Le Gymkhanayak 887
Le Gymkhanayak 887

Le Gymkhanayak est une épreuve amicale combinant « gymkhana », qui est un parcours agrémenté d’obstacles ou de petites épreuves diverses, effectué à bord d’un kayak sans jupette ou « sit-on-top ». (rester à bord…autant que possible!)
Bien évidemment, les niveaux de difficulté respectifs des obstacles ou du kayakisme sont fort variables, mais il en résulte toujours une épreuve globale d’endurance.
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Cette activité est typiquement liée aux petites rivières de plaine , les rivières « vives » présentant trop de risque d’accident.
Conformément au référentiel sportif de SJV, il n’y a pas de compétition entre participants et/ou participantes, mais un projet à mener à bien, voire un défi à relever, le tout à vivre en solo ou en équipe.
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Le kayak peut aussi être un canoë. Dans les deux cas l’embarcation doit être très solide, car soumise à des « agressions » de toute nature, dont raclements sur graviers et rocs, frottements intenses sur des troncs et branches, griffures de végétaux, voire d’objets métalliques ou de tessons de verre ou de poterie.
Par ailleurs les embarcations sont sujettes à de fortes pressions, tractions, compressions, leviers, éventuellement chargées des personnes.
De ce fait, les bateaux construits en bois, en aluminium ou en fibre de verre sont vulnérables… le polyéthylène devient roi !
Bateaux gonflables évidemment non adaptés.
L’épreuve consiste à descendre une rivière choisie peu fréquentée (sinon elle est trop bien entretenue voire aménagée) et jalonnée d’obstacles principalement naturels, auxquels s’ajoutent parfois quelques obstacles artificiels par la force de l’itinéraire choisi.
Obstacles ou inconvénients naturels les plus fréquents :

– radiers de gravillons
– bancs de sable ou de terre
– végétation aquatique dense
– Végétation lianescente plus ou moins dense
– Végétation piquante ou urticante
– lit rocheux ou blocs de roche épars
– seuils naturels (souvent liés à la stratification)
– arbres et grosses branches tombés fixés


– embâcles par accumulation d’objets flottants– Arbres, branches, feuillages flottant librement
– animaux urticants, mordeurs, piqueurs
– autres animaux, menaçants.
– réseaux racinaires envahissants
Obstacles artificiels les plus fréquents :
– seuils de hauteur variable, rarement sautables
– piquets ou poteaux plus ou moins émergents

– barbelé, fil de fer, fil ou bande électrifiés
– retenue d’eau de moulin
– Pont ou passerelle trop bas
– prises d’eau
– gués carrossables
– abreuvoirs à bétail
Quelques règles du jeu s’appliquent, néanmoins …
Bien qu’elles soient censées tomber sous le sens, nous les rappelons :

– respect des autres usagers
– respect des riverains
– respect des forces de l’ordre, gardes-pêche, gardes-forestiers…
– sauf impossibilité d’agir autrement, interdiction d’aller sur les berges
– sauf impossibilité d’agir autrement, interdiction de marcher dans le lit du cours d’eau
– aucune pollution des lieux, chimique, visuelle ou sonore
– éviter les jours de chasse
– éviter les manifestations de pêcheurs et les horaires des « coups »

– dégradation du milieu naturel réduite au maximum
– interdiction de pratique en cas de crue
– un plan d’eau ne se traverse sans autorisation que s’il est lui-même traversé par le cours d’eau (Principe des « eaux closes »)
– ni pêche ni baignade (le dessalage accidentel n’étant pas une « baignade »!)
– chaussures fermées ou bottes nécessaires
– gilet flotteur obligatoire– savoir nager 25 mètres au moins et garder la tête sous l’eau momentanément
– les obstacles doivent être franchis et non contournés sauf cas de force majeure.

– en cas de pratique en équipe, cette dernière ne peut être dissociée.
– aucune aide extérieure ne doit être apportée, mais des équipes peuvent s’entraider.
– l’autonomie est la règle, pour le matériel, la nourriture, l’eau, les outils…
– il n’y a pas de course, c’est un défi sans concurrence.
– si plusieurs équipes, celle de devant s’interdit de complexifier le parcours pour les suivantes en modifiant ou multipliant volontairement les obstacles.


Le choix de la rivière, la longueur du tronçon, le nombre d’obstacles et leur complexité, le débit et les conditions météorologiques du jour sont autant de paramètres qui influent, en sus de ta technicité, de l’expérience, de la dynamique des personnes… il est donc très difficile de donner une estimation du temps. Si plusieurs équipes participent, il est probable que le franchissement par la première facilitera celui des suivantes, soit en donnant une indication sur le passage le plus favorable, soit en modifiant l’obstacle pour en faciliter le passage.


Les obstacles les plus complexes, voire dangereux, et les plus énergivores et chronophages sont bien sûr les embâcles, diverses méthodes de franchissement étant applicables, du franchissement traversant, restant en flottaison, à celui par escalade, en passant par le chevauchement frontal en force…ces embâcles pouvant évoluer chaque jour selon divers facteurs, apparaître, ou être substantiellement modifiés ou bien disparaître, chaque tentative de navigation pourra être différente !


Ces embâcles retiennent toutes sortes de corps flottants, certains potentiellement dangereux (bois échardeux, bois d’œuvre dont clous et vis saillants, corps chimiques, cadavres d’animaux putréfiés…) il est prudent de porter des pantalons épais, chaussettes épaisses, grosses chaussures ou bottes, ces dernières de préférence bien percées à hauteur du cou-de-pied pour un auto-vidage rapide.
Pour les bras, un sweat-shirt ou tee-shirt à manches facilement relevables peut rendre bien des services à la peau des bras !


Pour les mains : des gants épais, mais pas faciles à utiliser, et souvent perdus dans l’action. Pour la tête, casquette épaisse très recommandée !
La casquette est souvent accrochée et retenue, ne jamais en porter une avec une jugulaire. Si elle est insubmersible et de couleurs vives, cela sera probablement utile un jour ou l’autre !
Selon le degré d’encombrement, et le temps dont on compte disposer, la longueur du parcours sera établie. La vitesse de progression est souvent comprise entre 1 et 3 km/h, il n’est pas rare de consacrer 12 heures pour seulement 20 km de descente !


Une navette est à prévoir, automobile, cycliste, vététiste, pédestre ou autostopiste
Dans tous les cas il est fortement conseillé de disposer d’un change vestimentaire sec pour assurer cette navette, et d’ antivoler les embarcations si aucune garde n’est mise en place.
La mise en place d’un gymkhanayak pour autrui implique une reconnaissance de l’itinéraire, soit kayakiste, soit pédestre.


Dans le second cas, il peut y avoir usage des berges ou du lit du cours d’eau, ce qui suppose d’y être autorisé, soit par l’usage public, soit après démarche auprès des riverains propriétaires. Marcher dans le lit ne relève pas de la loi sur l’eau de 1992. On rappelle ici l’essentiel :
La loi sur l’eau n° 92-3 du 3 janvier 1992 après avoir rappelé que l’usage de l’eau appartient à tous, garantit le principe de libre circulation des engins nautiques non motorisés sur tous les cours d’eau (article 6 devenu article L 214-12 du Code de l’Environnement).
Ce droit de circulation permet :


A) Sur tous les cours d’eau ou plans d’eau :
De façon générale de circuler au fil de l’eau (randonnée, pratiques sportives…) et ce en groupe ou individuellement ou dans le cadre d’activités associatives ou commerciales.
B) Sur les cours d’eau et plans d’eau non domaniaux
– de toucher les berges et rochers avec les embarcations, les pagaies,…
– de prendre pied ponctuellement sur les berges ou le lit
– de prendre pied, en passant éventuellement et rapidement en portage sur les seuils, lorsque le niveau est trop bas


C) Sur les cours d’eau et plans d’eau domaniaux
– d’embarquer, de débarquer, de circuler en portage ou de stationner, sur le lit, en dessous de la ligne la plus haute des eaux, ou sur les seuils et les îlots.

Le Gymkhanayak ne s’adresse pas aux mineur(e)s non encadré(e)s par un ou plusieurs adultes, car sous une forme anodine c’est une activité à risque, notamment de noyade…et comme le rappelle la Sécurité Civile : Un enfant peut se noyer en moins de 3 minutes dans moins de 20 centimètres d’eau.
Mais ça peut aussi concerner les adultes !


Le Gymkhanayak, outre ce qui est apporté par le kayakisme, développe les facultés d’analyse et d’anticipation, fait appel à des applications des lois physiques, plus ou moins intuitives, réclame tour à tour force, souplesse, astuce, résistance, fatigant dès que l’on dépasse quelques heuresPatience, vigilance et volonté, sont mises à l’épreuve !!! En toute logique et intelligence, ne pas s’aventurer dans une rivière alors que des orages et/ou pluies intenses sont annoncés…outre les dangers évidents d’une crue soudaine, les eaux de ruissellements rendent la rivière opaque et son lit illisible. Les obstacles deviennent très glissants, encore plus instables.

Malgré toutes les réserves exprimées ci-précédemment, le gymkhanayak est un loisir très formateur, qui place en contact très étroit avec la nature, et stimule diverses facultés physiques et mentales.
Peut se vivre en solo (risques accrus, bien sûr) ou en duo (recommandé), trio ou quatuor…déconseillé si plus nombreux, ou bien avec obstacles limités en nombre et en difficulté, sinon, il y a trop d’attente avant ou après.
On souhaite de belles expériences à nos lectrices et lecteurs !
