Gypse, ce cher gypse ! 405

L'aventure et l'évasion

Gypse, ce cher gypse ! 405

30 mai 2021 carrières diverses 0

Gypse, ce cher gypse !      405

Dans notre bonne région parisienne si pauvre en karsts, mais riche en carrières, les spéléologues deviennent facilement subterranologues bien qu’ils n’en aient généralement pas les compétences ni les connaissances tant il peut y avoir de différences entre une gentille grotte naturelle dans un bon calcaire et une vieille carrière de gypse à l’abandon en proie à moult désordres structurels, cette dernière bien plus piégeuse et dangereuse dans la plupart des cas. (Mais pas toujours…)
De ce fait, carrières de calcaire, de gypse ou marnières sont relativement fréquentées, et il est apparu lors de récentes « visites » que bon nombre de nos membres ne savent que bien peu de choses concernant le gypse, sorti de ce qu’il peut donner du plâtre, provoquer des fontis, et que la plus grande usine d’Europe à produire du Placoplâtre se trouve à Vaujours (93).
Et peut-être aussi, que l’industrie plâtrière est un des piliers économiques de l’Île-de-France, et emploie beaucoup de monde directement et indirectement.
Alors, bien que ce sujet soit abondamment traité sur Internet, nous en éditons ici un résumé… très résumé !

Le gypse ou pierre à plâtre, ou sélénite, oulopholite, ou encore « Pierre de lune », est un sulfate de calcium hydraté par deux molécules d’eau.
formule chimique
CaSO4, 2H2O, c’est donc un di-hydrate de sulfate de calcium.
Il peut être  associé à l’anhydrite, sulfate de calcium anhydre de formule chimique CaSO4.
On le rencontre sous des formes cristallines variées  dont le très répandu gypse saccharoïde (qui ressemble à du sucre cristallisé) ou le plus rare albâtre apprécié des sculpteurs pour sa finesse de grain, et aussi en grands cristaux prismatiques ou lenticulaires dont le fameux et recherché des

collectionneurs « Fer de lance » ou, beaucoup plus modeste, « Pied d’alouette », ou plus exotiques, « Rose des sables », « Corne de bélier », 
On le trouve aussi en
cristaux lamellaires ou fibreux et même sous forme amorphe, c’est à dire non-cristalline caractérisée.


Dans notre Bassin parisien le gypse est très pur , avec 90 à 97 % de CaSO4, 2H2O, on ne trouve pas d’anhydrite et seulement  très peu d’impuretés gênantes.

 Le gypse possède de très nombreuses applications industrielles. En France, environ 80 % du tonnage de gypse produit est utilisé pour la fabrication du plâtre et de produits en plâtre, en particulier des plaques et des carreaux de plâtre. Le plâtre étant alors un hémi-hydrate de sulfate de calcium.
 Le plâtre courant de construction est obtenu par calcination entre 120 à 450°C, mais diverses variations dans son processus d’élaboration permettent d’obtenir différentes catégories de plâtres, dont des spéciaux pour  fabrication de moulages, d‘enduits, de stucs et d’éléments décoratifs, et sous forme de plâtres médicaux.

Mais, ce qui est moins connu, c’est la grande diversité d’applications pour environ 20 % de la production brute, en dehors du bâtiment.

 

 

 

 

En voici une liste impressionnante et parfois surprenante !

  • Le gypse broyé est utilisé pour amender des  terrains agricoles salins, alcalins ou acides qu’il tend à basifier. Il entre également dans la composition des engrais « superphosphatés »
  • Le caractère neutre et inerte du gypse, sa faible abrasivité, sa blancheur, en font une charge minérale additionnelle pour les plastiques, peintures, colles, certains papiers et tissus, insecticides et fongicides…
  • On peut l’utiliser pour la purification des eaux de brasserie, pour réduire la teneur en tartre et contrôler la clarté des vins.
  • Charge minérale aussi, pour certains médicaments ou la nourriture bétaillère.
  • Clarificateur des eaux troubles de rivières et d’étangs
  • Absorbeur de déchets liquides, dessicateur ou déshydrant
  • Régulateur de prise des ciments (retardateur)
  • Elément de fabrication de l’acide sulfurique ou d’engrais (sulfate d’ammonium)
  • Utilisé en verrerie durant la fusion et éclaircisseur de la pâte
  • Polisseur de cristaux, de verrerie fine, de glace, de pierres précieuses
  • Roche à sculpter pour des œuvres réservées à l’intérieur
  • Moulages de dentisterie et de chirurgie
  • Additif aux boues de forage
  • Composant potentiel de gommes et mines de crayon
  • Composant potentiel de cosmétiques…

Ce cher gypse a des particularités intéressantes, en plus d’être exploitable à 100% ou presque !
Roche peu dure (degré 2) rayable à l’ongle, translucide à vitreux, et relativement dense 2,3 g/cm3.
Aisément clivable dans sa forme lenticulaire.
Avec de grands fers de lance « purs », on parvint à cliver de fines lames qui formèrent des petites vitrines de figurines pieuses, ce qui valut le surnom de « Verre de Marie »
Avec les variétés fines, on fit longtemps des figurines sculptées dont celle de Jésus, ce qui valut le surnom de « pierre à Jésus »…
Le gypse est soluble dans l’eau à concurrence de 2,5 g par litre, ce qui est assez considérable et permet de comprendre comment peuvent se former de nombreuses et/ou impressionnantes poches de dissolution dans les bancs formés.
Pour notre région parisienne, on se place à l’étage du Ludien soit entre 34 et 38 millions d’années passées…
A son passif, on peut parler de l’eau séléniteuse, cette eau détestée des lavandières car elle ne permet pas au savon de mousser !
Mais aussi bien sûr, des vilains fontis possibles, et leurs éventuelles conséquences, parfois graves, parfois mortelles…
Malgré tout, ce gypse nous est très cher…

 

 

 

 

 

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