Petit boulot dans la tourelle 25i-Bis 925
Petit boulot dans la tourelle 25i-bis 925
Fort et content de l’opération de désobstruction, dépollution et réhabilitation de la « tourelle Chauvineau » N°25 i de Varinfroy, SJV s’est lancé dans une action similaire avec la tourelle 25 i Bis de cette même commune, avec d’autant plus de motivation qu’elle n’apparaît pas dans l’inventaire du site officiel de la Ligne Chauvineau, ni sur la carte interactive de ce site.
Peut-être vouée à être comblée en ce qu’elle est très proche de la chaussée de la D20, son accès béant dans le bas-côté, la seule protection étant le talus que crée le dôme protecteur en béton sous une épaisse couverture végétale.







Cependant ce talus a été récemment signalé par une balise délinéatrice J6, réduisant ainsi sérieusement le risque d’accident
Pour autant, elle et le talus ne protégeraient pas un éventuel piéton qui longerait la route et ferait un pas de côté pour éviter une voiture.
Le risque est statistiquement faible, mais bien présent.


Cette tourelle méconnue du site l’est aussi de bon nombre d’habitants, pour peu qu’ils n’aient jamais eu à marcher sur la D20 !
Bien qu’ à seulement 2 ou 3 mètres de la rive droite du canal, elle fut aussi méconnue des marcheurs sur le chemin de halage car c’est un modèle très enterré que même la végétation basse parvient à masquer, complétée en cela par le lierre qui couvre le dôme et quelques arbustes qui le cernent.



Même l’hiver, il était difficile de l’apercevoir, bon nombre de canoéistes ne l’ayant jamais remarquée bien que passant à quelques mètres d’elle !
Quant à l’intérieur…l’escalier avait complètement disparu sous un toboggan de terre herbeuse, les murs couverts de lierre et de ronces, le couloir chargé de 50 cm de terre ne laissant plus qu’un mètre vingt de passage et la chambre de tir garnie de 40 cm de terre de cailloux et de divers déchets.



Les parois portant des tags, dont croix gammées et slogans nazis.
Le fenêtre de tir grandement envahie de lierre.



Toutes ces caractéristiques plaidaient pour un traitement radical, beaucoup plus facile que pour la N°25 i car pas de signe d’un envahissement par de l’eau, et parce que l’évacuation de la terre pouvait de se faire par deux côtés, pratiquement sans transport de lourds seaux !
Une équipe de deux s’est donc retroussé les manches pour une grosse demi-journée de travail, choisie sous une météorologie clémente.


Le programme…
1) éliminer les végétaux de l’entrée mais conserver tous les autres, en tant que camouflage de circonstance qu’ils auraient fourni en 1940
2) dégager l’escalier de toute la terre et des cailloux qui l’encombrent, sauf les deux premières marches car allant trop près de la route. Soit 1/2 m3 de matériaux à sortir au seau.


Cet escalier ayant la particularité d’être tournant en « droite-gauche » les autres tourelles connues sur le secteur de l’Ourcq étant toutes à escalier droit.
3) redonner au couloir ses dimensions d’origine soit 1/2 m3 de terre et gravats à sortir par la fenêtre de tir (pelletées et seaux)
4) vider la chambre de tir de tout ce quelle contient, terre, cailloux, pavés, verre brisé, déchets, morceaux de bois, tout à la pelle !
5) éliminer les tags outrageants
6) Taluter la terre évacuée du côté du canal afin qu’elle ne s’y déverse pas
7) Nettoyer au mieux l’espace complet (brossage)

8) Installer trois piquets de chantier reliés par deux cordages (ou sanglettes) bien visibles pour signaler l’orifice d’accès et faire office de garde-corps de base.
Ces travaux ne nécessitèrent que peu de matériel. Cisaille pour quelques rejets d’arbustes, sécateur pour broussailles, pelle à charbon à long manche, pelle à charbon courte, martelette à pic et tête, sarclette, seaux calibrés à moins de 28 cm pour passer dans la fenêtre, et surtout deux râteaux pour pousser-tirer et taluter !


Massette, cordage, ruban adhésif orange et ciseaux en option…
Les gants étaient à peine utiles.
Petit avantage : grâce à un terrassement pierreux récent, un ou deux véhicules peuvent aisément se garer tout près, sans gêner la circulation.
Avec un travail d’équipe bien rodée et coordonnée, l’action fut rondement menée de 10 à 16 heures (toute) petite pause déjeuner incluse.
Une dizaine d’heure de bénévolat dynamique aura suffi à rendre à ce témoin du passé son visage respectable, élément du patrimoine local et militaire de 1939/40, fruit du travail de terrassement et de maçonnerie de soldats dont ce n’étaient pas les métiers, et marque symbolique du sacrifice de nombreux jeunes hommes blessés ou morts au service de leur patrie.
Autant de bonnes raisons pour le revaloriser en lui conservant une certaine dignité… cette tourelle n’étant ni une poubelle ni un lieu d’aisance, ni destinée à destruction comme un vulgaire baraquement civil.
Mais cette journée ne s’arrêta pas là…
Grâce à la bonne volonté et même la bienveillance d’un couple de varinfroyens, un échange courtois permit de révéler l’emplacement de la tourelle 25H qui était inventoriée mais n’avait pas été retrouvée…donc supposée détruite.



Cette tourelle est conforme au modèle standard, à 80% enterrée, cernée de végétation basse, mais dont la fermeture a été dallée, aux fins d’installer un poulailler et une volière au-dessus !






Le tout flanqué d’un grand arbre, et situé dans une propriété privée close.
On comprend qu’elle ait pu échapper aux recherches des personnes attachées à la Ligne Chauvineau !
Nous eûmes même l’autorisation de la ré-ouvrir quelques minutes et d’y faire rapidement des photos.
Similaire à sa voisine, en symétrie axiale, beaucoup moins encombrée, très peu polluée et décorée de quelques fines stalactites très fragiles…son accès condamné ayant permis ces caractéristiques !
