La Voie verte des Vignes 881

La Voie verte des Vignes 881

12 mai 2026 Spéléologie 0

La Voie verte des Vignes 881

La carrière à ciel ouvert des Vignes (ou des Loups) de Maysel, originellement souterraine, est un site de découverte technique de la spéléologie, mais aussi de formation, d’entraînement, de perfectionnement.
Ce site offre de nombreux avantages, dont une grande tranquillité car peu passagère, retirée des villes, silencieuse, relativement sécuritaire quant aux activités de chasse, joliment paysagée par une nature ayant peu à peu repris ses droits, et très propre. Facilement et librement accessible, de plus…moyennant des comportements exemplaires, dans la carrière comme aux alentours, notamment dans le village.
S’y ajoutent de très nombreux aménagements techniques, qui vont de petit toboggans entaillés de marches en pleine terre à des dizaines de broches scellées à la résine créant beaucoup de voies possibles, en passant par de nombreuses anciennes broches artisanales en fer à béton scellées au mortier.
Traversées sur parois, vires et verticales jusqu’à 10 m avec toutes les configurations possibles ou presque.
Quelques passages en étroitures sont aussi disponibles, soit sous des gros blocs soit dans des cavités créées ou mises à jour par les carriers.
Bien sûr, tout cela n’est pas venu tout seul, de même que le débroussaillage ou le déblaiement de certains espaces et la maintenance régulière du site, que l’on doit à l’investissement de longue date ddu club local (Compagnons de la Nuit Minérale) que nous remercions ici.
Le motif de cet article est de présenter une voie majeure possible, avec, évidemment, diverses variations possibles en réduction comme en extension.
Sans parler de pouvoir pratiquer de nuit…ce qui crée un contexte rapprochant plus fortement de la spéléologie !

La Voie Verte

 

C’est une des plus récentes à avoir été équipées (2025 ?)
On la nomme ainsi parcequ’elle voit les brochages et trous d’Abalakov auréolés de coups de bombe aérosol de peinture verte (qui s’estomperont certainement assez vite !)
Elle se développe sur un large pan de carrière, vertical, dans une direction de 15° environ, soit NNE, (ligne verte du plan) approximativement, ce qui l’expose à l’Ouest donc potentiellement ensoleillée l’après-midi, mais il y a beaucoup de grands arbres qui filtrent lorsqu’ils sont feuillés.
Il faut déjà accéder au sommet de carrière, ce qui est possible par plusieurs chemins dont une partie longe les champs, qu’il convient de respecter au maximum.
Un cheminement piétonnier est entretenu à proximité du vide, sagement distant, et permet d’accéder à un espace élargi au droit de gros arbres dont un en contrebas, surplombant la falaise.  (point rouge du plan)
L’équipement ici proposé commence sur un arbre très solide loin en arrière, où on a intérêt à fixer la corde au plus haut.

Si on envisage simplement une descente directe, une C30 convient.
Un fractionnement est conseillé sur de grosses racines en sommet de talus à 45°, puis un amarrage en Y ou deux  amarrages classiques sur la partie penchée du gros arbre. Ce qui fait 4 amarrages « naturels » en tout et pour tout.
Pour le gros arbre, il faut une grande sangle ( 1,5 m) ou plusieurs raboutées.
Formule : AND + AN30 + AN150  + AN50. avec  C30 et 3M

Si on envisage la traversée vers le nord.…(environ 22 m)… une C70 ne paraît pas de trop !
On commence comme précédemment puis on va découvrir, successivement, la bagatelle de 22 broches et 4 AF.(dont 2 superposés pour descente)
les broches sont annulaires et posées dans un plan horizontal, ce qui place les mousquetons dos à la paroi.
L’anneau autorise le placement de deux mousquetons si modèles à corps aminci et/ou « aplati’, et autorise le passage d’une virole, même épaisse.
La hauteur libre est décroissante.
Certaines broches sont facultatives, destinées à former des doublons pour créer des têtes de verticales.
Les amarrages forés réclament des cordelettes de 90 cm minimum pour un nouage « confortable ». 
Formule totale : AND + AN30 + AN150 + AN50 + 15B + 3AF90   avec C70 et 22M   en jouant sur des noeuds de huit sur ganse.
En utilisant des noeuds moins gourmands (batelier), on économise près de 10 m de corde et on obtient une main courante bequcoup plus tendue encore que les passages sur amarrage forés perturbent cette continuité…mais défaire les noeuds de batelier une fois serrés peut devenir délicat voire difficile si les mousquetons utilisés ont un « fil » de section ronde.

Si on envisage la traversée vers le sud…(environ 6 m)
On commence comme précédemment, puis on va découvrir une suite raisonnable de 5 broches et 2AF superposés pour descente directe.
Formule totale : AND + AN30 + AN150 + AN50 + 5B + 2AF  avec C 

L’équipement complet de cette voie s’il est théoriquement simple, est assez éprouvant en pratique, du fait de la répétitivité de la gestuelle. Il est avantageux d’avoir des genouillères. Une sangle pédalière en plus de la classique pédale de poignée peut aussi rendre service.
Les personnes de petit gabarit peuvent rencontrer de sérieuses difficultés si elles sont équipeuses, les distances entre broches étant irrégulières et parfois « limites ». Des pédales de corde dites « de passage » peuvent faciliter les progressions des équipiers lorsque les lignes de broches sont décalées en hauteur. En quelques points, les parois comportent d’appréciables creux pour des prises de pied, mais le plus souvent, peu de prises et deviennent glissantes en cas d’humidité ambiante ou de pluviosité présente ou récente.
Cette longue paroi comporte aussi de grandes fractures verticales avec un remplissage de matériaux fragmentés, il peut être utile de les purger de temps en temps.

 

Les « techniciennes » et « techniciens » de la corde et des noeuds aimeront cette Voie Verte qui fait travailler la nodologie, évidemment, mais aussi l’automaticité des gestes, et entraîne à la résistance à l’effort et à l’économie d’énergie corporelle.
Les têtes de verticales intermédiaires, si elles sont équipées au passage (C10), ainsi que la première descente directe de l’arbre autorisent l’activité des équipiers sur le montage partiel pendant que l’équipement de la suite est mis en place, en permettant un circuit descente/montée.

De ce fait, la pose de cette corde de descente directe au sol dès le départ permet d’établir un ou plusieurs cycles.
Cinq descentes sont ainsi pré-supposées, mais rien n’empêche d’en placer d’autres et ailleurs.
Quelques heures d’action en perspective !

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