Séjour automnal… 252

L'aventure et l'évasion

Séjour automnal… 252

20 novembre 2019 Randonnée Spéléologie Via ferrata 0

Séjour automnal…    252

 

Octobre novembre 2019 

 Après deux semaines de sédimentation, voici une petite rétrospective sur un séjour automnal longtemps attendu. 

C’est la fin du mois d’octobre, je prends la route, je me réjouis de retrouver mes co-équipiers pour ce nouveau séjour nature sportif et aventureux ! Dernières vie ferrate avant la clôture de la saison (via de Fort l’écluse, via du Mont à Sixt, via de la Curalla sur le Plateau d’Assy, via de Notre-Dame du Mont à Ornans), rando alpine nocturne jusqu’au lac de La Vogealle au-dessus du cirque de Sixt-Fer-à-Cheval avec nuit en altitude, et spéléos dans la grotte de la Balme à Magland et le gouffre d’Ouzène à Tarcenay ; tel est notre programme. 

Le groupe d’aventuriers se rejoint dans le petit village de Léaz pour passer une première nuit sur lits de camp après un dîner de retrouvailles et de petites balades digestives aux abords du lavoir, du cimetière et de l’église. Quelques gouttes de pluie obligent ceux qui dormaient à la belle étoile au repli… Je rejoins Kiki sous un bout de toit, Coco et Gilou se (re)plient dans la voiture😉 

Au petit matin, alors que la montagne d’à côté est parcourue d’une marée déferlante de brume, c’est le premier déballage de bazar pour se préparer à la via de Fort l’écluse qui se trouve à quelques minutes de route. Sur place, nous progressons audessus du premier fort avec vue sur le Rhône et le voilage de l’automne.  

        

L’ambiance est féerique et mystérieuse, la via sans difficulté particulière est très agréable et nous mène jusqu’au second fort lui aussi emmitouflé dans son écharpe de coton. Il abrite une via ouverte à la belle saison et payante. Nous nous promenons dans l’édifice avant de redescendre et de prendre la route de Sixt où nous entamerons notre seconde via de la journée.

La via du Mont est une via classée AD à D (Assez difficile à Difficile) avec plusieurs échappatoires. Nous en avions parcouru une partie cet été avec mes fils ; je suis donc curieuse de découvrir l’ensemble du parcours. Je suis fière de voir combien mes garçons ont été courageux car ce n’est pas un parcours qui fait semblant… La petite taille des enfants rend sans conteste la progression plus difficile que pour les adultes. Nous avançons à allure convenable en prenant le temps de profiter du paysage et de l’activité.  

La via est véritablement une activité qui nous offre un autre point de vue sur le monde : grand vide, falaises minérales, petits trésors de verdures ou de pierres cachés dans des endroits autrement inaccessibles, vues ouvertes, vues plongeantes… difficile de ne pas succomber au charme ! La via nous offre aussi de nouvelles perspectives pour nous-mêmes : sensations de liberté, nécessité de mesure et de prudence, dépassement de soi, maîtrise de soi devant l’inconnu, confiance en soi… Avec SJV, nous évoluons en groupe et l’impératif de solidarité dans l’équipe est là intrinsèquement, une mise en confiance supplémentaire.  

Sur la descente, je glisse dans les feuilles mortes et me vrille le genou droit… Pfff…. Mais la journée continue et nous abordons notre route direction Le Fer-à-Cheval pour le départ de notre randonnée alpine. Objectif : lac de la Vogealle. Il est 16 :00 lorsque nous nous mettons réellement en chemin. Les couleurs de l’automne, les cascades et la brume nous accompagnent.  

Bientôt l’obscurité est de la partie et, Coco en tête, nous avançons avec les bruits de la forêt (le vent dans les arbres, l’eau des cascades) et les lumières du ciel. Nous arpentons un sentier que chacun découvre, et nos sens sont à l’affût pour nous guider au mieux : les yeux cherchent des repères pour les pieds, les oreilles analysent les bruits pour ébaucher une carte des reliefs, nos pieds sont attentifs au sol sur lequel ils se posent pour éviter les glissades et trouver des appuis stables.  La progression est bien évidemment plus lente que de jour, mais les sensations sont différentes, inhabituelles, parfois déstabilisantes, toujours vivifiantes Lorsque nous arrivons à un chalet (Le Boret, 1388 m), après avoir pris la décision de poursuivre le chemin malgré la fatigue naissante, nous nous munissons de lampes frontales car la sente se fera plus raide et les appuis devront être plus sûrs. Nous repartons, formant une courte ligne pointillée de lumière dans la montagne et nous progressons en alternant les parties herbeuses réputées plus faciles et les pierriers réputés plus difficiles. La lumière limitée de nos lampes dissimule stratégiquement le dénivelé à parcourir et nous progressons avec des objectifs intermédiaires … les points de repères que Kiki nous donne ponctuent l’itinéraire. Bientôt le refuge de la Vogealle. Gilou et Coco portent une tente car ils avaient prévu de s’y reposer, Kiki et moi, nous avions prévu une belle étoile… Arrivés au refuge nous trouvons un abri accessible dans l’une des constructions historiques de pierre.

L’endroit est modeste mais relativement propre et ses deux étages nous assureraient à la fois un espace et une température agréable. Curieux par nature, Kiki et moi allons visiter le site : plusieurs chalets sont là, sur ce replat, et deux fontaines complètent le confort du site ! Parmi les chalets, le refuge d’hiver attire Kiki. Un escalier extérieur mène à une petite porte à l’étage, c’est en fait un accès au refuge d’hiver non gardé, ouvert en permanence pour les « nécessiteux »…. Un refuge presque luxueux aux matelas bien propres et d’une épaisseur qui annonce une nuit reposante ! Surprise des surprises, la trappe qui descend vers le rez-de-chaussée est ouverte et c’est tout un refuge avec sa cuisine, sa table, ses bougies et son second étage de lits qui nous ouvre les bras. Ravis, nous allons chercher nos compère et commère qui, quoi que déjà assez installés dans le premier abri, consentent à déménager pour le refuge luxueux !!! 

Il est bienvenu, ce confort, car la troupe est un peu tordue… Coco a tout donné pour monter et a terriblement besoin de chaleur et de repos et moi je sens mon genou qui, en refroidissant, parle une langue douloureuse… Le repas réchauffe les âmes et les cœurs et chacun retrouve son duvet sur un matelas choisi !  

Au petit matin, nous découvrons le paysage dans lequel nous avions évolué la veille sans en voirgrand-chose ! Les sensations et les découvertes seront belles à la redescente mais avant tout, prolongeons notre balade jusqu’au lac, histoire de remettre les machines en route. Passage au-dessus de la salle de bain princière du site (cascade sur vasque dans un coin reculé) … plus loin une famille de bouquetins nous salue du haut de son promontoire, et, derrière, le lac nous attend, dissimulé sous les reflets des montagnes alentours. Les couleurs automnales sont décidément enivrantes. Le paysage est grandiose ici, les plissements des couches géologiques impressionnants, de même que le travail d’érosion inlassable du vent et de l’eau. Nous traversons de jour le paysage que nous avions ignoré la nuit. Et une fine pluie nous accueille à notre retour à la voiture. 

Changement de chaussures et route vers Magland. La grotte de la Balme est à la fois un site de visite spéléologique facile et beau et un site de bivouac inégalé proposant deux lieux de repos au choix ! Nous avions récemment logé dans la partie avant de la grotte, proche de l’entrée principale, ce soir-ci nous avons décidé de transporter nos lits de camps et autres accessoires de confort vers une autre ouverture sur la paroi, ce qui a exigé un peu de spéléo pour nos équipements de nuit… Une fois délesté de tout cet attirail que nous serons ravis de retrouver quand le besoin de sec, de chaud et de confort se fera sentir, nous nous lançons dans la visite de la grotte.

C’est une première pour Coco et Gilou. Ils sont donc maîtres de l’itinéraire. La progression est aisée dans ces couloirs à taille d’homme. Parfois une étroiture, mais rien d’éreintant pour cette fin de journée. Notre reporter et photographe Coco s’arme de son appareil pour nous offrir les plus beaux clichés ! Une fois dans la salle de la mariée, devant son voile, nous optons pour la galerie haute que je ne connais pas encore et nous progressons avec plaisir tout en découvrant des petits trésors de concrétions ça et là. Kiki nous propose sans surprise (il fallait bien un peu de piment !) de baigner la chemise lors d’un petit passage mouillant. Coco décline et s’offre une méditation dans le noir complet tandis que le reste de la bande se lance, se faufile devrais-je dire. Nous découvrons un décor de théâtre mignonnet  : un gour de bonne taille orné de son pilier, le tout offert après une petite escalade anodine ! Sur le parcours retour, nous nous prêtons au jeu des photos qui se transformant en éclairagiste qui en donneur d’échelle… Le voile de la mariée est en vue et nous nous décidons à visiter la galerie basse à présent : galerie des grands gours et plus loin voûtes noires ornées de toiles d’araignée minérales blanches, concrétions d’un blanc immaculé ou d’un ocre chaud. Tous les paysages sont beaux. 

Nous retrouvons notre coin de bivouac et nous nous mettons au sec avant de dîner aux chandelles. Au petit matin, nous remballons toutes nos affaires et nous nous offrons une descente en rappel pour rejoindre le sentier du bas menant à la voiture. La descente est une agréable mise en jambes. Retrouver la lumière après l’obscurité est égal en plaisir aux premiers pas dans la pénombre d’une grotte qui nous accueille. Le jaune or des arbres souligne la lumière du soleil ce matin-là. La lumière irradie en nous et nos sourires s’en délectent ! 

Nous retrouvons la voiture et faisons route vers le plateau d’Assy, objectif : magnifique via de la Curalla ! Comme nous sommes en activités avec SVJ, la météo nous soutient et nous offre une fenêtre de soleil et de clarté le temps de cette superbe via au panorama sur le Mont Blanc à couper le souffle. Nous nous régalons et apprécions la juste mesure de plaisir et de technicité dans cette via très sympathique… Mon genou ne me fait guère souffrir dans les activités techniques mais la marche retour est douloureuse. Je me trouve une solide béquille en la personne de Kiki et descends sans encombre. Nous profitons d’un joyeux pique-nique ensoleillé avant de reprendre la route sous la pluie pour Tarcenay. Ce sera une aprèsmidi au chaud dans la voiture. 

Au soir, nous rejoignons la désormais coutumière maison forestière de Tarcenay et nous allumons un feu dans la belle cheminée prévue à cet effet après une rapide récolte de bois et un rapide brin de ménage dans les locaux ! Les combinaisons de spéléo pendent telles des fantômes pour sécher avant les activités du lendemain. Le feu se donne en spectacle et invite à la méditation. La nuit sera douce et le matin heureux ! 

Habitués aux déballages de bazar, nous nous préparons de la tête aux pieds pour la visite du gouffre d’Ouzène. C’est une grotte que je connais pour l’avoir visitée il y a bien longtemps mais dont je n’ai pas de souvenirs. Je suis contente de m’y rendre… Ouzène est un nom qui résonne en moi… Nous nous répartissons le travail d’équipement sous l’œil attentif de Kiki et nous progressons de puits en mains courantes en traversant des couloirs et des salles où les concrétions sont partout. C’est impressionnant. J’équipe le puits d’entrée, Gilou se charge du technique puits du fond avec son fractionnement et sa déviation tout en étant obligé de trouver les spits pour fixer les plaquettes adaptées selon la traction au moment de la descente. Il se débrouille comme un expert.  

C’est au point bas à -62 mètres après encore un court passage à ramper que nous faisons notre pause déjeuner et que Coco sort son appareil photo. Elle ne sait que prendre en photo tant il y a de beaux décors. Nous voilà à nouveau ses assistants…  

 

Nous remontons vers l’étage intermédiaire, évoluons sur une partie de la main courante et empruntons un autre puits (équipé par notre vaillante Coco cette fois) pour redescendre au point bas. C’est alors que nous prenons pleinement conscience du caractère ludique de cette petite grotte qui permet des combinaisons variées car le point bas est accessible par différents puits. La fatigue se fait sentir au sein du groupe, les dernières photos sont prises et la remontée finale s’amorce. Je ferme la marche en déséquipant au fur et à mesure et prends plaisir à accomplir cette tâche technique tranquillement, à mon rythme, sans risquer de retarder le groupe. 

Nous rejoignons un autre de nos abris fétiches au départ du sentier karstique de Mérey-sous-Montrond. Ce soir est le dernier soir. Demain nous nous lancerons à l’assaut de la via d’Ornans, particulièrement de sa partie cotée ED (Extrêmement difficile). Le passage est court mais technique. Nous sommes en fin de séjour et les muscles ont déjà travaillé. Je connais ce morceau pour l’avoir parcouru une fois déjà avec Kiki. Je le sais technique et « athlétique ». Pour Coco et Gilou, ce sera une première mais ils sont désormais aguerris aux techniques de via. En plus, ce matin le temps est hésitant, nous offrant quelques gouttes et un brin de vent. Nous nous lançons : je passe en premier (le cœur serré je dois bien reconnaître), Gilou me suit (tout en muscles), vient ensuite Coco secondée par Kiki. Ordre de rester groupés pour pouvoir se porter facilement assistance. Je me rends compte que je passe beaucoup plus facilement que la première fois. L’utilisation de la longette pour se vacher ou simplement se soutenir lors des passages les plus en dévers est indispensable à mon niveau. Coco s’en sort bien, il faut lâcher la pression et prendre le temps de se reposer et de détendre les bras. Gilou passe partout sans sourciller ! Quant à Kiki, il passe de temps à autre une longe à Coco mais le duo ne traîne pas. Lorsque le parcours ED croise le parcours AD habituel, je me crois au bout de mes efforts et je découvre qu’un dernier passage en surplomb m’attend encore. Là aussi la technique est ma meilleure alliée… Monter deux barreaux bras tendus, installer la longette sur un barreau, s’asseoir et se reposer, passer les longes et continuer ainsi… Merci Kiki pour la démonstration et la confiance. Avant de redescendre, Kiki et moi faisons le parcours traditionnel de la via cotée AD pendant que, oh surprise généreuse, Coco et Gilou partent à l’affût d’un dessert pour ce dernier repas partagé… 

Nous nous rejoignons aux voitures et pique-niquons ensemble avant que chacun ne regagne sa vie de tous les jours. Nous nous retrouverons pour un autre séjour hors du temps comme celui-ci une prochaine fois 😉 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *