Safari oisien (ou isarien) 578

L'aventure et l'évasion

Safari oisien (ou isarien) 578

25 septembre 2022 Spéléologie Via ferrata 0

Safari oisien (ou isarien)      578

Nico, notre guide de ce jour, arrive avec son 1/2 4 x 4 rouge cerise pour notre safari photos oisien.
Après avoir traversé les grandes steppes betteravières et céréalières, c’est la jungle cosmopolite où trône bizarrement une sorte de grand château cerné de Jaguars, de Méharis Citroën,  d’Impala Chevrolet, de Crocodiles Porshe, de Lions Peugeot, de Mustangs Ford, de Loup Fiat, de Taureaux Lamborghini, et même quelques Pandas Fiat et Coccinelles Volkswagen aussi  !Beaucoup de requins affairistes parmi toutes ces bêtes, de vieux boucs et petits roquets souvent flanqués de gazelles, belettes, voire truies et biques…

 

Au vu du nombre, nous ne sortons pas les fusils, qui ne sont d’ailleurs que des fusils photographiques !
Nous voici parvenus au pays des roches claires, dont les falaises entaillent les pentes douces de la vallée, et la piste apparaît alors…
L’équipage éclaireur est heureusement passé par là la semaine précédente, en jouant du coupe-chou et du sécateur à enclume, et la voie est libérée des arbustes épineux, troncs d’arbre chus et vilaines pierres anguleuses friandes de pots d’échappement et boucliers avant…
Les tenues de grosse toile enfilées, c’est au tour des cuissards et torses d’être ajustés au corps des valeureux pionniers, déjà cernés d’une végétation hostile, impénétrable au regard au-delà de quelques mètres et qui recèle mille dangers, de l’araignée tueuse au serpent étrangleur sans oublier les hyènes…
Bardés de matériels divers, sac préparé, (0), nous affrontons les parois du Grand Canyon (1) couvertes de fougères qui masquent autant de pièges sournois, pour prendre pied sur la piste majeure bordée de hautes parois menaçantes et franchissons le Tunnel de la Roulette russe (2) dans lequel d’énormes blocs décrochés donnent la mesure du risque fatal encouru à s’y aventurer.

Et c’est la Clairière des Elfes, seul espace où la sérénité semble acquise, pour peu qu’aucun carnassier ne surgisse…
Nous attaquons la Montagne des Lianes lierreuses (3) et en franchissons les degrés avec maints efforts et précautions tant les perfides roncettes sont promptes à nous perforer la peau des doigts.                                  
Parvenus à la Vire du Soleil Rouge, (3) nous progressons pas-à-pas  jusqu’au précipice du Lézard Incrusté (4) et nous y jetons la corde qui nous mènera plus loin.
Ayant par mégarde oublié un sac Nico remonte tout cela à la force des poignets, et parvient triomphant au sommet convoité, d’où il redescendra le Redan de Rackam-le-Rouge (5) en technique à bascule.
Nous nous hasardons à emprunter le chemin des Grosses Roches (6) et leurs terriers menaçants d’où pourraient apparaître quelques farouches ennemis griffus, et entamons l’ascension du Couloir des Racines Noires (7) qui nous permet d’atteindre le Plateau des Epinettes.

La sente engageante de la Fleur d’A-pic, (8) nous guide vers le 1/2 4 x 4 où se trouvent téléphone, appareil photographique classique, et la suite du matériel nécessaire, en plus de la bouteille d’eau, que nous honorons de nos lèvres assoiffées !
Cette fois il va s’agir de dévaler le grand Toboggan de la Mort-qui-tue, (9) sa terre noirâtre dérapante, ses racines traîtres, le tout dans une pente raide qui ne fait pas de cadeau aux téméraires. La pose d’un rappel sur arbre évitera toute glissade incontrôlée.
Grâce à un sens de l’orientation que seul un Nico peut détenir en son cerveau, nous dénichons Matmata, l’habitation troglodytique historique que nous recherchions, conformément à notre mission ethnographique, dissimulée derrière un rideau de verdure.
Une antique échelle de fer y est encore visible, et c’est avec une grande émotion que nous emboîtons le pas ascentionnel (10) sur ceux de nos anonymes et inconnus ancêtres, redoutant de buter sur leurs augustes restes cadavériques.

 

Fort heureusement, les nécrophages et autres décomposeurs ont eu le temps de faire leur travail…
C’est alors une approche prudente à flanc des Falaises du Vertige , (11) jusqu’à la Rivière des Crocodiles ( 12) qu’il va falloir franchir, et l’absolue verticalité de ses berges calcaires nous forcera à créer un passage aérien sur un ban plafonnier avant d’accéder aux chambres ancestrales.
Nous en ressortons ravis, pour aller nous sustenter dans une zone protégée de la survenue de prédateurs potentiels et de vents violents qui viendraient à se lever.
Il nous reste ensuite à franchir le Mur de la Peur bleue, (13) dans lequel nous redoutons de manquer de corde.

 

 

 

Emportant tout ce qui nous reste en matériel de cordiste, c’est la grande aventure qui part d’arbres morts dont l’assise mérite attention, se poursuit par un toboggan raide menant à une vire étroite puis à une face quasiment lisse, après plusieurs amarrages indispensables, un pendule obligatoire.
Et là, comme nous le craignions, c’est l’évidence…il va manquer 2 mètres avant le sol.
Nico le rusé fit preuve de sa grande maîtrise technique, et parviendra malgré tout à poser les pieds à terre sans heurt, donc sans dommage.(14)
Aux fins de tout revoir et noter dans notre carnet de bord et de fixer les images de nos découvertes, nous refaisons tous les parcours voire les améliorons, et récupérons tous les matériels laissés là provisoirement. (15)
Riches d’une moisson d’observations, il ne nous resta plus qu’à rentrer à la maison, ce que notre guide Nico saura faire à merveille.
Au cours de ce voyage de retour, il fit d’ailleurs cet amusant commentaire, illustrateur du temps fort qui le vit affleurer la Rivière des Crocodiles, ces charmants animaux et leurs effrayantes gueules n’étant jamais très loin de tout ce qui peut se manger !!!

Il y avait grand temps que je n’avais pas refait un  peu de spéléo. J’avais bien besoin d’un rappel des différentes techniques et nous en avons même profité pour m’en apprendre de nouvelles.

Nous sommes donc allés à la toujours aussi jolie carrière de Maysel, avec Chris , encore une fois disponible pour partager de nouvelles  aventures.

Après un rapide rappel, cette fois je me suis lancé et ai appris à équiper entièrement quelques voies. Ce que je n’avais pas encore fait là bas.

Pour ceux qui ne connaissent pas comment faire un point de fixation sans mousqueton et sur un support fermé, je partage avec vous en exclusivité le nœud que j’ai retenu :

C’est l’histoire de pompiers qui faisaient des nœuds de chaise, avec un puits, un serpent qui entre et ressort, ce  dernier tellement grand qu’il faut beaucoup de corde, et qui, après avoir fait un aller-retour, est parti se promener autour d’un arbre, au-dessus puis reparti en-dessous, puis est retourné dans le puits.

Si avec ça vous n’avez pas compris, je ne comprends pas !!! Mon explication est pourtant claire !!!!

Mais ça nous a permis de compenser notre oubli des cordes (à 100m) et à se débrouiller sans…

Après cela, j’ai dû éviter une rivière de crocodiles en étant accroché au plafond…Brrrr !

 

Bref,  j’ai fait un joli voyage dans les terres sauvages, au passage !

Notre petit rappel des techniques, avec une température parfaite pour ce genre d’activité et un joli soleil, n’ont fait que rendre ce moment encore plus agréable.

Vivement la prochaine sortie.

Nicolas

 

 

(0) Nœud avertisseur sur mousqueton (Batelier), nœud de sécurité (Capucin), Nœud de Mule, corde en tortillons, Nœud en huit sur ganse
(1)  Descente en désescalade naturelle sur terrain terreux
(2)  Progression en observation structurelle et en conditions crépusculaires
(3)  Ascension en escalade naturelle sur roche salie et progression sur vire en installant main courante tendue . Double-amarrage sur Mickey asymétrique, Batelier, Papillon, progression sur descendeur « Stop »
(4)  Descente de puits contre parois en dièdre, main courante molle, tête de puits avec Mickey symétrique, descendeur « Stop »
(5)  Ascension sur bloqueur simple, main courante à double longe, descente de redan sur « Stop »avec basculements et paroi en dévers négatif.
Descente sur nœud à friction de Munter
(6)  Progression à vue et petite escalade
(7)  Escalade courte, en opposition.
(8)  Circulation en bordure de vide
(9)  Descente de toboggan terreux raide en rappel simple étrangleur sur arbre, double corde à mains nues. Huit sur ganse, raccordement de cordes par chaîne de trois mousquetons
(10) et (11) Sécurisation d’échelle, main courante de progression, cordelettes et lunules (Abalakof) nœud Simple à deux brins, Huit sur ganse. Noeud de chaise sur ganse
(12) Triple amarrage avec Chaise sur ganse, Papillon d’alignement, amarrage plafonnier, main courante tendue aérienne. Descente en rappel mousquetonné sur Stop
(13) et (14) Double amarrage naturel sur sangles étrangleuses, Mickey asymétrique. Progression sur « Stop » et clés de blocage. Main courante de vire étroite.
Huit sur ganse, Batelier. Passage en pendule. Fractionnement contre paroi, corde pédalière. Mickey asymétrique et mousqueton de franchissement.
Situation de corde trop courte de 2 mètres…et interdiction de sauter.
(15) Echelle et déséquipement complet voie de Matmata, ascension aux bloqueurs et pédale, déséquipement Vire du Soleil Rouge et pose de rappel sur broches. Remontée sur corde trop courte de 2 mètres, déséquipement voie de la Peur Bleue. Descente en désescalade du Grand Canyon et remontée du Toboggan de la Mort-qui-Tue, sans corde.

Séquence de 6 heures + transports. Duo en non stop sauf pause déjeuner froid. Bonne remise à niveau !

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