posée à l’aller et récupérée au retour.
Mais dans tous ces cas, la corde n’est pas rappelée, il ne s’agit donc pas de rappel guidé.
Ce qui justifie la régulation est la pente, généralement forte, et/ou la configuration de l’arrivée inférieure, qui ne permet pas le ralentissement ni l’amortissement…et donc menace fortement l’intégrité physique du spéléologue…ou bien nécessite un freinage difficile et hasardeux à la descente puis des efforts considérables à la remontée.
On va donc installer soit une poulie simple, soit une poulie double, soit un réa basique sur un mousqueton soit un mousqueton à mini-poulie intégrée, soit un mousqueton en direct à défaut de mieux, sur la corde de support qui est aussi celle de guidage. On s’y longe alors « court »
Puis on installe sur la corde de progression active, montée avec du « mou », soit son descendeur, soit ses bloqueurs et il suffira de réguler sa descente ou sa remontée .
A la descente, l’effet principal est évidemment de freiner pour arriver en douceur au point bas.
A la remontée, une partie du poids est supportée par la corde support-guide, ce qui la rend moins athlétique, mais la position semi-allongée et renversée est assez fatigante.
L’usage d’un bloqueur de pied est alors particulièrement intéressant…
Pour ceux qui installent eux-mêmes cette tyrolienne « raide », rappelons qu’il ne faut pas la tendre à l’excès car les forces de tension créées sur la corde et les amarrages par le poids du spéléologue peuvent être considérables, d’autant plus que la tyrolienne se rapproche de l’horizontale et d’autant plus qu’elle est tendue au départ, car les angles formés seront d’autant plus obtus.
A titre d’exemple, une tyrolienne de 20 m qui ne fléchit que de 50 cm au milieu sous une charge de 100 DaN va subir une tension approximativement de 1000 DaN, ce qui, au niveau des nœuds se rapproche dangereusement de la limite de rupture surtout si la corde est quelque peu âgée et/ou « fatiguée ».
100 DaN c’est vite fait avec un corps de 80 + équipement sur soi + sac plein !
La même corde, un peu moins tendue et fléchissant de 1 m, n’encaissera plus que la moitié de cette force (environ)…ce qui est plutôt rassurant !
Donc, pour résumer, plus on tend la corde porteuse, plus la flèche sera faible, plus les efforts infligés aux amarrages et à la corde elle-même seront importants, voire trop importants. Il y a intérêt à limiter la tension nominale au minimum nécessité par l’évitement et/ou le guidage voulus quitte à devoir développer quelques efforts musculaires supplémentaires.
 
Il est recommandable d’assurer la poulie qu’on installe car le plus souvent elle sera irrécupérable si lâchée par inadvertance. 
L’assurer vraiment suppose de poser une longe ou une sangle sur la corde support AVANT de mettre la poulie, et de ne manœuvrer celle-ci qu’assurée soit par une dragonne permanente si elle existe, soit par une longe provisoire. Cette double précaution évitera la perte pure et dure au départ, ou la perte relative si la poulie descend la tyrolienne seule.
Descendre sans poulie, sur mousqueton, présente l’inconvénient de frottements durs, mauvais pour la corde et pour le mousqueton s’il est en alliage d’aluminium.
Remonter sans poulie, sur mousqueton, ajoute encore aux ennuis précédents une grosse perte d’énergie.
 
Comme recommandé, justement parce que les efforts de tension de corde sont considérables, les tyroliennes doivent être très solidement ancrées, soit en triplant les amarrages avec répartiteur de charge, soit en utilisant un amarrage irréprochable par essence.
Par ailleurs pour les tyroliennes sub-horizontales, en forte tension et/ou en cordes de moins de 10 ou 11 mm, ou encore un peu fatiguées, on rappelle aussi qu’il est recommandé d’avoir une seconde corde qui double le passage, peu tendue.
En cas de rupture de la corde de support, la seconde récupérerait l’affaire  !
De même ceci peut s’avérer salutaire si un sauveteur devait intervenir, doublant alors le poids soutenu…
La corde de régulation ne peut remplir ce rôle que partiellement car détendue pour pouvoir installer un descendeur…donc beaucoup de »mou », et s’il n’y a pas un grand vide avant un obstacle potentiel, le choc resterait probablement entier ou encore violent, avec un méchant mouvement pendulaire !!!

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