Visites entre Ourcq et Clignon, 478

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Visites entre Ourcq et Clignon, 478

23 décembre 2021 carrières diverses Spéléologie 0

Visites entre Ourcq et Clignon,         478

A partir de la visite initiale d’une ex-carrière proche de l’Ourcq canalisée, une séance de prospection élargie a été mise sur pied.
Après avoir scruté la carte géologique et la carte I.G.N. nous focalisons la prospection sur huit points que nous considérons probablement repérables sur le terrain et possiblement accessibles.
C’est que, de nos jours, entre la gourmandise des promoteurs immobiliers, la frilosité des maires face à une judiciarisation croissante , et les puissants moyens techniques de terrassement dont on dispose, les choses du terrain ont tôt fait de changer voire de disparaître !

Au total nous en trouverons sept dont deux imprévues. Une restera mystérieuse, mais on comprendra ensuite pourquoi, et deux n’auront pas été recherchées (l’une trop excentrée, l’autre peu inspiratrice de par l’appellation « glacière »)
Comme d’ordinaire, nous ne préciserons pas les coordonnées des cavités.
Les dénominations sont fantaisistes, SJViennes
Celles et ceux qui seront assez fûté(e)s pour les localiser, et assez motivé(e)s pour s’y rendre voudront bien veiller à une grande discrétion et à respecter au maximum les lieux (parking des voitures, bruits intempestifs…) ainsi qu’à protéger la faune vivante mais aussi les gîtes fossilifères.

Cavité A : ( La Pontée)
Très impressionnante entrée à voûte en Anse de panier à 9 centres (voire onze ?). Ouverte dans un mauvais calcaire grossier et des sables glauconieux, donc ambiance très « jaune ». Relativement propre.
Se développe sur deux niveaux, l’inférieur représenté par deux petites salles basses à peine décamétriques, le supérieur par une courte galerie accessible par un toboggan sablonneux.
Cette galerie achoppe rapidement sur un creux à demi-comblé.
Beaucoup de papillons troglophiles, notamment « la Découpure » (ou Déchirure)  Scoliopteryx libatrix dans la partie supérieure.
Le développement est estimé ici à 100 mètres environ.

 

 

Cavité B :  (L’Atelier)
Les cavages ont été obstrués. Néanmoins, un petit vestibule nous offrira une étonnante collection d’outils des carriers que le propriétaire aura sauvés des galeries avant qu’elles soient condamnées, et stockées là.
Pics, escoudes, lances, aiguilles, coins, masses, massettes, panards, éclisses, barre à talon, crics… pratiquement tout le matériel d’extraction manuelle des carriers se trouvait là réuni… fort intéressant !
La carrière elle-même est totalement neutralisée, et la vaste esplanade technique qui la précédait en grande partie remblayée et nivelée.
Ce qui en reste est une propriété privée.

 

Cavité C :   (Les Vérins)
Superbe découverte que cette petite carrière de calcaire ! Ne développe guère plus de cent mètres elle aussi, mais compte trois entrées juxtaposées et des piliers à bras très rustiques, témoignant d’une exploitation quelque peu improvisée, voire anarchique, tenant cependant bien compte des grosses diaclases du ciel ! Ce dernier reste d’ailleurs peu épais sous la couche terreuse de la surface.

 

 

 

On y rencontrera des Petits Rhinolophes (Rhinolophus hipposideros)) et des Murins (probablement Myotis mystacinus).
Mais aussi de nombreuses « Découpures »  Scoliopteryx libatrix, et des groupements de « La Douteuse », Triphosa dubitata, du plus bel effet.
Le ciel de carrière et de nombreux blocs tombés offrent des milliers de fossiles marins,

 

 

 

 

Gastéropodes ou Lamellibranches, du calcaire grossier lutétien, et, en particulier, on est dans le banc à Vérins des carriers…plusieurs remarquables spécimens de 40 cm environ sont représentés, suspendus à hauteur d’homme !  Photo ci-contre d’individus extraits de la gangue encaissante, ceux de la carrière sont à demi-incrustés.

 

Sur quelques ares seulement, on aura eu déjà de jolies images zoologiques et géologiques !
Cavité qui mériterait d’être préservée de possibles projets de destruction pour raisons de sécurité.

 

Cavité D : (Les Sangliers)
Sera beaucoup plus modeste, constituée de deux petites chambres semi-décamétriques reliées entre elles et avec chacune une ouverture sur l’extérieur.
Entièrement dans le sable glauconieux jaunâtre très fin. Rien de très particulier à signaler sinon la présence de « moustiques » encore actifs à l’entrée de l’hiver, et un établissement précaire dans le genre buvette de chasseurs, à proximité.(La Cahute)

Cavité E : (La Houle)
galerie rectiligne ou presque, d’une trentaine de mètres, confortée au départ par des hagues.
Entièrement creusée à la limite stratigraphique des sables grossiers fossilifères grisâtres, qui sont des faluns, et des sables glauconieux jaunâtres…
Tout cela est très friable, et la galerie est tapissée de ces sables mêlés.

 


Le ciel est une remarquable succession de boursouflures donnant une impression de houle, et l’aspect de surface est lui aussi très « marin » du fait de la multitude de coquilles fossilisées. Quelques papillons, là encore.

 

 

 

Cavité F : (L’interdite)
Non signalée sur les cartes, mais peut-être prolongement de la précédente avec laquelle la jonction n’est plus visible, et mise à jour par l’action d’engins de chantier. Entrée en propriété privée clairement habitée, donc interdite sans autorisation.
Elle a le même profil que La Houle, galeries larges et basses, au sol très encombré de blocs et sable, et plafond brut, irrégulier, bosselé, d’un sable fossilifère grossier aggloméré consolidé. Quelques papillons tels que précédemment observés dans les autres carrières.

 

Cavité G : (La Multienne)
Aperçue par hasard au retour, à la sortie d’un village, cette petite carrière est une galerie rectiligne d’une trentaine de mètres à peine, et de laquelle démarrent quelques amorces de galeries latérales perpendiculaires, de quelques mètres de longueur. Hauteur moyenne de 2 mètres environ, creusée dans du sable glauconieux.
Placée en propriété privée pas vraiment close, et le propriétaire nous ayant donné son autorisation ce jour-là.

En dépit de sa petitesse et en prise directe avec l’extérieur, on y verra un Murin. Le propriétaire assurera qu’il y en a jusqu’à trois.
La Découpure et la Douteuse y sont aussi, avec en prime de nombreux diptères encore en activité.
Le premier tiers de cette galerie est occupé par des matériaux de construction stockés.

 

La cavité non trouvée malgré un arpentage en règle et le questionnement d’habitants proches était en fait trop imprécisément localisée sur notre plan à trop petite échelle. Une révision au retour à domicile a mis en évidence un écart de plus de 200 m…mais on n’en était pas loin !
La cavité non recherchée, plus au nord, est dûment signalée sur une carte géologique, mais pas sur la carte IGN, ce qui est peu encourageant.
Mais elle existe peut-être encore et restant accessible, tout n’étant pas toujours signalé topographiquement.

 

Quant à la « glacière », ce toponyme désigne fréquemment une simple cavité qui a ou a eu la particularité de conserver longtemps la glace formée en hiver…ce peut-être une petite « grotte » tectonique, un bout de souterrain, une cave de bûcherons…
Peut-être à revoir une autre fois !

Ces petites sorties de prospection peuvent donc, en plus d’être sympathiques, révéler des sites intéressants.
Réalisables dans une journée, et peu fatigantes, elles sont une alternative occasionnelle fédératrice des membres du club, pas forcément spéléologues ni subterranologues, juste curieux ou curieuses et un peu aventurières ou aventuriers !

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