TGRLIFRA 13 B 872

TGRLIFRA 13 B 872

26 mars 2026 Randonnée 0

TGRLIFRA 13    B      872

 

La TGRLIFRA  est la Très Grande Randonnée LIttorale FRAnçaise, une promenade pédestre de quelques milliers de kilomètres sur la côte manchoise puis atlantique, avec quelques particularités…

– le parcours suivi est préférentiellement et autant que possible, au plus près du flot, quel que soit le niveau de marée.

 

 

 

Bien entendu, il peut arriver que des structures artificielles interdisent tout passage pédestre, ou que la marée rende impossible un franchissement durant des heures.Ou encore, qu’un arrêté municipal, préfectoral, voire ministériel déclare un passage illégal.

– le randonneur, la randonneuse, sont autonomes,  sont donc indépendants de tout commerce, mais susceptibles de quémander de l’eau potable si aucune source ou fontaine n’est accessible durant leurs étapes.

 

– Bivouac systématique.

– L’impact écologique est réduit au maximum, donc pas deux véhicules pour les navettes…ouvertes à l’auto-stop ou transports en commun locaux, selon les cas

– Equipe de 1, 2, 3 ou 4 personnes au maximum .

– étapes calibrées à 25/35 km en moyenne, conditions rustiques, portage minimalisé.
Cette activité ne pouvant être menée en continu (estimation à 100 journées de la Belgique à l’Espagne) car nécessitant une trop importante disponibilité, elle est menée selon un séquençage chiffré, chaque séquence, (Ici la treizième : 13)   étant composée d’étapes lettrées… (Ici la deuxième : B )

 

Les points kilométriques maritimes (PKM) sont comptés depuis la frontière belge, en suivant le trait de côte majeur. Il peut donc y avoir des longueurs non parcourues à pied du fait d’obstacles incontournables.

Les parcours pédestres sont en kilomètres effectifs, (PK) qui diffèrent régulièrement des PKM du fait d’incursions dans les terres ou dans les villes et villages.

 

 

 

Etape N° 40      13   B :   Locquirec  à  Térénez                      ( PKM  1197  à  1229   général) 

Après une bonne nuit tranquille, lever face à la mer à peine onduleuse, juste assez pour chanter  sa complainte écumeuse matinale…

Rangement discret car il fait plein jour et quelques personnes se promènent par-ci par-là, autant ne pas se faire trop remarquer car l’accoutrement ne s’accorde guère avec le standing des lieux !

 

 

Il n’est que 8 heures, mer encore assez haute, peu de chemin de plage possible, rochers trop abrupts ou en cisaille, le GR 34 va être à nouveau la solution, d’autant qu’il reste très proche de la vague.
Ca effleure la Chapelle de Locquirec, suivie d’un poste EDF paré d’un dessin en trompe l’oeil plutôt réussi.
On passe alors près d’une fontaine en creux, bien conservée avec ses grosses pierres taillées en courbes.
De là, la côte devient très rocheuse, avec nombre d’escarpements où se logent quelques courtes plagettes, difficiles à atteindre et, de toute façon, avec accès unique, donc inutiles à traverser.

 

 

A plusieurs reprises, de grandes fractures cisaillent l’estran le rendant infranchissable sauf peut-être à marée très basse. 
Le GR 34 n’est pas en reste, car de la Pointe du Château  PK 02,50  à la grande plage de Plougasnou PK 18,00, ce sont environ 25 crans côtiers à franchir, plus ou moins accentués, et qui nécessitent à chaque fois de descendre pour remonter et inversement… au total, environ 950 m de dénivellation cumulée, on est bientôt en randonnée de montagne !!! 

 

 

La grande plage en question est sur le territoire de la commune de Saint-Jean-du-Doigt…Le nom a de quoi surprendre !
Il s’agit d’une relique sainte, censée être une phalange de l’index de Saint-Jean-Baptiste, réputée avoir des vertus miraculeuses, et qui valut aux lieux des pélerinages et l’affluence de centaine de milliers de personnes malades ou infirmes qui buvaient l’eau d’une fontaine et se voyait apposer le fameux « doigt » sur la partie à soigner.

 

Cela jusqu’entre les deux guerres du XXe siècle. Mais le pélerinage existe encore…une sorte de « Lourdes » breton !
Après une  petite pause de détente de pieds, qui vont moins mal que la veille après avoir chanbgé de chaussettes pour des plus minces, mais pas encore satisfaisant, je découvre les premières toilettes publiques de la région…sèches !  Toilettes publiques « sèches »…

 

 

Si on peut discuter du concept, surtout pour un usage tout public, il y a quand même une conséquence corollaire : il n’y a plus de point d’eau potable annexé ! 
Bien ennuyé, car « à sec » depuis deux heures au moins, je suis dépanné d’un quart de litre par un surfeur revenu à quai, de quoi gagner le village sous le soleil. Mais pas à la fontaine inférieure…déclarée désormais non potable !

 

 

 

 

C’est reparti en hauteur, mais avec moins de hauts et de bas, des chemins creux, et un blockhaus…il n’y en a pas beaucoup par ici.
Pointe de Primel PK 23,70.
Il y a alors une grande échancrure pour aller à la Pointe du Diben, avec des vestiges archéologiques et des amers haut placés.

 

 

 

 

Un cours d’eau sans nom sur la carte malgré 9 km de cours et pas moins de 8 affluents, qui alimente plusieurs plans d’eau et faisait tourner des moulins, oblige à serrer la côte et opérer une boucle de plus de 4 km de pointe à pointe, ce qui amène au PK 25,00, en passant par la grande barre bétonnée du Diben en fond de baie. C’est au bout de cette barrre que l’on découvre un cimetière marin où de grandes épaves sont couchées dans un décor d’île perdue, peu avant un chantier naval.

 

 

A cette pointe existe un isthme menant à une île où des rochers extrêmement découpés et dressés vers le ciel forment un paysage impressionnant.
la mer est montante et agitée, coefficient autour de 80, et il est clair qu’avec un peu plus de marnage on ne pourrait plus passer à pied sec… et même ne plus du tout passer aux fortes marées un peu agitées !

 

 

 

Le site se prête aux prises de vues, la mer s’éclatant partout en gerbes folles, et, de plus, beaucoup de rochers sont propices à faire un peu d’escalade, bonnes prises, roche fiable.
Un superbe bloc prismatique d’une quinzaine de mètres et entouré d’eau pourrait tenter les plus doué(e)s…
Encore trois pointes à passer avec deux petites plages agréables autour de Saint-Samson. La Pierre Double marque le PK 28,20.
Il est temps de commencer à chercher un petit coin tranquille pour la nuit…car la côte devient plus urbanisée par la suite.
C’est au détour d’une jolie propriété dont la pelouse était bien tentante qu’un pré haut en herbe fera l’affaire, au PK 29,80.

 

 

Très humide, et moucheronneux, mais avec une belle vue et suffisamment en retrait du chemin côtier pour être quasiment invisible une fois étendu. Mais les moucherons de cette espèce, sont ceux qui cessent de voleter lorsque le soleil se couche, ce qui règlera la question !
Ce cernier morceau de chemin aura encore dénivelé près de 400 m…
Journée à 30 PK et environ 1350 m de « montagne » !