Nomenclaturer une carrière 401

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Nomenclaturer une carrière 401

2 mai 2021 carrières diverses Spéléologie 0

Nomenclaturer une carrière     401

Il peut paraître superflu, voire inutile ou prétentieux de chercher à nomenclaturer les galeries et autres circulations des carrières abandonnées, au-delà d’une simple signalisation ou d’un balisage codé quelconque.

De tous temps, les Hommes ont cherché à se repérer mais aussi à personnaliser les lieux, ce n’est donc qu’une répétition de l’histoire !!!
Dans un article de notre site, on traite d’un codage numérique qui vise essentiellement la facilitation des déplacements selon une démarche rationnelle ne nécessitant ni plan ni mémorisation, et bien sûr la sécurisation en permettant de retrouver la sortie à tout coup.
Etablir une nomenclature relève d’une autre approche et poursuit d’autres buts.
Cela vise notamment d’attirer l’attention des visiteurs sur divers points et de faciliter le repérage intellectuel lors d’échanges verbaux à l’extérieur.
De plus, les auteurs de la nomenclature sont amenés à être beaucoup plus observateurs et curieux pour nommer les lieux tel que voulu.
Plusieurs thématiques sont évidemment possibles…tout comme pour les rues des villes !
On pourrait, par exemple, opter pour des noms de personnes célèbres à divers titres, ou d’espèces botaniques ou zoologiques, ou de noms de villes ou de pays, etc.Précisons de suite, que cet article ne parle que de nomenclature affichée dans des cavités anthropiques…car concernant les cavités naturelles, on ne peut promouvoir des inscriptions ou des placardages, sources de destruction, dégradation, enlaidissement…
Pour les cavités naturelles, on doit se contenter d’une nomenclature sur plans et topographies.
Dans les cavités anthropiques, on ne peut non plus envisager de faire n’importe quoi n’importa comment sur site.

1) Matériaux utilisables et méthode
On l’aura compris, pas question d’écrire, graver, peinturlurer la cavité, il faut  se limiter à des éléments rapportés, aisément escamotables en cas de besoin, non susceptibles de polluer les lieux en se dégradant avant remplacement possible.


Les matières plastiques rigides ou l’aluminium sont en cela indiscutablement avantageux, en plus d’être issus d’un recyclage, tant on en met au rebut chaque jour…
On peut soit les graver (pas de polluant ajouté et ineffaçable ou presque) soit les marquer au feutre indélébile (en théorie !)
Prévoir des caractères assez gros, soigneusement tracés d’une couleur qui ressorte bien sur le fond, , de préférence en caractères majuscules séparés, pour faciliter la lecture à tout le monde, même avec un faible éclairage.
Pour la fixation, le plus simple, efficace, discret, et facilement réversible et même réutilisable, semble être le clou à béton de 35 mm de longueur, facile à utiliser quand on le plante car se tient bien dans les doigts, suffisamment long pour traverser la plupart des support d’écriture tout en se plantant assez profondément (inutile de planter à fond, généralement 1 cm de profondeur suffit amplement). Les laisser dépasser permettra de les ressortir !

2) Positionnement des panonceaux
A priori, ils sont posés de sorte à être bien vus (mais ce n’est pas toujours le cas !).


Essayer de les placer à peu près toujours à la même hauteur, sauf si on veut se rapprocher d’un sujet à viser (ou protéger) particulièrement.
Les placer en des endroits où ils ne gêneront pas la progression et risqueront peu d’être déplacés, arrachés du fait du passage des personnes.
Eviter au maximum de « polluer » le coup d’œil notamment celui des photographes.
Bien vus, suppose une orientation dans le sens supposé d’une visite, ce qui est bien sûr aléatoire dans des carrières aux multiples galeries entrecroisées…Si l’on souhaite que ces panonceaux soient effectivement suivis, du moins pour une première visite amorcée, il faut alors veiller à les placer de sorte que le suivant soit placé sur un cheminement évident à partir du précédent, ou bien poser des petites balises intermédiaires d’un panonceau à l’autre.
Il est très important, pour des raisons sécuritaires, de placer ces panonceaux  toujours à main droite ou toujours à main gauche pour un cheminement linéaire.
Si ça n’est pas le cas, quelle qu’en soit la raison, il est recommandé d’accompagner la graphie d’une numérotation croissant à partir de l’entrée.

Si le cheminement n’est pas impliqué, c’est à dire avec des panonceaux un peu partout laissés à la découverte aléatoire, il n’y a bien sûr plus de règle particulière, et si les galeries ne sont pas codées par ailleurs, les visiteurs pourront toujours noter leur progression en listant les panonceaux rencontrés au fur et à mesure, ceci supposant de quoi écrire ou enregistrer vocalement ou les photographier systématiquement.

3) Thématique dédiée


Plutôt que les nomenclatures précédemment évoquées, il semble pertinent d’opter pour des désignations en rapport direct avec la cavité artificielle concernée.
On pourrait, par exemple : 

  • donner des noms de personnes très liées à cette cavité ( propriétaires d’origine, exploitants historiques, personnel s’y étant illustré d’une façon ou d’une autre, victimes notoires du travail…
  • donner des noms se rapportant aux phénomènes géologiques, aux spéléothèmes, aux minéralisations
  • donner des noms soulignant les morphologies, les dimensions, les caractéristiques notoires
  • donner des noms relatifs à des découvertes originales à l’endroit précis concerné
  • donner des noms soulignant des inscriptions intéressantes, diversement évocatrices
  • donner des noms relatifs à des événements et anecdotes typées.
  • donner des noms marquant des éléments techniques utilisés.
  • donner des noms portant sur le vécu animal végétal ou fongique, permanent, intermittent, naturel ou accidentel.

de façon générale, des noms qui aiguisent la curiosité, qui attirent l’attention, qui poussent à réfléchir ou à s’instruire plus encore, avec une démarche pédagogique sans équivoque.

Un telle nomenclature, outre la volonté de valoriser les lieux, peut pousser à les respecter davantage, à les protéger, et amener des visiteurs à promouvoir leur intérêt et donc leur protection plus générale.
Il peut être question d’un patrimoine naturel tous azimuts (même si en cavité artificielle) d’un patrimoine industriel, d’un patrimoine culturel, d’un patrimoine historique, autant de bonnes raisons de les faire valoir.
Bien ente du, dans une telle action, il convient de rester humble et conscient que comme toute nomenclature, il y a une art de personnalisation, une part d’arbitraire quant au choix, et que cela peut éventuellement être contesté, rectifié, amélioré, donc rester ouvert d’esprit…bien qu’en milieu fermé !

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