Valorisation interne d’une carrière 880

Valorisation interne d’une carrière 880

6 mai 2026 carrières diverses Spéléologie 0

 

Valorisation interne d’une carrière    880

En région parisienne, la subterranologie est un substitut à la spéléologie, mais est aussi une activité à part entière, avec ses centres d’intérêt particuliers.
Malheureusement, parmi des centaines voire milliers de cavités anthropiques souterraine, seules quelques dizaines restent encore d’accès « libre » (ce qui ne signifie pas forcément autorisé) beaucoup sont verrouillées ou on été foudroyées, les autres sont éventuellement accessibles mais dans l’illégalité et avec divers risques physiques.
Quelle que soit la catégorie dont relève une de ces carrières, il peut être opportun de chercher à la valoriser, et cela à divers titres :

  • Pour le plaisir, comme d’autres taillent leurs arbres…
  • Pour enrichir les visites d’autres personnes
  • Pour relever son intérêt culturel, technique, esthétique, historique, biologique ce qui peut ou pourrait lui éviter une destruction avant toute réflexion
  • pour réaliser un guidage d’agrément mais aussi potentiellement sécuritaire
  • pour en tirer soi-même les meilleurs parti et agrément.

Bien sûr, sauf accord et mission qui seraient donnés par le propriétaite ou le gestionnaire, ce type d’opération est presque toujours mené bénévolement et discrètement.
Il y a d’abord un codage, à propos duquel plusieurs articles ont déjà été publié dans notre site.
Dans nos exemples du jour, ici très simplifiés et dont rien ne sera dit ou montré qui puisse permettre une identification et/ou une localisation, les cavités comptent au moins deux kilomètres de galeries, sinueuses et souvent croisées, nécessitant des progressions en étant courbé, voire à quatre pattes et même à plat ventre.
Elles comptent beaucoup de culs-de-sac et des passages en eau plus haut que des bottes classiques, mais aussi de nombreux piliers tournés, ces derniers créant une complexité de balisage.
24 lignes de déplacement balisées et 35 sujets remarquables dans une des cavités ont réclamé trois opérations de 6 à 8 heures chacune, pour un résultat dont l’équipe active a pu se satisfaire et qui promet de belles visites futures…

Balisage

On a donc opté pour un balisage tronçonique sur la base « une lettre et un nombre », ce qui suppose de ne pas devoir connaître plus de 23 cheminements pour rester dans l’alphabet banal.
Mais on peut facilement y ajouter encore 15 lettres empruntées à l’alphabet grec et qui soient bien distinguées du précédent, et, si cela ne suffit pas, ajouter encore des signes divers, ce qui peut amener à coder au moins 50 lignes de déplacement…c’est déjà beaucoup pour une carrière qui ne serait pas dessinée de façon rationnelle selon un plan cartésien. 
Dans ces dernières, l’exploitation crée des séries de piliers plus ou moins alignés, et il suffit alors de coder les grandes allées en numérotant les piliers.
Si l’exploitation devient très grande, il vaut mieux alors passer au codage numérique arborescent.

 

Un pilier voit son périmètre considéré comme une ligne, souvent à 3 ou 4 tronçons fermés sur eux mêmes.
S’il n’est pas énorme lui attribuer un signe unique pour tout son périmètre.
Avec la méthode tronçonique, chaque segment d’un cheminement séparant deux points de rupture de la linéarité bilatérale va être individualisé par un nombre, ce qui « coûte » beaucoup de balises ! 
En contrepartie, cela permet un repérage très fin, à la fois pour les sujets remarquables et pour s’y retrouver rapidement en cas d’égarement.

 

Relevé des tronçons

Tout est reporté par écrit. 
Les tronçons, les connections et les intersections, le caractère du passage, les sujets remarquables.
Ce système ne permet pas d’obtenir le chemin le plus court mais le chemin le plus fiable…et, parfois, les deux seront confondus !

Nomenclature (Odonymie)
On peut remplacer le codage « lettre + nombre » par une nomenclature des voies, comme dans une ville.

Cela prend du temps, mais caractérise encore mieux chaque partie de la cavité.
Ce choix n’a pas été retenu par nous dans le cas présent. Outre l’énergie à y consacrer, l’odonymie a l’inconvénient de « polluer » visuellement et chimiquement l’espace, mais aussi de priver les visiteurs et visiteuses des surprises potentielles et de limiter leur curiosité. Cet inconvénient peut être réduit voire éliminé si la nomenclature est astucieuse, ne révélant pas directement le sujet vié, ou en employant carrément des désignations sans aucun rapport. Par exemple, uniquement des noms de fleurs ou de personnages, ou géographiques, ou musicaux…etc.

Sujets remarquables

Très importants pour valoriser la cavité, vu que c’est l’objectif principal !
Cela suppose d’en avoir fait le tour lentement et avec beaucoup d’attention pour repérer tout ce qui le mérite puis d’en faire une liste et d’apposer des panonceaux durables (mais qui doivent être facilement retirés si le propriétaire le demande) plastique et feutre indélébile sont recommandés.
Une liste en est dressée avec leur tronçon de localisation.
Doté de cette liste et du relevé, il sera facile de se transporter aux lieux voulus.

 

 

 

EXTRAIT d’UNE LISTE, ci-dessus.

Faire des photos peut aussi être très utile !

La liste des sujets et leurs images associées peuvent permettre des échanges avec diverses personnes « responsables », à l’extérieur, et, en argumentant bien, peut parfois éviter que la cavité soit condamnée, voire détruite lorsqu’elles prennent conscience de l’intérêt des contenus.

Outre la valorisation espérée, ces améliorations d’aménagement internes peuvent servir des démarches pédagogiques, notamment de formation de cadres ou d’accompagnateurs et accompagnatrices.
Elles facilitent évidemment les visites « guidées », notamment pour les sorties « découverte ».
Ou encore permettent la mise en place de jeux du genre « rallye »…
Et bien sûr…de ressortir en cas de défaillance du guide bénévole !