Prospection Cogidocri 36-49 492

L'aventure et l'évasion

Prospection Cogidocri 36-49 492

21 janvier 2022 Non classé 0

Prospection Cogidocri 36-49          492

La période hivernale étant propice aux prospections en ce que la végétation est beaucoup moins fournie, et en ce que la neige, lorsqu’elle est là, dénonce la présence des ouvertures souterraines par ses zones «sombres » dans son tapis blanc, nous nous lançons dans la prospection d’une aire géographique carrée de 10 km de côté et dans laquelle apparaissent plus de 50 cavités souterraines, selon une carte IGN au 1/25000 ème…datant du siècle précédent !
Pour des raisons maintes fois évoquées, aucune localisation ne sera donnée dans cet article.
Pour des raisons juridiques, il est rappelé ici que depuis l’élargissement de la notion de « domicile » à tout lieu où un(e) propriétaire peut se dire « chez lui » ou « chez elle », entrer dans un lieu clos autrement que pas les accès normaux ouverts est assimilable à une violation de domicile.
Que ce délit (punissable de 1 an de prison et 15 000 euros d’amende quand même…) reste cependant mineur s’il n’en résulte aucun préjudice…ni dégradation, ni salissure ou pollution, ni vol, ni atteinte à la vie privée. Délai de prescription de 6 ans…

L’opération nécessitera plusieurs jours, entre déplacements automobiles, repérage, échanges verbaux locaux, recherche de terrain.
La première phase a été résumée dans l’article N° 479. La seconde phase dans l’article N° 481.

La troisième phase traitée dans cet article, concerne le 14 dernières cavités de notre prospection hivernale 2021/22, ce qui, en une journée, est encore bien fourni car on présumait, à raison,  que certaines ne seraient pas faciles à trouver, malgré la détermination du quadrinôme Cogidocri, le véhicule 4×4 aimablement mis à disposition par Domi, et nos bonnes cartes IGN…
Départ 8h, retour 18h00, pas de pluie, pas de vent, de bons moments ensoleillés, 7 à 12 °C…en hiver, (et plus au soleil) c’est plutôt agréable !

Carrière 36…
Accéder à ce site impliquera de rouler plus d’un kilomètre sur chemin de terre inégal puis de marcher en pleine terre en jachère sur 500 m.
On n’y trouvera finalement plus rien, car comme le citait un article de 2009 cette carrière n’existe plus au sens « visitable » du terme. Mais ce genre d’assertion n’étant pas toujours fiable, et une entrée de certaines carrières « ressuscitant » parfois nous avons tenté notre chance !
Cependant, nous  y avons gagné la découverte agréable d’un cheminement en chemin raviné profond et boisé sur 750 m, curieusement issu du travail d’érosion d’un ru actuellement décrit comme intermittent.
L’observation de la carte faisant apparaître plusieurs stations de pompage d’eau aux alentours, nous en déduisons que ce petit cours d’eau a dû être bien plus actif jadis pour avoir ainsi creusé des ravins de plusieurs mètres de profondeur, à une époque où les nappes phréatiques étaient bien plus hautes.

 

Carrière 37…
Rachetée par des particuliers, elle est aisément visible de loin, ses abords nettoyés, les entrées aménagées et condamnées au public.
Au vu des cavages et du petit carreau, en l’absence de cheminées d’aérage, on peut l’imaginer de taille moyenne.
Propriétaires absents, donc pas d’approche possible.

 

 

Carrière 38…
Même situation et même commentaire que pour 37 dont elle n’est distante que de 50 m !

 

 

 

Carrière 39…
Petite exploitation entièrement « manuelle », datée de 1860, de quelques décamètres de développement. Sert de stockage de quelques matériels.
Un remarquable muret en pierres sèches, une petite cheminée naturelle par évidement d’une ex-poche de remplissage, un cadavre de renard, une gravure de patronyme respectée…Il y a toujours quelque chose de particulier à voir !

 

Carrière 40…
Après une première recherche par le sud, n’aboutissant qu’à une ex-carrière à ciel ouvert reconquise par la végétation, et une seconde recherche par le nord qui ne fera que nous ramener à la même ex-carrière, une étude plus précise de la carte semble conclure à une situation en hauteur près d’habitations dans le village…nous renoncerons à l’atteindre pour éviter toute provocation de riverains. Pour autant on ignore si elle existe encore !

Carrière 41…
Aisément accessible, et transformée en écurie avec bar intégré dans le peu qui reste des cavages. Était souterraine en galeries hautes, dont il ne reste que quelques mètres visibles, avant d’être reprise en carrière à ciel ouvert, comme plusieurs autres dans ce département, grâce aux évolutions technologiques.
Il était devenu « facile » d’éliminer la couverture des stériles, puis « facile » de découper les blocs à la tronçonneuse en partant du haut, récupérer ainsi tout le toit de la carrière et tous les piliers, puis agrandir à souhait.

 

 

 

 

Carrière 42…
Si l’approche automobile fut sans problème, l’accès pédestre le fut moins car fort encombré de végétaux dont beaucoup sont piquants !
L’entrée et monumentale, due au creusement artificiel d’origine, déjà très haut, suivi d’une suite de décrochements successifs des strates déstabilisées…la voûte actuelle restant d’ailleurs peu fiable !
Il s’ensuit un très gros éboulis à l’entrée.
Les hautes galeries, découpées à la tronçonneuse selon la technique « en écailles » ont un aspect très particulier. Il persiste une grande quantité de blocs de calcaire de toutes tailles, à moitié travaillés dont beaucoup pourraient encore être utilisés pour des travaux de maçonnerie secondaire (murettes, parement, petits bancs, faux puits…)…mais leur extraction réclameraient du temps et de la sueur !

Carrière 43…
Elle fait partie d’un complexe de trois exploitations dont les carreaux ont peu à peu fusionné en un seul, très étendu, d’environ 12 hectares !
Située au Sud de cet ensemble, il n’en reste que peu d’accessible car un énorme comblement par le haut en interdit le passage vers le réseau de galeries. Cette exploitation travaillait un banc de calcaire supérieur à celui des deux autres.
Ce niveau de calcaire contient davantage de nuances orangées à rouille, et des diaclases larges voire des poches de sédimentation qui s’évident.

 

 

 

 

carrière 44…
Tout à l’Est du carreau commun, il n’en reste qu’une toute petite partie, suite d’un comblement par déversement de déchets inertes dont beaucoup de bouteilles, aggravé par un effondrement important.
Divers objets dégradés relevant des objets familiers du milieu du XXème siècle y ont aussi été jetés, dont une sorte de carriole dotée d’une poche en grillage « à poules » à petites mailles qui devait servir à recevoir des pelletées de déchets de taille pour un tri calibré.
Le produit était déversé dans la cagette en bois…peut-être pour servir de gravier…(?)

 

 

 

Carrière 45…
Sise à l’ouest du grand carreau commun précédent, elle compte plusieurs entrées dont certaines devenue exigües !
Au vu des installations géantes de champignonnistes, on devine une immense extension, confirmée par l’existence de 6 ou 7 cheminées d’aérage placées à plus de 500 mètres des entrées, dont au moins une ou deux la desservent.. Une exploration y demandera certainement une bonne journée !
Un réseau de ventilation d’air tiède y est encore bien visible, excepté les chaudières !

 

Carrière 46…
A peu de distance d’une belle église du XIIème siècle s’ouvre une carrière qui surprend par un carreau situé en fosse intégrale, à laquelle on accède donc par une galerie formant tunnel, et dotée d’un puits d’aérage, qui paraît être une cheminée naturelle à l’origine.
Cette exploitation est manifestement très étendue elle aussi, certaines des cheminées vues au N°45 pouvant lui appartenir.
Il persiste à l’intérieur des éléments techniques qui témoignent de son importante activité passée.

 

Carrière 47…
Grande carrière aussi, accessible par une route entre « falaises », et privatisée par une société de stockage de matériels insensibles à la température et à l’hygrométrie spécifiques…une telle carrière offrant toute garantie contre les vols et vandalismes dès lors que son accès est unique et bien sécurisé ! Fortes portes, cernée de falaises, caméras, gardien permanent, et ruelle d’accès unique…
Outre cette activité commerciale de stockage, il y est développé une activité culturelle, festive ou sportive intermittente.
Toute exploration y est donc exclue en dehors de ces manifestations payantes.

 

 

 

Carrière 48…
Elle aussi d’accès unique et enclavé, solidement fermée, sans aucune « faille », restera donc citée pour le seul inventaire…
A côté de la grande porte d’acier une fenêtre est barrée d’une grille à barreaux fortement scellée.
Champignonnière  fermée depuis assez peu de temps, pour cause de concurrence insurmontable.

 

 

 

Carrière 49…
Seule carrière restant active en tant que champignonnière à ce jour, nous y trouverons, à l’extérieur, une centaine de plateaux-racks à craon fumé, dont la majorité couverts de champignons de couche « bruns », plusieurs paraissant encore tout à fait comestibles (???) peut-être sortis parce que atteints d’une maladie…

 

 

La plus redoutée est la « bulle sèche »  provoquée par un agent pathogène très connu et de longue date : Verticillium fungicola, qui donne l’une des maladies les plus fréquentes dans les champignonnières. Il est facile de contracter une infection à la « ferme » et parce que la maladie est très contagieuse, elle peut se propager rapidement dans toute la ferme.
En l’occurrence, les champignons exposés dehors ne semblaient pas présenter les symptômes visibles de cette maladie.

 

On peut donc penser aussi à  Trichoderma agressivum.  En effet,  lorsque cet organisme se trouve dans les particules de compost, il est beaucoup plus difficile de tuer ses spores, soulignant une fois encore l’importance d’un nettoyage approfondi et de règles d’hygiène strictes.
L’extraction massive des racks que nous constatons peut donc laisser penser que le compost à craon fumé et infecté (???). Nous n’avons pas pu trouver quelqu’un qui aurait pu nous en dire davantage.
On n’a pas osé faire quelques pas dans la carrière au vu du panneau… !
De fait cette exploitation ne pourrait être visitée qu’avec une autorisation.

 

Au final de cette journée s’achevant à la proche tombée de la nuit, on comptera :

  • 2 cavités non trouvées
  • 1 cavités trouvée non visitable
  • 3 cavités trouvées, visitables mais sans intérêt particulier
  • 8 cavités visitables intéressantes dont 4 nécessitant autorisation.

Ce qui est encore un bon bilan en région parisienne !

Car 8 visitables, dont les 2/3 sont grandes à  très grandes, représentent déjà plusieurs journées de subterranologie en perspective !
Par ailleurs, plusieurs de ces carrières ou cavités sont susceptibles de fournir des sites de pratique spéléologique, avec parcours mixte souterrain/aérien, ce qui est une diversité formatrice.

Enfin, il y eut quelques surprises durant cette journée, une bonne entente permanente…on a même partagé un bout d’andouille et de cake aux fruits, c’est dire !

 

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