TGRLIFRA 10 B 850

TGRLIFRA 10 B 850

16 décembre 2025 Randonnée 0

TGRLIFRA   10     B      850

 

La TGRLIFRA  est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…

– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.

 

Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures.

Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.

 

 

– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes,  sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.
– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas

– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum.

– étapes calibrées à 25/35 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.

 

 

 

 

Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité, elle est menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence, (Ici la dixième : 10) étant composée d’étapes lettrées… (Ici la deuxième : B )

 

 

Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur. Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables. Les parcours pédestres sont en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.

 

Etape N° 29   10   B : De Saint-Coulomb à  Lancieux    ( PKM  833 à  875  général) 

 

La séquence 10 a pour principale particularité de ne plus s’appuyer sur un véhicule automobile porteur des bagages et disponible chaque soir comme abri efficace, les transports étant effectués par voie ferroviaire (RER + train)

 

 

 

Cela a pour corollaire de devoir être autonome en tous domaines, donc de porter tout le matériel et la nourriture, mais aussi de donner la faculté à une équipe de se scinder en cas de nécessité.
Mais aussi de compter quatre étapes au lieu de trois pour avoir des gares proches de la côte, à l’aller comme au retour.

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Avec bien sûr une contrainte dans le temps…ne pas arriver trop tard au final !!!
En l’occurrence, le retard pris dans l’étape N°28 va demander une compensation.
Mais dela semble mal parti car le réveil qui devait se produire à 7h30, n’a finalement été observé qu’à…9h15 !

 

 

Dysfonctionnement de la montre censée sonner, ou mauvais réglage, ou flemmardise du porteur…peu importe, car la conséquence est d’infliger presque deux heures de décalage pour une étape alourdie en distance, qui devrait avoisiner les 40 à 45  km….

 

 

 

On active donc un peu les préparatifs, et c’est le moment que choisira Toto pour se déclarer démissionnaire du projet pour cause de douleurs multiples, de manque de sommeil, et au final de perte de motivation…le tout bien compréhensible.
Disposant de sa totale liberté, on convient donc immédiatement d’une séparation, il lui suffira de gagner Saint-Malo pour reprendre un train vers Paris. Je vais devoir continuer seul, ce qui est dommage quant au partage mais ne compromet pas la suite du voyage.
Nous démarrons donc ensemble à 9h45, et la première découverte est déjà « bluffante », avec le Fort du Guesclin vu du haut des 40 mètres de la Pointe du Nid, marée déjà remontante qui recrée l’insularité de ce site habité depuis plus d’un siècle, tour à tour public, privé ou militaire, et où vécut le musicien-chanteur-écrivain-poète et philosophe Léo Ferré.

 

 

 

Très prolifique, dont « La mémoire et la mer », et les quatre derniers vers de sa chanson (1970) : (tiré d’un texte original de 440 vers !)
…C’est fini, la mer, c’est finiSur la plage, le sable bêleComme des moutons d’infiniQuand la mer bergère m’appelle…

 

 

Parvenus à l’altitude presque zéro, c’est la séparation de l’équipe, Toto part sur une petite route D 201 et moi sur le haut de plage.
En théorie et si don GPS ne débloque pas, il n’a que 12 km à parcourir d’ici à la Gare de Saint-Malo…une broutille, même avec ses épaules douloureuses !

 

Pour ma part, je traverse l’Anse du Guesclin et, le franchissement de la Pointe des Grands Nez et de Meinga s’avérant infranchissable avec la mer restant encore bien haute, j’opte à mon tour pour la D201 qui jouxte le littoral, prenant ainsi la décision d’opérer une coupe d’itinéraire.
Elle réduit la marche littorale de 8 km sur GR , pour 4 km à pied sur route suivis de 2,5 km faits en auto-stop atteigant alors Rothéneuf.

 

 

 

Je me trouve alors là où on aurait dû arriver la veille ! Il est 11 heures 15…j’ai « gagné » une demi-heure et un peu de fatigue en moins.
De là reprend la TGR normalement… PK 05,00
Bien sûr, les rochers sculptés de l’Abbé Fouré sont prévus au programme…hélas, site privé et payant, et, de plus, j’y arrive dans le créneau horaire de fermeture (12h à 14 h)…
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Pas possible d’attendre 14 heures. Un peu décevant…le départ décalé se paye ici…mais, de toute façon, la veille aurait vu arriver bien trop tard vers 21 heures !!!
J’enchaîne illico presto, et vais couper la petite pointe de La Varde pour débarquer sur la longue plage du Mihinic, au PK 08,50.
Je m’offre alors 4 kilomètres de sable bien ferme et très plat pour atteindre les premiers remparts de Saint-Malo.
La mer est haute, on ne peut accéder au tombeau de Chateaubriand.
Il va me falloir une promenade urbaine de près de 5 km pour une courte visite de la ville, traverser la gare maritime et retrouver l’estran au niveau de la Tour Solidor ( XIVe siècle !) PK 17,50

 

 

 

 

Durant cette traversée urbaine, je pus constater une bien faible affluence de passants, étant cependant un samedi et par assez beau temps… 1,5 km de plage fut encore possible, bien agréable après plus d’une heure de bitume et de béton, mais obligation de remonter au GR du fait d’une interdiction absolue liée au fonctionnement du barrage de la Rance, susceptible de lâcher des masses d’eau.
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Il fallut passer la Pointe du Briantais pour accéder au départ du chemin piétonnier de l’usine marémotrice…
Barrage de 750 mètres, capacité de production de 240 MW (hélas intermittent à 25% de l’année).
Coût de construction actualisé de 1 milliard d’euros, et coût de production d’électricité inférieur à celui d’une centrale nucléaire !

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C’est mon heure de pause pique-nique… PK 20,50

Comme ce sera 7 fois le même repas sur 4 jours, je le détaille ici : 

 

 

 

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– 50 grammes de saucisse sèche à la noisette, ensachée prédécoupée (230 Kcal)
– 50 grammes de comté vieux ensaché pré-découpé (  210 Kcal)
– 50 grammes de pain brioché  en tranches ensachées ( 180 Kcal)
– 50 grammes de chips grasses ensachées par mes soins( 280 Kcal)
– 50 grammes  Kinder-bueno  (290 Kcal)

On arrive alors à environ 1200 Kcal…soit la dépense énergétique de 4 heures de marche pour un bonhomme de 80 kg chargé à 10 kg en terrain facile et à 5 km/h environ…soit 20 km.
Double dose (midi et soir) permet donc d’assurer 35 km et le métabolisme basal du sédentarisme passif diurne sans déficit, le petit déjeuner quant à lui apporte les 600 Kcal nécessaires au métabolisme basal de la période inactive (nocturne essentiellement)

 

 

Le biscuit « idéal » du petit déjeuner de bivouac reste l’Oréo double crème, à presque 70 Kcal/biscuit de 14 grammes, très pratique à manger (tient entier dans la bouche où il fond peu à peu) même en marchant, même avec les mains sales ou mouillées, il suffit d’éjecter les portions une à une du sachet plastique cylindrique, lequel tient aisément dans une poche de vêtement. 5 ou 6 au lever suffisent !

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Lectrices et lecteurs calculeront vite que 570 grammes par jour suffisent à se nourrir suffisamment en termes d’énergie (pour ce qui est de la diététique, des sels minéraux, des vitamines…c’est plutôt mauvais, mais sur quelques jours, aucun effet néfaste à redouter si on est en bonne santé au départ).

 

 

Si on tombe plus bas, et/ou si on fait des plus gros efforts durablement, le corps va brûler sa graisse, et on va maigrir !
Avec tout cela, on n’oublie surtout pas de boire !!! (De l’eau !)
C’est le moment de parler de la boisson…
En premier lieu, on privilégie la petite bouteille « Pago » de 75 cl, qui ne coûte rien, ne pèse que 30 grammes, a un large goulot (souvent très utile pour le remplissage en conditions malpratiques) très résistante aux coups, aux écrasements et à l’abrasion, rentre dans à peu près toutes les poches latérales des sacs à dos, s’adapte exactement aux porte-bidons des vélos, ne nécessite aucun entretien ( usagée et/ou sale = poubelle où elle serait allée de toute façon, avant son recyclage intelligent comme « gourde » (…), ne se fait pas voler au refuge ou ailleurs puisque sans valeur marchande ni esthétique, facile à retrouver avec son bouchon « jaune pétard » sur lequel on peut écrire au feutre indélébile, si besoin, etc.

 

 

Dans le cas de la TGR littorale, on n’est pas dans le désert saharien, inutile de porter plus d’1,5 l.
Il est très facile, sur le GR 34, de remplir régulièrement sa bouteille, soit grâce aux fréquentes cabines de toilettes publiques ouvertes toute l’année, dans beaucoup de villes et villages, soit grâce aux petits commerçants locaux, qui ne sont pas des « sauvages » dès lors qu’on les aborde poliment et humblement, soit encore en toquant gentiment à une porte de particulier…bien rare sera l’habitant qui refusera un litre d’eau potable tirée du robinet.

 

Enfin, pour les puristes de l’autonomie, il y a les divers filtres à eau de randonnée encore moins lourds et pas encombrants, mais il faut être sûr de trouver de l’eau douce sans polluants organiques donnant un goût affreux (lisier !)

 

 

 

Etant plutôt sociable, j’opte pour la formule mixée « toilettes/commerçant/particulier », comme ça je suis certain d’être abreuvé !!!
Bon…il est temps de repartir sur ce fameux barrage, puis de m’engager vers Dinard, en suivant le GR 34.

 

 

 

Un peu d’estran dans la petite baie du Prieuré et je vais couper la pointe dans son étranglement naturel au PK  25,50.

La suite va pouvoir se dérouler agréablement sur les plages successives car la mer descend déjà depuis 2 heures et n’est que de petit coefficient, cela jusqu’à l’extrémité occidentale de la Plage de la Fourberie. PK 29,50
Là, je prends la décision de couper les deux pointes de Saint-Lunaire, ce qui me fera « manquer » la Grotte des Sirènes, dont l’intérêt spéléologique est très limité, mais c’est quand même une cavité marine originale ( 21 mètres de longueur avec un puits de 10 m et une grande laisse d’eau médiane). 

 

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Cette opération chirurgicale ne m’économisera que deux kilomètres mais peu commodes à parcourir (sinon c’est 2 kilomètres de rues dans la pointe !)
Au PK 30,50, je repars sur l’estran où je vais à nouveau jongler entre plages et bouts de GR 34, car nombreuses propriétés privées sans servitude de passage.

 

 

J’atteins alors l’aire de pique-nique du barrage du Frémur au PK 37. Il fait déjà nuit.
Je me mets en chasse d’un point de bivouac tout en cherchant à manger des kilomètres, à me procurer de l’eau et tenter de passer un SMS à ma Pénélope villeparisienne…car l’abandon de Toto se traduit aussi par l’absence de son téléphone !

 

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Je reviens donc à mes bonnes habitudes du « solo », et, malgré une étonnante désertitude locale sur des kilomètres, je finis par dénicher une brocante encore ouverte vers 19 heures où on me prendra pour un OVNI ( à cause de mon tee-shirt en plein hiver à 6°C) , ou un SDF (à cause de mes godillots très abîmés et avec lacets différents pleins de noeuds…), ou un détenu en cavale (Mal rasé et sac à dos du XXe siècle), et même pour un type qui vient peut-être d’étrangler quelqu’un ( à cause de mes gants en caoutchouc bleu…)…bon, on finira quand même par accepter de passer un SMS !
Bientôt 20 heures, je repars sur la D 786, et marque une pause dîner près du moulin des Bénédictins, dit de Beuglais, du XVIe siècle, orienté au nord, et aux ailes illuminées pour la période de ce Noël 2025. Pour la première fois depuis deux jours, j’éprouve le besoin d’enfiler mon K-Way, car il fait de plus en plus frais, ciel bien dégagé.

 

 

 

A 21 heures, je déambule çà et là pour observer diverses petites illuminations et en prendre des photos pour l’amusement, ce qui m’amène à la Mettrie, au PK 42,00…où je découvre un joli calvaire un peu à l’écart et sous le couvert d’un bel arbre à grosses feuilles. (Murier-platane)
Ce calvaire comporte une large base idéale pour se dissimuler en arrière, et l’arbre protège de l’éclairage public, tandis qu’un matelas de feuilles va améliorer l’isolation du sol et la protection du matelas…sans parler de la protection divine potentielle, si elle existe (?).
Dodo vers 21h30, avec 42 km dans les jambes. Mais j’ai encore 8 km de retard !

Cela parce que plusieurs passages espérés en ligne droite sur l’estran ont dû être parcourus en serpentant avec le GR sur les hauts de côte, allongeant d’autant les distances entre points.
Et je redoute qu’il en soit de même demain… Il me faudra certainement « couper le fromage » quelque part…

 Donc, avec ce PK 42 ( + 3 km voiture), j’aligne un beau PKM de 42 km aussi, qui m’amène à un PKM général de 875 !

En bleu, marche littorale ou GR 34 =  39 km
En noir, marche routière = 3 km
En jaune,  auto-stop = 3 km

 

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