Opération casemates 861
Opération casemates 861
A la faveur d’une randonnée pédestre prévue à la limite de l’Oise et de la Seine-et-Marne, une opération de nettoyage de casemates de la Ligne Chauvineau fut opportunément envisagée.
C’est en effet lors d’une prospection de carrières souterraines dont gîtes de chiroptères, que ces ouvrages militaires de 1939 ont attiré notre attention, et que nous constatâmes leur envahissement par la végétation et/ou leur encombrement par des éboulements terreux, voire abandon de déchets divers.
Toujours enclins à apporter une contribution, fût-elle minime, à la protection du patrimoine historique comme naturel, l’idée d’une sortie à double effet naquit presque spontanément !
Après renseignements, il apparut que parmi la vingtaine de casemates ou bunkers potentiellement positionnés sur un itinéraire qui nous conviendrait, quatre d’entre elles mériteraient un « toilettage » destiné à la fois à leur rendre un aspect digne de leur histoire, et à les rendre mieux visibles dans l’environnement immédiat.
Ces structures, qu’il convient de ne pas nommer « blockhaus » car n’étant pas d’origine allemande, d’une part, et n’étant pas destinée à héberger des soldats dans un abri clos, mais seulement à les protéger ainsi que leur armement durant les actions militaires, dans un abri semi-ouvert, sont par nature et destination, le plus souvent semi-enterrées et camouflées.
Il est donc normal qu’on ne les voie que partiellement et difficilement, dès leur installation !
Cependant, 85 ans ayant passé, leur dissimulation « naturelle » à évolué de sorte à s’approcher d’une « disparition » !
Le choix d’actions s’est dont d’abord porté sur deux casemates situées sur le territoire de Lizy-sur-Ourcq, à la limite Est de cette ville, zone cadastrale « ZN » parcelle 0059. Quartier de la ZI Les Carreaux, secteur proche de la ligne à haute tension.
Ces deux casemates de « type 3 », référencées 27A et 27B sont nichées en hauteur, à 180 et 220 mètres sur Pont du Chemin noir (actuelle D 401) qu’elles commandaient grâce à deux canons de 25 mm .
Presque totalement enfouies sous une carapace de lierre et de clématites, l’une d’elles ayant probablement servi d’abri sommaire pour un ou une SDF.
Après débarras de divers objets éparpillés, la végétation fut éliminée sur la façade d’entrée, et autour de la fenêtre de tir
En revanche, laissée en l’état sur les façades aveugles et la toiture, ce qui reste conforme à ce qui fut d’origine : camouflage !
Mais pas d’opération « lourde » qui consisterait à dégager des m3 de terre et cailloux et déchets divers enfouis pour restituer l’espace originel dans l’abri, opération qui demanderait beaucoup de temps et d’effort ainsi qu’un matériel adéquat, bien au-delà de nos moyens.
Ensuite, après une dizaine de kilomètres le long du Canal de l’Ourcq, avec en prime le déversoir d’Ocquerre actif (cascatelles), le lavoir de Vernelle, la casemate de Marnoue 26A (entretenue par la commune), le parc du Château de Gesvres (moyennant 1300 m de crochet A/R), on atteint le hameau de Gesvres -le-Duc où se trouvent dissimulées deux autres casemates où il y aura beaucoup de travail !
La première est située en berge droite à environ 130 m à l’Est du pont presque au niveau du Canal, la seconde 20 m plus loin, à mi-hauteur du talus de cette même berge. Casemates de « type 3 » pour canon de 25 mm.
Difficiles d’accès du fait d’une végétation dense et piquante.
Ces casemates ont une originalité : elles portent chacune un nom de « baptême » moulé dans le mortier de coulage, « Saumon » et « Truite »…dénominations un peu surprenantes, dont le motif n’est pas connu. (?)
La « Saumon », 25M tout près du canal, ayant abrité quelqu’un (ancien matelas) relativement préservée, envahie de ronces, demandera une bonne demi-heure de sécatorisation en règle !
La « Truite », 25N plus en arrière et en hauteur, a subi un déversement de terre depuis le chemin agricole au-dessus d’elle, ce qui lui a valu d’être aux trois quarts remplie. Là encore, débroussaillage général des façades à ouverture, et un peu de creusement pour remettre au jour la fenêtre de tir, mais l’abri n’est actuellement plus « pénétrable » sauf à y ramper.
Il faudrait un gros travail de désobstruction pour revenir à l’état d’origine.
Un cheminement approximatif a été dégagé, mais ces structures restent difficiles à trouver et à visiter pour des promeneuses et promeneurs « tranquilles » !
Il ne resta plus qu’à revenir à Lizy, avec un parcours « sauvage » le long de la Rivière Ourcq, pour 11 km dont 1 sur route et 2 sur chemin de halage. Le parcours « Rivière » est à éviter en période de chasse, du moins s’il y a une action prévue ou en cours…
Le passage sous la ligne « Paris-Strasbourg »( entre Marnoue et Ocquerre) étant précédé d’un fossé d’écoulement de 2 m de largeur et assez profond, peut poser une difficulté en période pluvieuse. Si ce fossé est bien en eau au point de ne plus être « sautable » franchissement en ôtant pantalon, chaussettes et chaussures (prévoir sandalettes ou vieilles basket, le fond n’étant pas forcément fiable pour la plante des pieds !), ou bien en trouvant et installant un ou deux troncs d’arbres morts pour une passerelle de fortune…
Cette « promenade » de 21 kilomètres de Lizy à Gesvres et retour, garnie de bénévolat technique et enrichie de plusieurs visites opportunes dont lavoirs, églises et châteaux, s’est déroulée sans difficulté en quelque 10 heures dont 4 de marche sur sols diversifiés. Très réussie !
