Cinqui fait son Morimarnourcq 901

Cinqui fait son Morimarnourcq 901

15 juillet 2026 Non classé 0

Cinqui fait son Morimarnourcq          901

Le Morimarnourcq est un circuit de canoê ou de kayak de plaine semi-modulable.
En Île-de-France il est très difficile de bâtir un circuit, la plupart du temps ce ne sont que des descentes simples avec navette, ou des allers et retours .
Une chance de pourvoir en créer un qui soit « vivable » est offerte par la conjugaison et la proximité parfois très grande du Canal de L’Ourcq et de la Marne. Cela donne des boucles « Marnourcq ».
Si o
n combine avec la confluence des bras du Grand Morin, on obtient un « Morimarnourcq ».
La variante standard couvre environ 16 km dont 6,5 en remonte.

 

5500 m sur Canal à remonter    1h 15      noir 
150 m de traversée Fort-Boyard  30 minutes      rouge
3500 m descente de la Marne   45 minutes      bleu
900 m remontée du Grand Morin bras large + barrage   30 minutes      rose
2200 m descente du Grand Morin bras étroit + traversée du Canal de Chalifert, clandestine ou non, + traversée moulin  (sous réserve que ça coule suffisamment)   30 minutes     vert
 Ce petit bras comporte des passages difficiles nécessitant des portages très courts mais très inconfortables.
3500 m descente de la Marne  45 minutes       orange
 
sous- Total de 4 h 30 environ 
+ A/R voiture 30 minutes (pour siège S.J.V.)
+ manoeuvres diverses  30 minutes
+ pauses diverses  30 minutes
 
Total 6 heures  + 1 heure de marge liée à divers petits impondérables + 1 heure pour un supplément aventureux par l’Île de la Chappe ( 500 m seulement mais c’est sportif…)
Cette partie « annexe » est bourrée d’obstacles notoires, jamais les mêmes selon le niveau de l’eau, selon s’il y a eu des crues depuis la fois d’avant, selon les chutes de branches ou d’arbres entiers, etc. C’est du Gymkhânayak.
 
Quant à Cinqui, qui ne vient pas souvent en sortie car très active par ailleurs, elle n’avait jamais fait de kayak jusqu’à ce jour…mais on la connaît suffisamment pour savoir qu’elle s’adapterait…car ce n’est pas du kayak d’eau vive et parce qu’elle sera en duo dans un biplace. 
On démarre donc à 10 heures, pour une sortie calée sur 7 à 8 heures maximum.
Mise-à-l’eau sans aucune difficulté à Trilbardou, côté Canal avec un roulage de moins de 100 mètres sur voie carrossable, parcage facile à proximité du futur point de débarquement final.
La remontée de 5,5 km de ce cours d’eau se fait sans mal, la parcours égayé de fleurs, de plantes aquatiques, d’arbres agréables voire remarquables, tout cela hébergeant beaucoup d’oiseaux, d’insectes, quelques rats et poissons se manifestant aussi çà et là.
Un premier pont resté d’origine, ayant miraculeusement échappé aux minages ou bombardements de 39/44 amorce la promenade dans un contexte romantique, auquel succède une approche plus technique avec l’Écluse de Vignely, face à laquelle Cinqui découvre le fonctionnement, ici encore manuel, des diverses parties de l’écluse.
Mais il faut aussi débarquer, installer le chariot, rouler 200 m, désinstaller et ré-embarquer…une petite récréation, en fait  !
Passé cela, 3500 mètres à pagayer en milieu campagnard, en passant sous la route de l’Isles-les-Villenoy puis sous le Viaduc de l’A140 et l’on atteint le déversoir de Villenoy sous la passerelle technique de La Chappe.
On y prend un premier petit pique-nique, peu copieux, et on boit beaucoup.
Va commencer alors la section « Fort-Boyard » offrant aux candidats un long déversoir de 150 m composé d’un chenal en béton très concrétionné et truffé de  crêtes mamelonnées moussues et algaires, coupé de trois ressauts verticaux de 2
m, 1,2 m, 0,6 m qu’il faut franchir en portage, suivi d’un passage souterrain d’une vingtaine de mètres  traversant les lignes SNCF, dans lequel il faut marcher courbé et passer encore deux petits ressauts, après quoi le chenal reprend pour passer sous un petit pont de pierre.
Là, surprise ! ce passage d’ordinaire facile est présentement encombré d’une gros bloc de pierre, quelques ronces et lianes, branchages divers…
Nous débarrassons cela, grâce à un sécateur préventivement embarqué, puis hissons le bateau par-dessus le talus pour le reposer en arrière, dans un fossé terreux, creusé d’une large rigole, terrain très glissant.
Mais ce n’est pas fini, car il faut encore franchir un goulet oblong que forme un gros arbre couché là depuis des années,  laissant un passage en lucarne qui impose de ramper et de faufiler le bateau avec circonspection.
Et voilà soudainement apparaître la Marne, entre les basses branches des aulnes, avec un eau étonnamment bleue, développant un paysage peu familier dans nos contrées !
C’est le moment pour Cinqui qui vient de surmonter Fort-Boyard, de décider si elle tente Indiana-Jones ou non, sachant que les difficultés et désagréments potentiels lui sont clairement décrits.
Sans surprise, elle est partante…donc nous partons !
Il faut déjà remonter 400 m de la Marne, en rasant l’Île de la Chappe, avant de s’engager dans le bras qui définit cette île.
On ne peut parler de descente, car l’eau y est quasiment fixe, stagnante, couverte de lentilles d’eau.
Seconde réflexion de Cinqui, qui persiste et signe, car elle veut « tout faire », comme plusieurs membres du club l’ont fait avant elle.
« Tout » ne sera pas une mince affaire…
Le bras de l’Île de la Chappe, d’une longueur de 425 m et d’une largeur variant entre 7 et 15 m, n’est plus entretenu depuis des décennies, ce qui lui vaut d’être abondamment envahi d’arbres entiers, de nombreuses grosses branches, et d’embâcles épais.
Seules les meilleures crues assurent une forme de « nettoyage » et d’équilibre et donc un remaniement saisonnier qui amène des changements de structuration des obstacles naturels. 
Le résultat est une sorte de jungle semi-aquatique, où il faut louvoyer sans cesse, passer par-dessus ou par-dessous, en restant ou non dans le bateau, se frayer des passages en faisant du « ménage », et parfois devant descendre dans l’eau…dont le fond est d’une nature très variable et souvent encombré de divers éléments difficilement identifiables et fréquemment peu fiables.
Cinqui, placée à l’avant, se voit donc  confier la responsabilité d’éclaireuse, de déblayeuse, de testeuse…pour une aventure maximale.
Mais, malgré les araignées et divers insectes, malgré la terre, le limon sec, la vase, malgré quelques ronces et orties, malgré les bois morts plus ou moins menaçants, Cinqui avance, presque sans peur et absolument sans reproche, en s’accommodant des difficultés, les contournant ou les dominant, et peu à peu, parvient à retrouver la Marne majeure, avec toute la satisfaction bien méritée qui lui revient.
Pas peur de se frotter aux végétaux, pas peur d’aller dans l’eau, pas peur de bûcheronner, pas peur d’agressions animales ou bien sagement maîtrisées…Cinqui a découvert le gymkhânayak !
Après cela, naviguer sur la Marne va sembler bien facile, mais c’est le moment choisi pour inverser las rôles, et Cinqui va se retrouver à l’arrière, la place du principal gouverneur du bateau, pour apprendre les gestes de base, et la rivière, presque rectiligne, avec ses 40 à 50 mètres de largeur et son lent courant régulier est un espace très favorable à l’apprentissage, les erreurs de navigation étant sans conséquence.
L’essentiel est rapidement acquis, on pourra même se permettre de longer une rive en jonglant avec les capricieuses avancées des longues branches cherchant la lumière au-dessus du rivage.
On va ainsi passer sous le viaduc, longer les îles du Moulin de Mareuil (vestigial) et visiter le débouché du Ru du Val, à figure de grotte avec sa petite cascade, malheureusement précédée d’une station, d’épuration 250 m en amont !
Un quart d’heure plus tard, nous voilà en vue de l’épave du bateau en béton qui annonce l’Île Renard, où se baignent clandestinement quelques personnes.
Quelques minutes encore et nous trouvons le débouché du bras principal du Grand Morin…Las ! Celui-ci ne coule quasiment pas, sont estuaire est totalement couverts d’algues filamenteuses et de lentilles d’eau, et, malheureusement de divers déchets flottants qui contrastent avec deux magnifiques cygnes cherchant leur pitance dans tout ça.
Le pont-canal de Condé-Sainte-Libiaire voit ses arches bien plus dégagées en hauteur que d’habitude, et, Cinqui toujours aux commandes, nous passons tout droit sous l’une d’elles, et remontons les 900 mètres sur une eau immobile, jusqu’à toucher le petit barrage dit « du Château de Condé ».
Celui ci ayant sa vanne en position haute, l’eau du Grand Morin est presque totalement dirigée vers le bras secondaire, justement celui qui nous intéresse.
Quelques jeunes sont là, bien à l’ombre, ou à se baigner et faire des sauts dans l’eau depuis les vannes, 3 ou 4 mètres environ !
Renseignements pris auprès des plus âgés, nous entreprenons la descente du bras secondaire, Cinqui revenue à l’avant car la suite sera bien plus manœuvrière. On se faufile entre les deux séries de pieux limitateurs d’embâcles sur le petit pont-canal, lequel est infranchissable avec ce niveau d’eau.
Le débarquement sera peu aisé, du fait de la raideur des talus, mais surtout à cause des orties !
On va faire ici une seconde petite pause-repas, puis oser la traversée interdite du Canal de Chalifert…qui ne dure que 50 mètres environ !
Mais théoriquement interdite !
Elle se passe sans encombre ni ennui, et il faut ressortir le bateau pour le redescendre et le remettre à l’eau en aval du Moulin d’Esbly.

Là encore, les orties ne facilitent pas les manœuvres, même si elles ne sont que peu nombreuses.
Les 2000 mètres de ce bras pourraient être très agréables si l’entretien de ce cours d’eau était réalisé.
Peu large, un peu vif, sinueux, richement arboré, longeant quelques propriétés dont certaines coquettes, passant sous de petits ponts et une passerelle du début XXe siècle tout en fer riveté, est malheureusement barré de quelques gros arbres tombés là depuis des années voire décennies, et qui forment des obstacles infranchissables sans débarquer, soit dans l’eau soit sur des rives très étroites, glissantes, ronçues, urticantes…
Cinqui, à l’avant, doit les affronter, ce dont elle va se sortir avec succès (et quelques piqûres !).
Ces franchissements demandent un temps fou, et il est heureux que nous ne soyons pas tenu à un horaire rigoureux !
Malgré ces difficultés, le bras mineur du Grand Morin reste une petite aventure sympathique, seule petite rivière de la proche région à avoir un peu de courant et un tracé onduleux, une largeur de quelques mètres qui la rend un peu confidentielle, on est quand même bien contents de l’avoir naviguée !
On retrouve alors la grande Marne qui, à cette confluence, atteint presque 60 mètres de largeur, et dont le calme laisse penser à un grand lac plutôt qu’à une rivière ! Cinqui ayant envie d’une pause navale au beau milieu de ce miroir géant sous le soleil d’été (40°C à l’ombre…), on lâche un peu les pagaies. Puis on passe à la promenade romantique à rythme lent sans pagaie à l’avant, jusqu’à rejoindre un couple de cygnes dans les nénuphars…
Après cet interlude méditatif et/ou admiratif, un ponton permet de changer à nouveau de postes d enavigation, et Cinqui reprend les commandes pour 3500 derniers mètres, durant lesquels il faudra souquer un peu plus ferme car on a un petit vent du nord dans le nez…et la quasi rectitude de la rivière n’offre presque pas de coupe-vent possible, même très proche des rives.
L’élégant pont de Trilbardou nous apparaît bientôt, puis son château, et c’est le point d’arrivée.
débarquer n’y est pas commode, talus très raide, terre devenant instantanément glissante sous les semelles mouillées, quelques orties…mais on y parvient !
Dernière sortie du bateau, déséquipement, nettoyage grossier, dernier portage.
On range tout, on sangle tout, et…et non, on ne part pas !
Car on a prévu une baignade finale, pour rafraîchir, éliminer la sueur séchée, ôter les traces de boue, et même anesthésier un peu les restes des piqûres d’orties. Et c’est le brave canal, aux eaux particulièrement limpides après 15 jours sans aucune pluie lessivant les sols, qui va accueillir deux baigneurs opportunistes, mais contrevenants, durant quelques minutes de récréation balnéaire !
Avec 1,4 m de profondeur au maximum, sans aucun piège naturel, des adultes bons nageurs et ne se jetant pas à l’eau brutalement, ne risquent vraiment rien sauf à être d’une santé préalablement défaillante. Quant à la qualité chimique et biologique de l’eau…certainement pas moins bonne à Trilbardou qu’à la Villette ! Pour autant, on n’y restera que quelques minutes, l’objectif n’étant pas de braver bêtement une interdiction ou provoquer des personnes…il n’y eut d’ailleurs aucun témoin de la scène incivique !

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