L’équipement « solo-perso » des grottes 257

L'aventure et l'évasion

L’équipement « solo-perso » des grottes 257

15 décembre 2019 Spéléologie 0

L’équipement « solo-perso » des grottes      (257)

Au cours des 50 dernières années, l’équipement des cavité a beaucoup évolué, et on est passé des lourdes cordes de chanvre, mâts d’escalade, échelles diverses  aux cordes simples en « nylon » d’abord de 11 mm puis de moins en moins « grosses » pour se stabiliser au 8 mm qui reste quand même réservé à des pratiquants et des pratiques de pointe, et prêts à changer leur matériel souvent… !
Au fil du temps, les techniques d’équipement ont aussi changé sans toutefois s’éclipser entre elles, mais en apportant une diversité de possibilités, entre le « naturel », les pitons, les coinceurs, les lunules, les « spits », les broches, les gougeons, les arceaux de fer à béton scellés et autres barres ou poteaux…Tout cela a donné naissance à des fiches, des manuels, des livres entiers, dont la lecture est généralement très instructive et l’assimilation-application toujours utile un jour ou l’autre selon le contexte.
Comme très souvent, le bon sens et le discernement ne doivent pas être exclus dans la pratique, et il doit rester une part importante au jugement individuel face aux situations, une part importante laissée aux capacités d’adaptation et d’aménagement, associées à la faculté d’appréciation du risque et aux moyens à disposition.

De ce point de vue, la pratique en solitaire, déjà évoquée dans un article précédent, s’accompagne de certaines possibilités que l’activité collective n’autorise pas sauf à être irresponsable, en contrepartie de certaines contraintes.
En matière d’équipement, le solitaire transporte seul l’attirail nécessaire, et il a tout intérêt a en limiter le volume comme la masse. De même a-t-il tout intérêt à réduire les temps d’installation et désinstallation pour réserver un maximum de temps au reste de sa visite.
C’est pourquoi, selon les circonstances, ce qui reste laissé à son appréciation, il peut s’autoriser des pratiques spécifiques au « solo-perso »…et qu’on ne trouve généralement pas dans les écrits didactiques !
1)L’usage de cordes « fines » est une base intéressante, et sans tomber dans le  8 mm qui pose divers problèmes utiliser du 9 mm semble un bon compromis…c’est déjà un bon tiers de masse gagnée !


2)Hormis les pures têtes de mains courantes ou de puits, n’utiliser que des nœuds de Batelier ou Polonais leur consommation en corde étant notoirement économe face à celle d’un Huit sur ganse très courte ! ( 22 cm au lieu de 66 pour Batelier, 33 cm au lieu de 66 pour Polonais…).
Sur une cavité qui comporterait  20 ou 30 nœuds de ce type, ce sont 10 à 15 m de corde en moins à ranger et à traîner…
3) Utiliser de la Dyneema au lieu des grosses sangles pour les déviations et amarrages naturels
4) Utiliser des mousquetons en alliage et sans virole, cette dernière ne se justifiant aucunement en utilisation solo.


5) Il n’est pas utile de monter des fractionnements classiques avec grande boucle d’appui, ce qui économise environ 2 m par passage. Bien sûr, en équipant de la sorte, on gênerait l’activité de sauveteurs potentiels car l’installation de leur descendeur serait compromise, c’est un risque à évaluer, encore que les dits sauveteurs sont censés être équipés de cordes eux-mêmes !
Ces montages ultra-rapides et ultra-économiques en corde évitent aussi les manipulations de nœuds à la remontée, les Bateliers et les Polonais se défaisant automatiquement dès qu’on retire le mousqueton de la corde .
6) Plus technique encore reste l’utilisation de la corde au plus court, lorsque les risques de crue sont absents, évitant les montages souvent longs, contraignants et cordivores  pour éviter les frottements. S’il est bien évident que le solitaire ne s’autorise pas davantage les frottements que les groupes, il a des moyens de les éviter qui ne conviennent qu’au « solo », notamment les gaines et fourreaux. Ça ne convient pas universellement, mais très souvent.


Un fourreau pèse bien moins que deux mousquetons + 2 nœuds pour un fractionnement. (80 g au lieu de 200 ) et s’installe/désinstalle très rapidement.
De plus ces accessoires se fabriquent très bien par soi-même, là encore quand ils sont destinés à être utilisés en solo.
Les montages « directs » peuvent permettre d’importants gains en masse, en volume et en temps d’évolution. Bien sûr, ils supposent une bonne connaissance technique et des capacités d’observation et d’anticipation, d’évaluation, mais ce sont justement celles-ci qu’on cherche à développer en solo !

Et cette fois, si on se penche du côté d’une éventuelle intervention de secours, les sauveteurs (du moins le premier ou la première) seront beaucoup plus rapides ! Il poseront ensuite parallèlement leur équipement sécuritaire.

Tout cela reste laissé à l’estimation du pratiquant solitaire, qui jouit d’une liberté, de sa liberté, sachant que dans plusieurs situations de terrain, cette méthodologie peut permettre jusqu’à 50 % de réduction de matériel nécessaire et 30 % de temps d’évolution..qui peut être consacré à une meilleure exploitation de la visite elle-même.
Dans certaines configurations, au contraire, il n’y a quasiment rien à gagner à sortir des sentiers battus des manuels techniques, et dès lors, il convient de les emprunter sans hésitation !
Dans tous les cas, le solitaire doit être à même de mesurer les risques encourus par sa pratique particulière, qui ne sont pas exactement les mêmes que pour une pratique en équipe, et assumer totalement ses choix.
Cette capacité d’adaptation est une valeur sûre des aventuriers, elle doit être instillée, entretenue, développée…c’est une des lignes éducatives de SJV.

Notons que ces techniques particulières, plus rapides et simplificatrices peuvent être judicieusement exploitées par un encadrant pour accompagner un ou une encadré(e) par une installation parallèle évitant de doubler tout l’équipement.
Si, de surcroît, cet équipement d’encadrement est réalisé avec une corde nettement différenciée des autres, toute confusion devient improbable pour ne pas dire impossible.
L’encadrant accompagne voire assiste à proximité, en installant après et désinstallant avant très rapidement sa corde, avec tous les avantages d’économie » précédemment listés,  une grande sécurité physique et forte sécurisation morale pour lui-même comme pour les tiers.

 

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