TGRLIFRA 11 C 858

TGRLIFRA 11 C 858

25 janvier 2026 Non classé 0

TGRLIFRA   11  C      858

 

 

 

La TGRLIFRA  est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…

– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.
Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures.

Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.

– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes,  sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.

 

– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas

– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum .

– étapes calibrées à 25/35 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.

 

 

Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité, elle est menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence, (Ici la onzième : 11) étant composée d’étapes lettrées… (Ici la troisiéme : C )

 

 

 

Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur. Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables. Les parcours pédestres sont en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.

 

Etape N° 34   11   C  : De Porz Even  à  Lézardrieux   ( PKM  1013 à  1030  général) 

 

Après une nuitée venteuse, mais sans être mouillé, c’est le réveil au grand jour avec la Pointe de la Trinité  à l’horizon !
Il fait un peu froid, accentué par un bon vent, et il y a intérêt à rester blotti dans l’encoignure du portail…car ça souffle de l’Ouest !
Rangement et petit déjeuner avalé, et à mi-marée montante, reprise du GR 34, temps très variable. Terrain détrempé de la veille, flaques de limon visqueuses, à éviter !
Au PK 01,80, accès à une petite plage de Launay qui ne sera praticable que 500 m la Pointe de l’Arcouest étant déjà les pieds largement dans l’eau!
C’est au nord de cette pointe, au PK 03,90 qu’il sera encore possible d’accéder à l’estran et jouer à cache-cache avec la mer entre  les trois petits caps qui s’y succèdent, pour remonter au creux de Cornec…au PK 04,80, ma promenade de plage n’aura guère duré !
Mer de plus en plus haute (coefficient 82) et un tracé de GR qui la suit au plus près, il n’y a plus qu’à le suivre jusqu’à Loguivy, PK 08,80, puis traverser la Pointe du Gouen. 

 

Le contournement du petit port à sec de Loguivy-de-la-Mer permet ensuite d’accéder au GR 34 tout passage d’estran étant illusoire, soit du fait du flot soit de la présence d’une tangue épaisse, ou encore de passages rocheux fort glissants.
Des manteaux d’algues dissimulent des « trous d’eau », ce qui n’arrange rien.

 

 

 

Au PK 11,60, un four à chaux très dégradé apparaît sur la gauche, après une série de montées et descentes dotées d’escaliers en rondins qui font chauffer les cuisses !
Face à ce four, on domine le large chenal du Trieux avec toute la côte Est qui borde ce chenal, sur 10 km !
PK 13,50, une pisciculture en eau de mer de 8200 m² peut être longée, à Coz Castel.

Jusque là, soit environ 3 heures de marche, il n’y a pas âme qui vive, ni sur le chemin, ni sur les petits morceaux de rivage découverts, ni même aux abords des maisons…un véritable désert !
Il faut signaler que les platelages, passerelles, marches d’escalier en bois sont souvent très glissantes dès que la surface est mouillée, surtout si peu foulées (saison froide) car lichens, algues et chapignons microscopiques, ajoutés au limon éolien et les dépôts boueux des chaussures forment un mélange lubrifiant propice aux dérapages voire vilaines chutes.
Bien que quelques poutres soient cloutées, et que des passages soient dotés de fins grillages inoxydables agrafés, antidérapants, il convient de rester prudents et de bien positionner les semelles !

 

On rencontre plus loin une source captée « Traou Vantan » avec ses vieilles grilles censées empêcher les animaux de venir s’y abreuver et souiller l’eau, et un petit lavoir associé, en contrebas. PK 17,00. Peu entretenu, envahi de végétaux aquatiques.
Peu après le hameau de Kergrist, on traverse la D786 par un tunnel au PK 17,80, le chemin la suivant ensuite en contrebas jusqu’au Pont de Lézardrieux (1840).
Au centre de ce dernier, PK 17,80, des vues imprenables sur l’aval et l’amont de ce fleuve, à demi mêlé de mer selon la marée.
Ce pont Saint Christophe, de 261 m dont 112 de portée centrale, en granite, béton et acier, est du type à haubans rigides avec triangulation centrale, après avoir été un pont suspendu à câbles. Il offre des vues photographiques intéressantes.
D’une largeur de 11 mètres dont 7 de chaussée automobile, sa hauteur maximale sous tablier atteint 18 m. Il supporta une ligne de chemin de fer (1925 -1950 démontée en 1975).
Emprunter son trottoir quand la chaussée est trempée expose à de petites douches…

 

 

Il enjambe le Trieux, fleuve côtier de 75 km environ, dont le débit peut être fort variable, de 1 à 12 m3 par seconde au cours de l’année, le maximum souvent en janvier…c’est à dire présentement !
Mais ses caprices sont bien plus impressionnants, avec un débit d’étiage minimal observé à 0,4 m3/s et une crue phénoménale à 86 m3/s en l’an 2000  !Un rapport de 1/200 ou 200/1 tout de même !

 

 

De fait, sa vallée paraît extrêmement large,(entre 300 m et 1800 m selon le point de côte)  sachant qu’au pont on est censés être encore à 7 km de son estuaire officiel, qui est situé aux portes de l’archipel de Bréhat.
Il s’agit maintenant de repartir un peu en arrière pour rejoindre la petite station de gare de Lancerf.
Si elle peut être gagnée par sentiers balisés et petite route en 4 km environ, il est plus intéressant de le faire par la rive droite du Trieux, formant ici l’Anse du Ledano (« large », en breton), vu qu’il y a une grande marge temporelle pour prendre le train-navette prévu et que la mer est redescendue depuis bientôt deux heures
Là encore, l’anse est tapissée d’une tangue abondante, et il n’est pas sérieux de tenter une traversée directissime sans bottes.
On peut y voir divers oiseaux, dont quelques goélands argentés.

 

 

 

Une progression curviligne donnera un sol plus stable…mais avec deux ruisseaux à traverser, le Kerbiguet puis le Traou du, qui ne m’épargneront pas le remplissage des chaussures !
Il y a une vague piste de tracteurs qui devient de plus en plus bourbeuse, ce qui m’amènera à tailler dans le bosquet qui sépare le fleuve de la voie ferrée, puis dans un fourré de fougères et ronces…et c’est la voie ferrée !

Théoriquement, marcher sur ou près d’une voie ferrée est strictement interdit et sévèrement réprimé : 

Extrait du titre III du Règlement de police SNCF : Des mesures relatives à la sûreté de la circulation sur les chemins de fer. (Article 21)

Est puni d’une peine de six mois d’emprisonnement et d’une amende de 3 750 euros le fait pour toute personne de pénétrer, circuler ou stationner sans autorisation régulière dans les parties de la voie ferrée ou de ses dépendances qui ne sont pas affectées à la circulation publique,  d’entrer dans l’enceinte du chemin de fer ou d’en sortir par d’autres issues que celles affectées à cet usage ;

Cependant, en l’absence de clôture ou dispositif marquant clairement où commence (ou s’arrête) la propriété privée liée au chemin de fer, il existe un « flou » d’appréciation. Marcher sur la voie elle-même ou ses talus pierreux ou encore sur la bande nivelée toute proche ne peut être discuté, mais au-delà, difficile de savoir si on est ou non en infraction, sauf à connaître la définition juridique de l’emprise de la voie ferrée, que voici :

L’emprise de la voie ferrée est définie à l’article R. 2231-2 du code des transports, selon le cas, à
partir :
– De l’arête supérieure du talus de déblai, ou du nu arrière du mur de soutènement ou de la paroi
revêtue associée ;
– De l’arête inférieure du talus du remblai, ou du nu avant du mur de soutènement ou de la paroi
Servitude T1 – Servitudes de protection du domaine public ferroviaire – 20/10/2025 2/19
revêtue associée ;
– Du bord extérieur des fossés ;
– Du bord extérieur de l’ouvrage d’art aérien ;
– Du bord extérieur du quai ;
– De la surface extérieure, ou extrados, de l’ouvrage d’art souterrain ;
– De la clôture de la sous-station électrique ;
– Du mur du poste d’aiguillage ;
– De la clôture de l’installation radio.
A défaut, à partir d’une ligne tracée, soit à :
– 2,20 m pour les lignes ou sections de ligne où il n’est pas circulé ou circulé jusqu’à 160 km/ h, à
partir du bord extérieur du rail de la voie ferrée ;
– 3 m pour les lignes ou section de lignes où il est circulé à plus de 160 km/ h, à partir du bord
extérieur du rail de la voie ferrée.

En l’occurrence, c’est la disposition écrite ici en vert qui s’appliquait !
Il suffisait de marcher à plus de 2,20 mètres du rail le plus proche…

 

Ayant vu la navette passer peu avant, la voie est forcément dégagée de tout autre train…néanmoins ce sera avec beaucoup de précautions que je ferai le dernier kilomètre à moins de 2,20 m…car les abords très ronceux, prêt à sauter plus loin sur le côté !
Mais le silence et la très grande visibilité rendaient impossible tout accident…il suffisait de ne pas chuter vers la ligne au point de ne plus du tout pouvoir bouger…occurrence très hautement improbable !
Et voilà la station…vraiment petite ! 
La navette « retour » étant là peu après, j’obtiens le passe-droit de l’utiliser alors qu’elle n’est pas celle prévue par l’horaire, ce qui est un cadeau sympathique car la gare de Guingamp est bien mieux équipée et aménagée pour une longue attente, surtout par mauvais temps persistant.

 

La Ville de Guingamp offrant de plus de quoi déambuler et découvrir ses monuments.
De fait, les guichets de cette gare me permirent de rétablir un billet de train présentable par copie informatique du billet détérioré, ce qui fut déjà un bon point !

Le hall de cette gare abondamment doté de sièges, de prises électriques publiques, et flanquée d’un kiosque à journeaux et petite restauration, est bien occupé, et cela d’autant plus qu’il est chauffé ! Moins que la partie « billetterie », mais agréablement pour celles et ceux qui ont beaucoup d’attente prévue, d’autant qu’il pleut continuellement.

Mais, malgré ce relatif confort, une promenade de quelques kilomètres en ville, parmi des dizaines de jeunes filles pensionnaires qui sortaient de leur lycée pour le week-end, m’amena à trouver des toilettes publiques spacieuses propices à un changement vestimentaire complet…du trempé contre du sec ! Deux ou trois usagers réguliers furent un peu surpris de trouver là-dedans un type pieds nus et chaussettes trempées à la main, mais c’était circonstancié…
Hormis plusieurs édifices impressionnants, hôtel de ville, basilique, palais de justice, statues, remparts, tours… je retrouve le Trieux !
Ce fleuve est ici engoncé dans la ville, et en ces jours arrosés, il est très vif et mouvementé.

 

Mais ce qui y est très surprenant, c’est un ensemble de sept passerelles  dont certaines jonctionnées, de la première installée en 2001 à la dernière de 2024 !
25 ans…il y a une suite dans les idées de cette municipalité !
Ce cheminement en platelage d’azobé, structure porteuse en acier et câbles inox de garde-fous permet non seulement de traverser le fleuve en plusieurs points mais aussi d’en suivre un peu le cours en le surplombant, pour piétons, trottinettes, PMR, et cycles tenus à la main ou à vitesse très réduite.
Un mini-circuit de 600 m est ainsi facilement réalisable, (ci-contre) cependant qu’un itinéraire en boucle de 7 km a été balisé et commenté : (Lien non actif, à copier en barre de recherche)

 

https://www.cotesdarmor.com/fr/fiche/itineraires-touristiques/le-circuit-au-coeur-de-guingamp-guingamp-guingamp_TFOITIBRE022V537ZJF/

Même sous la pluie, deux ou trois heures sont vite passées dans cette ville, qui ne manque pas d’intérêt, dont des sites historiques remarquables, des curiosités architecturales, plusieurs squares et parcs urbains… Retour à la gare !
Trois heures et demies de trajet sur rails achèveront cette séquence N°11, avec une centaine de kilomètres à pied et un PKM passé à 1030…la fameuse « barre des 1000 » franchie le 18 janvier à la Pointe Kermor de Plouézec !. Champagne sans alcool… pschitttt !

La séquence N° 12 comptera 4 étapes, pour des nécessités de jonction ferroviaire…
Elle  bénéficiera peut-être de conditions climatiques plus clémentes, bien que celles rencontrées durant la séquence 11 n’aient pas été si mauvaises que cela…mais peu favorables à la photographie !!!

 

 

Itinéraire pédestre en noir. Il faut lui ajouter plus de 5 km en ville de Guingamp.

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