Détente, près du Lison 899
Détente, près du Lison 899


On a décidé de mener à bien un petit projet en duo sur 4 jours, basé sur randonnée légère et via ferrata.
Compte tenu des conditions caniculaires de la période, on a misé sur randonnée ombragée les après-midis, et via ferrata en matinée, moins chaud et moins terrassé par le soleil direct augmenté de la chaleur réfléchie par la roche claire.


Non intéressés par le racket légalisé des péages autoroutiers, nous optons pour les voies gratuites, soit environ 7 heures sans se presser, en direction du Doubs oriental, pour le premier jour, avec une jolie randonnée légère pour commencer.
Le second jour, nous parcourons deux fois de suite la via ferrata des Échelles de la Mort, puis effectuons un déplacement automobile jusqu’à Ornans.
Les abords du complexe d’activités diverses au bord de la Loue nous procurent un petit coin pique-nique les pieds presque dans l’eau.


L’endroit est fort peu fréquenté, à notre grand étonnement…on est un mardi matin, où sont donc les juillettistes ?
L’après-midi sera consacrée à notre troisième randonnée, au départ d’Eternoz
Elle sera avec pique-nique intégré, compte-tenu de notre horaire.
Le village est aisément trouvé malgré sa rue principale barrée et divers travaux en centre ville, il affiche une altitude avoisinant 500 m.
Quelque préparatifs et une rapide incursion pour repérer les routes et les panonceaux, et nous démarrons.


L’itinéraire a été précautionneusement étudié pour être presque toujours à l’ombre, et longtemps au bord du Lison dans sa gorge fraîche.
On démarre de l’église car c’est plus simple, mais une logique d’économie imposerait de le faire 600 mètres plus avant pour obtenir une boucle sans doublé d’AR.
Les premiers hectomètres usent de la D15 vers le N-O puis de la rue des Bornes qui part à gauche un peu après un calvaire.


On garde cette rue, qui devient Chemin de la forêt de Bornes laissant à gauche la rue Epaisse, par laquelle se fera le retour. PK 00,60
Au PK 01,20, sur la gauche, un vaste espace de prairie abrite un élevage d’escargots de 2000 m² environ, visible du chemin.
De très nombreuses petites planches inclinées servent d’abri anti-soleil et support des animaux, l’enclos finement grillagé leur interdit l’évasion, et des filets tendus à 2 ou 3 m du sol leur évite d’être dévorés par les oiseaux (avant de l’être par les hommes !)


Il y a en effet une structure de récolte et commercialisation à Eternoz…
Au PK 01,60, il faut conserver le chemin qui part à droite, mais une courte incursion à gauche permet de côtoyer le « Chêne Président », présumé avoir deux siècles d’âge. On parvient alors à un parking dit « de chasse », un panneau d’information et une aire de pique-nique à plusieurs tables, dite « Des Chandeliers ».


On choisit ici d’aller tout droit toujours au N-O, en dépit de plusieurs propositions fléchées, et, après une faible déclivité, on converge sur un sentier plus marqué, au PK 03,20. Ce chemin forestier, large et herbu, déambule dans une forêt d’arbres moussus, ne dénivelant que 80 m en descente, offrant une douce promenade.
Au croisement atteint, on part à gauche, et on dénivelle 100 m en 700 m pour rejoindre le GR de pays du Lison. PK 03,90.


La suite devient alors évidente, le GR longeant la rivière en la remontant, passant parfois tout près ou au contraire un peu en recul et en surplomb, ce qui permet de l’admirer sous divers angles de vue.
Le Lison coulant dans une région de calcaire tuffier, son cours est régulièrement barré de gours géants, festonnés, de quelques décimètres de hauteur, presque tous échancrés d’une ou deux passes, soit naturelles, soit aménagées pour la circulation des esquifs sans moteur, laquelle n’est pas recommandé au-delà de mai sauf si épisode pluvieux durable, car le niveau global reste assez bas.


Pour autant, le Lison est en lui-même un paysage permanent, sinueux, très arboré, alternant planiols miroitants et grilles chantantes sur des lits de plaquettes de roche. Les oiseaux ne manquent pas !
Il sera donc opportun de pique-niquer sur la berge basse, avec un léger vent bienvenu.
Cette belle partie riveraine se développe sur 6500 mètres, offrant, de plus, des vues sous des falaises à main gauche, parfois très proches, avec des à-pics de 30 à 40 mètres.


On la quitte au PK 10,40 juste avant une passerelle de bois enjambant le Ruisseau de La Vau.
C’est ce dernier qui va nous guider sur le retour, grâce à un très joli sentier qui le longe, accompagnés par le gargouillis de son eau durant 1500 m pour une pente très douce remontant de 50 m.
Nous auront même l’occasion de croiser une « naïade », surprise de nous voir là, elle sera l’unique personne rencontrée durant trois heures de promenade.
Au PK 11,90, donc, le chemin marque une brusque épingle sur la gauche, et prend une pente très régulière d’à peine 10% durant 700 m.


Une nouvelle épingle (PK 12,60) permet de poursuivre cette remontée très régulière sur encore 500 m et on atteint alors le bord du plateau au PK 13,10. Une entreprise de plasturgie proche d’une grande antenne-radar se profile alors , desservie par la Rue Epaisse qui jonctionne avec la rue des Bornes du départ au PK 13,70…il ne reste plus qu’à gagner le centre ville, PK 14,50.
Parcours raisonnable en distance comme en efforts seulement 400 m de dénivellation, jamais raide.


Très protégé du soleil, comme il le serait du vent s’il y en avait. Environnement naturel bien agréable !
Notons qu’en cas de nécessité ou par choix, ce cheminement peut être raccourci de 3 kilomètres en s’engageant dans le chemin des Frattes à l’aire de Pique-Nique des Chandeliers (en rouge sur le plan)

Après une longue pause sur un banc ombragé lui aussi, nous allons rejoindre la petite ville de Nans-sous-Sainte-Anne…


Mais notre étape prévoit d’abord un ravitaillement en eau fraîche et une baignade dans le Lison !
Malgré de grands travaux en centre ville où la fromagerie-fruitière a dû fermer ses portes pour cause d’insuffisance de débit, on peut accéder à la rivière, qui coule assez faiblement, mais encore suffisamment pour garder tout son charme.
On trouve sans mal une partie profonde, mais cette fois, l’eau du Lison, émise de la falaise à 8°C environ, n’a couru que 2 kilomètres, et le bain est clairement plus « sportif », peut-être à 14°C, et encore… donc durera bien moins longtemps !


C’est alors l’heure d’une petite sieste pour l’un et d’une petite visite touristique pour l’autre, ayant décidé d’un commun accord que nous irions dans la via ferrata en soirée, lorsque le soleil sera bas.
Après une visite de la boîte à livres locale, au cas où, le chemin intéressant reste celui qui mène à la fois à la Grotte Sarrazine et à la source du Lison.
On ne développera ici que le sujet de la grotte Sarrazine car la source du Lison n’aura été visitée que partiellement.


Le parcours proposé par la ville de Nans passe passe un petit bout de route dite « Grande Rue » puis la Rue du Four à gauche après une fontaine.
On passe un parking avec un restaurant-atelier, (Le Gyps) et on s’engage sur un gros chemin sur la gauche dit « Chemin de Ce Côté », qui longe le Lison à distance variable durant 1200 m avant de se trouver à une fourche.
La branche de gauche mène vers la source , celle de droite mène à la Grotte Sarrazine
Les promeneurs sont avertis du risque de chutes de pierres fréquentes.
Environ 250 mètres en montée dont une bonne partie dotée de bonnes marches, sur un sentier très sûr muni de sérieux garde-corps permettent de se placer face à la grotte, sous l’immense porche ( 100 m de hauteur).


Quand elle ne coule pas, ce qui est le cas en dehors des crues du Lison, un excellent escalier fait en grosses pierres coincées mène à un balconnet qui conduit à la cavité, elle-même en porche , garnie d’un lac,
Cet ensemble reste très impressionnant, il est clair que, de temps à autre, des morceaux de roche peuvent se détacher et chuter sur des gens.
Lectrices et lecteurs qui veulent en savoir beaucoup plus sur cette grotte : (lien en bleu, mais non actif)
https://vivranans.info/2021/01/pourquoi-une-grotte-sarrazine-a-nans-sous-sainte-anne.html


Au retour, un petit arboretum peut compléter la visite.
Une fois réunis, nous attendons 18 h 00 avant de nous équiper pour la Via ferrata des Baumes.
Un bazar de sangles et courroies emmêlées va causer une attente pénible, mais amène à découvrir qu’il manque une poulie…un seul de nous bénéficiera donc de la tyrolienne, pour l’autre, ce sera demain !
Entreprise vers 18h30, c’était encore un peu trop tôt, le soleil dardait ses derniers rayons, et cela pouvait nuire aux performances.
Nous attaquons la via « rouge » chacun par un côté, puis nous retrouvons à la première échappatoire et poursuivons ensemble.


La chaleur solaire encore intense et réverbérée par le calcaire clair poussait à boire souvent, chauffait dur les barreaux et câble d’acier, et « tapait » sur les casques en plus de dessécher la bouche.
Si l’un de nous n’en fut pas trop affecté, l’autre préféra renoncer à gravir le dernier « mur », de légers maux de tête révélant un début d’insolation, il n’était pas prudent de ne pas en tenir compte…pour les quelques minutes d’escalade qui restaient. Donc on se sépara à la dernière échappatoire.


A nouveau réunis après dix minutes, la suite se déroula normalement puisque toujours à l’ombre et en descente.
Le parcours de via sera décrit dans la matinée de jeudi puisqu’elle sera à nouveau parcourue.
De retour au véhicule et après une petite pause, nous rallions le fameux parking du Gyps où une immense place libre donnait l’embarras du choix, de préférence emplacement bien horizontal et discret.
On put s’offrir une visite superficielle du site de la Taillanderie, entreprise où l’on battait le fer pour fabriquer toutes sortes d’outils et armes tranchantes (Taillantes, donc !). Petit musée, aux heures d’ouvertures variables…


Un petit coin pique-nique nous attendait. Il y avait aussi une fontaine d’eau bien fraîche pour toilette expéditive.
Nous échappâmes à la taxe réservée aux camping-cars sur la commune, perçue par une équipe d’agents communaux zélés…car on n’a pas de camping-car ! Camping interdit sur toute la commune…mais le bivouac, ce n’est pas du camping !
Une nuit très bien étoilée s’annonçant, il ne resta plus qu’à se coucher !


Avec une petite rosée sur le duvet, le jeudi matin commença bien, les oiseaux chantaient !
On s’offrit le luxe d’une table et bancs pour le petit déjeuner, et celui de la source captée pour la toilette de base.
Un court transfert nous amena à la Rue Rolats, notre lieu de parcage rituel tant que les riverains ne nous en virent pas !
C’était à l’origine le coin détourné pour accéder à la via ferrata sans passer par le « tronc » d’obole volontaire… mais désormais, l’accès est gratuit.
A la différence de la veille, les conditions de température de l’air et d’exposition solaire sont très favorables, et on gravit les hautes marches du sentier du Verneau qui coule faiblement pour rattraper le Chemin du Verneau et parvenir au départ des diverses voies des Baumes.

Après un démêlage du baudrier-sangles beaucoup plus rapide que la veille, et les deux poulies disponibles, nous partons sur la « rouge » via la tyrolienne.
Cette ligne de la via ferrata (rouge) ne comporte aucun agrès, c’est donc une progression posée sur barreaux et de rares prises de pieds.
Les prises de mains ont la diversité habituelle, barreaux, poignées, barres, câble, queues de cochon.
Parfois des prises de mains au rocher mais graissées par la sueur de centaines de mains passées par là, parfois des racines, mais c’est épiphénoménal.

On y a toujours une belle vue panoramique, dont celle sur le village harmonieusement niché contre le Lison.
Quelques passages donnent « du gaz », mais cela reste modéré. Environ 35 m pour la verticale finale, la plus grande.
Donnée pour 1500 m de câble et 190 m de dénivelée (dont les passages « sur terre » ) quand on peut la parcourir entière, cette voie est très appréciable, les difficultés restant raisonnables et séparées par des temps plus « calmes ».
La voie jaune (enfant et apprentissage des purs novices) et la bleue (tout public, enfant >1,20 m) qui comporte des agrès, complètent très bien ce complexe.


Hélas, depuis près d’un an, des parties sont réputées interdites pour cause de dangerosité potentielle ( Travaux de mise en sécurité trop chers !)
Si des longueurs de câbles semblent superflues quand tout va bien, il ne faut pas les négliger si le terrain est glissant, et/ou si je jour baisse un peu trop et qu’on n’a pas d’éclairage, et/ou encore si on est très fatigué(e) car, dans plusieurs passages du sentier de retour, un faux-pas pourrait avoir de graves conséquences.
Comme on l’a déjà plusieurs fois souligné, c’est en fin de sortie, lorsque la vigilance se relâche et que la fatigue retarde les réflexes et affaiblit le potentiel musculaire, que surviennent les accidents…

La partie redescendante est une agréable conclusion, qui amène au ruisseau du Verneau, qui coule tellement peu que ses cascades renommées n’ont pas leur charme habituel, et, de plus, leur accès a été interdit, étant réputé insuffisamment sécurisé.
Une proposition d’aller parcourir la voie bleue laissera la place à celle d’aller visiter la source de la Loue et sa grotte majeure.
C’est donc un nouveau passage au Gyps, et on laisse la voiture pour prendre le « Chemin d’à-côté », le même que pour la grotte sarrazine.


Mais, à la fourche, 1500m plus loin, on part à gauche vers une première passerelle à lisse de béton qui enjambe un petit bras du Lison, puis une seconde passerelle tout en bois au-dessus du grand bras.
Remontant ce dernier, on accède rapidement à la source, en forme de cascade-éventail à ressauts.
L’endroit est presque désert bien qu’il soit environ 10 heure.
Mais on va aussi aller au surplomb de la cascade, malgré une interdiction pour cause de chutes de pierres, par un large chemin très bien formé, quelques escaliers et garde-corps, pour arriver à une belle esplanade en hauteur, puis se faufiler dans la falaise pour bénéficier d’un balcon naturel…tout cela soigneusement aménagé pour tout public, et qui permet de bien profiter des lieux.
Une ancienne prise d’eau avec tunnel et ressauts inspire un pseudo-canyonisme…à sec ou en eau, mais probablement interdit !

Le retour au parking est bien sûr facile et rapide, et nous entamons le long voyage automobile d’environ 6 à 7 heures, mais qui sera entrecoupé d’un pique-nique à l’ombre épaisse d’un noyer, avec vue sur village médiéval !
Nos adieux au Lison…
L’aventure se termina très bien vers 18 heures. Beau programme, beau temps, bel environnement, bonnes pratiques, bonne entente…
Encore une gentille sortie amicale réussie sur la proposition de Gigi ! Et qui a conduit sa voiture sans faute !
(on ne compte plus les radars routiers…très nombreux sur l’itinéraire choisi !)

