TGRLIFRA 10 D 852
TGRLIFRA 10 D 852


La TGRLIFRA est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…


– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.
Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures.


Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.
– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes, sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.


– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas
– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum .
– étapes calibrées à 25/35 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.
Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité, elle est menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence, (Ici la dixième : 10) étant composée d’étapes lettrées… (Ici la quatriéme : D )


Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur. Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables. Les parcours pédestres sont en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.
Etape N° 31 10 D : De Moreix à Saint-Brieuc gare ( PKM 923 à 946 général)


La séquence 10 a pour principale particularité de ne plus s’appuyer sur un véhicule automobile porteur des bagages et disponible chaque soir comme abri efficace, les transports étant effectués par voie ferroviaire (RER + train)


Cela a pour corollaire de devoir être autonome en tous domaines, donc de porter tout le matériel et la nourriture, mais aussi de donner la faculté à une équipe de se scinder en cas de nécessité.



Mais encore de compter quatre étapes au lieu de trois pour avoir des gares proches de la côte, à l’aller comme au retour.
Avec bien sûr une contrainte dans le temps…ne pas arriver trop tard au final !!!
En l’occurrence, l’équipe de deux s’est scindée au matin de l’étape 29, les deux étapes 30 et 31 étant donc intégralement réalisées en solo autonome.


Les étapes 29 et 30 ayant été poussées à 39 et 45 km, en plus d’une réduction de 25 km au Cap Fréhel, je me trouve face à un parcours résiduel de 25 km environ, ce qui (re)devient très raisonnable ! Et va me donner plus de temps pour fouiner çà et là.


Je démarre vers 8h30, et il fait encore bien nuit.
Le GR 34 est à nouveau bien dynamique, ayant la même morphologie que celle du versant opposé, mais redescend moins avant d’accéder aux hauteurs. Il est marqué par plusieurs barrières agricoles, des cheminement imposés par de désagréables lignes de fil de fer piqueté au sol ou des planchers d’évitement de flaques.


Au PK 03,50 j’atteins la plage du Bon Abri, qui me permet de retrouver l’estran.
Je vais pouvoir y rester durant 5 km et contourner ainsi les deux pointes (Guettes et Grouin) jusqu’à trouver la Maison de la Baie , près du village d’Hillion. PK 09,00.


C’est là que je découvre une grande pancarte qui m’apprend que depuis 2023 tout l’espace maritime de la Baie de Saint-Brieuc a été classé réserve naturelle, espace biologique protégé, donc interdit à tout cheminement… Dingue !


Je me suis donc trouvé délinquant depuis la Pointe du Grouin, sans le savoir !!!
Ben oui, tout le monde ne descend pas à l’estran par les seuls accès publics les plus fréquentés…donc ne peut être informé, surtout en arrivant de nuit !
Je remonte sur la berge, très discipliné, sous le regard de deux personnes derrière les vitres du bâtiment, parcours quelques hectomètres, et ne résiste pas à la tentation de retourner me promener le long du fleuve côtier « L’urne », en rasant les herbus.
Je m’amuse à constater que je ne lèverai absolument aucun oiseau ou autre animal, cependant qu’un grand panneau affiche que 50 000 oiseaux sont censés se regrouper là, justement à l’époque où nous sommes… Bizarre, quand même ?


l’Urne paraît débonnaire avec ses longs méandres, et son débit moyen de 0,4 m3, mais ce dernier peut être multiplié par… 15 lors des plus grandes crues ! Ca doit sacrément pousser les sédiments dans la mer !


Des sédiments, il y en a beaucoup, et le sol est très mou, très glissant, je finis par renoncer à patiner cela d’autant que je me rapproche d’une petite route et deviens très visible de la côte de Langueux ( à moins de 500 m) …je vais éviter la provocation des autorités, même si en ce dimanche matin elles ne sont porbablement pas en action sur le terrain.


Après une traversée du shorre et ses multiples petits chenaux « traîtres », je débarque sur un large chemin agricole qui longe une digue en terre levée protectrice des cultures de légumes. PK 11,00
Je vais y trouver du chou vert, du chou blanc, du chou Romanesco, du chou de Bruxelles, du poireau, du chou rouge…
.


Et même de la Phacélie, classée « engrais vert » car évite le tassement du sol du aux précipitations, limite le développement des adventices, ses racines aèrent le sol, et l’enrichissent au cours de leur décomposition, et ses fleurs attirent les insectes pollinisateurs !


De plus, jolie fleur très mellifère, la phacélie est donc une de ces plantes utiles, rutique et résistante, à croissance rapide, attirant des insectes destruteurs de pucerons et d’autres destructeurs de petit mollusques, ce qui semble avantageux pour les maraîchers !!!


Ce long chemin débouche sur la petite route du Houlet, qui va passer par deux petits ponts étroits où randonneurs et cyclistes ont intérêt à être très prudents…pas de trottoir ! PK 13,00


A compter de là, il n’y a pas d’aternative à la marche sur bas-côté puis large trottoir côtier, toute la baie étant interdite à tous cheminements.
Cette partie de parcours reste d’un intérêt limité, hormis de beaux points de vue sur cette large baie de Saint-Brieuc et quelques panneaux pédagogiques relatifs aux principales espèces d’oiseaux observables…


Mais, une fois encore, on n’en voit AUCUN !
Absence totale de la faune aviaire… ??? Ni au sol, ni flottant sur les plans d’eau, ni en vol… Bizarre ?
Au PK 16,00 je découvre un site original, ancien terminal ferroviaire de Boutdeville … J’en fais une petite publicité relayée :

Venez vivre un moment inou
bliable à bord du Chemin de Fer de la Baie de Saint-Brieuc. Vous pourrez faire un tour à bord du Tramway de Boutdeville et découvrir la plus grande collection de matériel ferroviaire historique de Bretagne.
L’ensemble est animé par l’Association des Chemins de Fer des Côtes-du-Nord.
En 2025, l’accueil du public et les circulations se font les après-midis (14h30 – 18h00) aux dates suivantes :
Les mercredis et samedis :
Vacances de printemps (zones A,B,C)
Début-juin jusqu’à mi-juin
Mi-septembre jusqu’à la fin des vacances de la Toussaint (zones A,B,C)
Les mercredis, samedis et dimanches
De mi-juin à mi-septembre
Ce sera sans doute similaire en 2026 !


Etant en hiver, les véhicules sont remisés et plus ou moins protégés, mais quelques photos restent possibles à faire…
Je reprends, et le chemin asphalté laisse peu à peu la place à la terre battue et davantage de végétation sauvage.


Mais tout cela reste très large et assez normalisé, passant par l’historique grève des Courses flanquée de genêts et d’Herbe de la Pampa ici bien colonisatrice (Cortaderia selloana), totalement interdite en France depuis bientôt 3 ans !
Au PK 19,00, j’accède à la Pointe de Gourien.


De là, un écart du chemin amène en 1 km à la Cité Baby, étonnant quartier bâti de cabanons et mini-châlets, jardinets divers, plusieurs presque centenaires, diversements agencés et colorés, et accrochés aux pentes.
Lui fait suite la Grève du Valais, où je vais trouver un point d’eau potable, toilettes et même une douche publique ! PK 20,50.


Le contour de la Pointe de Cesson m’amène sous la tour éponyme (XIVe siècle) d’accès délicat théoriquement interdit, puis à l’entrée d’un ancien tunnel ferroviaire…dont les portes d’accès sont grand ouvertes !
Il n’en faut pas plus pour déclencher un réflexe pavlovien de subterranologue ! PK 22,00
Ce tunnel, daté de 1885, mesure malgré tout 255 m. Il a été débarrassé de tout le matériel, rails, traverses, câbles, panneaux, feux… Plutôt en bon état, peu sali.
Je reprends le GR, qui longe l’estuaire du Gouët et le port du Légué.
Parvenu à une croisée de chemins et rues, une confusion apparaît entre trois balisages, bleu, jaune et rouge et blanc et rouge…PK 23,00 .

Cherchant à trouver celui qui mène à la gare en passant par la vallée du Gouédic, j’opte pour le bleu qui m’amène à une source, mais pas au fleuve.
Quelques tours et détours me ramènent au point de départ, et je prends cette fois le jaune et rouge…GRP donc. Avec un mélange de GR !



Mais c’est le bon, cette fois, et je remonte cette petite vallée, plutôt charmante, dont une partie aménagée en parc mais sans excès de matériel urbain.
Je passe alors sous un premier viaduc routier du Gouët (N 12) de 1983, tout en courbe et en béton, de 525 m sur 11 piles allant jusqu’à 64 m de hauteur. PK 24,20.
160 m plus loin, un nouveau viaduc, originellement ferroviaire puis routier (Rue de Genève) surprenant par sa structure très élancée et complexe, datant de 1904. C’est le Viaduc de Toupin, 180 m, hauteur maximale de 35 m. PK 24,40


Le Gouédic serpente, et, après 900 m, c’est un troisième pont, Pont d’Armor, en un seul arc, d’une portée centrale de 80 m.
Ce pont en béton de 180 m a une hauteur maximale de 41 m, achevé en 1962 PK 25,30
Mais ce n’est pas fini !


A peine 200 m et on trouve un petit pont de pierre, Pont de belle-Isle qui permet de changer de rive. Longuer d’environ 20m, 4 à 5 mètres de hauteur. On ne passe pas dessous, mais dessus !
Encore 150 m et on trouve le Pont de la rue du Gouëdic, pont en arc à trois arches datant de 1745, et très fortement modifié et amputé par des constructions du XXe siècle.



Et c’est au viaduc ferroviaire SNCF du Gouédic de 1862, qui apparaît 500 m plus loin que je vais dénicher la passerrelle piétonnière qui donnera accès à la gare.
Sept arches de 15 mètres d’ouverture, 12 mètres de largeur , tout en granit tiré des carrières du Gouédic.
135 m de longueur, hauteur maximale de 39 m.
Cette passerelle « Beauvallon » est accessible par des escaliers métalliques. Elle est accrochée sur le côté amont des piles et débouche dans la ruelle de la Côte Vendel PK 26,30.


Il ne reste plus que quelques hectomètres pour atteindre la hall de la gare au PK 27,00.
Mais comme il n’est que 16 heures 30 (les fameuses trois heures d’avance !) je vais me payer un petit tour de ville.



Il sera un peu décevant, d’une part parce qu’étant un lundi, nombre de commerces sont portes closes, d’autre part parce que les décors de Noël sont tous éteints !
Mais aussi parce que les monuments et quelques maisons de caractère sont enfouis parmi beaucoup de bâtiments récents plus ou moins esthétiques, et qu’il est très difficile de prendre des photographies correctes.
Enfin, la cathédrale est fermée…
Mais j’apprécierai que la Ville de Saint-Brieuc ait opté pour de nombreux décors « écologiques » à bas de souches, billots, branches, travaillés à la tronçonneuse ou à la scie à bûches, et figurant des animaux, des personnages ou des scènes de vie courante, limitant ainsi sérieusement l’usage des plastiques, des sujets animés par des moteurs, et des éléments lumineux.
Sans parler de la production locale « économique » par quelques artisans et associations.
Communiqué de Saint-Brieuc : « A Saint-Brieuc, une partie des décorations de Noël seront en bois, cette année, en bois massif on ne peut plus local… En effet, le service des espaces verts utilise des arbres et des branches arrachés par la tempête Ciaran dans les parcs et jardins de la ville, ou bien issus des élagages sanitaires. Les décorations sont en préparation depuis plusieurs mois. Cela nous permet d’avoir une matière première qui ne coûte rien, d’embellir la ville et de valoriser le travail de agents des espaces verts municipaux. » Un bon exemple !
Ce grand tour de ville amènera le PK d’étape à 30,00…a minima ! Et le PK de séquence à 149 … (sur 4 étapes)
Le PKM quant à lui, monte à 946 ( mais avec 25 sacrifiés)
Le cap des « 1000 » sera donc franchi avec la séquence 11 !!! En janvier, sans doute…
En bleu, marche littorale et terrestre.

