TGRLIFRA 12 D 865
TGRLIFRA 12 D 865


La TGRLIFRA est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…
– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.


Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures.
Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.


– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes, sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.


– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas
– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum .
– étapes calibrées à 25/35 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.
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Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité, elle est menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence, (Ici la douzième : 12) étant composée d’étapes lettrées… (Ici la quatrième : D )
Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur. Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables. Les parcours pédestres sont en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.
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Etape N° 38 12 D : De l’ Île Grande à Lannion ( PKM 1151 à 1166 général)


Après une bonne nuit passée sour un abri quatre étoiles dans le Guide TGRLIFRA, la première considération concerne cette journée qui doit mener à la gare de Lannion avant 19h. Il y a une bonne marge relativement au parcours initialement prévu, notamment du fait de nombreux court-circuits par l’estran effectués la veille et l’avant-veille.
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Cela me permet d’envisager certains « suppléments » soit vers la mer, soit vers les terres.
Petit-déjeuner, rangement, petit mot et petit billet scotchés sur la poignée de porte, et c’est le départ…
Ayant fini à la nuit, je suis les balises GR et traverse le pont déjà franchi la veille, ce qui m’étonne un peu, mais la suite du chemin m’étant inconnue, je persiste dans la même direction.
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Mais, rapidement, je rencontre des éléments environnementaux que je suis certain d’avoir déjà vus, et je réalise que la veille, j’étais arrivé sur cette Île Grande en passant par l’estran…d’où l’apparente nouveauté du chemin !


Mais à partir du point où j’étais remonté sur le GR, je compris la bévue…j’étais parti pour faire un second tour de l’île !!! (6500 m quand même !)
Donc, marcher en arrière, et repasser le fameux pont. PK 02,00
De là, un balisage trompeur m’amène à longer la côte jusqu’à Perben au lieu de partir sur la droite. PK 03,10.


Pour compenser, j’emprunte la RD 788 durant 500 m et me raccorde au GR raté PK 03,90.
Je le quitte aussitôt pour un PR « jaune » agréable qui est censé traverser le ruisseau de Runigou.
Mais ce dernier est bien gros et le gué est largement submergé, ce qui va m’amener à tenter de sauter à un endroit paraissant le moins large.



Mais hélas, la berge opposée était trompeuse…il n’y avait pas de terre sous les plantes de bordure !
Ces dernières, bien denses, ne laissaient pas entrevoir le ruisseau sous elles…il en est résulté une belle immersion jusqu’aux genoux ! PK 04,40
Mais la suite fut consolatrice, puisque pieds mouillés pour mouillés, la traversée fut entreprise sans me soucier de rien ou presque, une belle trace de 3 km environ jusqu’au port de Trozoul PK 07,60 en passant au large de l’Île de Toënno, ce qui livra un beau panorama marin, à mi-marée descendante.


Le contournement du Castel bien rocheux, avec un petit air montagnard ramène à la plage de Tresmeur où il sera très agréable de marcher jusqu’à l’isthme de la Pointe de Bihit PK 09,90…Déjeuner au sommet, avec un petit vent frais ! PK 10,40.
Reprise du GR 34 côtier pour atteindre la bifurcation du vallon du Goas Lagorn au PK 14,00.


Là, ayant une bonne avance, je prends l’option du PR qui grimpe à la Chapelle Saint Dourien, d’abord avec une pente moyenne de 15% pour culminer à 72 m puis redecend doucement jusqu’à la chapelle, le tout par un chemin harmonieux, fort tranquille en milieu boisé aéré.



De cette chapelle, il n’y a plus de balisage si on cherche à revenir à la mer, il faut donc procéder par mes propres moyens, ce qui m’amène au coeur du hameau de Kersilio. PK 15,50
Là, de bonnes gens eurent tôt fait de me guider, allant même à me proposer un coup d’auto-stop spontané !
Mais je choisis de revenir à la côte, marée remontante déjà …Une grande rue et un bon sentier en prolongement mènent rapidement à un parking littoral, PK 16,50.
Désormais, je vais avoir pour principe de coller au GR 34, lequel a toujours son caractère montagneux, montant et descendant jusqu’à la Pointe Servel où sont à demi-enfouis deux ou trois ouvrages militaires allemands de 39-40. PK 18,00.


Cette localité de Servel fut le lieu de combats mais aussi de quelques exactions civiles des Francs-Tireurs et Partisans.
(je cite Joël Mourand : De malheureux incidents éprouvèrent le population de Trébeurden, certains fermiers après des agressions de F. T. P. réclamèrent la protection de la gendarmerie allemande.


Pour se venger, les F. T. P. massacrèrent plusieurs familles et attaquèrent des soldats allemands. En représailles, ces derniers fusillèrent ou pendirent une quinzaine de personnes et brûlèrent des maisons.)
De cette pointe on a des vues très étendues, d’autant que le soleil a fait sa réapparition, dans un ciel bien dégagé.


La suite du chemin, parfois inégale, amène peu à peu à un parking puis à une petite route au PK 19, 80.
On la suit 700 m avant de plonger à droite dans une rue en impasse puis passer sous une jolie fontaine, aujourd’hui bien active. PK 20,50.
Cette impasse aboutit à un excellent ex- chemin de halage réhabilité et aux allures de piste de course ! PK 20,30.
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Récemment achevé (novembre 2025) cette voie viabilisée, dotée de bancs et belles passerelles à espaces réguliers et bornée (tous les 500 mètres) surplombe le fleuve Léguer sur toute sa longueur jusque dans Lannion, quartier de la Corderie, dont on atteint le trottoir urbain au PK 24,50.
Encore 1500 m et c’est ke Pont de Viarmes…PK 26,00.


J’ai presque deux heures de marge, mais la pluie se rappelle à moi, et je trouve refuge dans un petit abri du parc Sainte Anne, totalement désert pour cette occasion pluvieuse, sauf…les oies, dont une grande cygnoïde, canards et pigeons qui accourent vers moi dès que je m’assieds au banc de bois ! De bons réflexes conditionnés chez ces animaux habitués aux pique-niques humains, générateurs de « restes » alimentaires.
On rappelle ici qu’il ne faut pas donner de pain aux oiseaux (ou bien se limiter à 2 ou 3 petits morceaux, « pour le geste »). PK 26,50.
Un temps plus sec revenu, je déambule dans ce parc et dans la ville jusqu’à gagner la gare et vérifier le tableau d’horaires…pas de retards affichés.
PK 27,00. Je dispose d’une bonne heure encore pour une promenade citadine, mais les photos seront difficiles car le jour baisse sensiblement !

Le fleuve est bien actif, avec beaucoup de remous, et le parcours « kayak » qui aligne ses portes vertes et rouges ne serait pas facile à aborder sauf par des experts !
Plusieurs maisons remarquables à « ossature bois »au coeur de ville, dont une entièrement bardée de bardeaux serrés, quelques monuments majeureusement très engoncés dans une ville densifiée.
Je fais aussi mon passage prolongé dans une des cabines des toilettes, pour changer pantalon et chaussettes avec l’emballage « plastique » pour enfiler les chaussures mouillées. Pratiques, ces toilettes, mais il ne faut pas avoir envie d’uriner après….19 heures !

C’est avec 30 bons kilomètres « dans les pattes » que je vais m’asseoir en gare…TER dans 20 minutes pour Saint-Brieuc.
Le dîner sera pris dans ce train d’un confort étonnant, aux sièges moêlleux et avec un coin « salon » de canapés en vis-à-vis digne des wagons de première classe des grands express du XXe siècle !
Correspondance sans difficulté, retour à Paris dans les temps impartis dans un wagon empli d’étudiant(e)s bien sages.
Du coup, j’observe mes chaussures…commencent à être « fatiguées » !!!
Dernière « longueur » avec la ligne 7 du métro…12 stations…et voilà Dugommier (Brillant général de brigade, maréchal de camp, mais aussi ex-planteur exclavagiste !). Encore 800 m à pied pour retrouver la douceur d’un foyer… presque à minuit PK 32, 00 environ.
Ainsi se termine la séquence 12… avec 124 PK et 136 PKM déroulés
En vert, parcours exclusivement pédestre.

