Auto-dégagement d’une via ferrata 531

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Auto-dégagement d’une via ferrata 531

18 avril 2022 Via ferrata 0

Auto-dégagement d’une via ferrata      531

Secours GRIMP à Ornans

Cet article ne prétend certainement pas permettre à quiconque de dégager ou se dégager d’une mauvaise passe en via ferrata dans tous les cas de figure, que ce soit lu et bien lu !
En particulier, il ne peut avoir sa portée en cas de blessé « grave » (fractures par exemple) qu’un déplacement ou des gestes simples verraient aggraver sa situation, ou en cas de hauteurs de « gaz » trop importantes, ou de profils de paroi « agressifs »…
Cela fait déjà pas mal d’exceptions…mais les cas restants ne sont pas rares, et la technique ici exposée garde un intérêt certain.La question des secours payants ou non est aussi souvent posée…et la réponse n’est pas toujours très claire.

 

Si le principe général reste la gratuité quand les services d’Etat interviennent (Pompiers, Gendarmes) (sauf domaines skiables) c’est variable si une commune fait appel à un service privé. De plus, des jeux de mots peuvent intervenir aussi, définissant très strictement ce qu’est le « secours », le séparant, par exemple, de la « recherche » et des « soins », ces derniers liés à un médecin spécialisé dont les tarifs sont élevés (c’est le cas de le dire !)
Tout peut dépendre aussi de la prise en charge par les assurances sportives et les mutuelles santé…
Enfin, ce qui est la règle en France ne l’est pas dans d’autres pays dont la Suisse ou l’Espagne, par exemple.
Et, même si c’est finalement gratuit pour le ou la bénéficiaire, ça ne l’est pas pour la collectivité…
Donc, quand on peut éviter un secours extérieur, mieux vaut le faire, à condition évidemment de ne pas encourir le risque d’un sur-accident. pour la « victime » comme pour ses « sauveteurs » voire pour tous !

Les situations génératrices d’intervention secouriste et/ou secourable sont quand même plutôt rares et tant mieux !
Les cas les plus probables ici concernés pourraient être :
–  contusions entravant la mobilité, mais n’empêchant pas quelque déplacement assisté (cheville ou poignet foulés par exemple)
– grosse fatigue affectant le potentiel physique et/ou la capacité mentale (stress intense, dépression nerveuse brutale…) au point de ne plus pouvoir « bouger » sans risquer un véritable accident cette fois.
– frayeur, terreur qui seraient intraitables par le dialogue et l’accompagnement patient… et se traduiraient par un immobilisme têtu.
– via ferrata dégradée au point d’être dangereuse, sans possibilité de retour (après une tyrolienne par exemple…), ou si le retour implique une mise en grand danger lui aussi ( il est tard, nuit tombante, retour long à prévoir et pas de lampe prévue, ou bien défaillante, par exemple…)
– rencontre d’une difficulté trop importante pour être raisonnablement affrontée, avec potentiel physique trop diminué pour tenter une marche arrière…le « remède » pouvant s’avérer pire que le « mal ».
– état de santé subitement défaillant (nausées, céphalées, uvéite) petites blessures invalidantes (main abîmée douloureuse, piqûres de guêpe multiples et/ou mal placées…)

Si la progression s’avère finalement compromise…

La technique de dégagement qui peut désormais être mise en œuvre, ne va alors nécessiter, a minima, qu’une corde de 9 mm, préventivement emportée, et  dont on aura choisi la longueur telle qu’elle puisse soit revenir à un sol praticable de tous points de la via, soit d’atteindre un palier ou une vire d’attente et/ou de reconstitution des capacités d’évolution, soit encore de rejoindre aussi le sol en plusieurs longueurs successives.
Exemples : via ferrata du Mont d’Ornans, avec 40 m on redescend dans les prés ou bosquets de partout dans la via, soit en verticale pure (rares points) soit en léger appui sur paroi jusqu’au sol, soit avec bombement n’occasionnant que de faibles frottements.
Via ferrata des Baumes du Verneau : corde de 50 m, idem, en une ou deux longueurs selon endroits.
A 50 grammes le mètre, 50 m ne sont que 2,5 kg pour un auto-secours…

La mise en œuvre est extrêmement simple, (on se place dans des conditions a minima, rappelons-le)
Il suffit d’encorder la personne, soit en direct soit sur ses longes (cette deuxième disposition très préférable) et de la mouliner à partir d’une queue de cochon, voire une barre, un barreau, et même sur le câble si vraiment pas d’autre support possible, avec un simple nœud de Münter (ou Nœud Italien ou Nœud d’assurage à friction, ou HMS Knot, aussi appelé malheureusement  « Nœud demi-cabestan »).
L’affaire est réglée en deux ou trois minutes !
Mais, évidemment, il faut convaincre la personne  de se laisser aller dans le vide sur une corde de 9 mm…démarche qui peut d’ailleurs la décider finalement à faire l’effort de poursuivre « normalement » !!! Méthode un peu dure, mais qui peut fonctionner !
Parfois, la proximité relative d’une échappatoire pas trop difficile peut aussi amener un « déblocage » autant physique que psychologique…

A défaut de ces solutions et décisions de dernière « chance » le moulinage sera alors simple, en veillant à y aller en douceur. Si la corde frotte, ce ne sera qu’ en glissant longitudinalement  sur la paroi et non pas en s’y cisaillant transversalement , tolérance bien connue en canyonisme.
Mais, on le redit, il ne faut quand même pas que ce soit une paroi très agressive à arêtes vives ou minéraux cristallisés susceptibles de trancher la corde au premier contact !!!

S’il y a besoin de rejoindre la personne, il suffira de descendre soi-même sur la corde, (cette fois fixée), sur le même nœud.
Si la longueur de corde disponible le permet, il est encore mieux de la poser en rappel.
Si elle doit servir à nouveau pour une autre personne (ou ne servira plus du tout)  et pas posée en rappel, la personne descendue doit s’en détacher (d’où l’intérêt de s’être longé dans une boucle nouée de la corde plutôt qu’encordé directement sur cuissard).
En cas d’équipe de 4, 5, 6…on peut s’offrir le luxe de deux cordes de 50 m…ça donne de quoi se sortir de presque toutes les vie ferrate qui ne comptent pas plus de 100 m de verticalité ou pentes raides avant de retrouver sur un terrain arpentable à pied…ça fait déjà beaucoup de vie ferrate !

Il est aussi possible de sortir de la dotation minimaliste, en emportant deux mousquetons à large ouverture et un descendeur (plaquette, tube, huit, « S »…) qui abîmera moins la corde qu’un Münter et sécurisera la manœuvre s’il est auto-stoppant.
Dans le cas d’une corde non rappelable, elle sera « perdue » momentanément, et possiblement récupérable un peu plus tard !

 

De toute évidence il faut un savoir faire, bien que fort élémentaire, mais surtout, il faut s’y être entraîné(e) pour acquérir l’assurance et la sérénité qui seront importantes en cas d’action autant pour la personne à aider que pour celle qui aidera, de sorte à ne pas ajouter de stress à celui déjà présent !

Que les lectrices et lecteurs tirent le meilleur parti de ces informations, et il est probable et souhaité qu’elles ne leur servent jamais, malgré leur pertinence !!!

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