La descente de l’Ourcq inférieure 879

La descente de l’Ourcq inférieure 879

29 avril 2026 Canoë Randonnée 0

La descente de l’Ourcq inférieure      879

On ne trouve nulle part de topographie, topo-guide, fiche technique qui seraient relatifs à la pratique du canoë-kayak sur la rivière Ourcq…
Rien d’étonnant surtout pour ce qui concerne son cours inférieur à compter de Port-aux-Perches (Silly-la-poterie) !
Cette partie de la rivière dénivelle 5 m en plus de 20 km soit 0,025% de pente, on n’est pas loin du lac !
De quoi désintéresser les familiers de descente sportive, et/ou les flemmards de la pagaie.
Par ailleurs, on peut détailler le cours inférieur en deux parties : la rivière canalisée jusqu’à Mareuil-sur-Ourcq et ce qui reste de la rivière « sauvage » jusqu’à la Marne. La première partie est une navigation monotone qui n’est agrémentée que par le paysage général et le passage  de quatre écluses (par portage ou roulage).
Le seconde partie, qui est le sujet principal de cet article, est un parcours extrêmement méandrique et semé de très nombreux obstacles
Enfin, cette seconde partie se développe à 100% dans un cheminement en creux  jusqu’à Lizy-qur-Ourcq, entre des berges le plus souvent très raides voire quasi-verticales, de 1,5 à 2,5 m de hauteur.
On comprend pourquoi la pratique est réservée à une catégorie bien spéciale de gens adeptes des gymkhanas nautiques !
Gymkhana : « Parcours hérissé de difficultés » au sens large donné par Larousse !
Ce parcours a été testé à deux reprises, dans les années 80 et, 40 ans plus tard, il n’a guère changé sinon en pire !
Mais ce sont justement ces multiples obstacles « naturels » qui en font une sortie appréciable, dès lors que l’on sait et cherche ce que l’on va y trouver !
L’Ourcq a un cours de 86 km avec un débit moyen de 2 m3/s, mais connaissant des crues pouvant dépasser 20 m3/s, en amont de Mareuil.
Elle portait plus de 20 moulins au XVIe siècle, avant qu’on en détruise plusieurs aux fins de permettre la navigation.

PARCOURS de Mareuil-sur-Ourcq à Ocquerre : 18 km

Le parcours est limité au déversoir d’Ocquerre, car sinon on se heurte au grand moulin de Lizy, infranchissable qui est 3 km plus loin, mais aussi pour la proximité d’un méandre avec le canal, et la tranquillité de l’endroit plutôt qu’en ville.
Rien n’empêche de passer outre, et d’aller jusqu’à la Marne.
On démarre à Mareuil, à la rampe de mise-à-l’eau officielle sur le canal. On n’embarque pas directement sur le bras d’Ourcq issu du bief amont de l’écluse à environ 700 m de là, pour des raisons d’accessibilité du véhicule et l’impossibilité d’y rester garé. 
Mais cela serait faisable.
Ce bras reçoit le chenal de régulation du déversoir, lequel est géré à distance. Selon le débit lâché, la rivière peut donc avoir une vivacité et un niveau très variables et peu prévisibles quand on est en période pluvieuse soutenue.
Le test du jour a été réalisé avec les vannes du déversoir fermées. Et après trois semaines sans pluie.
Le débit estimé avoisinait 1,3 m3/s ce qui est proche du mimimum officiel connu (1,1 m3/s)
La station limnimétrique à la base du pont de Marnoue indiquait 30 cm.
A ce niveau-là, un bateau de 20 cm de tirant d’eau passe encore partout sans portage (mais en jonglant en permanence pour trouver les veines d’eau porteuses)
La rivière mesure environ 6 m de largeur moyenne variant entre 4 et 8 m, la profondeur (ce jour-là) pouvant passer de 0,2 à 1,5 m (« trous d’eau »).
L’observation des laisses de crue dans les arbres montre que le niveau peut régulièrement grimper de 1 à 1,5 m.
Si la règlementation générale de la navigation prévoit l’interdiction de pratiquer sur les rivières en crue, la seule prudence permet ici de s’abstenir car les innombrables embâcles deviennent autant de pièges potentiellement mortels, sans parler des morceaux de bois et autres branchages  mis en flottaison qui deviennent des projectiles menaçants.
Sortir du lit de cette rivière ou y effectuer des « stops » est très difficile, le cours ayant été façonné de main d’homme dès le XVIe siècle pour permettre la navigation de bateaux chargés de bois, ou de céréales, d’où la circulation actuelle dans une sorte de couloir creusé en pleine terre, de 1,5 à 2 m de profondeur, pour donner du tirant d’eau et de la réserve nécessaire au franchissement des perthuis de cette époque.

Du fait de l’option avec démarrage sur le canal, il faut effectuer un transfert, au lieu choisi au PK 1,15, là où les cours d’eau ne sont distants que de 18 m de berge à berge, avec 3 m de dénivellation entre eux.
Ce transfert est facilité par une végétation abondante qui permet le glissement sans difficulté et sans altérer le polyéthylène réticulé du kayak.
Ce dernier a été choisi pour sa forme fuselée, propice au faufilement, mais bien moins manoeuvrier qu’un kayak de rivière vive.
La remise à l’eau dans un abrupt terreux n’est pas commode mais ce sont surtout les orties qui peuvent gêner !
Commence alors la navigation, 18 km pour 11 km à vol doiseau, moyennant une ciquantaine de méandres !
On peut estimer à plus de cent le nombre d’embâcles et/ou d’arbres tombés en travers sans générer d’embâcle.
Cette rivière en couloir se développe presque toujours en milieu forestier, peu de risque d’insolation !
Son incrustation de terrain et ses contorsions protègent du vent, mais aussi d’éventuelles balles perdues en période de chasse (au sanglier notamment). La navigation ne peut y être interdite (sauf si crue) sans qu’un arrêté préfectoral à durée limitée et dûment motivé ne soit pris.
En revanche, il peut être interdit de débarquer sur les propriétés privées riveraines.
Sur 18 km, une relative transparence des eaux peut être constatée, ainsi que la quasi inexistence de déchets, ce qui est appréciable.
Pas d’odeurs anormales détectées, ni colorations ou irisations, en dépit des inévitables stations d’épuration (sept repérées sur le cours direct ou de certains affluents).
Végétation aquatique abondante, (Vallisnérie notamment) , poissons de belle taille (Carpes ?), rats, canards, poules d’eau, foulques macroule…
Le fond est le plus souvent terreux, avec de curieux « récifs » bourgeonnants, mais aussi avec des bancs de sable très fin.
En bordure et dans les zones à décantation, fond bourbeux voire vaseux parfois profondément où l’on peut perdre ses chaussures !

Passons aux embâcles et arbres tombés sans créer d’embâcle…
Cette rivière, déjà manoeuvrière avec ses 50 nuances de méandres, le devient bien davantage encore losqu’il s’agit de louvoyer d’un obstacle à l’autre. Bien que le courant très faible (de l’ordre de  10 mètres à la minute) laisse le temps de réfléchir, il faut une bonne dose d’anticipation pour déterminer le passage le plus probable sans être obligé de descendre de l’embarcation.
C’est donc une très bonne rivière-école, de ce point de vue.
De plus, toutes les configurations de franchissement sont rencontrées, donc toutes les méthodes applicables selon les cas.
– Méthode frontale en force, utilisable sur petits embâcles flottants qui s’enfoncent sous le poids du nbateau chargé, on prend un peu d’élan et on pagaie fort pour aborder l’obstacle. Mieux vaut être sûr de son coup, au risque d’abîmer le bateau et de dessaler.
– Méthode frontale de traversée du couvert, utilisable lorsqu’un passage en flottaison reste encore ménagé, avec ou sans gêne de petites branches et feuillage en travers…mais gare aux yeux, aux mains sans gants, aux griffures et piqûres, et aussi aux insectes potentiellement piqueurs.
– Méthode de chevauchement frontal, qui suppose d’abord de descendre du bateau, soit en prenant pied au fond, soit sur l’obstacle lui-même.
On fait ensuite passer le bateau à vide, et il faut se réinstaller dedans.
– Méthose de faufilement sous l’obstacle, soit en s’inclinant très bas sur le côté (gare au dessalage !) lorsque l’obstacle est incliné, soit en s’aplatissant dans le fond du bateau, disposition autorisant un passage avec 35 à 40 cm de tirant d’air seulement.
– Méthode de la bascule, à éviter et interdite pour les bateaux fragiles, consistant à se jeter sur l’obstacle semi-immergé ou peu submergé pour le chevaucher frontalement au plus possible, puis à progresser dessus à coups de soubresauts, en se tractant et se poussant sur tout ce qui présente, jusqu’à basculer puis se dégager. Les bateaux n’aiment pas…méthode à réserver aux cas incontournables, et encore…
Cette rivière aux berges si hautes et raides a l’avantage de créer des passages de section triangulaire sous les troncs d’arbres, pas tous, et pas toujours suffisant, mais fréquent.
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’intervenant gestionnaire qu’est le SIAGRO, responsable de l’aval de l’Ourcq,  censé se substituer aux propriétaires, ne satisfait pas son obligation d’entretien du cours d’eau !

Entretien des cours d’eau :

L’article L.215-14 dans sa nouvelle rédaction, précise que le propriétaire riverain est tenu à un « entretien régulier du cours d’eau, notamment par enlèvement des dépôts, embâcles et débris, flottants ou non, par élagage ou recépage de la végétation des rives. » Il définit, pour ce faire, l’entretien comme devant maintenir le cours d’eau dans son profil d’équilibre, permettre l’écoulement naturel des eaux, assurer la bonne tenue des berges et contribuer à son bon état écologique où, à défaut, à son bon potentiel écologique. Il indique que cet entretien peut être réalisé selon les anciens règlements ou d’après les usages locaux, sous réserve de leur conformité avec les lois et règlements en vigueur.

En l’occurrence, ce défaut d’entretien offre un terrain de jeu pour les kayakistes de la jungle !
Un test avec pagayeur expérimenté verra 18 km parcourus en 8 heures, sans pause soit 2,2 km par heure…dans le sens du courant !
Car il y a, de temps en temps, une légère accélération de l’écoulement, justement à cause de certains embâcles qui créent une forme de retenue.
Sous les ponts routiers on trouve une sorte de radier avec petit seuil.
En certains passages, des blocs de roche sont rencontrés, qui n’ont pas d’origine géologique locale, mais résultent de l’écroulement progressif d’enrochements de berge anciens destinés à limiter l’érosion. Ils nécessitent un peu d’attention pour être évités !

L’itinéraire…
PK 00,00 Mise à l’eau de Mareuil
PK 01,15 Transfert Canal-Rivière (18 m)
PK 02,40 Pont-canal du Clignon
PK 04,10 Passage proche SNCF et du chemin pour Neufchelles (à 400 m)
PK 04,25 Passerelle du GR 11
PK 05,45 Pont ferroviaire
PK 07,35 Pont de Crouy-sur-Ourcq et sa route (D94). La gare et le donjon à 100 m
PK 08,05 Déversoir de Crouy, le canal à 80 m par le chenal ou 45 m un peu plus loin
PK 09,25 Pont de Gesvres (à 300 m)
PK 09,70 Débouché de la Grivette en RD
PK 11,00 Passage proche du canal (à 45 m)
PK 11,20 Pont SNCF
PK 13,30 Pont SNCF 
PK 13, 95 Pont interdit
PK 14,85 POnt SNCF
PK 15,45 Passage proche du canal (à 45 m)
PK 15,70 Passage proche du canal (à 30 m)
PK 16,30 Passerelle des pêcheurs 
PK 17,98 Débouché du déversoir d’ocquerre. (Canal à 75 m). Ocquerre à 500m par D102

 

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