Montguichet : Le Puits Percé 612

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Montguichet : Le Puits Percé 612

4 janvier 2023 carrières diverses Carrières Gagny 0

Montguichet : Le Puits Percé    612

Ce puits des Carrières de l’Est gabinien est le cinquième de notre petit inventaire.
La zone de Montguichet compte encore 8 puits ouverts aux deux extrémités
Il est probable qu’ils soient détruits à court terme, soit pour des raisons sécuritaires, soit par effondrement., ou encore par malveillance voire par simple amusement.
Nous avons donc souhaité en établir une mémoire descriptive, modeste témoignage pour ces structures creusées et maçonnées à main d’homme, qui ont aéré, irrigué et/ou desservi les carrières de seconde masse, tant pour les carriers que pour les champignonnistes.
Avant qu’ils disparaissent peu à peu, ces petits descriptifs pourront aussi servir à des visiteuses et visiteurs cordistes qui aimeraient les descendre, les remonter, les observer de l’intérieur.
Mais…attention : tous sont DANGEREUX, certains TRES DANGEREUX, tous étant générateurs de chutes de pierres et/ou d’éléments métalliques ou encore d’éboulements.
Tous sont en milieu péri-urbain très proche, fréquenté par de nombreuses personnes, dont beaucoup d’adolescent(e)s, et une certaine prudence s’impose, le risque de malveillance sur le matériel, de vol, ou de projection d’objets divers dans un puits visité, n’est pas nul.

Tous débouchent dans des carrières abandonnées depuis des décennies, sans aucun entretien ni aucune surveillance, plus ou moins dégradées et déstabilisées, c’est à dire elles aussi dangereuses !
Diverses précautions s’imposent donc, même si la probabilité de survenance d’un incident ou accident reste très faible.
Enfin, les huit présentations (dont la présente est la cinquième) de ces puits ne sont pas une incitation ou invitation à aller dans ces puits ni à s’en approcher de trop près. Elles sont indicatives, informatives, et SJV ne saurait être tenu pour responsable en cas d’accident qui surviendrait dans ces cavités verticales détériorées.
Toute tentative de visite physique est et reste sous la seule responsabilité des cordistes qui s’y lanceront, réputé(e)s suffisamment compétent(e)s (voire expert(e)s) et en bonne condition physique pour s’y engager.

Aux fins d’honorer le passé et les promoteurs historiques de ces carrières, un bref retour en arrière…
Il existe des éléments attestant de l’exploitation primitive dès l’époque Gallo-romaine c’est à dire dès le premier siècle après Jésus-Christ…
Jusqu’au XVIII ème siècle, cette activité de carrier est restée limitée, et n’était qu’à ciel ouvert.
Dès le début du XIX ème, les choses ont changé, et se sont fortement amplifiées avec l’ouverture de la gare de Gagny
Puis lorsque la Ville de Paris a décrété la fin des carrières à ciel ouvert sur son territoire, la banlieue Est a pris la relève et ce fut l’essor des exploitations un peu partout.
Monguichet passa alors par une suite de propriétaires :
1794/1808 Jacques Saint-pierre (d’où l’appellation « carrières Saint-Pierre »)
A cette époque existaient déjà deux grand fours à plâtre et un petit canal qui allait jusqu’à Gournay (La Marne)
1808/1829 Baron D. Roger qui fit construire un château.
1829/1882 Baron E. Roger (fils du précédent)
1882/1895 Général Humman avec création d’une ligne ferrée vers la plâtrière
1895/ 1921  Société des Plâtrières du Bassin Parisien (SPBP)
1921/1939….1950 Poliet et Chausson avec activité perturbée et irrégulière de 39 à 46.
Les carrières de première masse sont donc livrées à elles-mêmes depuis 70 ans…elles deviennent très dangereuses, la quasi-totalité des soutènements en bois et plusieurs de ceux en fer ont disparu ou sont « pourris »

Parallèlement et au-delà de 1950, il y a eu des Champignonnistes, notamment la famille Zinetti
Production dés 1880 et fort développement jusqu’en 1960/70 puis un lent déclin et fermeture définitive en 1992
Les carrières de seconde masse ne sont donc plus entretenues depuis 30 ans, ni techniquement surveillées, d’où leur dégradation et leur dangerosité.

 

LE PUITS PERCE        coordonnées : 48.8802  X  2.5579  X   63,5 m

Accès : de l’extrémité de la rue Jean Bouin, parcourir 320 m et le trouver à droite, à une dizaine de mètres, en contrebas du talus à pente raide.
Cet accès est régulièrement obstrué par des bardages vissés (ce qui, évidemment, se dévisse facilement…) plus ou moins durables et, si nécessaire, il est facile de contourner (rue du 18 juin  puis rue des Sablons puis à gauche dans la rue du Vieux Chemin de Meaux)  par une ouverture laissée volontairement, et sise face à l’extrémité Nord du Collège Théodore Monod

Description de l’extérieur :
Il apparaît comme une tourelle dégagée sur 1,2 m vers le talus et plus de 4 m vers le thalweg maçonné
Vers l’Ouest, une profonde excavation issue d’un éboulement donne accès à une fenêtre d’éventration du puits, à – 7 m
Cette excavation est bordée par des strates ébouleuses, dont une porteuse de Fers-de-lance qui est creusée pour les y trouver, et devient d’autant plus instable…prudence !
Aspect maçonné lisse. Coiffé de barreaux de fer rond grillagés. Entre barreaux  = 27 cm…espace minimal pour passer un corps d’homme moyen.
A environ 4 ou 5 m de part et d’autre, se trouvent des arbres solides autorisant une installation en « V » diamétral.
A 1,5 m du centre du puits se trouve un arbre plus réduit mais tout à fait utilisable en amarrage de tête de puits directe.

Description de l’intérieur :
Cylindre régulier, diamètre 1,2 à 1,3 m intérieur, 1, 5 m extérieur, 8 m de hauteur seulement car s’arrête sur un éboulis venu latéralement suite à une éventration du puits. Ce puits est entièrement maçonné avec des demi-parpaings sur 4 m puis des moellons de gypse, la base renforcée par des rails verticaux.
Le palier terreux accidentel, dû à un éventrement puis un éboulement latéral, est pentu et donne sur un passage étroit sub-vertical prolongeant la descente de 3 à 4 mètres pour déboucher sur un talus d’éboulis et de déchets.
De ce point on peut voir la base du Puits du Fontis (cône d’éboulis et décharge horrible !)

Equipement proposé
Formule 1 : Tirer une petite main courante d’accès en partant du petit arbre proche, le plus haut possible, et faire une tête de puits basse sur une barre (très solide encore !) avec un doublage sur une seconde. Pour démarrer, (et surtout ressortir!), installer une petite échelle (ou 2 sangles à différentes hauteurs), suspendue de 2 m permettant une descente progressive jusqu’à être sur descendeur.
Une corde de 15 m (dont main courante) et deux sangles très serrées +  3 mousquetons + petite échelle de corde ou rigide 2 sangles et deux mousquetons…et bien sûr prévoir un solide dispositif anti-frottement sur la margelle du puits et sur la barre métallique.
Formule 2 : Faire deux doubles amarrages sanglés sur les arbres opposés, le plus haut possible, ce qui supposera une « grimpette » facile et poser une corde de 10 m en « V » centré sur le passage entre barres.
Y fixer une seconde corde de 15 m formant tête de puits, dont 10 à l’aplomb et 5m utilisés pour centrer et maintenir le mousqueton de tête…et, mieux encore , DEUX mousquetons de tête jumelés.

 

 

 

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