TGRLIFRA 12 B 863

TGRLIFRA 12 B 863

20 février 2026 Non classé 0

 

TGRLIFRA     12 B      863

 

La TGRLIFRA  est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…

– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.

 

 

Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures.

Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.

 

 

– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes,  sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.

 

 

 

– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas

– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum .

– étapes calibrées à 25/35 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.

 

Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité, elle est menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence, (Ici la douzième : 12) étant composée d’étapes lettrées… (Ici la deuxième : B )

 

 

Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur. Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables. Les parcours pédestres sont en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.

 

Etape N° 36   12   B  : De  Plougrescant à   Ploumanac’h ( PKM  1070 à  1110  général) .

Après une bonne nuit bien abritée et silencieuse, je retrouve le mur de ronces rejetées la veille, qui m’a en partie évité les caresses du vent nocturne… Le jour se levant « tard » à l’ouest, il est déjà 8 heures passées.
Je repars pour le creux de la Baie de l’Enfer, ou s’épand le ruisseau Lizildry.
La mer étant encore assez haute, et la conformation de la côte presque rectiligne amènent à rester sur le GR 34 ou effectuer quelques incursions sur l’estran, alternativement, jusqu’à atteindre la Pointe du Château, PK 05,60.
Après 1500 m encore sur le GR, la mi-marée descendante autorise le retour à l’estran et une belle traversée de près de 4 km par l’Ande de Gouermel, aboutissant ainsi à Buguélès.
A la faveur de cette jolie « coupure de fromage », je rase l’ïle des Pins, hélas défigurée par deux incendies en 2021 et 2024, liés à des feux de campement de touristes,  bien qu’elle soit d’accès interdit.

 

 

Cette traversée me vaudra quand même quelques trempettes de chaussures, lesquelles, bien percées, se rempliront très vite (mais se videront aussi très vite !!!).
Mais 4 km dans un espace un peu « lunaire », entre bancs de galets, grèves pierreuses, plagettes d’un sable roux ou plaques de tangue, agrémentés de touffes éparses de fucus, et animés d’envols d’oiseaux divers, dont un grand héron cendré. PK 11,10.
Après une courte reprise de GR côtier, une nouvelle traversée est possible par l’Anse de Pellinec, et cette fois, en enjambant l’Île Marquer, elle aussi privée, mais déserte. Cela fait accoster au Rocher du Voleur, au PK 14,00

 

Cette promenade d’estran, à nouveau dépaysante, passe par un espace étonnant, marqué de nombreuses touffes d’huîtres creuses sauvages « géantes », certaines aussi longues que la main, principalement aux abords de l’Île aux Moutons, près de Port Blanc.

 

 

Semblables à des bouquets de fleurs, plusieurs atteignent 20 cm de longueur, probablement l’espèce Magallana gigas, introduite en Atlantique vers 1970 et très colonisatrice depuis. 
Leur pêche à pied est donc non seulement autorisée mais conseillée pour freiner leur invasion.

 

.

Leur consommation à éviter de mai à août, pour des questions de prolifération de virus ou bactéries en période d’eau « tiède » et d’exposition au soleil durant leur émersion.
Il peut aussi y avoir des interdictions préfectorales ou municipales, locales et/ou temporaires pour raisons sanitaires…il faut se renseigner !

 

Reprise du GR sur 1500 m et redescente sur l’estran face à l’Île Bruc, et il est alors possible de longer le trait de côte du 5 km, en rasant l’Île Siec, puis le Roc Rouge pour accoster à Kermarquer PK  16,60, avec deux ruisseaux à traverser, dont celui de Kergouanton qui ne permet pas de garder les pieds au sec sans porter de bottes, mais les miens sont déjà largement trempés !

 

Tout en jouant à marcher au ras de la vague de la marée montante, on peut suivre encore l’estran à bonne distance des routes, et parvenir au cordon dunaire artificialisé qui borde le lac d’eau de mer du Lenn PK 21,10.

 

 

 

Sur cette longueur, un autre ruisseau, renforcé par les pluies récentes, ne se laisse pas franchir facilement sans sautiller au-dessus de ses nombreuses ramifications, c’est le Dourdu.
Parvenu à l’angle N-E du Bassin du Lenn, on découvre qu’il est interdit d’en parcourir les bords pour cause de zone protégée…

 

 

…je reprends donc l’estran en pariant qu’il sera possible de contourner jusqu’au bout…ce qui n’était pas garanti !
Mais la chance sourit aux audacieux, c’est bien connu, (même si certaines et certains y ont laissé leurs vies), et je dois attendre jusqu’au dernier moment pour découvrir qu’une issue est effectivement prévue…mais pas à marée haute, sauf à marcher sur la digue du bassin, étroite et glissante, et interdite.

 

Ce petit kilomètre de contournement improvisé se termine alors avec quelques rocs et algues à passer, et un petit escalier vaseux pour émerger sur le quai de la Route de Perros. PK 22,20 .

Recharge des bouteilles d’eau dont une récupérée dans une poubelle jaune, suite à la perte de celle d’origine.

De ce point, il faudra rester sur une piste sablonneuse (bâtons de marche interdits sans caoutchouc de pointe !) durant près de 4 km jusqu’à la Pointe du Château (une nouvelle, depuis Trguier !) et la plage de Trestrignel. PK 26,10.

Les trois kilomètes suivants s’annonçant encore sur des routes, je décide de passer par l’estran bien qu’à mi-marée montante bien dépassée, et qu’il y ait la pointe rocheuse du Sphinx, soit 1 km de rocs à franchir.
Mais le risque d’y être « coincé » est quasiment nul, les rochers sont très adhérents, et je découvrirai qu’en fait les blocs sont souvent enchâssés dans des petites plagettes, dans la partie basse de la Pointe, ce qui rend la progression assez facile et peu traumatisante pour les chevilles.

 

 

Assez content de cette opération d’esquive routière, il me faudra cependant renoncer à poursuivre ainsi car la côte se redresse et la mer monte toujours ! C’est à Kerdu, PK 28,60, que le GR 34 va redevenir la règle du randonneur, mais avec bonheur car commencent là les Rochers Roses de Ploumanac’h.

 

 

C’est aussi le moment où le jour va commencer à nettement faiblir, cependant que la pluie va tout aussi nettement forcir !
Et, comme la veille, se mettre à chercher un abri pour la nuit devient une priorité.

 

 

 

Ce sera un auvent de la Maison du Littoral de Ploumanac’h qui va m’offrir cet abri au PK 32,40…face au phare de Mean Ruz reconstruit en 1948, 15 mètres en granit rose avec un accès voûté et proche d’une sorte de manoir, le tout sur fond de mer et les multiples rocs qui en émergent. Une belle vue pour un bivouac !

 

 

Pour lors, il s’agit de ne pas traîner car après quelques minutes d’arrêt, le froid mouillé se fait déjà bien sentir.
Cet auvent avec un muret large est bien pratique pour tout déballer, et quelques aspérités serviront à une suspension des habits mouillés, même s’il n’y a aucune chance de les voir sécher ! Du moins s’égouttent-ils.

.

J’attends que la nuit s’installe et que les rares derniers promeneurs ou coureurs aient disparu à l’horizon, pour procéder à une installation en règle…il faudra juste que le vent ne souffle pas du nord…et ça tombe bien car il est prévu qu’il soufflera du sud ou du sud-ouest !!!

 

 

Malgré tout, le dîner sera pris à-demi engoncé dans le duvet, car fatigue + pluie + vent + faim provoquent un refroidissement général du corps, et, dès 21 heures, s’y enfermer sera un plaisir !

Pour cette étape, 32,5 km en PK pour 40 en PKM, les « coupures » ayant été nombreuses.

 

Temps très pluvieux, mais resté peu venteux, étanchéité interne du sac par deux grands sacs poubelles, tous les vêtements étant emballés de petits sacs en plastique, séparément, très efficaces. Tous les repas sonbt eux aussi emballés dans du plastique et séparément.

 

En vert, parcours littoral pédestre dont quelques kilomètres sur routes ou rues.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *