TGRLIFRA 13 D 874

TGRLIFRA 13 D 874

26 mars 2026 Randonnée 0

TGRLIFRA 13    D      874

 

La TGRLIFRA  est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…

– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.

Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures.

Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.

 

 

– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes,  sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.

– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas

– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum .

– étapes calibrées à 25/35 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.

 

 

Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité, elle est menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence, (Ici la treizième : 13)   étant composée d’étapes lettrées… (Ici la quatrième : D )

Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur. Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables.

Les parcours pédestres sont en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.

 

Etape N° 42      13   D :    Carantec   à  Sibiril             ( PKM   1263   à    1293    général) 

 

Lever sans trop tarder sous un beau soleil, d’une part parce qu’au beau milieu de la Plage du Port, où s’animent déjà des trotteurs, d’autre part parce que c’est le « jour du train », et qu’avec environ 12 heures de délai pour à peine 30 km prévus, il n’y a de marge que si l’auto-stop final fonctionne. Sinon c’est 25 km à pied en plus…et là, il n’y a plus de marge !!!
Donc, matériel rapidement rangé, et petit-déjeuner en marchant !

 

 

La mer est encore haute, et le passage sur l’estran est « limite », surtout au droit des exploitants ostréiculteurs dont les installations et protections rocheuses diverses empiètent largement vers la mer…mais ça passe sans mouiller les chaussures ! Au Pk 1,8, On est contraint de remonter sur la terre pour cause de station d’épuration.
Plus loin, le caractère très vaseux rend la progression pénible et sans aucun intérêt.

 

 

Ce parcours champêtre passe par des hameaux pour rejoindre la stèle Guéguen, au bord du fleuve La Penzé. PK 04,00.
Un petit crochet est nécessaire pour remonter à la D 58 qui va enjamber le cours d’eau, 30 mètres au-dessus.
Au PK 04,60 vue panoramique au milieu du Pont de La Corde.
Ce pont de 1967, en béton armé de type « poutre-caisson » et long de plus de 200 m a été implanté là où exista longtemps un bac de franchissement géré par une grosse corde-guide. des  XVIIIe et XIXe siècles.

 

 

Le pont actuel remplace le premier construit en 1927.
Il franchit l’aber (11 km de longueur !) 5 km avant le domaine maritime légal, la Penzé ayant un débit très fluctuants selon les saisons et les années…0,5 m3/s à 7,5 m3/s,  avec d’énormes crues connues à 38 m3/s… de 0,5 à 38, soit une variation potentielle de 75 fois le minimum !

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:127_Penz%C3%A9_Pont_de_la_Corde.jpg
Henri  Moreau.

 

 

Le GR 34 reste seul utilisable au vu des berges « spéciales » de la Penzé et des propriétés privées qui la jalonnent, et cela sur 3 km jusqu’à Landounic, où l’estran redevient praticable, en jonglant avec les flaques de vase épaisse.
Ceci permet d’atteindre la Pointe Saint-Jean presque en ligne droite, en pataugeant un peu, puis la contourner. PK 09,60.

 

 

Une seconde traversée de baie s’annonce possible, mais potentiellement vaseuse et avec un ou deux chenaux à passer…
A l’approche du premier, l’enfoncement dépasse les chaussures, soit 15 cm minimum, et ça devient très collant !
A 900 m du démarrage sur ce terrain, la tangue devient fluide, et arrive à mi-mollet, il ne faut pas s’arrêter, au risque d’enlisement dont il serait difficile de sortir sans devoir s’étaler ! Progression très fatigante, nécessitant de garder un rythme soutenu, à ressortir un pied dès que l’autre est posé…et c’est finalement en arrivant dans le cours d’eau que ça va le mieux !
En ressortir sera facilité par l’existence toute proche d’une digue basse de rochers entassés. Il reste 500 mètres à couvrir, toujours vaseux, mais beaucoup moins.

 

 

 

L’arrivée au quai de Pempoul est assez révélatrice du chemin emprunté, couvert d’une boue grise presque jusqu’aux genoux !
Heureusement, un bloc sanitaire avec eau courante se trouve tout près…et pas du tout fréquenté, ce qui autorisera une petite « toilette » et un lavage des chaussettes, très long, car cette vase limoneuse a profondément imprégné la laine…on ne compte plus les lavages-rinçages-essorages !
Le plein d’eau potable est aussi réalisé, avant un pique-nique et détente des pieds, face à la mer avec l’Îlot (touristique) Sainte-Anne relié par une digue. Il y a un petit vent soutenu. PK 11,30.
Reprise sur GR 34 jusqu’à Premprat avec un bon passage sur l’estran, à la plage de Kersaliou PK 14,70.

 

 

 

Un nouvel accès à la Grande Grève où trône un plongeoir de pleine mer (à marée haute !) amène au coeur d’un hameau perché (Pors ar bascoun) au PK 15,20 et c’est là qu’une erreur de lecture d’itinéraire va provoquer un engagement sur le GR 34 retrouvé, mais à l’envers !
Cette bourde va coûter une boucle supplémentaire de … 2500 m avant de récupérer le bon sens…PK 17,80.
Mais elle aura permis de visualiser un ancien grand lavoir et sa source…
Au PK  18,70, on atteint le jardin botanique de Roscoff (visite payante) puis encore 1 km à tournicoter sur les rues et parkings avoisinant le complexe portuaire où stationne un gros ferry. PK 19,70 à la Gare maritime, d’où repart ce qui peut s’appeler un chemin après tout ce « goudron ».

 

 

 

Il atteint la Chapelle Sainte-Barbe au PK 20,40, avec de belles vues panoramiques. Mais pas visitable.
S’ensuit un parcours semi-urbain tantôt en haut d’estran, tantôt sur les quais, passant sous le phare de Roscoff puis près de la grande église N-D de Croaz-Batz, PK 22,20.
Il reste à contourner par la côte Ouest. Gr 34 et petite traversée de l' »anse du Laber et son château…pas question de se risquer dans la tangue une seconde fois, alors qu’il va bientôt falloir passer à l’auto-stop… PK 24,50, et 13 heures passées à la montre !
Dès lors, il s’agit d’aller au plus court, soit en coupant légèrement les pointes, soit en tirant tout droit à chaque petite plage jusqu’à la Forêt du Santec et la passerelle sur l’Horn PK 31,00. 

 

 

Encore 2 km pour rejoindre Kerbrat et la D 69 menant à Croaz ent et la D10 qui conduira vers Saint-Pol, et surtout à sa ceinture de contournement, voie principale vers Morlaix…mais c’est à la sortie de Kerbrat qu’une charmante dame mit fin à la marche au PK 31,60, car, par chance, elle se rendait justement au coeur de Morlaix ! Mettant aussi fin  au « quitte ou double » de l’auto-stop…vers 15 heures.
Déposé presque à domicile, au viaduc historique, à 15 h 30.
Cela laissait alors environ 4 heures pour visiter cette grande ville bretonne !
Une visite à l’Office du Tourisme pour glaner un plan de visite et quelques conseils de vive-voix, et c’est parti !

 

 

On commence forcément par le viaduc…construit en seulement 2 ans, fonctionnel en 1865
Avec ses neuf arches à la  base, tablier supérieur à 60 m au-dessus de la Rivière, deux niveaux (piétonnier et Rail) et les 70 000 m3 de roches de différents types qu’il a fallu mettre en oeuvre, il s’agit d’une prouesse technique de cette époque ! Heureusement presque épargné par des bombardements de 1944. le passage piétonnier est cependant fermé la nuit, suite à différents ennuis de fréquentation et aussi à plusieurs suicides…en pleine ville !
Un circuit touristique conduit alors à de nombreux sites, bâtiments, statues, jardins… pour finir à la gare une demi-heure avant le départ.

 

 


Une fin tranquille donc…avec cette fois environ 35 km à pied.
Retour SNCF sans difficulté, même pas de voisin-e ce qui permet de s’étaler un peu !
L’analyse de la prochaine séquence montre qu’i faudrait prévoir 6 journées contigües pour atteindre Brest, car les dessertes SNCF deviennent de plus en plus délicates à gérer…et la côte est toujours très découpée, donc affichant des distances importantes sur le terrain.

Le PKM approche des 1300 km, la moitié de la TGRLIFRA est estimée à Brest… !

 

 

 

 

En bleu, parcours pédestre.  En noir, parcours auto-stop.