Kayakisme nocturne en mer 904

Kayakisme nocturne en mer 904

3 septembre 2026 Canoë 0

Kayakisme nocturne en mer     904

Cette activité n’est pas souvent commentée en France, car la navigation nocturne maritime des kayaks n’y est pas autorisée (eaux territoriales s’entendant)
Comme SJV n’entend pas inciter ses lectrices et lecteurs à enfreindre la loi, on partira du principe de la pratique est effectuée dans des eaux étrangères où il n’y a pas d’interdiction (en Espagne, par exemple).
Cette navigation particulière est particulièrement plaisante, voire grisante, moyennant quelques observations et précautions.
En premier lieu, le kayak doit être homologué DIV 240 et dûment immatriculé, de sorte à pouvoir s’éloigner à plus de 300 m d’un abri (le rivage, le plus souvent), car 300 m sur la mer, c’est très vite atteint !
En second lieu, l’armement doit être conforme à celui imposé dans la limite des 2 milles ( 3700 m d’un abri…c’est déjà pas mal !)
Pour rappel : 1 gilet flotteur 50 N minimum, 1 bout d’amarrage à chaque pointe, 1 pagaie de secours sécurisée (généralement enfermée dans le navire), 2 caissons de flottaison étanches ou bateau insubmersible, 1 écope si non autovideur, 1 point d’amarre de remorquage, 1 ligne de vie périmétrique                1 éclairage de signalisation à 6 heures d’autonomie minimale (lampe flash recommandée), 1 bon sifflet (normalement solidaire du gilet).
2 feux semi-latéraux sur la tête visibles vers l’avant( rouge à bâbord, vert à tribord) 1 feu blanc frontal pour voir devant soi, 1 feu blanc occipital pour être vu par l’arrière.
Ce qui fait 4 feux sur la tête !
Lampes étanches, ça va de soi…généralement à Leds
Pagaie de croisière sécurisée ( Longue dragonne ou « leash » pour les anglophones)…et, de nuit, ça semble vraiment une bonne idée car retrouver sa pagaie si on l’a lâchée n’est pas garanti du tout…!

Pas obligatoire sous les 2 miles, mais peut rendre bien service : 1 compas étanche solidarisé au bateau…au cas où un belle brume viendrait à s’installer sans prévenir. Une bouteille d’eau sécurisée. Chaussures fermées très recommandées car il est difficile de savoir où on mettra les pieds, pas sûr de revenir exactement au point de départ, pas sûr de ne pas avoir à mettre pied à terre ou sur rochers, en cas d’échouage imprévu.

En troisième lieu, choisir une mer calme, peu de vent, de préférence vent de mer ramenant donc vers la côte !  Rester sous 5 Beaufort paraît sage ( vent à 20 km/h…déjà en mer formée). Si bien à l’aise, 5 ou 6 beaufort peut-être…mais ça bouge déjà beaucoup !
Démarrage sur zone sableuse recommandé, et guetter un entre-deux de vagues déferlantes, s’il y en a.
Avec une belle lune bien brillante, plus ou moins « pleine », éventuellement avec ciel panaché de nuages, voûte étoilée…etc.
Ne pas pratiquer seul(e) peut s’avérer prudent, en plus d’être généralement plus agréable…mais, à rebours, éviter d’être nombreux.

Bien repérer les feux côtiers remarquables ( très isolé, ou très haut, ou très intense, ou coloré…), car une fois éloigné du rivage, les feux « ordinaires » se confondent facilement. Attention, les feux banals ( réverbères, maisons de particuliers,…) ne sont pas forcément permanents !
Il va de soi que l’embarquement et le démarrage sont moins faciles que de jour, et le débarquement potentiellement délicat, sauf si lampe frontale très puissante et à large faisceau.
Choisir une zone de navigation déjà connue, bien repérée, les écueils et courants forts étant bien sûr beaucoup plus difficiles à détecter.
Si période froide, pratiquer avec une salopette néoprène , voire avec une veste néoprène mince ( 3mm) sous le gilet.

Sauf si bien habitué(e) à un vrai kayak de mer (ponté et jupette), bien entraîné(e) à remonter dedans en cas de baignade impromptue, mieux vaut se satisfaire d’un « sit on top », d’autant que cette pratique ne vise pas la randonnée nautique, mais plutôt une petite virée de quelques heures au plus.

La nuit, tout paraît bien plus impressionnant, hauteur des vagues de houle, fracas écumant sur les rochers, courants latéraux, vol des oiseaux de mer, les distances semblent bien plus grandes, l’imagination fait aussi son travail…

Vraiment une expérience agréable, enrichissante, qui vaut la peine d’être tentée… ( Mais de préférence, là et quand elle n’est pas interdite !)

 

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