TGRLIFRA 11 A 856
TGRLIFRA 11 A 856


La TGRLIFRA est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…
– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.


Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures
Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.


– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes, sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.
– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas.


– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum .
– étapes calibrées à 25/35 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.
Cette activité ne peut être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité.


Elle est donc menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence, (Ici la onzième : 11) étant composée d’étapes lettrées… (Ici la première: A )
Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur. Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables.
Les parcours pédestres sont en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.
Etape N° 32 11 A : De Saint-Brieuc gare à Port Goret ( PKM 946 à 975 général)


L’aventure commence dans Paris, vers 5 heures du matin, le RER B n’étant pas fonctionnel, et ayant dû être hébergé sur place.
Les stations de métro n’étant pas encore ouverte, un peu de marche à pied jusqu’à en trouver une accessible, après avoir été réorienté et même pris en auto-stop par un véhicule de police (…) , puis accès à la gare Montparnasse.
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Voyage sans anicroche jusqu’à Saint-Brieuc, à peine en retard. Il pleut… PK 00,00
Ne retrouvant pas immédiatement l’accès à la passerelle Beauvallon accrochée au pont SNCF, et malgré deux vaines tentatives de questionnement auprès de commerçants qui ignoraient l’existence d’une rivière à moins de 200 m de leurs boutique (???)






Je finis par décider de descendre au jugé, en rasant les contreforts du Boulevard Waldeck-Rousseau grâce à un passage « secret » et un sentier très pentu et glissant, jusqu’à atteindre la rive gauche du Goëdic, qui coule fort suite aux pluies diverses essuyées depuis une semaine.



Cette rive supporte une sente qui passe dans un tunnel sous la Rue de Gouëdic et m’amène rapidement au petit pont de Belle-Isle. Là, je me heurte à un passage interdit aux piétons pour cause de travaux, qui oblige à remonter en ville et contourner pour redescendre par une bonne piste démarrant de la Place du 8 mai 45. PK 02,30
Cette large piste ramène à la rivière au sein d’un beau parc urbain arboré, passe sous le remarquable Pont Toupin, puis sous le viaduc autoroutier et amène au stations de traitement des eaux. PK 03,90
C’est le moment de traverser le Gouëdic et de suivre le GR 34 pour aller traverser le pont mobile du petit Port au PK 04,50.
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Là recommence vraiment la TGRLIFRA, car on peut considérer avoir retrouvé la côte marine.
L’itinéraire, hélas, est d’abord exclusivement routier, car la mer est encore très haute et que, de plus, les Autorités locales ont affiché des interdictions d’accès à l’estran un peu partout pour cause d’algues dégageant des gaz toxiques…
…bien que, dans les faits, ce jour-là, il n’y avait pas d’algues et que l’hiver, à 8°C, la fermentation soit plutôt réduite !
On peut voir au barrage à la limite de fleuve une passe à poissons étagée en béton. Et plus loin des mimosas bien fleuris.


Encore ces règlementations bien trop permanentes, absolues, sans aucune pondération et sans laisser les individus responsables une fois qu’ils sont informés.
Au Pk 06,60, on retrouve enfin un vrai sentier, à garder jusqu’au Four à boulets de la Pointe du Roselier au PK 09,95.


Ce four servait à chauffer au rouge des boulets de fer, destinés à incendier les navires ennemis. Il est encore très bien conservé.
Ce ne sera qu’au PK 11,00 qu’il sera possible de retrouver l’estran, à Mortin-Plage, avec le ruisseau du Bachelet à traverser, ce qui ne sera pas trop difficile, et même faisable sans mouiller les chaussures.


Plus de 4 km de la plage des Rosaires sont alors foulables, avec grand plaisir, avec au départ un curieux mélanges de roches sombres et de coquilles d’huîtres en pagaille. On atteint alors la plage de Tournemine au PK 15,20


Là, la mer n’est pas encore assez basse pour envisager le passage de la Pointe de Pordic avant au moins une heure d’attente, il faut donc reprendre un bout de GR 34 durant 3500 m pour redescendre près de la vague…au Petit Havre de la Ville Rouault, après un rapide déjeuner sous la pluie qui tombe depuis un bon moment déjà. PK 18,70.


Une reprise d’estran amène aux chantiers navals de Binic avec de petits passages rocheux où des milliers d’huîtres tapissent les blocs de pierre.
Au PK 22,40, un petit Square de la Liberté précède une passerelle moderne qui permet la traversée de l’Ic, petit fleuve côtier de 17 km mais comptant 6 affluents dont un de 6 km, ce qui donne un bon débit en débouchant dans le port.


Après contournement de ce port, on reprend l’estran, et cette fois ppour une belle traversée sableuse entrecoupée que quelques passages de rochers, tous couverts d’huîtres blanchâtres à rosées, de quoi se régaler !


Evidemment, il n’est pas commode de parvenir à en détacher sans les briser pour les transporter, mais on trouve par-ci par-là des agrégats détachés par de fortes vagues, transportables.
Quant à déguster sur place, il faut chercher celles qui ne sont pas trop « verticales » !


La promenade, malgré la pluie intermittente, amène à l’entrée de Saint-Quay-Portrieux, par un tout petit passage donnant sur des ateliers, au PK 28,10. C’est un port « à sec », à contourner en partie.


On peut encore accéder à l’ïle de la Princesse, mais là, surprise…lorsque l’on veut revenir à la partie citadine, les escaliers et leurs lisses blanches sont devenus tellement instables que l’accès est fortement condamné.
Barrière aiséments franchissables, mais sous le regard des passants, et peut-être vraiment dangereux, donc demi-tour pour accéder à un autre escalier…


et là, seconde surprise, cheminement à nouveau interdit ! Comme les lieux sont cette fois hors de vue immédiate, la barrière est vite franchie et les 200 mètres de corniche censément dangereux passés aussi vite…ça tombera peut-être un jour, mais ce ne fut pas aujourd’hui !


La mer est presque haute, les pointes à venir ne seront plus du tout franchissables, les huit derniers kilomètres seront à faire sur le GR 34, avec la nuit qui arrive pour un arrêt à Port Goret, où un abri de fortune garantira une nuit sans être mouillé. PK 37,10.


Il s’agit d’une bâtisse centrale de colonie de vacances avec un grand auvent très ouvert mais laissant une frange sèche au sol si le vent de vient pas du nord ! A moins de 100 mètres, des sanitaires publics fonctionnels, en prime !!! Eau potable garantie…
Il fait un peu froid et atmosphère très humide, le dîner sera pris en étant à demi-enveloppé dans le duvet.


Petite anecdote finale quand même…la seule pochette plastique ayant pris un peu l’eau est justemlent celle…dses billets de train « papier » !
Séance de séchage avec air pulmonaire pulsé + exposition à l’air avec galets anti-envol nocturne…on verra bien demain !
Couchage vers 21 heures, avec la veilleuse de sécurité derrière les vitres, bien pratique en cas de réveil nocturne !

