TGRLIFRA 11 B 857

TGRLIFRA 11 B 857

25 janvier 2026 Non classé 0

TGRLIFRA   11  B      857

 

 

La TGRLIFRA  est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…

– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.

 

 

Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures.

Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.

 

 

– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes,  sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.
– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas.

– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum .

– étapes calibrées à 25/35 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.

Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité.

 

Elle est donc menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence, (Ici la onzième : 11) étant composée d’étapes lettrées… (Ici la deuxiéme : B )

Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur. Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables.

Les parcours pédestres sont en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.

 

Etape N° 33   11   B  : De  Port Goret à  Porz Even  ( PKM  975 à  1013  général) 

 

Censé débarrasser les lieux discrètement à l’aube, un rendormissement imprévu me fit découvrir par une habitante qui ne me fit aucune remarque, du fait que j’ai immédiatement déclaré que je serai « parti dans 15 minutes ».
De fait il n’est que 8h30… j’ai dix heures devant moi pour couvrir environ 35 km, j’ai de la marge !

 

 

Donc je range mon bazar selon une routine bien rodée, ce qui ne me prendra effectivement pas plus de 15 minutes !
Comme souvent, petit déjeuner en marchant, à base de biscuits Oréo, 4 ou 5 avec de l’eau, très pratique : il suffit de laisser se désagréger entier dans la bouche (un par un évidemment !). 250 Kcal directs.

 

 

 

 

C’est encore marée haute et montante, donc GR 34 nécessaire, les rares plages courtes non accessibles à leurs deux extrémités, pointes à roches plongeantes trop compliquées à franchir, il faudrait beaucoup trop de temps, et, de plus, les pluies répétées rendent les surfaces glissantes car couvertes de lichens et d’algues fines, même marcher sur les gros galets devient risqué.

 

 

 

 

 

 

Au PK 01,70 la plage du Palus est encore franchissable (coefficient 82…) mais sur à peine 500 mètres.
Un bel arc-en-ciel se développe au détour du chemin, plongeant dans la mer au pied des falaises…
Je poursuis à nouveau sur le GR, et la plage Bonaparte sera sous les flots quand j’y arriverai, PK 09,80.

 

 

 

Petite bâtisse et étonnant tunnel, côtoyant une cascade bien active.
Encore 3 km cependant que la marée descendante s’amorce, et cela va permettre de remettre les pieds sur le sable au petit havre naturel de Port Padel PK 12,90.

 

 

 

Durant toute cette matinée, sentier boueux, parfois très glissant lorsqu’un fin limon s’ajoute à la terre, rochers glissants si on n’y prête gare, et, pire encore, marches en bois lisse et/ou racines longitudinales, dont il faut se méfier en permanence !

 

 

 

 

 

La traversée de l’Anse de Bréhec sera donc un plaisir avant de déjeuner sur table et banc d’un établissement hôtelier fermé en basse saison, avec autorisation du propriétaire présent…avec petit brin de soleil, mais venté ! PK 14,00. Il y aura des toilettes pour le plein d’eau.
Le déjeuner standard, pas vraiment au niveau du restaurant trois étoiles ci-devant…saucisse sèche aux noisettes 50 g, emmental 50 g, pain de mie entier 50 g, Tucs 50 g, Snickers 50 g…le tout pour 1080 Kcal, avec de l’eau, bien sûr !

Ce menu est répété 6 fois en trois jours. Ce serait plus difficile si ça devait durer un mois !
Donc, reprise de marche, et le profil de côte ne permettra pas de longer la vague, très peu de plage ou grève et deux pointes trop avancées en mer…

 

 

 


Au point qu’il n’y a même plus de sentier « des douaniers » , durant près de 5 km.
Le chemin comporte en effet deux tronçons de petite route cyclable de 1,5 et 1,7 km. On ne retrouve un véritable sentier de randonnée qu’à la Pointe de Minard au PK 18,70
Peu après, vers PK 19,60, c’est une étonnante descente de 201 marches en bois et terre qui fait déniveler une cinquantaine de mètres en 100 mètres …pour passer le ruisseau de Porz Donan.
La remontée est un peu moins raide, et compte moins de marches…et, au PK 21,00, alors qu’on a marché un peu sur le Chemin de la Pointe de Bilfot, on découvre un musée de sculptures en plein air, oeuvres de Christophe Antoine à Plouézec.

 

 

Plus de vingt oeuvres, dont certaines monumentales, d’un style qui ne peut plaire à tout le monde mais qui témoignent assurément d’un talent et d’une maîtrise technique indubitables. Comme il pleut et vente, prendre des photos fut fort délicat, et le résultat très médiocre… c’est pourquoi le lien ci-après (non actif) permet d’accéder à une galerie démonstrative du travail de « Kito » sculpteur depuis plus de soixante ans…

https://www.tripadvisor.fr/LocationPhotoDirectLink-g3198113-d10437743-i195546749-Kito_Sculptures-Plouezec_Cotes_d_Armor_Brittany.html

 

Il ne faudra que 500 mètres pour enfin retrouver le niveau de la mer ou presque, et cette dernière s’étant désormais retirée suffisamment loin et suffisamment longtemps pour que l’estran soit parcouru sans bottes, la « grande traversée » va être envisageable…
Il s’agit de couper la partie sud-est de l’Anse de Paimpol en allant de Port Lazo à la Pointe de Guilben, ce qui représente 4 km à vol d’oiseau.

 

Mais il n’est pas possible d’aller au plus court car des méandres marins sont à contourner, et que des parcs à huîtres cassent le chemin.
Qui plus est, une bonne partie de cet immense espace est couvert d’une tangue dans laquelle on s’enfonce et qui rend la progression très éprouvante.

 

 

L’itinéraire praticable va en fait s’inspirer des traces de tracteurs d’ostréiculteurs, sagement parallèles à la côte, à quelques dizaines de mètres.
Malgré ces traces, il est encore nécessaire de bien regarder où on met les pieds…
A 4200 m, un premier cours d’eau est à franchir, très étalé donc peu profond, qui n’est pas issu d’un petit fleuve côtier, mais d’écoulements phréatiques.

 

Environ 500 mètres plus loin, en allant droit sur la Pointe, un second cours d’eau apparaît, moins large mais nettement plus profond, et surtout au lit très vaseux, dont le franchissement sera délicat…la règle est de ne pas « traîner » pour éviter un enlisement qui ne sera pas très profond mais immobilisera, avec moult difficulté ensuite à faire pas après pas dans une eau à 10°C avec petite pluie et petit vent frais d’hiver !
Il s’agit de résurgences de ruisseaux de la vallée de Plouezec,  sûrement un peu plus actives aujourd’hui vu les pluies des jours précédents. Leur eau est abondée de nombreux petits ruissellements phréatiques de la grève, et elle est jaunâtre, ne permettant pas de bien voir le fond.
Ca montera un peu au-dessus des genoux, il ne restera que 300 m pour  atteindre la côte ilienne.
Cette dernière n’est pas en pente douce, il faudra chercher un peu un passage plus facile et parvenir alors à l’ex-batterie de Guilben pour une mini-pause « goûter » et essorage de pantalon/chaussettes ! PK 26,50.
La suite va être plus aisée, mais on ne peut plus traverser car un cours d’eau important navigable barre le chemin
Il s’agit du Quinic, fleuve côtier de 8 km de cours et débitant 15 m3/seconde en moyenne, sûrement un peu plus aujourd’hui vu les pluies des jours précédents. Son  eau est abondée de nombreux  ruissellements phréatiques, elle aussi avec en plus un lâcher d’eau d’écluse portuaire.
Le GR 34 redevient donc ce qu’il y a de mieux à arpenter pour rallier le port de Paimpol au PK 29,80.
Son pourtour demandera 1 km, pour une petite marina, et une partie un peu « cimetière » où plusieurs vieilles coques de bateaux gisent sur le flanc.
Une fois de plus, les toilettes publiques et gratuites permettent le ravitaillement en eau.
Lui fait suite, cependant que la nuit se profile, un étonnant et agréable parcours sur une ancienne digue de terre, au sein d’une végétation de pré-salé ou de zone humide, selon le côté de la digue, très dépaysant, et sur 1 km. PK 31,90.

 

Il s’agit désormais de trouver un semblant d’abri, notamment contre le vent, car la pluie n’est plus désormais attendue que pour demain.
Le GR 34 évolue maintenant en passant par des hameaux ou villages, faisant alterner sentiers, petites rues, ruelles serrées entre mur et grillage…de Ploubazlanec !
Il faudra encore franchir Porz Even pour trouver la chapelle de la Sainte Trinité, de 1868, bâtie en granite, et dont l’étroite entrée est bien orientée quant au vent dominant prévu pour la nuit…En revanche, aucune protection envers la pluie s’il y en avait, il reste à s’en remettre à la protection virginale ! Ciel très dégagé, température avoisinant 4 °C, et bon vent, car au vu de l’état de la mer, d’ici bien visible, on a une « bonne brise » voire « vent frais », 5 ou 6  Beaufort environ. Dîner confortable, siège et dossier sur pneumatique…mais déjà enveloppé du duvet !

PK 36,00.
Du fait des deux premières étapes « allongées » de quelques kilomètres chacune, la troisième sera plus légère !

 

 

 

 

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