Le Gouffre Berger-Express

L'aventure et l'évasion

Le Gouffre Berger-Express

24 juillet 2019 Spéléologie 0

Le Berger-Express

 

 

Cet article s’adresse aux spéléologues techniquement exercés et physiquement entraînés, sportifs avant tout, et qui envisagent de parcourir le Gouffre Berger selon le parcours « classique » jusqu’à – 1000, aller et retour, en un temps court. « Court » serait dit d’un temps inférieur à 10 heures, par exemple.
L’opération se planifie bien sûr lorsque le gouffre est pré-équipé entièrement, dès les premiers jours pour avoir des cordes neuves ou presque, et hors affluence !

Il n’est pas nourri de conseils exemplaires à suivre mais de considérations susceptibles de produire des gains de temps, éventuellement (voire probablement et même assurément !) au prix d’une sécurité moindre, en ne se concentrant que sur la progression technique la plus efficiente.

Il ne correspond pas à l’esprit spéléologique du club SJV, et n’est donc pas un encouragement à effectuer cette course en courant !
Cependant, les éléments fournis peuvent contribuer à mieux envisager le « Berger-Express », (ou à mieux renoncer !) pour ceux qui voient les choses ainsi. D’où notre communication… laissant chacun juge et responsable.

  • Effectuer les rejets organiques solides peu avant la course.
  • Avoir un matériel irréprochable bien adapté à la morphologie et bien réglé, partant du principe qu’on ne perdra rien et que rien ne sera défaillant, donc aucun matériel en double.(sauf éclairage)
  • N’utiliser les mains courantes que lorsqu’elles sont indispensables à la progression ou qu’elles la rendent plus rapide, partant du principe qu’on ne tombera pas dans les autres cas, étant suffisamment sûr de soi, et croyant à sa bonne étoile même dans un lieu où il n’y aura jamais d’étoile.
  • N’emporter qu’un petit sac de ceinture avec de petites bouteilles remplies au départ de jus d’orange ou Coca-cola et une nourriture très compacte. Pas de sac spéléo classique. C’est alors moins de deux kilos dont 1 kg d’eau quand c’est plein que l’on devra porter. Encombrement minimal, évolution fluide…
  • Porter une couverture de survie (quand même…) sous la combinaison, sur les reins.
  • Opter pour une combinaison en toile et une sous-combinaison peu « thermiques » car le rythme « Express » donne chaud.
  • Se doter d’un mousqueton-poulie sur longette, pour les rappels guidés et certaines mains courantes
  • Quand l’eau n’y est pas profonde, traverser les biefs et autres plans d’eau à pied et à bon rythme, délaissant ainsi les mains courantes et allant au plus court…sans dégrader quoi que ce soit s’entendant.
  • Pas de photos, pas d’arrêts admiratifs. On admire en marchant…comme on peut !
  • Connaître très bien l’itinéraire, si c’est la première fois, pour n’hésiter et ne s’égarer nulle part
  • Quand les puits sont équipés de corde sans fractionnement (ou un seul) utiliser ces cordes à la descente comme à la remontée, évidemment, plutôt que celles fractionnées.
  • Ne pas s’arrêter pour manger, avoir dans sa poche de poitrine 4 ou 5 barres énergétiques denses et résistantes aux compressions genre « Mars » ou « Snickers », à grignoter à espace régulier. Recharger la poche avec ce qui est dans le petit sac de ceinture.
  • Pour la boisson, remplir les petites bouteilles et les traiter chimiquement…l’eau est potable une demi-heure plus tard. L’arrêt est alors très court. Boire de petites gorgées régulièrement sans s’arrêter, de préférence à chaque grignotage de sorte à créer une sorte de soupe facilitant la digestion plus rapide des sucres.
  • La sueur régulièrement émise et l’absorption d’eau comme décrite en 12) permettent de ne pas avoir à uriner, ou bien une seule fois vu le temps de course envisagé.
  • Utiliser un bloqueur de pied à chaque verticale ou rappel guidé qui y trouvent un avantage réel…il faut en juger au coup par coup, le mettre et le démettre avec trop peu de poids de corde pour y coulisser spontanément, notamment avec le 9 mm, les courtes montées n’étant alors généralement pas une bonne affaire ! Ne le porter à la cheville qu’au retour.
  • Dans les toboggans, n’utiliser les cordes qu’à la main, sans bloqueur, partant du principe que ça suffira pour se retenir et se rétablir en cas de glissade inopinée…voire ne pas les utiliser du tout si on estime ne pas devoir glisser…gare à l’accident ! Cependant, dans certains cas, ces cordes peuvent aussi augmenter la vitesse de la progression avec moins de fatigue.
  • Partir avant tout le monde ou presque, sans pour autant se lever trop tôt, une bonne nuit précédente étant un gage de réussite
  • Sans rien dire à personne (mais en s’inscrivant sur le registre) bivouaquer « belle-étoile » près de l’entrée, ce qui fait gagner du temps sur les suivants et retire la fatigue du parcours extérieur Molière/Berger. Planquer son matériel de bivouac c’est tout.
    Pour ce bivouac prévoir un couchage vraiment confortable, pas un simple mini-mousse ! Genre bon vieux pneumatique…
  • Au petit déjeuner manger copieusement pour absorber des calories.
  • Jouer sur une équipe de deux, et dans les remontées, s’il n’y a qu’une corde, monter en duo sur la même (sur les grandes longueurs) pour rester en proximité, entretenir une dynamique, ne pas se refroidir.
  • Partir avec des batteries neuves à forte capacité (2500 ou 3000 mAh) chargées très récemment, et savoir gérer l’éclairage selon les besoins réels, la forte puissance n’étant pas toujours utile, un jeu de rechange restant nécessaire, mais avec un seul remplacement au programme, au maximum. Une petite frontale légère sur batteries AA comme la grande, sera malgré tout un élément de sécurité dans le petits sac…

Mettre en éclairage fort dans les vastes espaces et les passages techniques pour mieux anticiper les cheminements et gagner en assurance de progression.

  • Ne pas tenter l’opération seul…il n’est d’ailleurs pas sûr que l’on aille plus vite, car un relais peut s’avérer très dynamisant physiquement et mentalement. Mais c’est aussi et quand même une question de sécurité…ne poussons pas l’insécurité à l’extrême limite quand même !!!
  • Faire le dernier plein d’eau de la remontée au plus près de la cote -250, après en avoir bu copieusement au ravitaillement précédent.
  • Porter des genouillères pour parcourir le méandre, à laisser en attente dès la cote -250, les appuis de genoux étant fréquents en opposition ou aux fractionnements, ce qui rend la progression plus rapide car moins hésitante car moins traumatisante.
  • Avoir bien dormi les nuits précédentes, et avoir suivi un entraînement sportif adéquat régulier dans les semaines précédentes…ne tenter l’affaire que si l’on se sent bien en forme pour ça. Savoir renoncer plutôt qu’essuyer une grande déception et/ou risquer un accident pour cause d’impréparation.
  • Etre chaussé de chaussures de canyonisme (coûteux, pas très durable et divers inconvénients mais dans cette cavité et avec cet objectif « express », on gagne pas mal en adhérence et en performance de marche, et c’est deux fois moins lourd aux pieds que de bonnes bottes…d’où un rendement amélioré sur un tel terrain à caractère montagneux et sols humides semi-glissants et une telle durée de progression

Avec tout cela, on économise des minutes, des quarts d’heure, des heures…puisque vraiment c’est ce que l’on cherche dans cette démarche…

 Mais le « Berger » ça mérite beaucoup mieux que cela, et le parcourir une autre fois, avant ou après, sur le mode « Berger Zen » cette fois-là, nous semblerait s’imposer !!!

 

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