Détente, près de la Loue 898

Détente, près de la Loue 898

10 juillet 2026 Randonnée Via ferrata 0

Détente, près de la Loue      898

On a décidé de mener à bien un petit projet en duo sur 4 jours, basé sur randonnée légère et via ferrata.
Compte tenu des conditions caniculaires de la période, on a misé sur randonnée ombragée les après-midis, et via ferrata en matinée, moins chaud et moins terrassé par le soleil direct augmenté de la chaleur réfléchie par la roche claire.

 

Non intéressés par le racket légalisé des péages autoroutiers, nous optons pour les voies gratuites, soit environ 7 heures sans se presser, en direction du Doubs oriental, pour le premier jour, avec une jolie randonnée légère pour commencer.
Le second jour, nous parcourons deux fois de suite la via ferrata des Échelles de la Mort, puis effectuons un déplacement automobile jusqu’à Ornans.
Les abords du complexe d’activités diverses au bord de la Loue nous procurent un petit coin pique-nique les pieds presque dans l’eau, endroit fort peu fréquenté, à notre grand étonnement…on est un mardi matin, où sont donc les juillettistes ?
Après cette restauration digne des établissements gastronomiques ***, nous gagnons le parking « La Plante », conçu pour héberger les véhicules des via-ferratistes et randonneurs, entre autres, car une liaison technique est établie avec le centre ville où il est très difficile de se garer.

 

 

 

Nous amorçons alors notre deuxième randonnée légère annoncée pour 14 kilomètres et environ 700 mètres de dénivelée… vraiment raisonnable ! Altitude 340 m
Le démarrage est assez marqué pentu à 25%, mais sur seulement 100 m, puis on passe à moins de 10% sur 800 m
Ceci, sur un très bon chemin régulier mais pas encore à l’ombre, nous conduit au plateau du Mont à 450 m.
Les éclats de calcaire émaillent la terre brun-roux de leur blancheur provocatrice, cependant que le ballet des piérides anime la touffeur des pelouses sèches.
Une dernière longueur au soleil et on commence un très bon chemin forestier, presque horizontal, se connectant à une piste dite « Chemin du Mont » que l’on ne garde que 100 mètres avant de repartir sur une sente fréquentée, très fleurie, en pente douce, parfois descendante, dans la Combe Chiray. Une longue laie de plus d’un kilomètre, à 14%, , nous permet de gagner de la hauteur à compter de la Combe Chichi et d’atteindre l’altitude de 530 mètres au Saut du Chevalier, vaste panorama ! Ce passage est bien fleuri et les papillons s’y plaisent bien !

 

 

S’ensuit un très beau chemin de bois, moussu, qui nous fait redescendre progressivement, en deux kilomètres,  jusqu’au ruisseau de La Brême à 380 m. Deux passerelles successives amènent à la variante du GR 145, laquelle reste approximativement horizontale sur 1 kilomètre puis grimpe à 540 m avec une pente à 25%, dans le Domaine de la ferme de Septfontaine, grosse exploitation.
Là, un petit vent bien agréable et le soleil un peu voilé vont gommer l’épreuve de plus d’un kilomètre à découvert.
Le GR repique bientôt à gauche, vers la Combe Laportière où de gros travaux ont chamboulé le terrain, mais on s’y retrouve  !
Cette Combe croise le Chemin du Château que l’on va emprunter, jusqu’à atteindre le village médiéval installé à 460 m, 130 m au-dessus du coeur de
la ville d’Ornans.

 

 

Parvenus à ce hameau, la fontaine publique nous ravit !
La visite circulaire classique permet de découvrir ce site très bien entretenu, maisons restaurées, remarquable mur de clôture à chapeau de lauzes, puits, chapelle du XIIIe siècle (qui se visite gracieusement). Jardin des Simples, vestiges de tour, de salle voûtée, et très joli point de vue.
Plusieurs maisons et jardins sont ornementés d’objets hétéroclites, mais aussi bien fleuris.
On emprunte un petit raidillon pour reprendre le GR qui file jusqu’au lavoir des Vipères et sa fontaine…laquelle ne coule que très faiblement.
On imagine sans mal la scène des lavandières aux mains rougies par l’eau froide agrémentant leur labeur de maints commentaires, le plus souvent à charge de leurs voisines, parfois leurs rivales, ce qui leur valait le substantif de « vipères »…à la bien connue langue aussi fourchue que bien pendue !

 

 

C’est ensuite la jonction urbaine dans la Rue de Charmont puis celle de la Poterne qui jonctionne avec la grande Voie Granvelle jouxtée du parc des chèvres, puis rue de La Plante…et c’est bouclé !
Il ne nous reste plus qu’à chercher un joli coin de baignade, puis de pique-nique, puis de bivouac, accessible ou presque en voiture et peu distant de la bonne ville d’Ornans.


Après une vague recherche en ville même, ce qui était très optimiste, voire irréaliste, , on s’oriente sur Montgesoye, à 3 ou 4 kilomètres de là, et c’est le BINGO !
Tout ce qu’il faut pour être heureux, avec quelques vaches en prime…
Parking, table de pique-nique, petite plage en eau calme, grande plage en eau vive, jardin botanique, grands arbres , terrain plat (camping interdit mais pas le bivouac).
On peut rappeler ici qu’il faut distinguer le bivouac « pur », qui implique de dormir à la belle étoile ou de n’utiliser que des abris de fortune, naturels ou non, du bivouac au sens plus large qui prévoit d’utiliser un abri que l’on transporte (Tarp ou tente très légère, ou équivalent)
Dans le premier cas, la marge de tolérance est très grande, seules les fautes manifestes voire provocatrices sont sources potentielles d’ennuis.

 

 

Dans le second, on voit apparaître beaucoup plus de restrictions, très diverses selon les régions, les départements et même les communes !
Règles minimales : aucune infrastructure, installation au coucher du soleil, déménagement au lever du soleil, pas de feu, pas de flamme quelles que soient leurs catégories, aucune trace derrière soi, aucune dégradation d’aucune sorte, un seul jour au même endroit, pas de bruit…et, en règle générale, la plus grande discrétion, ne braver aucune interdiction.

 

 

 

C’est dans l’intérêt le plus général de tout le monde de bien respecter tout cela, au risque de voir naître un jour lois et règlements intransigeants qui interdiront tout et partout…
Pour lors, on va profiter d’un espace de baignade superbe pour nous seuls ! Profondeur progressive, bain à remous, veine de vive eau…le tout au soleil ! L’eau est fraîche, car on n’est encore qu’à 15 km de la source, 15 km d’une vallée profonde bien creuse, très forestière, où l’eau résurge
à 9°C !

 

 

 

Puis cette eau circulante n’a guère le temps de se réchauffer… bain à 18°C environ ! Ca raffermit les chairs…
Un bon dîner attablés, un peu de conversation, cependant que les quelques personnes encore présentes aux environs quittent peu à peu les lieux…mais pas toutes…
Quatre vont rester plantées entre deux voitures dont une utilisée comme chaîne Hi-Fi, pour…danser et picoler des bières « aromatisées », qu’il serait plus honnêtes de qualifier d’alcoolisées !

 

 

(Certaines atteignent…70% de degré alcoolique !)…ce qui vaudra un certain dérangement du voisinage jusqu’à 23 heures !
Mais en bivouaquant à quelques distance de là, on pouvait s’affranchir de cette gêne…

 

 

Et le jour va se lever le mercredi, à Mongesoye, pour nous livrer la via ferrata du Mont !

 

Là encore, on a affaire à un parcours que nous connaissons bien, cette via ferrata étant la plus proche du siège social de SJV hormis celle de Clécy, l’unique  normande, de peu d’intérêt et payante, de plus !
Bien que l’ayant maintes fois fréquentée, elle reste intéressante et agréable. La partie dite « ED » reste un bon morceau, bien que tout soit très dépendant du niveau de pratique et du mode d’utilisation…entre l’usage systématique de la longette et le pari de ne jamais s’en servir (ce qui ne signifie pas de ne pas en être doté…) il y a un monde…

 

En l’occurrence, nous avons prévu de ne pas la parcourir, mais plutôt de réaliser deux fois de suite l’itinéraire classique.
Notre stratégie de placer les vie ferrate le matin est ici bien payante, nous n’aurons qu’un soleil rasant, juste ce qu’il faut pour alterner ombre et lumière, ni trop chaud, ni trop froid.
Et…une fois de plus, nous serons seuls ! Sur les deux tours…seuls ! On ne gênera personne et personne ne nous gênera.
Les 400 mètres de cheminement initial d’approche, dont 50% en escaliers, dénivelant plus de 100 mètres, sont une bonne mise en jambes.
On peaufine l’équipement individuel sous le grand surplomb du départ, parfumé aux crottes de moutons, lesquels batifolent au pied des falaises.

 

 

La philosophie sportive de cette via peut être comprise selon deux cheminements intellectuels.
Soit on la veut principalement pédagogique pour de l’initiation, et elle n’est pas recommandable, car c’est dans son premier quart que se rencontrent les difficultés principales de cette pratique : la verticalité, le dévers durable, les passages en tension, l’invisibilité réciproque et alternative des équipiers… de quoi en décourager voire dégoûter plus d’une ou un.
Si on la veut principalement sportive, on comprend que la partie la plus énergivore et la plus exigeante mentalement soit placée en premier, les individus fatigués finissant par le plus facile.

 

 

Nous la parcourons donc avec une relative aisance et un certain plaisir, en prenant le temps de quelques photographies. le tout sans aucune difficulté, ce qui ne signifie pas sans aucun effort ! On aurait été tentés de la refaire encore une fois, ou bien de profiter de sa désertitude pour la parcourir à l’envers, ce qui est a priori interdit mais ne nuit à personne…et n’est aucunement dangereux (hormis les tyroliennes non prévues à la remonte).
Il suffit d’avoir la civilité de faire demi-tour si, d’aventure, des gens arrivent dans le bon sens ! Ou bien négocier un croisement compréhensif, ou encore se tapir dans une des échappatoires, le temps de laisser passer les personnes qui sont dans le « bon » sens .

 

 

Finalement on se contentera de deux tours…classiques.
Cette via commence donc par une petite échelle rigide verticale à barreaux d’acier suivie d’un bout de paroi  menant à une vire (avec échappatoire possible, déjà !) Grande qualité de cette course, le panorama, quasi-permanent, sur la vallée de la Loue.
On passe allègrement le mini-dévers d’échauffement vers la vire, avec les premières photos !

Fait suite une circulation à niveau, presque toujours en léger dévers, qui amène à tirailler sur les bras en permanence, jusqu’à rejoindre un pont de singe deux brins, dit « de la Tuffière »,  (précédé d’une seconde échappatoire, dite « des choucas »…déjà !)  Cette partie est tout en courbe, assez impressionnante pour les débutants, convexité de la paroi qui rend difficile une vision inter-équipiers constante…une personne novice peut s’y sentir « très seule »… Et les moutons sont sous nos pieds !

 

 

Le pont est assez court et le positionnement relatif des câbles le rend plutôt facile à passer, il est suivi d’une partie en petite baume rebondie où un repos est possible…passage qui sert souvent à faire le point avec des équipiers, mais aussi d’abri temporaire quand il pleut.
Une petite section descendante  amène rapidement à une courte poutre, dite « de la Vouivre », qui peut devenir délicate quand elle est trempée.
Un passage aisé est suivi d’une petite descente que l’on surplombe au début, mieux vaut ne pas y chuter, la « gamelle » serait certainement très violente…c’est le genre de situation où il est bon de se rappeler que si les longes, quelles qu’elles soient, empêchent d’aller s’écraser quelque part loin en bas, elles n’empêchent pas de se faire potentiellement très mal, voire très, très mal avec quelques mètres de « vol » pas du tout « plané » mais violemment percutant ( barreaux, palettes, écailles rocheuses,…tout cela est blessant, traumatisant !)

 

 

On arrive alors à une bonne montée dite « jardin de Valbois », précédée de l’échappatoire du Bruant fou.
Cette partie verticale est dotée d’un câble avec ses cols de cygnes, ces derniers ayant une fâcheuse tendance à coincer les longes si on n’y prend garde. D’aucuns préfèrent d’ailleurs la franchir avec la méthode « Bibar ou Tribar », crochetant une longe tous les deux ou trois barreaux, avec ou sans repos à chaque crochetage, le câble étant alors délaissé jusqu’à le retrouver en main courante sub-horizontale.
Méthode 100% fiable, pas de chute majeure possible, repos séquencé possible… on comprend qu’elle puisse être privilégiée.

La suite est vraiment facile, à flanc de paroi, et conduit à une longue vire herbeuse, très sûre, dans laquelle est nichée une ultime échappatoire sous la Vierge du Mont pour qui ne veut pas utiliser le long pont de singe final et/ou redoute le court dévers final pour cause de fatigue excessive.

 

Il est très tentant de ne pas utiliser le câble de ligne de vie tout au long de la vire…chacune et chacun prenant alors ses responsabilités !
Quelques mètres à nouveau exposés au vide et c’est le pont de singe trois brins « Passerelle du Chavot », qui tangue un peu.
La sortie est à droite, une courte échelle et quelques barreaux pour un surplomb bien marqué mais très court, dit « sortie du Faucon Crécerelle », on voit que les constructeurs étaient versés dans l’ornithologie pour nommer leurs échappatoires !

   Source de l’image de présentation :     https://lavouivre.net/la-via-ferrata-d-ornans.html  


A gauche, c’est le départ de la partie classée « ED », à éviter si on n’est pas en forme ni équipé d’une longette.

 

Pour autant, si, de fait et sur plusieurs années, quelques personnes ont été bloquées pour cause d’épuisement et/ou de perte de moral, et si cette petite voie est beaucoup en dévers avec diverses difficultés techniques à la clé dont peu de prises de pied et des poignées mono-manuelles au lieu de large barreaux bi-manuels, il y a une certaine exagération quant à son « extrême difficulté ».
SJV y a vu et fait passer avec succès divers de ses membres, dont aucun ni aucune n’avait de gros bras ni une très grande technicité.
Si cette difficulté est effectivement extrême pour un(e) ferratiste qui voudrait effectuer la traversée d’une traite, sans usage de longette de repos, et/ou qui serait de petite taille ( < 1,5 m), elle n’est plus que « grande » et même modérée si l’on prend son temps, avec un peu d’expérience, et qu’on utilise intelligemment sa longette, en étant « frais ou fraîche », pas au soleil, pas sous la pluie, etc. C’est une question de bon sens.

 

 

 

Enfin, qui voudrait s’y lancer sans être bien sûr de lui, peut le faire devancé et suivi par des équipiers capables de l’aider si nécessaire, sans oublier que dans le pire des cas, une corde de 30 m maniée par un équipier suffit à descendre rejoindre les moutons…un nœud de huit sur ganse au baudrier, un nœud de friction de Münter (improprement appelé demi-cabestan) sur une queue de cochon, une barre ou même un barreau, voire le câble directement, et le problème est réglé.
Pas d’hélicoptère qui coûte une fortune… 30 mètres de corde de 9 mm pour 60 euros et 2 kg dans un petit sac…le tour est joué. Avec un mousqueton c’est beaucoup plus rapide si pas de queue de cochon, mais tout via ferratiste se doit d’en avoir au moins un à grande ouverture.

 


En solo, il faut évidemment 60 m, mais en corde de 8 mm (résistance statique 1,5 KN ) c’est seulement 2,5 kg, 90 euros, nœud de Münter avec tour mort supplémentaire.

Bref…restons rationnels ! « ED », oui, mais pas dantesque si on fait usage de son intelligence et de précautions !

Revenant à nos…moutons, justement, nous rejoignons le véhicule, tranquillement, et prenons la direction d’ Eternoz, lieu de départ de notre  troisième  randonnée…
Elle sera avec pique-nique intégré, compte-tenu de notre horaire.

 

 

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