TGRLIFRA 14 A 910

TGRLIFRA 14 A 910

30 septembre 2026 Randonnée 0

TGRLIFRA   14   A    910

 

 

La TGRLIFRA  est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…

– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.

Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures.

Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.

 

 

– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes,  sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes. Bivouac systématique.

– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas
– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum .

 

 

 

– étapes calibrées à 25/35 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.

Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité, elle est menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence, (Ici la quatorzième : 14)   étant composée d’étapes lettrées… (Ici la première : A )

 

 

 

Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur. Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables.

Les parcours pédestres sont en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.

 

 

 

Etape N° 43      14   A :    Santec   à  Kerfissien            ( PKM   1293   à    1318    général) 

 

La quatorzième séquence a ceci de particulier qu’elle est planifiée sur 7 journées complètes à cheval sur huit jours calendaires, de sorte à pallier la rareté des gares SNCF proches de la mer, à éviter les contraintes de transports routiers collectifs aux horaires particuliers, et la tension qui naît à devoir absolument être à une heure précise en gare de retour lorsque cela passe par une séance d’auto-stop préalable.

 

 

 

 

De plus, l’éloignement croissant réclame de plus en plus de temps de transport, de plus en plus coûteux, il est donc pertinent d’augmenter le temps d’action sur place.
En l’occurrence, il apparaît que plus de 250 km séparent Roscoff de Brest si l’on s’en tient au GR34 sensu stricto, distance atténuable par le biais de tracés directs à la faveur des plages et autres estrans propices à la marche, même « sportive », et aussi par de brefs petits sauts de chemins d’arrière-pays voire sauts d’auto-stop évitant des bouts de parcours sans aucun intérêt. 

 

 

 

L’étude préalable de ces dérivatifs potentiels ramenait le parcours réel à 210 km, soit 35 km par journée de marche effective, en moyenne.
Lever à 5h30 le mercredi, arrivée vers 10h15 à Morlaix, ville originale à divers titres, dont les suites de ruelles en pente raide et escaliers qui conduisent au pied du fameux viaduc de centre-ville. Vers 10h30, prise de position sur la route qui mène à Roscoff, et premier embarquement d’auto-stop vers 10h45 par un brave homme, sans doute marin-pêcheur retraité (?) qui se détournera de son objectif personnel pour me déposer en un lieu très propice à la suite de ma route.
A plusieurs reprises, d’énormes blocs de rocher jalonnent le chemin, certains érigés de main d’homme.

 

 

 

 

Cà et là, s’observent des tranchées dallées aux flancs empierrés, de 10 m de longueur, 50 cm de largeur comme de profondeur, qui sont d’anciens fours à goémon.
Ces derniers datent du XIXe siècle, mais il en existe qui remontent au XVIe siècle…
On y brûlait du goémon durant des heures, pour en retirer des pains de soude (industrie verrière) ou de l’iode à raison de 1 kg par tonne de goémon vert. Comme cela dégageait de mauvaises odeurs et beaucoup de fumée, ces fours étaient placés loin des habitations.
Il y a une compartimentation qui permettait d’extraire des « cubes » de 30 à 50 kg d’une matière grise et dense.
Certains de ces fours ont été fonctionnels jusqu’en 1950, les industries chimiques ayant pris le dessus en quantité comme en qualité.

 

De fait, moins de 5 minutes suffiront pour une seconde prise en charge par un agriculteur maraîcher, qui, lui aussi, fera un bon crochet pour me rapprocher au mieux du point de côte voulu, au nord de Santec, tout près de Roscoff déjà traversé en séquence 13.
Ce sera donc vers 11h30 que reprendra vraiment la randonnée pédestre côtière. (5h30 – 11h30…déjà 6 heures grignotées !!!)

 

 

 

 

L’étale de basse mer vient de s’achever, on est en morte-eau ce qui va permettre, dès le départ, quelques coupures d’estran qui ne raccourciront que peu le parcours mais autorisent une marche horizontale ou presque, toujours appréciable au démarrage avec le sac à pleine charge…dont 6 jours de nourriture.
La fenêtre météorologique étant très favorable sur une semaine, le bivouac belle-étoile s’imposait, en contrepartie.
Côte très équilibrée, fort différente de séquences précédentes qui voyaient facilement une journée cumuler plus de 1000 mètres de dénivelée.

 

 

 

De plus, les passages sur estran ne connaissent que très peu de vase, et peu de grèves à galets instables, toutes choses qui facilitent le pas.
Au PK 10, j’en suis déjà au second aber, à Prat coulm, sur la rivière du Guillec, où un ancien moulin est visitable extérieurement. La rive gauche de l’aber mène à Moguériec puis au crux du troisième aber, dit « de Port neuf » faute d’e trouver le nom du cours d’eau (?) qui compte quand même 5 km de longueur et arrose Cléder. PK 16 dont deux petites coupures de plage de surfers !

 

 

 

Il y a beaucoup de cultures maraîchères, et un petit échange avec un agriculteur dans son tracteur me permit d’identifier une culture de topinambours !
On peut en effet rencontrer des salades, des artichauts, des potimarrons, des choux, des pommes-de-terres, des doubeurres, poireaux, carottes,navets …
On note ici que le doubeurre est l’appellation du « butternut » en bon français…(Courge doubeurre)

 

 

 

Viennent ensuite 5 km où l’estran rocheux est praticable, d’une jolie côte ensoleillée, pour amorcer la traversée de la belle plage de Kerfissien à l’extrémité de laquelle s’arrêtera cette première étape, au PK 24, après avoir longé une longue partie de dune stabilisée envahie de camping-cars légalement installés, tous côte-à-côte avec chacun sa table de camping…vu l’heure approchant du dîner, on pouvait s’imaginer une terrasse de restaurant tout en longueur, avec des menus différents pour chaque tablée…

 

Une première recherche de coin bivouaquable amène près d’une ancienne tour de garde, tentant de par son caractère original, mais en vue de maisons perchées de chaque côté, et potentiellement visitable par des promeneurs tardifs (ou très matinaux le lendemain). Je renonce prudemment pour l’orienter vers un petit creux herbu sous un cyprès, vestige d’un groupe d’arbres peut-être victimes de sécheresses successives. (Cyprès de Lambert, Cupressus macrocarpa)

 

 

Il n’est encore que 19 heures, l’installation devra attendre un peu afin d’éviter toute provocation car l’environnement est relativement urbanisé.
J’ai environ 30 minutes de « retard » relativement au point d’étape prévu, mais c’est sans conséquence.

 

En noir, parcours urbain pédestre,   vert sombre et vert clair, deux segments en auto-stop, en bleu, randonnée littorale.

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