Cette ancienne carrière de gypse désaffectée après la seconde guerre mondiale, devenue champignonnière à son tour abandonnée vers 1990 , est désormais laissée à l’abandon total. En trente ans, outre un pillage des poutres de soutènement à des fins de constructions diverses, celles qui sont restées ont peu à peu pourri et se sont abattues au sol. Il n’en reste que très peu encore au ciel de carrière.
L’accès à cette exploitation est possible par deux puits donnant sur l’extérieur, l’un encore protégé par une large et haute margelle carrée d’environ 1,4 m de côté, déstabilisée et présentant de dangereux abords formant chausse-trappes, l’autre s’ouvrant à ras du sol, avec une margelle détériorée instable…heureusement peu accessible car défendue par une végétation dense et épineuse. Cependant, il n’est pas nécessaire d’emprunter ces puits car il subsiste encore un accès « horizontal » dans le creux du Petit vallon.
Cette entrée discrète s’apparente à un soupirail, et résulte de l’effondrement d’un tunnel de descenderie sur les ruines duquel on marche maintenant. L’accès donne immédiatement le ton de la dangerosité…divers renforts à base de rails et traverses Decauville supportent encore une strate fragmentée dont plusieurs morceaux menacent. La suite est plus rassurante, en forme de tunnel artificiel bâti de parpaings courbes très bien agencés, dans lequel se trouvent encore des rails en place. Sur une paroi, on trouve alignés de nombreux crochets de fer qui servaient à l’accrochage des équipements individuels des ouvriers. Contre l’autre, des tronçons de voies dont des aiguillages sont appuyés.
On débouche alors dans la carrière dans une zone d’effondrements ayant éventré le tunnel qui reprend un peu plus loin sur une vingtaine de mètres.
Des explorateurs peu scrupuleux ont balisé le site à l’aide de bombes de peinture rose, en y inscrivant d’énormes chiffres. Particulièrement stupide, du fait de sa monstruosité inutile, , ce marquage est cependant fiable et dispense de toute précaution quant au risque d’égarement.
Du reste, ce secteur Est a des dimensions très modestes de l’ordre de 200 m x 60 m au plus large, ne comptant que 4 à 5 galeries longitudinales majeures, donc assez vite ‘ratissé ».
Le ciel de carrière présente de nombreux endroits menaçants, l’exploitation ayant été menée presque comme des carrières de calcaire, à paroi sub-verticales et non inclinées pour former des ogives, et on est fréquemment sous des strates marneuses diaclasées en tous sens, s’effondrant peu à peu. Cette seconde masse présente deux lits importants de gypse fibroïde à faciès « pied d’alouette » qui brillent au passage des éclairages et qui accompagnent le visiteur un peu partout.
Il ne subsistent quasiment rien de l’activité des carriers hormais quelques rails à l’entrée, et une carcasse de Lory (petit chariot sur rail sans benne), et d’innombrables traces des emplacements des boisages sur les parois.
De rares pots à « blanc de champignon » quelques fiches « Mycosel »…s’ajoutant aux reliefs des meules de culture encore bien visibles, à un réservoir d’eau et des tuyauteries longeant les piliers et à une chambre froide rappellent déjà plus éloquemment le travail des champignonnistes.
Des témoins de l’électrification sont aussi visibles, isolateurs scellés dans les parois ou boîtiers de disjoncteurs.
On peut trouver les vestiges d’un second tunnel qui servait de jonction avec la carrière Ouest, mais il ne parcourt plus qu’une vingtaine de mètres, la suite ayant disparu sous des tonnes de roches.
Il est fait mention d’une jonction avec les carrières de haute masse, mais aucune trace n’en a été retrouvée.
De même aucune trace animale notoire, pas de chiroptère aperçu.
Quelques développements de moisissures ça et là peuvent être rencontrés.
Les concrétionnements sont peu nombreux, se limitant à des coulées calcitiques tapissant des parois, et un ensemble remarquable construit sur une poutre au sol à peu près préservée des passages de visiteurs.
Ces derniers semblent assez peu nombreux ou bien ne s’aventurent pas bien loin. Quasiment aucune dégradation observée, aucun déchet hormis quelques bouteilles vides (mais pas brisées) en un lieu de festin probable, absence remarquable de tags et inscriptions en tous genres.
Enfin, quelques coupoles de décollement majeures offrent l’accès visuel aux lits de gypse « fer-de-lance » qu’il est extrêmement dangereux de tenter de décrocher. Mieux vaut en rechercher au sol dans les blocs de marne ayant chu !
Au final, la déambulation totale dans cette exploitation représente à peu près 2500 mètres, et son périmètre est marqué de nombreuses zones ébouleuses à ne pas fréquenter…ou bien très fugitivement ! L’ensemble est propre, et on ne compte pas de zone boueuses. Peu de stillation, aucune karstification repérée, très peu de vestiges, pas d’inscription « historique », concrétionnement mineur, pas de vie animale ou végétale remarquable. Si sa visite n’est pas sans intérêt, elle ne réserve pas de surprises ni d’étonnement marqué, offrant cependant une occasion de promenade insolite de 2 heures, et de prendre quelques photos originales.
