TGRLIFRA 14 F 915
TGRLIFRA 14 F 915

La TGRLIFRA est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…
– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.


Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures.
Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.


– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes, sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.
– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas
– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum .


– étapes calibrées à 25/35 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.
Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité, elle est menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence, (Ici la quatorzième : 14) étant composée d’étapes lettrées… (Ici la sixième : F)


Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur. Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables.
Les parcours pédestres sont en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.
Etape N° 48 14 F : de Kerhornou à Plouzané ( PKM 1499 à 1535 général)


Réveillé par des oiseaux perchés sur la chapelle Loc Meven, je réalise que la semaine commence, et que je dois prendre le train demain…
J’ai planifié avec de la marge, ce qui devait se terminer lundi soir vers 19 heures étant reporté au mardi vers midi…
L’étape se concentre sur le GR perché car la côte est ici faite de petites falaises ne laissant que d’étroites plages d’accès très pentu.


Le pied des falaises fait de roches tailladées de laisses d’eau et couvertes de fucus vésiculeux, toujours aussi piégeux…
Mais, toujours de beaux panoramas de pointe en pointe, jusqu’à la plage des Sablons, bien agréable à fouler, jusqu’à la presqu’île de Kermorvan et ses deux menhirs. Durant cette promenade en hauteur, de nombreux blockhaus réapparaissent dans la végétation, on s’approche du Goulet de Brest, qu’il fallait bien défendre.


Heureusement, une longue passerelle a été posée là en 1950 qui permet de franchir l’aber fourchu du Conquet.
Réalisée en béton et acier, longue d’environ 220 m, avec pont basculant pour bateaux mâtés, elle a remplacé une passerelle en bois qui avait été bâtie par les allemands en 1943. Sans cette passerelle, le contournement réclame 4 km par les deux ponts et 6 ou 7 si on va au bout des « cornes » de cet aber bifide.


Le Conquet, en cette période hors-saison et hors week-end, s’avère être un charmant village paisible, où de nombreuses maisons anciennes ont conservé tout ou partie de leurs caractéristiques architecturales et/ou culturelles, avec une petite zone portuaire très soignée, et plutôt en retrait de la ville qui surplombe l’ensemble. La plus grande partie de la ville est en effet développée entre 10 et 30 mètres au-dessus de la mer. PK 10,50.


La petite plage de Portez (300 m seulement) passée, l’estran redevient très rocheux, n’étant ponctuée que de la plagette de Pors Liogan (250 m) avant d’atteindre la renommée pointe de Saint-Mathieu, son ancien fort, l’abbaye ruinée, le sémaphore actif et un cénotaphe moderne tout à fait remarquable. Ce dernier, hébergé dans un fortin restauré, compte plusieurs pièces dont les murs portent des centaines de cadres photographiques honorant les personnes péries en mer, en tant que marins-combattants, marins-pêcheurs ou marins en général.


Ambiance recueillie, relativement émouvante, dans un cadre très sobre, indirectement lumineux, et, qui plus est, d’accès libre. PK 15,00
C’est en ces lieux qu’il est prévu de grignoter quelques kilomètres de la rive droite du Goulet de Brest, grâce à un petit bout d’auto-stop (5 km) qui sera réalisé grâce à une gentille dame, après à peine 5 minutes d’attente ! PK 20,00 dont 5 km en voiture.
reprise marchée à Trez Hir pour une belle plage de 1500 m où un déjeuner sera partagé avec une mouette rieuse déjà en plumage hivernal, très peu farouche…PK 21,50 dont 5 en voiture.


Ayant désormais une certaine marge, je décide de stopper avant d’être trop près de Brest, gentille ville qui s’étend sur plus de 10 km !
Je me fixe sur la zone de Plouzané, sans savoir exactement quel potentiel d’accueil discret je vais pouvoir y trouver.
Etant à peine à mi-marée montante en coefficient 80, marcher sur l’estran reste possible, sur une étroite bande sableuse ou de rochers affleurants, durant 2 kilomètres.


Après quoi le GR redeviendra nécessaire, de Trégana aux deux pointes du Minou. PK 29,50 dont 5 en voiture.
Plusieurs fortifications de siècles différents sont croisés sur cette partie de la côte, dont le Fort de Toul’broch (1884), et beaucoup de blockhaus allemands. (Pour mémoire, plus de 8000 blockhaus allemands, toutes catégories confondues, ont été construits pour le Mur de l’Atlantique de 1940 à 1944…)


Le Fort du Petit Minou, érigé sous Vauban en 1692/97 n’est pas en reste, suivi du Fort du Mengant PK 32,50 (dont 5 en voiture), lui aussi œuvre de Vauban, 1692/95, et du fort du Dellec qui ne verra le jour qu’un siècle plus tard environ. PK 34,50 (dont 5 en voiture).
Après de courtes visites de toutes ces fortifications, dont plusieurs bunkers archi-tagués, c’est l’arrivée sur la plage de Sainte-Anne, où il apparaît une belle opportunité de bivouac, à condition d’attendre la nuit tombée.


Il s’y trouve en effet un grand square avec plusieurs tables et bancs, deux barbecues publics et des toilettes publiques, mais surtout, un vaste étendue herbeuse dont une partie bien plane, éloignée du parking et de l’éclairage général, un peu en contrebas…idéale !
Il s’y trouve aussi un point d’eau potable fonctionnel.
Il suffira d’attendre que la famille en pique-nique et jeux de ballon « replie ses gaules », et le tour sera joué.
Une petite promenade en chaussures de repos (300 g la paire) en quête d’une boîte à livres (raté !) un pique-nique tranquille, et une heure de jeux divers issus du journal récupéré la veille, c’était 21 heures, espace libéré, plus de bruit à Plouzané … Presque royal !
En vert, coupure de 5 km en auto-stop.

