Montguichet : Le Puits Hedera helix 611

L'aventure et l'évasion

Montguichet : Le Puits Hedera helix 611

4 janvier 2023 carrières diverses Carrières Gagny 0

Montguichet : Le Puits Hedera helix     611

Ce puits des Carrières de l’Est gabinien est le quatrième de notre petit inventaire.
La zone de Montguichet compte encore 8 puits ouverts aux deux extrémités
Il est probable qu’ils soient détruits à court terme, soit pour des raisons sécuritaires, soit par effondrement., ou encore par malveillance voire par simple amusement.
Nous avons donc souhaité en établir une mémoire descriptive, modeste témoignage pour ces structures creusées et maçonnées à main d’homme, qui ont aéré, irrigué et/ou desservi les carrières de seconde masse, tant pour les carriers que pour les champignonnistes.
Avant qu’ils disparaissent peu à peu, ces petits descriptifs pourront aussi servir à des visiteuses et visiteurs cordistes qui aimeraient les descendre, les remonter, les observer de l’intérieur.
Mais…attention : tous sont DANGEREUX, certains TRES DANGEREUX, tous étant générateurs de chutes de pierres et/ou d’éléments métalliques ou encore d’éboulements.
Tous sont en milieu péri-urbain très proche, fréquenté par de nombreuses personnes, dont beaucoup d’adolescent(e)s, et une certaine prudence s’impose, le risque de malveillance sur le matériel, de vol, ou de projection d’objets divers dans un puits visité, n’est pas nul.

Tous débouchent dans des carrières abandonnées depuis des décennies, sans aucun entretien ni aucune surveillance, plus ou moins dégradées et déstabilisées, c’est à dire elles aussi dangereuses !
Diverses précautions s’imposent donc, même si la probabilité de survenance d’un incident ou accident reste très faible.
Enfin, les huit présentations (dont la présente est la quatrième) de ces puits ne sont pas une incitation ou invitation à aller dans ces puits ni à s’en approcher de trop près. Elles sont indicatives, informatives, et SJV ne saurait être tenu pour responsable en cas d’accident qui surviendrait dans ces cavités verticales détériorées.
Toute tentative de visite physique est et reste sous la seule responsabilité des cordistes qui s’y lanceront, réputé(e)s suffisamment compétent(e)s (voire expert(e)s) et en bonne condition physique pour s’y engager.

Aux fins d’honorer le passé et les promoteurs historiques de ces carrières, un bref retour en arrière…
Il existe des éléments attestant de l’exploitation primitive dès l’époque Gallo-romaine c’est à dire dès le premier siècle après Jésus-Christ…
Jusqu’au XVIII ème siècle, cette activité de carrier est restée limitée, et n’était qu’à ciel ouvert.
Dès le début du XIX ème, les choses ont changé, et se sont fortement amplifiées avec l’ouverture de la gare de Gagny
Puis lorsque la Ville de Paris a décrété la fin des carrières à ciel ouvert sur son territoire, la banlieue Est a pris la relève et ce fut l’essor des exploitations un peu partout.
Monguichet passa alors par une suite de propriétaires :
1794/1808 Jacques Saint-pierre (d’où l’appellation « carrières Saint-Pierre »)
A cette époque existaient déjà deux grand fours à plâtre et un petit canal qui allait jusqu’à Gournay (La Marne)
1808/1829 Baron D. Roger qui fit construire un château.
1829/1882 Baron E. Roger (fils du précédent)
1882/1895 Général Humman avec création d’une ligne ferrée vers la plâtrière
1895/ 1921  Société des Plâtrières du Bassin Parisien (SPBP)
1921/1939….1950 Poliet et Chausson avec activité perturbée et irrégulière de 39 à 46.
Les carrières de première masse sont donc livrées à elles-mêmes depuis 70 ans…elles deviennent très dangereuses, la quasi-totalité des soutènements en bois et plusieurs de ceux en fer ont disparu ou sont « pourris »

Parallèlement et au-delà de 1950, il y a eu des Champignonnistes, notamment la famille Zinetti
Production dés 1880 et fort développement jusqu’en 1960/70 puis un lent déclin et fermeture définitive en 1992
Les carrières de seconde masse ne sont donc plus entretenues depuis 30 ans, ni techniquement surveillées, d’où leur dégradation et leur dangerosité.

 

LE PUITS  HEDERA HELIX     coordonnées approximatives : 48.8796  X   2.5564   X   67 m

Accès : De l’extrémité de la Rue Jean Bouin, parcourir 200 m et le trouver sur la gauche, à 10 m du chemin.
Ne pas confondre avec le Puits Couvert, 30 mètres avant.

Description de l’extérieur.
Edicule monocylindrique, couvert de lierres à 2 ou 3 m de trois gros arbres eux-mêmes décorés de lierres abondants.

Bien camouflé, d’une hauteur de 1,6 m réduite à 1,2 m sur le flanc Est, par destruction partielle du parapet.
Le cylindre principal du puits (totalement invisible à l’extérieur) mesure environ 1,6 m de diamètre extérieur, et celui du cylindre rapporté (qui, lui, est visible) environ 1,4 m.
On a ici un puits à palier décentré, qui, comme le Puits du Ventilo, était doté d’un ventilateur ancré sur deux rails dans le haut du cylindre principal, le puits annexe permettant d’accéder à cet appareil par en-dessous mais aussi de descendre dans le puits principal pour entretien et contrôle, sans avoir à démonter le ventilateur (ni même à l’arrêter !)
Les deux premiers mètres sont faits de demi-parpaings montés au mortier cimenteux.

Description de l’intérieur :
Le puits annexe mesure environ 3,5 m de profondeur, son palier est tapissé d’un petit talus terreux peu pentu
Il comportait deux barres de métal transversales de sécurité, une seule persiste et demeure encore solide.
Il est doté de deux barreaux scellés encore utilisables, mais qui ne permettent pas de ressortir dans la configuration actuelle, sans doute rehaussée (1/2 parpaings)
Le haut du puits a été sécurisé par trois plaques en béton armé. Il est donc borgne si on excepte le puits annexe.
Diamètre intérieur de 1,3 m très régulier et puits bien vertical. Hauteur 14 m, ce qui porte le tout à environ 18 m
Relativement « sain » car peu exposé aux intempéries. Sommet restant cependant friable…
On débarque près des balises « 2 » ou « 4 » c’est à dire proche du Puits du Fontis ou de la sortie à la base du Puits Percé
Il y a un talus terreux et bon nombre de déchets épars.

Equipement proposé :
Partir du gros arbre le plus proche à environ 2,5 m au plus haut possible.
Passer en appui sur le rebord, impliquant une forte protection (gaine, fourreau, toile épaisse…sac)
Au palier gainer largement (en fixe) la barre rouillée (si elle ne l’est pas déjà par un fourreau permanent) de sorte que la corde viendra frotter par en-dessous lorsque l’on passe soi-même en-dessous et utiliser une déviation en face, 60 cm serait bien indiqué, sur broche artisanale fixée à force.
Une corde de 25 m permet le confort d’équipement.
On aurait donc alors : C25 + 3 sangles dont une 50 ou 60 cm, + 3 mousquetons, + 2 protections.

 

 

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